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Le Katanga et Lumumba

De
440 pages

Ce livre parle de Patrice E. Lumumba, président du MNC, parti créé par les fonctionnaires coloniaux belges. Originaire de la province du Kasai, territoire du Sankuru, P. Lumumba est choisi par les instances coloniales comme porte-étendard d'un Congo uni pour contrecarrer les partis fédéralistes de la province du Katangaus et du district du Bas-Congo. Il trouve son Père Joseph en la personne du ministre des Colonies, Auguste Buisseret, lequel le présentera au Roi Baudouin en 1955.
Dans un Congo indépendant aux structures fédérales, P. Lumumba n'aurait jamais eu la chance de devenir ce qu'il fut, car les Lulua et les Kasaiens auraient eu complètement la main mise sur la province du Kasai. En 1960, il n'a pas de majorité : sur 137 élus, il en a une trentaine. Son cabinet est composé de partis minoritaires. Au Katanga, les Kasaiens seront Lumumbistes et dans leur propre province, ils sont anti-Lumumbistes. Pourquoi P. Lumumba est-il entré en conflit avec les Belges? Dans un documentaire sur TV5 Monde, Bomboko dit que la raison est à chercher du côté de l'UMHK. Quant à sa destitution et à sa mort, la Belgique et le gouvernement central à Léopoldville ont valsé le tout sur le Katanga. Cependant, les Katangais n'ont jamais eu de raison d'éliminer Lumumba même si la Commission du Parlement belge n'a pas ouvertement dit que les Katangais n'avaient jamais trempé dans les événements qui menèrent à la destitution et à la mort de P. Lumumba. Leur silence en dit long, et il faut rappeler que les témoignages essentiels de Bartelous et Weber sont déposés à huis-clos. Le reste est à lire dans ce livre...


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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-86351-5

 

© Edilivre, 2015

Citation

 

 

« Cependant, pas plus que leurs collègues congolais, les politiciens belges n’avaient cure des réalités, et c’est avec leur assistance, plus ou moins déclarée, que verront le jour les divers partis politiques congolais de forme vaguement européens, tel ce fameux Mouvement National Congolais de Patrice Lumumba, fondé en 1956, avec l’appui personnel de Buisseret. » (Arnaud de Monstelle : la débâcle du congo belge, p 116.)

Introduction

La province du Katanga a eu son histoire ternie par l’apparition sur la scène politique congolaise de Patrice Lumumba. Alors que tout séparait son Sankuru du Katanga, tout le séparait également de personnalités politiques de la Province du Katanga. C’est la colonisation belge seule qui a propagé le nom de Patrice Lumumba. Très peu de gens parmi ses admirateurs et ses épigones ne se sont jamais préoccupés de sa vie ni de son entrée en politique. Quel a été son programme politique ? Personne ne le connaît. Son seul mérite est d’avoir prononcé un discours intempestif le jour de l’indépendance, d’ailleurs écrit par un communiste belge, Jean Van Lierde. Il est devenu Ministre par la grâce de l’Occident européo-américain. On passe sous silence ses piètres résultats électoraux dans tout le Congo à l’exception de la Province Orientale d’où il n’est pas originaire. Il est un vrai caméléon et il s’éprend des idées révolutionnaires dont il ne peut se servir au Congo. Il est désigné par un proconsul belge, Ganshof Van der Meersch comme formateur, puis confirmé comme Premier Ministre en vertu d’une loi belge : La Loi fondamentale. Le Congo belge a eu son indépendance de façon brusquée, car les puissances coloniales, dont la Belgique, n’ont plus le courage moral de s’imposer. La défaite devant l’Allemagne pendant la Deuxième Guerre mondiale les a démasquées et dépouillées de leurs oripeaux, de leur légitimité qu’ils avaient eue à la faveur du droit du plus fort.

Comme ces puissances ne pouvaient pas partir sans laisser des arrières bien assurés, elles ont effrontément manigancé. C’est à partir de là que des choix bizarres vont surgir. Ailleurs qu’au Congo belge, les transitions se déroulent sans beaucoup de ruptures lancinantes. Il y aura néanmoins des exceptions comme en Guinée, en Angola, au Mozambique et en Rhodésie du Sud. Même s’il y a des ruptures fâcheuses, il existe parmi des hommes politiques nouveaux, des personnalités intègres. Un Houphouët-Boigny n’est absolument pas comparable à un Kasavubu ; un Lumumba dans la farce révolutionnaire n’est nullement à mettre sur un même plan qu’un Sekou Touré ou un Modibo Keita.

Quant aux personnalités politiques du Katanga, MM. Tshombe, Kibwe, Munongo ou Kambola et Makonga Bonaventure ont en commun avec beaucoup d’autres hommes politiques ouest-africains : l’origine, l’éthique et la sagesse. Intellectuellement, ils n’ont rien en moins, mis en face des figures montantes de l’Afrique nouvelle. Lumumba et le Katanga ? On peut trouver, à juste titre, paradoxal que la question soit posée. Et pourtant, elle vaut son pesant d’or.

La chose qui paraît singulière et même la plus inquiétante pour quiconque écrit par intérêt, par recherche d’une certaine vérité ou par dilettantisme, est la conquête du pouvoir par Patrice Emery Lumumba.

L’homme a des qualités de diviser tout un pan de la société où il vit. Le 30 juin 1960, il devient Premier Ministre par la grâce du Ministre belge des Affaires Africaines, Ganshof van der Meersch, au nom du gouvernement de Sa Majesté le Roi des Belges et de son Premier Ministre Gaston Eyskens. Ce choix est entériné aussi bien du côté américain que de celui des Européens. Il n’a jamais eu de majorité parlementaire, il ne lui a jamais été possible d’organiser une révolution pour prendre le pouvoir. Dans toute sa vie, il n’y a absolument pas l’ombre d’une amorce de parti révolutionnaire. Mais, après tout, il est le candidat de la Belgique et il dirigera un pays grâce à une Loi fondamentale belge.

Ayant vécu dans une province qui n’est pas la sienne, la Province Orientale, ce qui lui vaut le titre de nationaliste. Et, pourtant, à y regarder plus profondément son personnel et son programme sont tribaux. C’est un politicien sans logis fixe. Moralement, il est très peu recommandable, car employé aux chèque postaux, il subtilise 120,000 Fr. Malgré ce vol que son père putatif, Auguste Buisseret, qualifie de larcin et lui permet une montée fulgurante. En 1953, il lui fait effectuer un voyage en Belgique et lui fait rencontrer sa victime de juin 1960, Baudouin Ier. Il est un homme à qui manquaient énormément de petites choses de la vie, de petites notions utiles, car ses maîtres à penser libéraux lui ont fixé un but à atteindre : le Congo belge est à prendre tout entier. Les Congolais ont-ils eu vraiment une idée de l’homme Lumumba ? Très peu. Au Katanga et dans le Bas-Congo, la population a une autre idée d’un homme politique qui n’est absolument pas Lumumba. Il possède une qualité : faire des déclarations contradictoires. Selon qu’il se trouve au milieu des Congolais ou parmi les Belges ou avec ceux de son ethnie.

A partir de 1957, l’Etat colonial ne fonctionne plus et pour plusieurs raisons : morales, humaines et économiques. On sous-entend que Lumumba est seul apte à remplacer les Belges. Il est de bon ton d’entendre l’éloge que font de lui ses admirateurs dans les milieux de gauche pour justifier ce relâchement, c’est que la Belgique n’a plus eu le cœur à l’ouvrage. Elle cherche à abandonner l’œuvre léopoldienne. Elle ne rapporte plus. La Belgique laisse la colonie sans contrat politique ni social. La Loi fondamentale que la Belgique donne au Congo, laisse toute latitude au pouvoir central de se foutre des provinces, de démettre des ministres. C’est un capharnaüm en gestation.

La formation du gouvernement et de l’appareil de l’Etat congolais va s’avérer insurmontable, car le pouvoir sortant n’a laissé aucun Congolais dans les rênes supérieures du pouvoir. Le parlement lui-même est une représentation hétéroclite. Il n’a émergé des élections législatives aucune majorité fiable qui donnerait un pouvoir stable. Au lieu d’avoir plusieurs fers au feu, les Belges n’en ont eu que deux qui sont rouillés et malléables : Kasavubu et Lumumba. Tant que l’objectif primordial et principal reste le maintien du Katanga dans cet ensemble qu’est le Congo, la Belgique peut s’estimer heureuse. Néanmoins, cette précipitation va causer de façon inattendue la perte aussi bien des vies humaines que celle des biens dans ce nouveau Congo. Les premières victimes seront la Belgique et Lumumba. Au Bas-Congo, Kasavubu tourne casaque : il ne parle plus de fédéralisme. Il est neutralisé.

Peu avant la Table Ronde, la Belgique fait connaître aux deux alliés du moment, Kasavubu et Lumumba que son aide et sa coopération ne seront de mise qu’à condition que le Katanga reste lié au Congo. Elle prévoit qu’elle aura à recouvrer les dividendes de cette fameuse aide économique et financière. Elle donne aux Congolais d’une main ce qu’elle doit, vaille que vaille, récupérer d’une autre. Pour aboutir à cette coopération, Kasavubu et Lumumba doivent marcher la main dans la main, même contre les provinces, surtout contre le Katanga, s’il le faut. Les deux concluent une coalition boiteuse dont une tierce partie tirera tous les profits (la Belgique). Tel est le schéma qui est concocté ainsi à Bruxelles et également vendu au cartel katangais enveloppé dans du papier compact sur lequel est gravé « Congo uni, pays fort. »

Au Katanga, le Rassemblement Katangais ne se départira pas de son programme d’un Congo fédéral. Ce sont des circonstances particulières qui vont faire capoter la collusion entre les Belges et les populations venues de provinces du Kasaï et du Kivu.

Lumumba qui vient d’un territoire qui n’a rien à donner au Congo joue les matamores. Il n’est un secret pour personne qu’avant la colonisation belge, les Batetela, l’ethnie à laquelle il appartient, a eu avec les esclavagistes swahili des rapports commerciaux fondés sur l’achat et la vente des esclaves. Les mêmes Batetela ont apporté aide et appui dans la conquête coloniale et ils ont en outre mis la province du Kasaï à feu et à sang au cours de leurs nombreuses révoltes et de multiples pillages. Les territoires de Kabongo et de Kapanga avaient été le théâtre des atrocités tetela embrigadés dans la Force Publique. Ceci va laisser des traces indélébiles dans le subconscient des Katangais. Et ceux qui prétendent le contraire, ont un autre sens de mémoire ou ils tombent dans le quotidien politicien.

Chapitre 1
En guise d’une biographie succincte

Il est né en 1925 à Katako-Kombe dans la province du Kasaï, district du Sankuru et territoire de Katako-Kombe. Un parent pauvre de toutes les entités administratives du Congo belge. Il est ainsi compréhensible que Lumumba se soit exilé vers la Province Orientale. Il est déjà marqué par l’instabilité métaphysique car il embrasse tout dans sa quête de l’inaccessible. Il est d’abord baptisé catholique et abjure, il devient méthodiste. En politique, il a changé de partis et d’idéologie au gré de ses rencontres. Nous le verrons. Il sera tour à tour libéral, il embrasse un méli-mélo de l’idéologie de gauche après son retour d’Accra. Et finalement, il passe de vie à trépas en tant que nationaliste. Que faut-il entendre par là chez un Lumumba. Nul ne le sait et je suppose on le saura jamais. Peut-être, ses exégètes seuls le savent qui lui ont confectionné une idéologie et un programme. Pour comprendre Lumumba, il est intéressant de jeter un coup d’œil ou seulement lire attentivement son livre, paru en 1961 et dont ses partisans ne parlent jamais. Même, Ludo De Witte qui parle, qui écrit énormément sur lui, il ne le mentionne jamais au sujet de Lumumba et pourtant ce livre contient beaucoup de choses très informatives sur l’homme Lumumba dans ses rapports avec la colonisation. Lumumba a fasciné par son discours fougueux et démagogique les publics dans la Province Orientale où il n’existe pas de leaders politiques locaux. Il a entraîné avec lui les populations venues travailler au Katanga, mais qui le haïssaient dans leur province d’origine, le Kasaï. Les Belges et en tous cas, les Blancs vivant à demeure ou de passage au Congo belge, l’ont connu et l’ont, en plus, apprécié dans ses activités publiques critiques à l’endroit de l’administration coloniale, ont eu de lui un regard très réprobateur.

Peu après sa mort, il y a une pléthore de publications sur lui. La plus récente, 19851, paraît être la plus ou moins complète et qui essaie de ne pas verser dans l’hagiographie. Il existe néanmoins des pages où il tente, comme tout Belge, de jeter l’assassinat de Lumumba sur les Katangais. Même la Commission parlementaire n’est pas parvenue à faire de la lumière dans l’homme politique Lumumba.

Revenons à Lumumba qui n’est qu’un colonisé parmi tant d’autres. Selon Jean-Claude Willame, il s’appelle d’abord Elias Okit’Asombo. Il deviendra catéchiste. On ne sait pas très bien quelle est la part de racontars dans la biographie de J.-C. Willame, lorsqu’il écrit :

« L’alphabet à peine appris, raconte son frère cadet, Louis, il entra en conflit avec ses premiers éducateurs et quitta la mission catholique pour l’école primaire des protestants méthodistes àWembo-Nyama, situé à 7 km de notre village »2

Son séjour chez les Méthodistes fera long feu. En 1939, il est renvoyé pour manque d’assiduité aux services religieux et il avait rendu une élève enceinte. Il retourne chez les missionnaires catholiques de Tshumbe-Sainte Marie. Il en est renvoyé et il entre à l’école des aides-infirmières de la Mission méthodiste de Tunda. Il en est chassé sous prétexte qu’il s’est montré impoli envers un pasteur tetela appartenant à un autre clan. Il est fort malaisé d’effilocher les vrais éléments décisifs dans la biographie de Lumumba. Renvoyé aussi bien par des catholiques que par des protestants, il ronge son frein dans son village et puis, il se décide un jour à partir en ville et en plus, il change de nom et il devient Lumumba. Il subit pour ainsi dire des initiations. Il est relaps et finalement on n’a jamais su s’il est retourné chez les Méthodistes. Il quitte le Sankuru et comme dans tout le Kasaï, il n’y a que des localités administratives qui qui n’ont rien à offrir aux jeunes. Il traîne quelques mois sans très bien savoir ce qu’il veut. Finalement, il part pour le Kivu et se rend à Kindu. Ce district du Kivu a une population apparentée aux Batetela à laquelle appartient Lumumba : les Basonge. Il entre au service d’une société d’exploitation agricole à Kindu, dans ces années de guerre, la localité est une bourgade où même les Noirs s’ennuient. Il arrive à Kalima, toujours dans Maniema où il a trouvé du travail à la Société Symétain. Il n’y reste pas longtemps. A-t-il quitté de plein gré ou il a été licencié ? Personne ne le sait.

Lumumba décide de partir pour Léopoldville. Il entre en 1948 à l’école des Postes. A l’issue de l’instruction, il est envoyé à Stanleyville. Il y devient comptable à l’Office des Chèques Postaux. Ici, même ses meilleurs biographes y perdent leur latin. Dans une controverse entre Pierre de Vos et Francis Monheim, le premier soutient qu’en 1948, Lumumba arrive à Léopoldville, le deuxième dit non. Le fait est que de Kalima, il est parti pour Stanleyville dont il fera un fief politique et comme on verra, ses adversaires les plus implacables viendront de cette ville. Selon les uns dont J.-C. Willame, il veut amasser un pécule à la Société Symétain. Puis, il quitte le Maniema et arrive à Stanleyville. Les autres écrivent qu’il a son immatriculation à Kindu en 1948. Comme ces hagiographes et spécialistes ès choses coloniales veulent rehausser la réputation posthume, tout semble avoir sa place. De Vos écrit même que :

« Lumumba grandit à Katakokombe. Il profite de l’électricité, le soir, pour dévorer pêle-mêle, Voltaire, Rousseau, Agatha Christie, Hugo, Molière, Churchill et Georges Simenon ».3

Voilà où peut mener l’aveuglement idéologique de certains thuriféraires européens. Ceci est contesté par un autre thuriféraire d’un autre homme politique congolais. Francis Monheim biographe attitré du maréchal des tropiques, Mobutu.

Faisons un saut. A Stanleyville, il est engagé aux PTT. Il demande lui-même ou ce sont ses supérieurs qui l’envoient en formation à l’école des Postes à Léo. Il revient à Stan après ce séjour studieux. Il est comptable à l’Office des Chèques Postaux. C’est là qu’il commettra, pour les uns un larcin, pour les autres un détournement des fonds.

A Stanleyville, il va entrer dans le monde des Blancs. Pour y prendre pied, il y a des habitudes, des attitudes et tant d’autres comportements pour se faire aimer des coloniaux. Ce n’est pas une vertu mais plutôt de la flagornerie. Lumumba laissera comme héritage à ses épigones ce côté sournois. Tous les nationalistes congolais en sont ainsi imbus. En 1952, il rencontre un Blanc qui s’avère être un Français : Pierre Clément. Lumumba devient son collaborateur intime et dynamique. Il s’introduit dans les milieux coloniaux de la Province Orientale que certains historiens belges qualifient de “coloniaux éclairés.” Ils ont amorcé timidement de fréquenter des Noirs. Ceci est seulement une face d’une politique en déclin. Entrer dans les milieux des colonisés et leur tirer, pour ainsi dire, le verre du nez, voilà le but inavoué qu’a Lumumba. Ce seront les Belges Rom, Marrès, le père Conrad, le gouverneur André Schöller qui lui facilitent l’entrée dans ces milieux coloniaux, ce dernier viendra au Katanga et comme dernier gouverneur colonial et il accueillera Lumumba comme « invité » de la province. A. Schöller avait toujours joué les impartiaux qu’il n’avait jamais été. Lorsque le ministre des Colonies, Auguste Buisseret, arrive à Stanleyville, lui André Schöller en sa qualité de gouverneur sympathisent et se prennent au sérieux. C’est la perche qu’ils tendent à Lumumba qui va permettre sa foudroyante carrière. Avec un groupe de notables congolais et sur invitation du ministre Buisseret, Lumumba arrive à Bruxelles. Dès son retour au Congo belge, Lumumba recevra soutien, conseil et aide pécuniaire de la part du ministre. Pour montrer sa gratitude, Lumumba entre au cercle libéral et il fait un pas de plus, il crée l’Amicale Libérale. En 1955, le Roi des Belges arrive au Congo. A Stanleyville, grâce aux manigances de Buisseret, Lumumba est deux fois reçu par le Roi. Fait étrange, Lumumba cumule des charges honorifiques ou rémunérées, Lumumba, relaps, méthodiste, il est président de l’Association des Anciens Elèves des Pères de Scheut, de la Mutuelle des Batetela, de l’Amicale des Postiers Indigènes, du Groupement culturel belgo-congolais. Dans ses rapports avec les Belges, voici ce qu’écrit Jean-Claude Willame en faisant allusion à son séjour à Bruxelles :

« Fortement soumis à l’influence du ministre (…) Et des milieux d’affaires belges, Lumumba se déclare à la fin de son séjour très impressionné par l’entente ouvriers et capitalistes belges… »4

Les biographes de Lumumba ont toujours voulu voir en lui un anticolonial qui n’a pas d’amitié et qui n’ose même pas avoir de simples relations avec les Blancs qu’il déteste, qu’il combat et encore moins n’entretenant pas d’accointances avec les milieux financiers. Ce qui le perdra, ce seront les milieux financiers dont il trahira les promesses et les soutiens qu’ils lui avaient donnés.

Le vol, acte indigne et disqualifiant

Patrice Lumumba, auréolé de son amitié avec le ministre des Colonies, Auguste Buisseret, revient de Bruxelles et quelle n’a pas été sa surprise, lorsque, le 13 juin 1957, sur la passerelle d’un DC4, il se fait notifier son arrestation pour avoir détourné 120,000 Fr. Il reconnaît les faits et il est traduit devant la justice. Il écope pour cela deux ans de prison. Il n’achève pas ces deux ans car le ministre des Colonies, son père nourricier, Auguste Buisseret, intervient et son séjour dans la prison est écourté. Ce sont des événements comme ceux-ci que les biographes ne mentionnent guère. Son séjour en prison lui procure reconnaissance et gloire. Il devient à sa sortie vice-président du Parti Libéral pour le Congo belge. C’est Buisseret qui a soufflé le nom de Lumumba pour que cette charge lui revienne de plein droit comme ministre des Colonies en 1954, il est venu au Congo et il a rencontré Lumumba à son domicile. Chose rarissime de la part d’un Blanc au Congo belge de ces années là.5 Un de ses récents biographes, Jean-Claude Willame, écrit à propos de démêlés avec la Poste et la justice, ceci :

« L’affaire est peut-être un règlement de comptes entre lui et un groupe de Congolais et d’Européens qui, à Stanleyville, veulent ruiner son prestige naissant. Si une telle tentative a eu lieu, elle échoue en tout cas. D’abord, parce que, chez les évolués, qui commencent à revendiquer haut et clair une place dans l’ordre colonial, les détournements sont loin d’être une indignité. Pour beaucoup d’entre eux Lumumba n’a fait que prendre dans la caisse ce qui lui était dû. C’est d’ailleurs ce qu’il tente d’expliquer lui-même au gouverneur Schöller, venu lui rendre visite en prison. »6

Sous d’autres cieux et autres tropiques, des gens comme Patrice Lumumba eussent été expulsés de toute participation à un pouvoir quelconque. Au Congo belge, on a besoin d’un homme qui puisse tenir uni cet avorton du colonialisme qu’est le Congo. Lumumba n’est qu’effleuré par tout cela.

A Léopoldville, on publie des manifestes

Entre Pierre de Vos et Francis Monheim existe une divergence sur l’itinéraire politique de Lumumba revenant de Bruxelles. Le premier écrit qu’il est retourné directement à Stanleyville. Le second prétend qu’il est revenu par Léopoldville où il a tenté de tenir une conférence de presse, mais l’autorisation lui en a été refusée par le gouverneur-général. Il a néanmoins rencontré Philippe Kanza et Joseph Mobutu. Il leur a dit sa déception de ne pouvoir s’adresser aux journalistes et prolonge son séjour dans la capitale d’une semaine avant de s’envoler pour la Province Orientale. Ces deux auteurs ne sont pas d’accord sur le moment où Lumumba prend connaissance du Manifeste de la Conscience Africaine des Pères de Scheut et dont on attribue généralement la paternité à Joseph Ileo. Pierre de Vos est convaincu que P. Lumumba l’a reçu en prison à Stan. C’est Pinzi qui doit le lui avoir envoyé.

A Stanleyville, il bénéficie de largesses d’un autre Belge : le gouverneur de la Province Orientale, André Schöller. Il viendra au Katanga dans les dernières années de la souveraineté belge au Katanga et comme son prédécesseur Palinckx, il va poursuivre la politique coloniale de favoritisme surtout envers les Kasaïens. André Schöller songe déjà à la vie d’après la prison. Et Lumumba, il s’attèle à la tâche d’intégrer le parti libéral. Schöller lui fournit du matériel de toutes sortes. Le ministre des Colonies et ses subordonnés en Afrique songent-ils déjà à lui comme leader pour tout le Congo belge ? Dans tout le cas, Lumumba reste largement ignoré du grand public autochtone. Ni dans la Province de l’Equateur, ni dans celle du Kivu, pourtant limitrophe de la Province Orientale et encore moins au Katanga, il reste l’illustre inconnu. A Léopoldville, Les milieux bakongo ont publié un autre manifeste. P. Lumumba se cherche et est toujours à la quête de quelque chose d’intangible.

A sa sortie de la prison, il est renvoyé de PTT et on lui dit qu’aux Chèques postaux, on n’avait pas besoin de voleur. C’est alors qu’il quitte la Province Orientale et au lieu de retourner dans son Kasaï natal, il prend le bateau pour Léopoldville. Grâce toujours aux Belges, il obtient du travail à la Bralima. Dans cette ville de Léopoldville, il subit un choc psychologique par ses multiples activités idéologiques, il se heurte aux autres sensibilités politiques. Léopoldville est une ville dont les habitants sont dits “population flottante” et où certaines activités idéologiques vont se confronter. Lors du séjour des Congolais à Bruxelles, pendant l’exposition universelle de 1958, sous l’instigation des fonctionnaires du Ministère des Colonies et qui sont membres du Parti Social-Chrétien que Ngalula, Ileo, Adoula, Nguvulu, Arthur Pinzi et Gaston Diomi créent le Mouvement National Congolais.

Sa formation politique

« Avec le concours des autres pionniers,

Stanley nous a donné la paix, nous a rendu notre dignité humaine, a amélioré notre physique, a instruit notre intelligence, a fait évoluer notre âme… Le génial explorateur Stanley a fait, tout en donnant accès aux richesses inexplorées, une œuvre éminemment humanitaire, en apportant dans un pays plongé dans la barbarie malheureuse les bienfaits de la civilisation… rendons hommage àStanley, le précurseur de la civilisation. »7

Voici ce qu’a écrit un homme qui passera entre 1960 et 1961 pour un grand révolutionnaire, un immense et grandiloquent anticolonialiste du continent africain. Dans son livre où est tiré l’extrait ci-dessus Le Congo, terre d’avenirest-il menacé est la manifestation d’un dédoublement de personnalités. Ce dédoublement est l’apanage de tous les pseudo-nationalistes du reste du Congo et même au Katanga dans le cartel. On professe d’un côté l’anticapitalisme, l’anti-blanc. Mais, en coulisse, il y a beaucoup de flagorneries et on cherche à avoir tout et à obtenir tout du capitaliste et du Blanc. C’est cela le caractère de tous ceux qui se passaient ou se prenaient pour des nationalistes. Dès 1955, Patrice Lumumba milite ou précisément entre dans le parti libéral belge. Ce même parti avait préconisé pendant toute la colonisation que le Katanga fût une terre d’immigration blanche et Lumumba ne s’en offusqua point.

Pendant qu’il est encore au Parti Libéral, il rencontre, lors de son séjour en Belgique, deux gauchistes notoires qu’il a eu l’occasion de voir à l’Exposition Universelle de 1958. L’un s’appelle Jean Van Lierde. Il est animateur du Cercle des Amis de Présence Africaine et l’autre est Jules Chomé. Il est avocat au barreau de Liège. C’est Jean Van Lierde qui va provoquer par ricochet la rupture apparente entre Lumumba et le Parti Libéral belge. Il apprend à Lumumba qu’il allait se tenir à Accra, la capitale du Ghana, indépendant depuis 1957, une conférence panafricaine en décembre 1958. Il va y acquérir de nouvelles orientations idéologiques et abjurer alors les idéaux qui lui avaient été jusque-là inculqués par les Belges du Parti Libéral. A Accra, c’est l’antipode de ce qu’il a appris, ici c’est vraiment la gauche, si pas le communisme que Jean Van Lierde et Jules Chomé lui prêchent et ils allaient être ses fidèles défenseurs jusqu’à la caricature. Lui a-t-on dit que crier « A bas le colonialisme et l’impérialisme, à bas le racisme et le tribalisme » c’est s’attaquer au Parti Libéral et à ses propres financiers d’origine belge. Il ira en outre, le 22 mars 1959, au Nigeria dans la ville d’Ibadan où il prononcera un discours à la clôture du séminaire sur « la Liberté de la culture ». Ce sera la même rhétorique anti ceci ou anti cela. Quoiqu’en disent ses partisans, Lumumba fut très bien, et même il fut le mieux introduit dans les milieux des partis politiques européens. La Commission Lumumba en a apporté des preuves irréfutables qui contredisent les dires de son conseiller Jacques Brassinne. Celui-ci a soutenu que Lumumba fut le seul pendant la conférence de la Table Ronde à ne pas avoir eu des conseillers et Vandewalle lui a répondu qu’il n’en eut pas dans la salle.8 D’ailleurs à son arrivée à Zaventem, il est accueilli par un autre Belge, encore un communiste, Jean Terfve et en ville, il est littéralement happé par Van Lierde. Il est bien intéressant de se tourner vers les documents de la Commission Lumumba puisés dans le fonds du comte d’Aspremont-Lynden sur les accointances de Lumumba en Belgique.

1. Le 7 février 1960, au cours d’une réunion de communistes belges, à la maison belgo-polonaise à Liège, Lumumba a déclaré, entre autres, qu’en matière de soutien du Fr congolais, on croit pouvoir compter sur une aide presqu’illimitée de pays de l’Est.

2. Pendant son séjour à l’Hôtel Central à Bruxelles du 21. 4 au 7.5 1959, il a eu :

communications téléphoniques avec le n° 48 91 66 attribué à Singer Maurice, militant communiste et secrétaire national des A B C. Il s’agirait plus probablement de son épouse LEWIN, Rosine, dont l’intérêt pour la question congolaise est bien connu ;

communication avec le n° 437772 à destination de GRUNENWALD(T), Oscar, avocat, militant très actif du PCB, secrétaire général des Amis de la Tchécoslovaquie, Conseiller juridique de Notre Solidarité, membre de l’AIJD, de l’UDBP, etc.

Déjà le 30. 4. 1959, Lumumba a assisté à une réunion privée organisée à Liège au domicile du docteur Bonet (membre du Comité pour la Paix en Algérie – CPPA et groupant des personnes de gauche, pour la majorité des communistes ou sympathisantes, notamment : Beelen, René, membre du secrétariat national, du Bureau Politique et du Comité Central du PCB. Raskin, Jules, avocat, dirigeant national de la Jeunesse Communiste de Belgique ; Levaux, Marcel, secrétaire national de la JCB et membre du Comité Central du PCB.

Le 25.5. 1959, Lumumba s’est rendu à Liège au bureau de Raskin, Jules, où il a rencontré Posho Joseph, étudiant congolais, en rapport avec le PCB de Liège et qui a participé en juillet 1959 au Festival Mondial de la Jeunesse à Vienne.

Le 6.5. 1959, il a fait une courte apparition au Congrès Régional du Brabant de la JCB tenu à Bruxelles où il a répondu à quelques questions.

Le 9.5. 1959, au cours d’une fête organisée à Liège par le Comité Liégeois du Festival de la Jeunesse, Lumumba, a été reçu par les Jeunesses Progressistes à la Librairie communiste Romain Roland, où il est entré en contact avec Dejace Joseph, député du PCB.

Au cours de sa détention au Congo belge, Lumumba est resté en contact avec le PCB et la JCB ; il était notamment en correspondance épistolaire avec Raskin Jules, déjà cité.

Dès son retour à Bruxelles, le 26. 1. 1960, où il devait participer à la Conférence de la Table Ronde, Lumumba téléphone au centre du PCB pour prendre contact avec De Coninck, Albert, dirigeant du PCB chargé de questions congolaises. Par la suite, il rencontre journellement ce dernier et se tient constamment en liaison téléphonique avec le siège du Comité Central du PCB à Bruxelles. Lumumba a tenu à remercier les dirigeants communistes pour la sollicitude dont ils ont fait preuve envers les délégués du MNC et d’autres groupements congolais.

Le 7.2. 1960, lors de la réunion à la maison belgo-polonaise à Liège, dont question sous la rubrique « Contacts avec l’Est » Lumumba a passé commande, à LEVAUX ; Marcel, déjà cité, de matériel pour la préparation de sa campagne électorale.

En février 1960, il est signalé, qu’au cours d’une conversation récente, GRUNEWALD(T) Oscar, a déclaré que Lumumba avait passé le week-end du 6 au 7 février 1960 avec (ou chez) lui.

Les derniers jours avant son retour au Congo Belge, Lumumba était accompagné dans tous ses déplacements par le cinéaste Frison Théo, membre du PCB. A chaque occasion, ce dernier filmait Lumumba. Le 16.2.1960, Lumumba a donné une conférence à Liège, à l’invitation d’un comité liégeois groupant l’avocat communiste et divers membres du Comité pour la Paix en Algérie. Raskin présidait cette réunion.

Le 18.2.1960, Lumumba a participé à une réunion d’enseignants (membres ou sympathisants du PCB) tenue à Anvers, au domicile de la militante communiste De HERDT, Leonia.

On rapporte qu’au cours de la semaine du 15 au 22 février 1960, Lumumba s’est rendu aux Pays-Bas en compagnie de VANDERBORGHT Michel, dirigeant des JCB.

De même, Lumumba a été contacté par STEUX Emilienne, dirigeante du Rassemblement des Femmes pour la Paix en vue de la participation d’une femme congolaise à la célébration du 50e anniversaire de la Journée Internationale des Femmes à Copenhague, en avril 1960. Le 27.2. 1960, avant le départ pour le Congo, Lumumba a signé un contrat avec la S.A « Oriental Import Cie » à Jodoigne, pour la fourniture de matériel de propagande pour les élections congolaises. LEVAUX Marcel et VANDERBORGHT Michel, dirigeants de la JCB se sont occupés de la liste des articles à fournir et de l’élaboration des clichés et matrices pour les photos et affiches. Le montant de cette livraison s’élèvera à 4.276.850 Fr. dont 14 % reviendront à l’Oriental Import et 1 % au PCB.

La direction de la SOCOMABEL à Anvers qui avait été contactée pour le financement du matériel de propagande commandé par Lumumba à Oriental Import estime que cette affaire présente un grand risque par manque de garanties et le fait que la politique actuelle de Lumumba envers les groupes financiers est plutôt désavantageuse (SOCOMABEL dépend de la Société Général). Toutefois, SOCOMABEL serait éventuellement d’accord d’aider Lumumba dans sa campagne électorale à condition qu’il suive une politique qui concorderait avec celle espérée par les groupes financiers. Il faudrait donc obtenir des garanties en ce sens et pour les obtenir, GOYENS Albert qui se dit expert commercial et financier de l’Oriental Import se rendrait à Léopoldville avec un délégué de SOCOMABEL afin d’y rencontrer Lumumba. D’autre part, VANDERBORGHT, Michel a l’intention de se rendre au Congo comme adjoint à Lumumba et conseiller pour les élections ; il estime nécessaire la présence d’un membre du PCB afin d’éviter que Lumumba ne se laisse influencer. Dans le but d’obtenir son visa pour le Congo, Vanderborght s’est fait octroyer par la firme Oriental Import Cie une attestation de complaisance l’accréditant fictivement comme représentant de cette firme.9

Comme il s’agit du Katanga et de Lumumba, beaucoup de ses admirateurs et défenseurs ont une idée du Katanga tout à fait étrange. Ils omettent de mentionner qu’il avait existé et même existent encore aujourd’hui énormément des différences entre le monde de Lumumba et celui des Katangais. Les agissements, les réactions de Lumumba et de M. Tshombe dépendent de la situation dans laquelle tous les deux se trouvent. Lumumba aimait surtout le monde des journalistes, comme il recherchait la sensation et la spontanéité délétère du moment que, eux seuls, pouvaient lui garantir. Tandis que chez les Katangais, prêchaient la modération, on trouvait la clarté jointe à la fermeté, la clarté dans le projet et le but. On n’a jamais su pourquoi les Belges maintiennent que la CONAKAT est la Confédération des Associations du Katanga, alors que c’est la Confédération des Natifs du Katanga.10 Probable­ment, ils le font pour rehausser la figure de Lumumba se trouvant au-dessus des tribus.

La Conakat a eu dès le début un visage rassembleur de toutes les ethnies composantes du Katanga et voilà la raison pour laquelle elle est une confédération ; en détachant une partie fort négligeable des Baluba, Sendwe s’était mis au service de l’étranger créant par la même occasion la division du Katanga. Les amis de Lumumba minimisent le rôle du Blanc dans la promotion et la commercialisation de l’homme Lumumba. Ils sont légions. Il y a Buisseret, les socialistes ou les communistes belges de la métropole qui s’y adonnent à cœur joie. Van Lierde écrit que les autorisations nécessaires pour que Lumumba aille à Accra lui ont été accordées grâce à l’intervention d’un prêtre jésuite belge, Van Wing. Pour mieux situer Lumumba dans l’arène politique congolaise, il convient de comprendre les motivations des Belges. Leur présence au Congo est d’exploiter et non de faire de la philanthropie. Lumumba ne fut qu’un pion sur l’échiquier colonial : garantir l’indivisibilité et la conservation des intérêts belges dans un pays uni.


1. Willame, Jean-Claude : Patrice Lumumba. La crise congolaise revisitée. Karthala. Paris, 1990

2. Idem, p. 24