Les révoltes arabes contre l'humiliation

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178 pages
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Description

Depuis 2011, le monde arabe est en ébullition. Tunisiens, Égyptiens et Libyens ont réussi à chasser leur dictateur ; d'autres essaient de le faire (Syriens, Yéménites avec des nuances et une violence certaine) ; d'autres enfin ont provoqué des réformes réelles ou en trompe-l'œil (Marocains, Algériens).
Ces révoltes et manifestations posent de nombreuses questions auxquelles des réponses lapidaires ont trop souvent été apportées. Si l'on peut s'accorder sur les raisons principales (revendications sociales, économiques et démocratiques ; liberté d'expression), il n'en demeure pas moins que chaque situation est différente tout en portant en elles des lignes de convergence entre les mouvements au sein du monde arabe et dans le sud de l'Europe mais aussi avec d'autres mouvements historiques ou géographiques.
En restant centré sur le bassin méditerranéen, ce livre propose des éclairages sur certaines de ces révoltes afin de souligner ce qui en a constitué leurs lignes de force. Le bilan est partagé entre ce que ces révoltes ont bouleversé ou transformé de manière plus ou moins irréversible et ce qui est resté en l'état ou n'a pas vraiment évolué.
L'ensemble aide alors à mieux comprendre les ressorts, les dynamiques et les logiques de ces sociétés.

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Date de parution 01 janvier 2012
Nombre de visites sur la page 3
EAN13 9782849242827
Langue Français

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Les révoltes arabes contre l’humiliation
Processus et acteurs
Collection « Cahiers du CCMO » (Hors Série)
dans la collection :
Le Moyen-Orient un après : entre révolution, révolte et stagnation,Collectif Moyen-Orient : sociétés en crise, sociétés en guerre,Sébastien Boussois (coord.) Le Moyen-Orient à l’aube du Printemps arabe,Sébastien Boussois (coord.)
Image de couverture : © http://24.mamfakinch.com/(manifestation du mouve-ment du 20 février à Beni Mellal, Maroc, 25 décembre 2011) © Éditions du Cygne, Paris, 2012
www.editionsducygne.com ISBN : 978-2-84924-282-7
Valérie Lanier & Raphaël Porteilla (coord.)
Les révoltes arabes contre l’humiliation
Processus et acteurs
Éditions du Cygne
La Maison des Sciences de l’Homme de Dijon, Centre de Recherche à caractère fédératif et Unité de Service et de Recherche placée sous la tutelle de l’Université de Bourgogne et du CNRS (USR CNRS-uB 3516) a pour mission d’apporter un soutien technique aux chercheurs et doctorants des laboratoires en Sciences Humaines et Sociales (SHS) du campus dijonnais et de structurer et impulser les recherches interdisciplinaires autour de thèmes fédérateurs. La MSH mutualise des équipements scientiques et des compétences techniques au sein de trois services communs de la recherche : un Service Numérisation et Bases de Données, un Pôle Géomatique et Cartographie, un Service Documentation et Archives Scientiques. Elle apporte un soutien technique au développement de programmes de recherche interdisciplinaires en proposant une aide au montage de projets, suivi et gestion des programmes de recherche, organisation de manifestations scien-tiques. Elle a pour ambition de faciliter le transfert des savoirs en direction de la communauté scientique et de la société civile. http://msh-dijon.u-bourgogne.fr/
Le Centre de Recherche en Droit et Science Politique (CREDESPO)est issu, en 2007, de la fusion de trois équipes d’accueil : le Centre d’Étude et de Recherche Politiques (CERPO), le Centre de Recherche en Droit Public Économique (CRDPE) et le Laboratoire de Droit Privé Appliqué (LDPA). Équipe d’accueil (EA 902), le CREDESPO organise ses travaux de recherche autour de la thématique de «La démo-cratie, la garantie des droits et les citoyennetés». À travers cette thématique commune, le CREDESPO transcende les clivages classiques entre privatistes, publicistes et politistes pour mener de véritables recherchespluridisciplinaires. La théma-tique commune permet l’étude de la transformation du droit et des institutions dans une perspective historique et contempo-raine, nationale et comparative. http://credespo.u-bourgogne.fr
Le Cercle des Chercheurs sur le Moyent-Orient (CCMO)est une jeune association pluridisciplinaire (histoire, droit, socio-logie, science politique, etc.) et pluri-universitaire qui rassemble des étudiants et des jeunes professionnels (chercheurs, ensei-gnants, journalistes, économistes, etc.) de toutes nationalités menant un travail de recherche sur le Moyen-Orient. Ouverte à tous, l’association poursuit trois buts : permettre la rencontre entre jeunes chercheurs ; contribuer à la visibilité des travaux des jeunes chercheurs ; accompagner les jeunes cher-cheurs dans leur insertion professionnelle. http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com
Achaâb yourid isqat an-nidham Le peuple veut la chute du régime (Slogan des révoltes arabes)
« Je me révolte donc nous sommes » Albert Camus,L’Homme révolté
Introduction
Valérie Lanier et Raphaël Porteilla
Depuis plus d’une année, le monde arabe est en ébullition : Tunisiens, Égyptiens et Libyens ont réussi à chasser leur dicta-teur ; d’autres essaient de le faire (Syriens, Yéménites avec des nuances et une violence certaine) ; d’autres enn ont provoqué des réformes réelles ou en trompe l’œil (Marocains, Algériens). Au-delà des premières analyses qui ont tenté d’appréhender ces révoltes sans réellement y parvenir, il faut bien convenir que 1 les processus baptisés « printemps arabes » sont loin de toute analyse uniformisatrice. Ils renvoient au contraire à des ques-tionnements renouvelés sur la signication, les contenus, les évolutions de ces révoltes, d’autant que si des manifestations ont eu lieu un peu partout autour du bassin méditerranéen (en Israël, en Espagne et en Grèce), elles ont aussi touché l’Amérique du Nord. Aussi est-ce que ces mouvements sont à considérer comme le début d’un processus révolutionnaire visant la démocratisa-tion des régimes sur un modèle proche de ce que certains pays d’Amérique Latine ont connu, voire se conjuguent sur le moyen terme à d’autres résistances qui contribuent au déclin du capita-lisme ? Ou est-ce que ces révoltes ne sont qu’un changement de
1. Le terme renvoie à tous les « printemps révolutionnaires » antérieurs. Dans l’espace méditerranéen, il fait allusion auPrintemps inachevéSamir Kassir de (Actes Sud, 2006) mais aussi à ce que certains évoquaient dès 2005 (Le Monde diplomatique, juillet 2005). En 2011, plusieurs termes/concepts ont été utilisés pour décrire ces situations comme mouvements, révoltes, révolutions, résis-tances, contestations, conflits. Nous retiendrons le terme de « révoltes » en ce qu’il couvre l’ensemble des situations, ne prédétermine aucun contenu idéologique précis et laisse ouverte toutes les perspectives.
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régime sans en modier ni la nature ni le contenu ni la logique de domination ? En outre, ces mouvements peuvent-ils s’étendre à d’autres pays voire au-delà du monde arabe comme pourrait le laisser à penser le mouvement des « indignés » qui puise ses racines dans les mêmes déterminants ? À ces questions, ce livre ne prétend pas apporter toutes les 2 réponses ni analyser les liens éventuels entre ces situations mais, en restant centré sur le bassin méditerranéen, il envisage humble-3 ment de proposer des éclairages sur certaines de ces révoltes an de souligner ce qui en une année a constitué leurs lignes de force, partagées entre d’une part, ce qu’elles ont bouleversé ou transformé de manière plus ou moins irréversible et d’autre part, ce qui est resté en l’état ou n’a pas vraiment évolué ; l’ensemble aidant alors à mieux comprendre les ressorts, les dynamiques et les logiques de ces sociétés. La première série de lignes de force qui ont été modiées durablement concentre quatre aspects qui sont discutés dans les articles qui suivent. Les révoltes arabes nous ont en effet appris beaucoup sur les sociétés arabes au rebours des clichés et stéréotypes utilisés jusqu’alors, dominés par le déterminant islamique. Non qu’il n’était pas pertinent mais il n’était certainement pas le seul, pas plus que s’il est sans doute une issue potentielle à ces révoltes, il n’en constitue la seule et unique perspective. Ces révoltes ont ainsi renseigné sur ces dictatures, sur l’ampleur de la corruption, du clientélisme et de la prévarication (et des liens plus ou moins occultes avec les pays du Nord), sur la peur née des systèmes de sécurité répressifs mis en place, sur la violence des régimes et sur les systèmes de domination des femmes, la marginalisation et le
2. Un programme de recherches est en cours à Dijon sur les relations entre les divers mouvements sociaux. 3. Faisant suite à un colloque qui s’est tenu à la Maison des Sciences de l’Homme de l’Université de Bourgogne, organisé par Raphaël Porteilla et Valérie Lanier, le 14 novembre 2011, dont l’objet était d’analyser les «Printemps arabes, entre jeux et enjeux».
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