//img.uscri.be/pth/7ce592569c9f09c0914cb3ac8ee0e555f3ae790b
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 13,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Le choc des empires. États-Unis, Chine, Allemagne : qui dominera l’économie-monde?

De
272 pages
États-Unis, Chine, Allemagne : trois pays, trois empires qui dominent désormais l’économie mondiale. Les grandes crises rebattent toujours les cartes, renforcent les uns, affaiblissent les autres. Celle que nous vivons, depuis la faillite de Lehman Brothers, ne déroge pas à la règle.
La Chine poursuit méthodiquement sa longue marche pour redevenir la première puissance mondiale qu’elle était au XVIIIe siècle, avant la première révolution industrielle. Les États-Unis ont pris conscience qu’une alliance privilégiée avec la Chine risquait d’être un marché de dupes. Pour maintenir leur rang, il leur faut prendre le virage de la troisième révolution industrielle,
investir, innover, reconstruire leur appareil de production, et, à l’international, fédérer les voisins de la Chine – du Japon au Vietnam – inquiets de sa montée en puissance. L’Allemagne, depuis sa réunification, bâtit pas à pas une Europe allemande, consacrant ainsi le retour, sur la scène mondiale, de la Germanie.
Chacun de ces empires s’appuie sur ses grandes entreprises et se voit au centre du monde. La Chine rééquilibre ses voies commerciales vers l’Europe, via la Russie. Les États-Unis poussent à des accords de libre-échange transpacifique et transatlantique, pour offrir à leurs multinationales les marchés qu’elles n’auront pas en Chine. En imposant son modèle économique, l’Allemagne a fait de l’Europe un nain politique. Elle ne veut pas avoir à choisir entre ses principaux clients, la Chine et les États-Unis. Quant à la France, elle est absente de ce nouveau kriegspiel mondial.
Voir plus Voir moins
JEAN-MICHEL QUATREPOINT
LECHOCDESEMPIRES
L E C H O C D E S E M P I R E S
JEANMICHEL QUATREPOINT
L E C H O C D E S E M P I R E S
États-5nis, Chine, Allemagne : qui dominera l’économie-monde ?
Gallimard
© Éditions Gallimard, 2014. Couverture : Illustration Pascal Guédin © Gallimard.
À la mémoire de Philippe Cohen
Introduction
Depuîs des mîénaîres, ’humanîté vît au rythme des empîres, des puîssances domînantes quî împosent eurs règes. Pas toujours, pas seuement par es armes, maîs aussî par ’înluence, a force des îdées, a créatîon de rîchesses. Les égîons romaînes ont, certes, assuré apax romana, maîs Rome n’auraît pas régné aussî ongtemps sur e monde sans une organîsatîon économîque et socîae, un art de vîvre, une créatîvîté, une soîf d’entreprendre et donc de conquérîr, exceptîonnes. Rome pour ’Occîdent, a Chîne pour ’Orîent. L’Empîre du Mîîeu, a connu, bîen pus ongtemps encore, une pros-pérîté sîmîaîre. Avec, toutefoîs, une dîfférence de taîe : son déveoppement a été, pour ’essentîe, autocentré. La géographîe, e cîmat, es grands espaces ont sans doute freîné es veéîtés d’expansîonnîsme des souveraîns suc-cessîfs, quî avaîent déjà fort à faîre pour contrôer es marches de eur empîre. Pas questîon d’aer conquérîr es terresincognitae, même sî es marîns chînoîs ne dédaî-gnaîent pas de s’aventurer, au-deà de a mer de Chîne, pour commercer. D’autres raîsons expîquent aussî ce non-expansîonnîsme chînoîs : ’absence d’une reîgîon messîanîque et ’arrogance d’une socîété quî s’estîmaît
10
Le choc des empires
supérîeure aux autres. La Chîne se consîdéraît non seue-ment comme e centre du monde, maîs comme e monde uî-même. Après a chute de ’Empîre romaîn, î faut attendre, en e Occîdent, eXIIpour voîr émerger de nouvees sîèce, puîssances domînantes. Le Saînt Empîre romaîn de a natîon germanîque (traductîon îttérae en aemand), e er I Reîch, régna pendant queques sîèces sur ’Europe, non pas tant par es armes, maîs à travers une organîsatîon que ’on baptîseraît aujourd’huî de fédérae. À a même époque, ’Empîre ottoman connut une grande prospérîté : d’Istanbu à Sévîe, du Caîre à Tbîîssî. Son armée faîît même prendre Vîenne et Moscou. La pénînsue îbérîque prospéra, un bref înstant, grâce à ’or accumué par ses conquîstadors. Puîs ce fut au tour de a France de domîner ’Europe, en s’appuyant sur sa démographîe, son agrî-cuture, et a ongévîté d’un grand monarque Louîs XIV. L’épopée napoéonîenne fut son chant du cygne. e LeXIXfut ceuî de ’Angeterre trîomphante. sîèce Berceau de a premîère révoutîon îndustrîee, ee sut împoser sa vîsîon du îbre-échange aux quatre coîns du monde. En s’appuyant, au besoîn, sur a lotte brîtannîque. La Chîne en saît queque chose, puîsque c’est au nom du îbre-échange que ’amîra Eîot et ses quarante-huît navîres de guerre bombardèrent, en juîn 1840, a vîe de Canton. L’Empîre du Mîîeu entendaît mettre in à a contrebande de ’opîum, organîsée par a Compagnîe angaîse des Indes orîentaes, avec e peîn appuî de ’Angeterre. Cette pre-mîère guerre de ’Opîum, quî accééra ’effondrement, ’îm-posîon de a Chîne împérîae, avaît pour orîgîne un désé-quîîbre... de baance commercîae. Déjà ! L’Angeterre, aors en peîn boom économîque, achetaît énormément à a Chîne : meubes, tîssus, vêtements, épîces