Le Monde de la santé est-il malade ?
56 pages
Français

Le Monde de la santé est-il malade ?

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Description

Nous voyons malheureusement tous les jours notre société se dégrader un peu plus et nous prenons conscience de la situation désastreuse que nous allons laisser aux jeunes générations. Le système de santé aussi est loin d’échapper au désastre : les fermetures d’établissements, les réductions d’effectifs, les sucides et les condamnations de praticiens qui n’obéissent pas aux dictats des puissants sont là pour en témoigner.


Il est intéressant de le voir s’interroger sur son histoire, de sa naissance à son agonie, et de nous inciter à l’accompagner dans cette réflexion. Une interpellation qui nous permet de mettre en évidence que la situation désastreuse dans laquelle il se trouve, à l’image de la société toute entière, n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un combat mené par une alliance sans faille au service d’intérêts particuliers précis.


Il est grand temps de faire taire ces « experts » qui, par médias interposés et au service d’une poignée de nantis avides de pouvoir, viennent nous imposer la seule ligne efficace à suivre bien qu’elle nous conduise invariablement au chaos. Nous en avons déjà subi les conséquences dramatiques et il est impératif d’en tirer les leçons.


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Date de parution 30 septembre 2016
Nombre de lectures 1
EAN13 9782334217637
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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ISBN numérique : 978-2-334-21761-3

 

© Edilivre, 2016

Chapitre 1
Je ne me sens pas très bien…

Le monde de la santé est-il malade ? C’est une question que l’on est en droit de se poser, après les épisodes succulents du feuilleton Cahuzac, ce monsieur qui, en dehors de ses qualités d’expert en aventures financières, est d’abord un médecin, qui passe allègrement de la chirurgie gastrique aux implants capillaires, avec un petit détour par le service des trusts pharmaceutiques et l’antichambre du ministère de la Santé ; les aventures de Monsieur Servier et de ses médicaments qui, s’ils ne font pas maigrir sans risques, ont l’air de rapporter gros…

Ces révélations successives et à un rythme soutenu ont pour conséquence inéluctable de nous faire vivre une époque où le dégoût est un sentiment qui se répand et touche de plus en plus de personnes. La manipulation perverse et l’appât du gain semblent être les atouts majeurs de la réussite et les principales motivations de ceux qui mènent le monde en se servant de nos dirigeants politiques pour arriver à leurs fins. Le domaine de la santé, qui devrait pourtant être exemplaire, se révèle être malheureusement aussi atteint que les autres.

Les chroniques médiatiques, si importantes soient-elles, nous révèlent ces faits, mais ne vont pas plus loin et masquent bien leur hypocrisie en jouant un double jeu. D’un côté elles « font leur travail » en révélant leur existence, ce qui est incontestable et doit apparaître comme essentiel à la population pour bien lui montrer qu’on la tient informée, qu’on s’occupe d’elle et de sa liberté. Mais le bruit assourdissant fait autour de ces révélations, leur caractère répétitif et les questions émergentes qu’elles suscitent, tourne au brouhaha, au faux débat, au point de les couvrir, les étouffer. Ce qu’on s’empresse de faire, comme si on ne voulait pas entendre. Ainsi, on reste sur un constat, qui, s’il est un excellent premier pas, nous laisse tout de même une sensation d’inachevé, de frustration. On ne va pas plus loin et on ressent bien que le travail n’est pas fini. S’interroger sur le pourquoi des choses semblerait pourtant être un enchaînement logique pour compléter l’information, l’enrichir, lui donner un sens. Mais il y a peut-être le risque sous-jacent qu’une évocation des causes ne débouche effectivement sur des vérités compromettantes que l’on ne désire pas révéler ; on est en droit de s’interroger ! La première question qui vient tout naturellement à l’esprit est évidemment : « Comment cela est-il possible ? » En d’autres termes, qu’est-ce qui permet à des personnes d’avoir une telle liberté de manœuvre qui autorise à se servir d’une structure et de l’argent public à des fins d’enrichissement personnel ?

On remarque immédiatement qu’un vrai travail d’investigation et de réflexion s’impose, qu’il consisterait par exemple à chercher dans notre système de santé, dans son histoire, sa construction, les failles ou les faiblesses éventuelles qui ont pu permettre de telles dérives. Remonter, faire l’historique, une démarche éminemment médicale. Elle nous permettrait peut-être de nous rendre compte et de mettre en évidence que certaines exigences, voulues et imposées il y a de cela quelques décennies par des instances professionnelles, n’étaient pas innocentes. Leurs effets, sûrement moins visibles à l’origine, n’en étaient pas moins réels, mais le contexte politico-économique permettait sans doute plus facilement de les masquer et d’en profiter pour commencer à préparer par exemple les discours moralisateurs sur la responsabilisation des patients, visant plutôt à les culpabiliser et organiser ainsi prudemment le transfert d’une responsabilité éventuelle des dérives du système.

Nous sommes arrivés à un moment de notre histoire où nos gouvernants s’interrogent sur l’opportunité d’une loi sur l’euthanasie, sans se rendre compte qu’ils l’appliquent déjà à un système de santé, né il y a soixante-dix ans, fondé sur une philosophie humaniste exemplaire qui en faisait un modèle dans le monde entier.

Ce qui est affligeant actuellement, c’est la désespérance observée, cet état d’esprit partagé que l’on peut rencontrer aussi bien chez les patients que parmi le personnel médical. La « Chose » est tellement énorme qu’on a du mal à croire à sa réalité, un peu comme un boxeur qui est KO debout ; il a pris un rude coup, il ne tombe pas, mais il ne sait pas trop bien ce qu’il lui arrive. On a l’impression que les questions n’effleurent pas les esprits. Tellement habitués à pouvoir se faire soigner sans trop de difficultés, même si certains secteurs comme le dentaire par exemple sont difficilement accessibles aux plus démunis, on peut comprendre que les gens aient du mal à imaginer que le système s’écroule. Et pourtant, les participations financières demandées, de plus en plus lourdes à assumer et qui empêchent un nombre croissant de personnes d’avoir accès aux soins, les contraintes de toutes sortes, commencent à interpeller.

Du côté de certains professionnels, on peut faire un peu le même constat. En effet, les praticiens hospitaliers ont pu exercer leur métier pendant des décennies dans de bonnes conditions, même s’ils entendaient dire un peu comme une rengaine, voire comme un reproche, que l’hôpital était le secteur le plus lourd budgétairement et coûtait cher à la collectivité ; cette absurdité faussement innocente devait permettre de préparer les esprits aux mesures restrictives ou pénalisantes à venir, et qu’on nous présente aujourd’hui comme inévitables. À chaque fois que le problème du déficit de la Sécurité sociale a été abordé, le fameux « trou », on braquait les projecteurs sur la gestion des hôpitaux, qui dépensaient trop, même si cela correspondait à ce qu’ils devaient dépenser pour assumer tout naturellement leur fonction ; mais jamais une allusion sur le secteur libéral qui a toujours pu facturer ses « actes » en toute quiétude. Quand la question de la justification de ces actes effleurait, on préférait en transférer la responsabilité sur le patient, la demande abusive, charger « ces assistés qui profitent trop du système » et vont consulter pour un oui pour un non. On a vu aussi, dans les années quatre-vingt, un gouvernement de gauche prendre deux mesures importantes afin d’alléger le budget de l’hôpital : d’abord la possibilité d’effectuer des soins infirmiers en exercice libéral, rémunérés à l’acte, entraînant une importante hémorragie d’effectifs vers le privé qui posera d’ailleurs problème lors de l’instauration des trente-cinq heures ; ensuite la suppression du service ambulancier, confié à des entreprises privées. Ce genre de mesure en trompe l’œil, appelée réforme, a effectivement donné un peu d’oxygène au budget de l’hôpital, ce qui a été vite mis en évidence pour en cacher la contrepartie, qui, elle, a considérablement alourdi celui de la Sécurité sociale. Mais ce que ce genre d’action met surtout en évidence, c’est l’aspect bricolage comptable appelé pompeusement réforme, et plus encore le fait qu’aucun gouvernement ne s’attache vraiment à poser le problème de fond et ne cherche à...