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Lettre ouverte aux égalitaristes et autres fous d'égalité

De
122 pages

Le pouvoir socialiste fait prévaloir la politique d’égalité sur toutes les autres politiques. Car la prééminence de ce dogme est vivement réclamée par tous les militants de la gauche.
C’est à ces militants que s’adresse la présente lettre ; à ceux qui veulent réduire les revenus des nantis, imposer la « fortune » et redistribuer les richesses ; aux « fous d’égalité » qui préconisent le nivellement des conditions matérielles et sociales de tous les Français.
Ces idéologues sont-ils certains de ne pas se tromper ? La question mérite d’être posée. Car l’auteur, qui consacre dix chapitres à la politique du pouvoir actuel, montre que, contrairement aux affirmations des socialistes, l’égalitarisme est une doctrine néfaste pour l’économie. Et qu’elle est, depuis les « années Mitterrand », la source directe du chômage et des difficultés financières de notre pays. Bref, la source de ce que l’on pourrait dénommer « le mal français ».


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-63091-9

 

© Edilivre, 2014

 

 

Vous vous souviendrez toujours de ce beau dimanche. Du 22 janvier de notre année présidentielle. Pour vous, le jour de gloire venait enfin d’arriver. Dans la salle ou devant votre écran de télévision, vous assistiez tous au meeting du Bourget. Vous écoutiez religieusement le discours de votre candidat : François Hollande, dont les accents enflammés vous rappelaient ceux de la belle époque de Mitterrand. Vous aviez tous le cœur gonflé d’une folle espérance. Celle de voir s’instaurer sur la France l’emprise d’une égalité sans limite : la promotion de tous les pauvres et le déclin corrélatif de tous les riches.

C’est ce jour-là que je vous ai vraiment découverts. Je regardais aussi la retransmission télévisée de ce mémorable meeting. Notre futur président qui gesticulait sur son estrade sous les applaudissements d’un public fortement « chauffé ». Quand soudain l’orateur vous parla de « l’égalité ». A ma grande surprise, ce fut alors comme une explosion d’enthousiasme et de joie. A cet instant, je sentis que tout basculait. Je croyais que la salle allait s’écrouler sous une interminable ovation. Bien entendu, grisé par cet accueil, emporté par ses propres paroles, Hollande comprit tout de suite qu’il serait bon d’en rajouter un peu. Pour conforter et compléter son triomphe, il répéta trois fois ce mot magique, ce mot providentiel, ce mot tant espéré : « L’égalité !… L’égalité !… L’égalité ! ». Clairement, lentement, lourdement. Il avait raison de le faire. Vous, ses militants, vous étiez debout, exaltés, délirants. Et vous nous avez offert, durant quelques minutes, un spectacle inhabituel dans une réunion politique. Celui d’une hystérie collective dont la manifestation avait, pour moi, quelque chose d’insolite et parfois d’inquiétant.

Depuis ce dimanche de janvier, votre « égalité » ne cesse de m’interpeller. Sur le moment, j’avais pensé qu’il ne s’agissait là que d’un mot prononcé par un candidat, à l’occasion d’une campagne électorale. Que le discours de celui-ci n’aurait pas de conséquences pour la France et pour les Français, comme c’est presque toujours le cas dans le domaine de la politique. Car le chemin qui va de la parole aux actes est souvent très long, pour ne pas dire tortueux, semé d’embuches et quelquefois même dangereux. Il n’est jamais tout à fait carrossable. Surtout lorsqu’il nous indique la direction plus qu’indécise de ce que l’on nomme vaguement « l’égalité ». Edouard Herriot le savait qui prévenait le voyageur : « Il est plus facile, disait-il, de proclamer l’égalité que de la réaliser ». Cependant le comportement du nouveau gouvernement, ses projets et les récentes mesures qu’il a tout de suite adoptées, ont très vite contredit mes premières impressions. L’objectif d’égalité n’est pas oublié. Loin s’en faut. Non seulement il représente la finalité principale de toutes les actions de ce gouvernement, mais encore, il prévaut toujours sur la mise en œuvre de celles-ci. Il n’est pas exagéré de dire que la politique du pouvoir socialiste se trouve désormais conditionnée par la perspective de l’égalité. C’est ainsi que l’adoption de telle ou telle mesure – l’utilisation exclusive de la TVA, par exemple – doit être purement et simplement abandonnée dès lors qu’elle est contraire aux intérêts particuliers des « plus défavorisés ». Parce que cela paraît inégalitaire ; parce que ce sont uniquement les nantis qu’il convient de rançonner. L’intérêt général de la nation touteentière n’est certes pas négligé par le gouvernement. Mais la situation de la France n’est souvent envisagée qu’après celle des personnes « démunies ». Elle semble donc passer au second plan. Le pouvoir socialiste fait systématiquement prévaloir l’objectif d’égalité sur tous les autres objectifs. Et cette tendance ne se manifeste pas uniquement dans le domaine économique. Elle concerne aussi d’autres domaines, tels que ceux de l’éducation nationale, de la politique familiale, du logement, etc.

Ces constatations – qui sont évidentes – m’ont incité à vous écrire cette lettre ouverte. A vous les partisans d’une stricte égalité. A vous qui avez manifesté votre joie, vous qui êtes entrés carrément en transes au seul prononcé de ce mot, vous qui sans cesse dénoncez les lois, les décisions ou les mesures qui vous paraissent toujours « inégalitaires ». Car je voudrais vous alerter sur la fâcheuse dérive de votre comportement. Sur ce qui m’apparaît comme étant de regrettables errements. Vous n’avez, en effet, que des certitudes, que des a priori. Vous êtes sûrs de vous. Vous ne raisonnez qu’en utilisant des principes, des axiomes ou des « formules » péremptoires. Des lieux communs présentés comme des vérités indiscutables.

Mais êtes-vous certains de ne pas vous tromper ? De ne pas confondre, dans vos affirmations sommaires, toutes les notions que vous évoquez sans cesse, telles, par exemple, que l’égalité, l’équité, la justice ou la solidarité ? Tous ces concepts ne se mêlent-ils pas dans votre esprit lorsque vous les citez à l’appui de vos arguments ou lorsque vous les avancez pour justifier vos revendications particulières ? Etes-vous vraiment certains que la politique d’égalité conduite par le nouveau gouvernement est conforme aux intérêts de la France ? Que c’est la voie qu’il faut suivre ? Qu’elle est bonne pour les Français ? Qu’elle est juste et qu’elle exprime nécessairement de nobles sentiments ? Etes-vous sûrs que la promotion de l’égalité peut être l’objectif principal que devrait poursuivre un Etat, qu’elle peut constituer par elle-même une politique essentielle, au point de prévaloir sur toutes les autres politiques exercées ou projetées par le pouvoir ? L’égalitarisme est-il compatible avec le progrès, avec la recherche de la croissance et du développement de notre économie ?…

Ces questions – qui ne sont pas limitatives – peut-être faudrait-il vous les poser. Certes, je respecte vos croyances et je comprends votre passion. D’autant qu’elles sont l’expression d’une bonne nature et d’une certaine candeur. Mais l’affaire me paraît trop sérieuse pour ne pas douter de vos certitudes. Ne serait-ce que par prudence, il vaut mieux ne pas affirmer. Il faut cesser d’asséner comme des sentences ces prétendues vérités qui ne sont que les vôtres. Et la meilleure façon d’y parvenir, c’est de les examiner les unes après les autres, d’en évaluer le contenu, d’en mesurer les conséquences. Bref, d’envisager pleinement les interrogations que suscite la mise en œuvre de la politique égalitariste du nouveau gouvernement socialiste.C’est ce que je vous propose de faire à la lecture des chapitres que je leur ai consacrés.

I
Le choix d’une égalité « socialiste »

Les partisans de l’égalité suivent aveuglément la politique qui est désormais conduite ou projetée par le nouveau pouvoir socialiste. Ils sont d’accord sur tout dès lors que le gouvernement ou le chef de l’Etat présente ses décisions ou ses mesures comme étant la mise en œuvre effective d’une « juste égalité ». Car, pour la plupart des citoyens, « l’égalité » demeure toujours un dogme empreint de justice. Un emblème de la France, teinté de morale et de vertu. Pour eux, c’est évident, ça ne se discute pas : l’égalité ne peut être qu’une bonne chose. Un droit de l’homme. Un droit que nous a légué la Révolution.

Alors, bien entendu, les socialistes en profitent. Ils sont assurés de caser toute la marchandise qui navigue sous le pavillon de l’égalité. Il leur suffit d’affirmer que l’égalité c’est la justice et que le redressement de l’économie se faisant dans l’égalité, se fera donc « dans la justice ». Toute la ruse est là : elle réside dans le simple énoncé d’un syllogisme trompeur que les égalitaristes admettent comme étant une vérité première.

Cet aveuglement des égalitaristes va jusqu’à l’ignorance de la notion-même d’égalité. Ceux qui foncent tête baissée vers le piège qui leur est tendu par le pouvoir socialiste, devraient au moins s’interroger sur le contenu comme sur la signification de leur propre engagement et, par voie de conséquence, sur la politique égalitaire qui est conduite par ceux qu’ils ont élus. Quelle égalité veulent-ils imposer à leurs concitoyens ? Quelle égalité veulent-ils imposer à la France ?

Ces questions méritent d’être posées car l’égalité n’est pas un concept unitaire. Il existe, en effet, plusieurs notions d’égalité dont les égalitaristes devraient avoir conscience avant de se demander si, oui ou non, l’égalité qui sera mise en œuvre par le gouvernement socialiste doit être considérée comme une mesure favorable aux intérêts de la France et des Français.

1 – Le premier concept est bien connu : c’est celui de l’égalité de droits. Une égalité qui procède de la Déclaration universelle des droits de l’homme dont le texte essentiel proclame que « tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Il s’agit-là de la conception républicaine de l’égalité que nous a léguée la Révolution française. Pour faciliter la lecture de ma lettre ouverte, je dénommerai donc cette forme d’égalité : « l’égalité républicaine ».

Ceci étant, « l’égalité républicaine » s’exprime par le traitement impartial de tous les citoyens, qui possèdent tous les mêmes droits, sans tenir compte de leur race, de leur sexe, de leur religion, de leur naissance, de leur mode de vie, de leur fortune, de leurs relations, etc. Cependant, les distinctions entre les hommes sont évidemment permises dès lors qu’elles sont justifiées par leur valeur ou leur utilité sociale. En fonction de leur mérite ou de leur qualité, certains peuvent ainsi bénéficier d’un traitement de faveur, obtenir, par exemple, de meilleures conditions de travail ou de meilleurs salaires, quand d’autres, au contraire, doivent répondre de leur négligence ou de leurs actes dommageables, en engageant leur propre responsabilité.

« L’égalité républicaine » étant une égalité de droits suppose, bien entendu, que tous leurs titulaires soient en mesure de les exercer librement. Cette égalité serait, en effet, totalement illusoire si certains de nos concitoyens ne disposaient pas de la faculté matérielle d’exercer pleinement leurs droits. L’action des pouvoirs publics doit, par conséquent, porter sur cette faculté matérielle, afin de permettre l’exercice effectif et pleinement égalitaire de tous les droits. Cette action consiste, dans le domaine de l’Education nationale à faire en sorte que chaque élève ou chaque étudiant dispose d’une relative égalité des chances par rapport aux autres élèves ou aux autres étudiants.

Tous ces points ne posent aucun problème de principe. Les différents gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, sont d’accord pour rendre effective, dans la mesure du possible, la mise en œuvre de « l’égalité républicaine ». D’autant que ces gouvernements sont tenus de le faire par certains engagements internationaux de la France, en particulier dans le domaine de l’égalité des chances (convention dans le cadre de l’Unesco).

2 – La deuxième conception porte sur un tout autre aspect de l’égalité. Il s’agit de l’aspect purement matériel de la situation d’égalité. En pareil cas, l’établissement de l’égalité consiste à conférer à tous les citoyens concernés par des mesures égalitaires, la même situation réelle et matérielle, c’est-à-dire une uniformité de résultats ou de traitements. C’est cette égalité que les régimes socialistes ou communistes totalitaires avaient mise en œuvre au début du XXe siècle, en la généralisant dans sa forme la plus extrême. Dans la présente lettre, je dénommerai donc cette forme d’égalité : « l’égalité socialiste ».

« L’égalité socialiste » diffère profondément de « l’égalité républicaine ». Elle se caractérise par l’aspect toujours autoritaire – parfois même totalitaire – et toujours contraignant de sa mise en œuvre. Elle se manifeste principalement par des transferts patrimoniaux qui sont, bien entendu, des transferts forcés, des transferts imposés par les pouvoirs publics. Des sortes d’expropriations dont les fruits sont distribués entre les citoyens – l’Etat dépouillant les uns d’une fraction de leurs biens pour en répartir la valeur au bénéfice des autres – ou carrément accaparés par le Trésor public, notamment sous forme d’impôts ou de contributions dont les taux sont excessifs ou déraisonnables, c’est-à-dire confiscatoires.

Il est évident que ces transferts patrimoniaux vont à l’encontre des droits de propriété de ceux qui en sont les victimes et qui les condamnent avec la plus grande vigueur. Au contraire, ils sont particulièrement appréciés de ceux qui en sont les bénéficiaires. Les premiers dénoncent, avec juste raison, l’arbitraire qui préside nécessairement à l’exercice de « l’égalité socialiste ». Les seconds, en revanche, réclament sans cesse une plus grande « égalité » ; car pour eux cette « égalité socialiste » qui les avantage, est l’expression la plus élaborée de la justice sociale. La recherche ou la satisfaction de leur intérêt personnel représente, en effet, le nerf moteur de toutes les actions des hommes et la justification fondamentale, pour ne pas dire exclusive, de toutes leurs opinions. Chacun apprécie donc la justice à sa manière.

C’est précisément cette « égalité socialiste » que veut établir le programme du nouveau Président de la République. Ce qui est normal puisque ce nouveau président a fait toute sa carrière politique au sein du parti socialiste français. On ne peut donc pas lui reprocher d’être logique envers lui-même et d’être fidèle à ses anciens compagnons qui sont aujourd’hui devenus ses propres partisans. Mais on peut toutefois lui reprocher de ne pas dire clairement aux Français que le terme « d’égalité », qu’il utilise constamment, n’a rien à voir avec les droits de l’homme et la Révolution française. Car il a choisi le chemin de l’égalitarisme socialiste. Cette franchise serait, en effet, bien venue. Il doit cesser d’entretenir une équivoque pour abuser de la crédulité de ceux qui l’ont élu.

La recherche et la poursuite d’une « égalité socialiste » par le pouvoir actuel ne fait aucun doute. En effet, les « inégalités sociales » que notre gouvernement veut réduire ou veut carrément supprimer, sont bien des inégalités purement matérielles. Ce ne sont pas des inégalités de droits. Cela résulte, à l’évidence, des déclarations ou des programmes non seulement du Président de la République, mais encore de tous ceux qui s’expriment ou agissent au nom de celui-ci. Il faut, selon le pouvoir socialiste, réduire toutes les inégalités patrimoniales. Car certains patrimoines sont très importants quand d’autres sont misérables, pour ne pas dire inexistants. Il convient donc de prélever aux uns ce que l’on va distribuer aux autres sous forme d’aides sociales, c’est-à-dire d’assistance. Certains responsables – dont le Président lui-même – ont employé des termes explicites pour qualifier l’action qui participe à ces transferts patrimoniaux. Ils ont évoqué « la nécessaire redistribution » à laquelle doivent contribuer les impôts sur le patrimoine des nantis.

Notre nouveau gouvernement a donc fait le choix d’une « égalité socialiste », dont la nature est semblable à l’égalité qu’avaient établie les gouvernements communistes, notamment dans les pays de l’Europe de l’Est. Cependant, sur un plan strictement quantitatif, l’égalité de nos socialistes n’est pas comparable à l’égalité des communistes d’autrefois. Les marxistes, en effet, expropriaient totalement les citoyens. Dans certains Etats, la propriété individuelle était interdite. Le pouvoir socialiste français, au contraire, doit se contenter d’une réduction partielle, très limitée, du patrimoine des nantis, notamment de ceux qui sont soumis à l’ISF. Car cette réduction doit rester limitée. Le Conseil constitutionnel est heureusement là pour protéger les droits des citoyens face à l’arbitraire des pouvoirs publics. Il vient récemment de le rappeler à notre gouvernement dont l’appétit fiscal devenait inquiétant. Il ne faut pas que celui-ci dépasse la mesure. Les principes démocratiques imposent le respect de la propriété individuelle.

3 – L’examen de la politique égalitariste projetée par le gouvernement socialiste révèle une autre conception de « l’égalité de droits » dont la nature échappe à toute analyse raisonnable. Il s’agit d’une égalité qui n’est pas juridiquement qualifiable. Car elle est purement imaginaire. Je la dénommerai, par conséquent, la « fausse égalité ».

On ne peut vraiment saisir la physionomie de cette forme d’égalité, qu’en décrivant le cheminement intellectuel de ceux qui s’en prévalent. Ce cheminement tortueux est grosso modo le suivant :

– Face à deux situations totalement dissemblables, les partisans de l’égalité décident et déclarent que lesdites situations sont absolument semblables. Leurs fausses affirmations sont répétées pendant des années et diffusées dans tous les médias. Jusqu’au jour où l’opinion publique les considère comme étant des vérités indiscutables.

– Après quoi – après ce « tour de passe-passe », méthodique et laborieux – ces « fous d’égalité » peuvent soutenir qu’il faut soumettre ces deux situations prétendument similaires aux mêmes dispositions légales. Ils invoquent alors l’égalité des droits que proclame la Déclaration universelle...