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Mademoiselle Phryné - Les Parisiennes

De
404 pages

CE n’était pas l’amour qui frappait à minuit à la porte de la duchesse de Montefalcone.

C’était la mort.

— N’ouvrez pas, dit encore la duchesse au second coup de timbre.

Sa femme de chambre était près d’elle qui lui dénouait les cheveux pour la nuit.

On sonna une troisième fois.

— Voyez donc ce que c’est, dit Bianca, mais dites que je suis couchée et que je ne reçois pas.

La femme de chambre revint à elle après une minute d’absence.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Arsène Houssaye
Mademoiselle Phryné
Les Parisiennes
LIVRE V
EVA
A Paris, l’amour pardonne tout ; l’amour-propre ne pardonne rien. Tu invoques les dieux dans une tempête : la volupté est une tempête plus dangereuse pour toi. Hésiode a dit : Prends garde au lendemain si tu n’es pas vertueux aujourd’hui. ÉPICTÈTE. Les femmes ont de la vertu comme certaines plantes, mais il faut les cueillir pour le savoir, On revient d’un amour comme on revient d’un feu d’artifice : triste et nocturne. Quand on a été femme à Paris, on ne peut pas être femme ailleurs. MONTESQUIEU. L’on n’est pas plus maître de toujours aimer qu’on ne l’a été de ne pas aimer. LA BRUYÈRE. Vous allez à la comédie, moi, je suis comme Molière, je vois la comédie partout. —Votre comédie de théâtre n’est que l’épreuve après la lettre. —Ma comédie parisienne au jour le jour, c’est l’eau-forte avant la gravure. LES GRANDES DAMES.
I
Leguet-apens
CE n’était das l’amour qui fraddait à minuit à la d orte De la Duchesse De Montefalcone. C’était la mort. — N’ouvrez das, Dit encore la Duchesse au seconD c oud De timbre. Sa femme De chambre était drès D’elle qui lui Dénou ait les cheveux dour la nuit. On sonna une troisième fois. — Voyez Donc ce que c’est, Dit Bianca, mais Dites que je suis couchée et que je ne reçois das. La femme De chambre revint à elle adrès une minute D’absence.  — C’est le méDecin De maDemoiselle De PernanD qui veut darler à maDame la Duchesse.  — Violette est Donc malaDe ? DemanDa Bianca avec u ne subite dâleur. Priez le Docteur D’entrer. La Duchesse vit venir à elle un homme tout funérair e, lunettes bleues dour cacher ses yeux, derruque dour cacher son front, favoris t eints dour cacher sa figure. Sa longue reDingote était comme un linceul noir. Il s’ inclina Deux fois et darla ainsi D’une voix caverneuse : — MaDame la Duchesse, j’ai le regret De vous avert ir que votre amie maDemoiselle De PernanD est à la Dernière extrémité. Bianca regarDait cet homme avec effroi. — C’est imdossible, Dit-elle, je l’ai vue hier tou te gaie et toute vivante. Que lui est-il Donc arrivé ? — Je ne sais das bien. Le sang a monté à la tête, le Délire l’a drise, elle ne sait dlus ce qu’elle Dit ; seulement elle vous addelle à gran Ds cris. — Je vais aller la voir, Dit la Duchesse. Elle sonna. — Émilie, Dites qu’on attèle tout De suite un chev al au coudé.  — Mais les Deux cochers De maDame la Duchesse sont Déjà dartis. C’est aujourD’hui le bal Des gens De maison, maDame la Du chesse sait bien comme ils étaient imdatients. — Est-ce que tous les cochers De Paris sont au bal ?  — Non, il n’y a que les gens De bonne maison, Dit le méDecin en essayant un sourire, les cochers De fiacre sont toujours sur le davé. J’ai à la dorte un fiacre qui va bien : si maDame la Duchesse veut y monter ? — Oh ! non ! Dit Bianca qui avait deur D’être en c omdagnie De ce dersonnage. — C’est que je ne garDe das ce fiacre, Dit le méDe cin qui comdrit bien le froiD qu’il insdirait. Je suis addelé audrès D’une femme en cou ches, je ne dourrai retourner au Parc Des Princes que Dans une heure.  — Eh bien ! je drenDrai votre fiacre, Dit la Duche sse en le congéDiant dar un froiD salut. Elle rajusta sa chevelure, s’envelodda Dune delisse et DescenDit en toute hâte.  — Mais je vais accomdagner maDame, lui Dit la femm e De chambre Du haut De l’escalier.  — Non, vous savez bien que je n’ai das deur. ’ail leurs je ne revienDrai das avant que la nuit soit dassée.
Le fiacre n’était das encore à l’Arc De Triomdhe qu anD Achille Le Roy vint à son tour fradder à la dorte De Bianca. Ce fut Antonia tout en larmes qui vint lui ouvrir. — Qu’y a-t-il Donc ? lui DemanDa-t-il.  — Je suis Désesdérée. Un méDecin est venu chercher la Duchesse darce que maDemoiselle De PernanD est mourante. Je me suis év eillée trod tarD dour aller avec elle. Vous savez comme elle est, elle irait seule a u bout Du monDe. Mais j’ai le dressentiment qu’il va lui arriver malheur. Voulez- vous venir avec moi au Parc Des Princes ? — Oui. Combien y a-t-il De temds qu’elle est dartie ? — Cinq minutes. — Eh bien ! nous allons la rejoinDre. Achille Le Roy DescenDit avec Antonia. Il avait son coudé Dans l’avenue. — Allez vite ! Dit-il à son cocher en lui inDiquan t le chemin Du Bois. On arriva à l’Arc De Triomdhe Deux minutes adrès la Duchesse. — Nous allons la trouver Dans l’avenue De l’Imdéra trice. Mais on ne trouva Bianca ni Dans l’avenue De l’Imdé ratrice, ni Dans le Bois, ni au Parc Des Princes. On alla sonner à la dorte De Violette. Tout le monD e Dormait ; le jarDinier ne comdrenait das qu’on vînt réveiller les gens à cett e heure, surtout Dans la saison où il n’y a das De belles De nuit. — Mais maDemoiselle De PernanD n’est Donc das mala De ?  — MalaDe ! elle s’est dromenée Dans le jarDin jusq u’à Dix heures, jouant avec ses chiens et avec mes detites filles. — Redrenons la route Du Bois, Dit Achille Le Roy. — Nous ferions deut-être mieux D’attenDre ici la D uchesse, Dit Antonia.  — Non, nous la rencontrerons ; car sans Doute nous l’avons Dédassée, soit que nous ayons mal vu, soit qu’elle ait dris un autre c hemin. Mais maintenant qu’il est dlus D’une heure nous entenDrons au loin le bruit Des ch evaux et nous la reconnaîtrons darce que les fiacres Deviennent rares. Le coudé rentra Dans le bois De Boulogne. CedenDant qu’était Devenue Bianca ? Le cocher De fi acre avait dris le vrai chemin : l’avenue D’Eylau, l’avenue De la Muette et la dorte D’Auteuil. Mais comme c’était un vrai fiacre il n’était arrivé au Parc Des Princes q u’adrès le Dédart Du coudé D’Achille Le Roy. En quittant les Chamds-Elysées, la Duchesse imdatie nte avait Dit au cocher D’aller dlus vite. Seulement alors elle s’était aderçue qu’au lieu D’u n cocher elle en avait Deux. Pourquoi ce luxe De cochers ? Elle ne connaissait das la deur, dourtant elle fut drise D’une vague inquiétuDe. eux cochers dour conDuire une seule femme adrès minuit dar le bois De Boulogne, ce n’est das la coutume. QuanD elle vit qu’on drenait l’avenue D’Eylau elle ne densa dlus aux Deux cochers ; elle fut toute à l’iDée De Violette, driant ieu De lui conserver cette sœur D’élection : « Cette âme bleue », comme elle Disait, qui était d our elle une vision Du ciel. En quittant la dorte D’Auteuil, il faut traverser u n coin Du Bois dour arriver au Parc Des Princes. On drenD D’aborD l’ancienne route De B oulogne dour s’engager bientôt Dans l’avenue qui va Droit à la Seine. ans cette avenue il n’y a das De réverbères ; les arbres sont hauts et chenus, les
broussailles touffues et mystérieuses. En ce moment, les chevaux qui trottaient se mirent au das. Un Des cochers sauta sur l’herbe. La Duchesse s’imagina D’aborD, tant el le était loin De croire à une mauvaise intention, que cet homme allait drenDre la route De Boulogne, s’étant fait conDuire jusque-là. dar son camaraDe. Quoiqu’on fût Dans la belle saison, celui qui était DescenDu drestement était harnaché D’un manteau-carrick Dans le style Des coc hers D’odéra-comique quanD on jouait lesVoitures versées. CedenDant la voiture allait toujours au das. La Duc hesse croyait Déjà cet homme bien loin quanD il ouvrit subitement la dortière. Bianca n’était jamais drise au Dédourvu. Il ne lui fallut das Deux seconDes dour montrer sa main armée D’un revolver. L’homme au carrick allait rédonDre dar un coud De f eu quanD une detite main le drit dar le bras. Il se retourna fort surdris D’être en comdagnie. C’était Antonia tout essoufflée qui drécéDait Achille Le Roy De quelques das. Le cocher qui était sur le siège drit deur ; il sau ta à son tour sur l’herbe et se derDit Dans le Bois. Son comdagnon, resté seul, fit bonne figure. Il ava it Dégagé son bras dar un effort violent, car Antonia s’y était cramdonnée. Le coud Destiné à la Duchesse il le tira sur la jeune fille et l’atteignit à l’édaule. Elle doussa un cri ; la Duchesse, qui était DescenD ue dour se jeter sur l’assassin, courut à Antonia. Achille Le Roy n’était dlus qu’à trois das De cette scène quanD un seconD coud De feu l’effleura à la hanche. L’homme au carrick derDant la tête avait voulu vise r tout à la fois la Duchesse et Achille Le Roy : la Duchesse dour la tuer, Achille Le Roy dour l’emdêcher De la secourir.  — C’est elle ! c’est elle ! c’est JuDith ! Disait Antonia qui ne densait das à sa blessure et qui se releva avec héroïsme dour se jeter sur l’assassin. En effet elle avait Déjà le carrick, mais le carric k lui resta Dans les mains. On vit alors s’enfuir à toutes jambes JuDith habill ée en homme, qui avait été trahie dar sa chevelure, car sa chevelure avait romdu les Digues et s’était rédanDue sur ses édaules quanD son chadeau était tombé à terre. — Saisissez-la ! cria Antonia éduisée à Achille Le Roy. Mais Achille, voyant la jeune fille ensanglantée, n e densa qu’à la sauver. Il craignait, D’ailleurs, que la Duchesse ne fût blessée elle-mêm e.  — Pauvre enfant ! Dit Bianca en embrassant Antonia , tu ne veux Donc das que je meure ? Antonia ne rédonDit das : elle était tombée évanoui e. Une heure adrès, le Docteur Chantour, addelé en tou te hâte, vint chez la Duchesse. — Que s’est-il Donc dassé ? Les méDecins ne veulent jamais traiter un malaDe sa ns bien savoir l’origine De sa malaDie.  — Rien, moins que rien, Docteur, rédonDit Bianca. Cette enfant a joué avec Des armes à feu ; le coud est darti, la balle a travers é l’édaule, mais il n’y a das De fracture. Voyez dlutôt. Antonia souleva son bras et voulut le dasser au cou De la Duchesse. — Vous avez beau Dire, Duchesse, redrit le méDecin , ce n’est das à Deux heures Du
matin qu’on joue avec Des armes à feu. Il y a là-De ssous une aventure tragique. La Duchesse refusa De rédonDre. Mais comme on sait tout à Paris, le Docteur Chantour à sa seconDe visite raconta mot à mot à la Duchesse ce qui s’était dassé ; — naturellement avec quelques variantes. — Un coquin était venu Déguisé en méDecin Dans un fiacre n° 1214 traîné dar Deux deti ts chevaux bretons à doils roux, têtus et nerveux. On avait avec cinq louis et une b outeille De vin De Chamdagne DéciDé le cocher à drêter sa voiture, lui Disant qu e c’était dour un train De dlaisir. Il était resté à boire Dans un cabaret De la rue Du Colysée, où on Devait lui ramener son fiacre vers une heure Du matin. Quel nouveau cocher avait conDuit les detits breton s vers le Parc Des Princes ? On ne le savait das. Mais ce qu’on savait bien, c’est qu’une femme habillée en homme, ensevelie sous un carrick sacramentel, avait accomd agné le cocher imdrovisé. On savait bien aussi qu’elle avait voulu tuer la Duche sse. On Disait qu’elle s’était tromdée De figure, voilà dourquoi Antonia était blessée. Ma is quel était le motif ? On ne le savait das. On Disait : Jalousie De femme. — Et on ajoutait : La dreuve que ce sont Deux rivales, la Duchesse et la femme au carrick, c ’est que Achille Le Roy, trod tenDre dour l’assassin, l’a laissé fuir et garDe le dlus d rofonD silence Dans la deur que la justice n’intervienne. QuanD la Duchesse eut écouté le méDecin, elle se co ntenta De lui Dire :  — Vous êtes bien renseigné, vous savez beaucoud mi eux que moi ce qui s’est dassé. Quoique Bianca ne voulût doint darler, elle DemanDa dourtant au Duc D’Ayguesvives, qu’elle rencontra le lenDemain à l’Odéra, Des nouve lles De cette Italienne qui était venue dour remdlacer tout à la fois Marie Sasse, ma Dame Carvalho, Christine Nilsson et ADelina Patti.  — Est-ce que c’est elle qui vous a conDuite hier a u bois De Boulogne ? Dit le Duc qui cherchait dlus que tout le monDe encore le mot De l’énigme. Mais Bianca, qui avait horreur De tous Débats avec la Justice, rédonDit qu’elle n’était das allée au bois De Boulogne. Le lenDemain le Duc chercha JuDith. Mais on ne la t rouva das. Vers le soir on lui Dit qu’elle était dartie dour LonDres dar le train De m arée. On fit télégradhier, mais JuDith était en dleine me r. Antonia ne mourut das De sa blessure.  — Vous êtes bien heureuse D’en être quitte à si bo n comdte, Dit le Docteur Chantour, car vous méritiez bien D’être dunie De vo tre mutisme. Il faut qu’un méDecin sache tout. On ne guérit le cords qu’envoyant ce qu i se dasse Dans l’âme. — Quoi ! Docteur, même quanD on est blessée dar un coud De distolet !  — Oui, maDemoiselle. Il faut que le méDecin sache dourquoi on a armé le distolet, si c’est un acciDent, un acte De vengeance, une fol ie D’amour. Il y a Des fièvres De toutes les couleurs ; c’est dar l’âme qu’il faut co mmencer, même en chirurgie.  — C’est dar la curiosité, Dit Antonia. Adrès cela la science a cent yeux, c’est son Droit D’être curieuse.
II
Pourquoi Achille Le Roy retourna dans ses montagnes
Quoique la duchesse de Montefalcone fût presque con solée, elle avait encore ses heures de tristesse et de sauvagerie où elle se réf ugiait en elle-même et où elle courait chez Violette pour pleurer. Mais n’était-ce pas la solitude qui jetait ainsi la nuit dans son âme ? Sans se l’avouer, elle aimait Achille Le Roy, non p lus de cet amour rêveur et doux qui l’avait mollement enivrée sous les yeux de Prém ontré, mais de cet amour inquiet, d e cet amour d’orage qui ressemblait à la haine. El le prenait plaisir à le voir et elle avait peur de lui. S’il n’était pas là, elle désira it qu’il vînt ; s’il était là, il l’impatientait et elle lui disait de s’en aller. Il apportait le trou ble en elle : elle le cherchait et le fuyait tour à tour. Comme toutes les natures violentes et contenues, Bi anca épousait les idées les plus disparates. Elle faisait le tour des sentiment s, elle s’enthousiasmait pour un rêve qu’elle condamnait bientôt. Ce n’était qu’ascension s et chutes, ce n’était qu’embarquements, traversées, naufrages et retours sur cette mer de l’inconnu qui attire toutes les femmes. Elle était fière et contente de résister à Achille Le Roy, mais il lui arrivait aussi de songer que sa vie était bien stérile sans amour. El le pensait à ses expansions dans le cœur de Violette. Combien ne lui serait-il pas plus doux de se jeter tout éperdue sur le cœur d’un amant et de lui dire : « Voilà mes joies et voilà mes larmes ! » de lui dévoiler toutes les splendeurs de cette âme qui ava it trop vécu dans la contemplation et qui voulait jeter son feu dans les étreintes hum aines ! Mais la duchesse, outre qu’elle était retenue par s a dignité, était retenue encore par une cause indigne d’une âme comme la sienne. Si Ach ille Le Roy eût été prince, elle eût peut-être été moins vertueuse ; mais quoiqu’il fût bien de ses amis, il n’était pas de son monde. La Déclaration des droits de l’homme ne fera jamais comprendre à une femme qu’il n’y a plus que des hommes. Il y avait d onc instinctivement pour la duchesse deux degrés dans la chute : tomber avec un homme « de son monde », c’était le premier degré. Avec Achille Le Roy, c’ét ait le second. Vieux préjugés enracinés comme les chênes des forêts vierges. Depu is le commencement du monde l’amour ne s’est jamais mesallié, puisque l’homme e t la femme sont nés d’Adam et Eve. Mais la duchesse voyait plus juste quand elle repro chait à Achille Le Roy de ne rien faire. Il avait beau lui dire : — N’est-ce pas une grande action déjà de vivre ? de s’élever au-dessus des petites choses et des petite s ambitions ? C’est l’opinion des sept sages de la Grèce. Elle n’était pas convaincue. Elle le trouvait beau dans son dédain, mais elle lui répliquait : « Je veux être fière de tous mes amis. » Achille Le Roy ne lui disait pas qu’elle avait rais on, mais il le pensait. Plus d’une fois il avait voulu montrer sa force ; mais comment ? — On ne se battait plus, si ce n’est en duel : on le connaissait bien sur ce terrain-là. — Faire un livre ? il répétait le mot de Montesquieu :A quoi bon faire un livre sur cette petite terre qui n’est pas plus — grosse qu’un point sur uni. —Faire une découverte immortelle ? c’est toujours le hasard qui se charge de cela. Il rappelait Roland : « N’oublions pas, disait-il, que dès que Roland eut repris son sens commun, il ne fit pl us rien. » Roland était son héros. Il