Le Mythe d'Actéon & La véritable histoire d'Hylactor et Pamphagos

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96 pages
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Artémis, fille de Zeus, l’ambiguë déesse de la nature sauvage et de la chasse, avec ses nymphes, au retour de leurs expéditions sylvestres matinales où elles ont poursuivi cerfs, chevreuils, daims et sangliers, aiment à se rafraîchir à l’ombre des tilleuls, à se laver et surtout à se purifier après leurs activités de chasse où le sang est versé.
C’est à ce moment que le jeune Actéon commet la faute – involontaire ? intentionnelle ? – de contempler en cette heure chaude de midi la vision interdite de la déesse de l’Olympe se baignant nue. Métamorphosé en cerf par Artémis (pudeur ? colère ? vengeance ?), Actéon est déchiré, déchiqueté et dévoré vivant par sa propre meute de limiers, lévriers, dogues et mâtins qui ne le reconnaissent pas. L’atroce vérité ne leur sera révélée que plus tard (Hésiode) et ils devront vivre avec ce lourd secret. Un secret bientôt dévoilé à tous (Ovide, Hygin, Bonaventure Des Périers). Les chiens Hylactor et Pamphagos – accablés par le remords et la culpabilité – fuiront la fontaine Parthenios et la vallée de Gargaphie, le Mont Hélicon et la Béotie et la Grèce...
Comment Hylactor et Pamphagos se sont-ils retrouvés dotés de la parole humaine ? Leur fuite et leurs expériences seront relatées (Cervantès, Florian, E.T.A. Hoffmann). Ce qui les amènera à changer d’identité pour devenir Cipion et Bergança, Scipion et Bergance... Ils rencontreront Sigmund Freud et participeront à l’histoire de cette aventure intellectuelle pourtant spécifiquement humaine qu’est la psychanalyse...

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Ajouté le 01 janvier 2015
Nombre de lectures 14
EAN13 9782849244173
Langue Français
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Le Mythe d’Actéon
&
La véritable histoire d’Hylactor et Pamphagos
Collection « Les Mythes Revisités »
Dans la même collection :
La femme dans la société celte,Sylvie Verchère Merle La véritable histoire d'Orphée et Eurydice,Christiane Gaillard La véritable histoire de Noé,Christiane Gaillard La véritable histoire d’Ulysse,Christiane Gaillard La véritable histoire d’Adam et Ève,Christiane Gaillard
Image de couverture : François Boucher [Public domain], via Wikimedia Commons © Éditions du Cygne, Paris, 2015
www.editionsducygne.com ISBN : 978-2-84924-417-3
Bernard Belin
Le Mythe d’Actéon
&
La véritable histoire d’Hylactor et Pamphagos
Éditions du Cygne
Du même auteur
Franche-Comté, Culture et patrimoine : Jacques Brel, T’as voulu voir Vesoul… !(2013)
Ethnozootechnie : Le Loup & le Chien & l’Homme(2003)Animaux au secours du Handicap(2000)
En collaboration
Technologie de l’action sociale : Vivre avec Alzheimer(2005) L’Insertion des jeunes handicapés en milieu ordinaire de travail(2003) Les Personnes handicapées âgées, Où en est-on ?(2003) Les Personnes handicapées vieillissantes(2001)
À l’origine…
La scène a eu pour théâtre la Béotie, région centrale montagneuse de la Grèce continentale avec en son Sud, au long de la côte du golfe de Corinthe reliant la Mer Ionienne à la Mer Égée, le Mont Hélicon. L’Hélicon, et à l’Ouest et surplombant Delphes cette autre chaîne de montagnes qu’est le Parnasse, étaient les résidences favorites des protectrices des (1) lettres, des arts et des sciences, les Muses , les neuf fruits des neuf nuits d’amour de Mnémosyne avec Zeus à l’issue victorieuse desdix grandes années divines, soit plusieurs siècles humains, que dura la guerre parricide l’ayant opposé à Cronos et aux Titans. Mnémosyne, la déesse de la mémoire, celle qui a attribué un nom à chaque chose et donné ainsi à tous la possibilité de se comprendre, et ses sœurs, les Titanides, étaient restées neutres durant ce conit, la Titanomachie, au cours duquel leur père Cronos et leurs frères s’étaient affrontés à Zeus et aux Dieux de l’Olympe. L’Hélicon. Le lieu même où le fringant et ailé Pégase d’un violent coup de sabot a fait jaillir de la roche une fontaine, l’Hippocrène, source de l’inspiration poétique et de la création où purent s’abreuver désormais les Muses à satiété. L’Hélicon. Là où, à l’instant même de la dispari-tion du beau et séduisant Narcisse, s’épanouit soudai-nement une eur inconnue aux pétales et sépales
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pétaloïdes confondus en une blanche corolle étoilée à six branches, surmontée d’une coronule safranée et liserée de rouge, en forme de coupe au bord lobé entourant et protégeant les fertiles et fragiles androcée et gynécée de la nouvelle venue dans le règne végétal. L’Hélicon. Un massif montagneux d’une seizaine de sommets dépassant les mille mètres, la Palaióvouna culminant à 1748 mètres. Des monts ondulants couverts d’épicéas, de cyprès, de hêtres avec des hautes plaines et vallées étroites tapissées de bosquets de chênes, pins, oliviers, noyers, amandiers, où sourdent nombre de cascatelles et de fontaines. L’Hélicon. Avec, échappant aux lois de la cité, un lieu sauvage dédié à la féminité, le Mont Cithéron et à ses pieds la giboyeuse vallée de Gargaphie, sanctuaire de l’ensauvagée déesse Artémis, lle adultère de Zeus et de la nymphe Léto émigrée de la froide Hyperborée, septentrional pays de l’au-delà du Vent du Nord d’où soufe Borée, là où le soleil brille constamment. Artémis, ayant été témoin des douleurs de Léto lors de la mise au monde de son frère Apollon, avait demandé et obtenu de Zeus de garder éternellement sa virginité. Lui furent aussi octroyées par le Dieu suprême de l’Olympe la déité de la chasse et de la nature sauvage ainsi qu’à son service une suite de nymphes protectrices, toutes grandes et belles et conservant leur jeunesse, que la blonde déesse dépassait cependant en beauté et en taille : vingt nymphes des sources, des fontaines, des lacs et des rivières que sont les Naïades, et soixante Océanides, les nymphes à la fois de l’Océan
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entourant le disque plat qu’est la Terre et des euves (2) alimentant celui-ci en eau. Robe au pan relevé et serré à la taille donnant l’impres-sion d’une tunique courte, lechiton,laissant les jambes libres pour la course, cheveux noués en chignon sur la nuque à l’aide de bandelettes et un croissant de lune en diadème, pieds nus ou sandales attachées avec des lanières ou légers brodequins lacés, en main un javelot en bois d’olivier ou son arc d’or bandé et sur le dos le carquois rempli de èches d’argent créées et forgées pour elle par les Cyclopes ouraniens, Artémis aime à parcourir ce territoire boisé escortée de ses nymphes chasseresses et à poursuivre cerfs, chevreuils, daims et sangliers. Au plus profond de la vallée ombreuse de Gargaphie, une grotte sombre et silencieuse à la voûte creusée par le génie de la nature dans les tufs, ponces et autres roches volcaniques tendres, d’où suinte une source de rosée alimentant la fontaine Parthénios. Son eau pure et claire s’écoule en un lit peu profond tapissé d’un n gazon aquatique, aux rives verdoyantes bordées des odorants myrthes et oléandres, dans lequel Artémis et ses nymphes, à l’heure de la méridienne, l’heure chaude de midi et dans le silence, quittant leurchitonau retour de leurs expéditions sylvestres matinales, aiment à se baigner nues à l’ombre des tilleuls, à se laver de la poussière et de la transpiration et surtout à se purier après leurs activités de chasse où le sang est versé. Ayant poursuivi un grand cerf à la tête ornée de bois magniquement ramiés, celui-ci avait conduit dans sa fuite la meute de limiers, lévriers, épagneuls,
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