Le symbolisme, le rêve… la femme dans l'art à la fin du XIXe et au début du XXe siècle

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L’essai de Marie Colombet dresse une histoire croisée – picturale et littéraire – du symbolisme, mouvement esthétique qui prit son essor dès la fin du XIXe siècle, en réaction au naturalisme, au rationalisme, au réalisme. Des toiles de l’initiateur, Puvis de Chavannes, aux prolongements surréalistes que connut cette manière d’appréhender le monde, de la production d’un Barbey d’Aurevilly à celle d’un Breton, l’auteur expose, analyse, dissèque les œuvres qui ont fait et constamment réinventé le symbolisme, tout en en dévoilant les dynamiques principales (goût pour le mythe, le rêve, la représentation féminine). Par nature – et comme l’indique son nom –, le symbolisme veut échapper à ce sens que l’on dit "propre", restreint, figé, pour privilégier l’intuitif, l’énigmatique, le pluriel, le caché. En cela, il constitue certainement un défi à la raison et à l’intellectualisation. Est-ce pour autant qu’il est absolument hermétique? Non, nous affirme Marie Colombet, qui s’emploie à mettre à jour, au fil d’une exploration particulièrement riche, les forces créatrices qui y sont à l’œuvre. Ou le symbolisme enfin apprivoisé…

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EAN13 9782748368574
Langue Français

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Le symbolisme, le rêve… la femme dans l’art e à la fin du XIX e et au début du XX siècle
Marie J. Colombet Le symbolisme, le rêve… la femme dans l’art e à la fin du XIX e et au début du XX siècle Le symbolisme au féminin
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Je remercie Marianne Clerc, maître de conférences à Grenoble II, qui a bien voulu me relire et faire part de ses observations.
Introduction I. Fuir un réel qui ne serait que rationalité L’âme des Anciens s’exprimait dans la représentation symbolique. Le mouvement symbolique de la fin du e XIX siècle interprétait l’âme contemporaine, percevait la représentation au-delà des formes contingentes, préférait le rêve au relevé des apparences. Les peintres et les littéra-teurs de cette période expriment et combattent sur le plan philosophique, littéraire et plastique, le positivisme et le naturalisme issus de Courbet et de Zola. De même aujourd’hui, l’intérêt porté au symbolisme doit être considéré comme une attitude de défense de la sensibilité, du sentiment, devant la rationalisation à ou-trance, la conduite démystifiante de l’électronique, de l’informatique. De là découle pour certains l’intérêt porté aux ruptures de sens, la vogue des sciences occultes, de la science-fiction, de la voyance, la recherche d’un dépaysement. De tout temps, la peinture s’est exprimée dans une langue structurée de signes. De nos jours, l’artiste doit dépasser les apparences, s’adresser à notre capacité intuitive, et, à travers les rêves, les visions, l’imagination, redécouvrir un autre réel, d’autres valeurs spirituelles et transcendantes. Qu’est la réalité ? Elle n’est pas réductible à ce que nous voyons, à ce que nous entendons, nos sens ne nous per-mettent de découvrir qu’une partie superficielle du monde. Le symbolisme existe alors sous certaines formes, pas né-cessairement figuratives. Malevitch, en 1927, exprime dans un carré noir sur fond blanc « toute la sensibilité du
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monde sans objet », dans une œuvre qui a une portée sym-bolique, mais aussi sociale et politique. e Pendant la seconde partie du XIX siècle, les impres-sionnistes et postimpressionnistes tentent d’atteindre l’objectivité dans l’analyse du visible, notamment par : - la peinture de la vie moderne (Monet :Le Pont de l’Europe,gare Saint-Lazare, 1877), - la recherche des plus justes modes de figuration de la nature (Édouard Manet :Argenteuil,1874), - des chroniques de l’époque (Gustave Caillebotte : LeBoulevard sous la pluie, 1877), - une analyse des données optiques et chromatiques (Seurat :Un dimanche à laGrande Jatte,1884). Tous ces peintres se veulent exacts et scientifiques, en une époque qui croit au positivisme et au progrès infini des connaissances. La réalité extérieure est leur unique champ d’expérimentation. Seuls Cézanne et Van Gogh ont prati-qué l’autoportrait, l’exploration intérieure, mais ni Degas, ni Renoir, ni Seurat, ni Monet, ni Pissaro, ne se sont es-sayés à cet art introspectif… Ils sont naturalistes et cherchent à révéler la vérité des formes et de la lumière. e À la fin du XIX siècle, Gauguin déclare sévèrement : « Les impressionnistes cherchèrent autour de l’œil, mais non au centre de la pensée, et de là tombèrent dans des raisons scientifiques. Il y a physique et métaphysi-que. » Gauguin est de ceux qui préfèrent la vision à la vue, et le rêve au relevé des apparences. Gauguin anime et sou-tient le mouvement symboliste. Contre une peinture simplement « rétinienne », il veut un art spirituel, un art à décrypter, riche de sous-entendus et d’allégories. À partir de 1870, l’art symboliste délaisse à la fois la référence au réel, à la nature – Zola est honni – et l’aide
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