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Nouvelle analyse complète de la source des Trois Césars - Aulus (Ariège)

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66 pages

La compagnie propriétaire des eaux d’Aulus voulut bien me charger, en 1874, de faire une étude des sources alimentant son établissement thermal, et qui ont fait la réputation de la station. Cette étude fut terminée la même année.

Lorsque l’eau qui servit aux analyses de cette époque fut puisée, les captages des sources n’étaient pas encore achevés. Ce fut donc dans les puisards creusés à 5 mètres environ dans le sol, que je pris moi-même l’eau destinée à mon travail de laboratoire.

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Félix Garrigou

Nouvelle analyse complète de la source des Trois Césars

Aulus (Ariège)

Nouvelle analyse complète de la source des Trois Césars, Aulus (Ariège)

La compagnie propriétaire des eaux d’Aulus voulut bien me charger, en 1874, de faire une étude des sources alimentant son établissement thermal, et qui ont fait la réputation de la station. Cette étude fut terminée la même année.

Lorsque l’eau qui servit aux analyses de cette époque fut puisée, les captages des sources n’étaient pas encore achevés. Ce fut donc dans les puisards creusés à 5 mètres environ dans le sol, que je pris moi-même l’eau destinée à mon travail de laboratoire. Les résultats de cette première analyse ont été livrés à la publicité par la Société des Eaux d’Aulus.

Deux ans après que les sources eurent été captées, et alors que depuis deux ans on leur avait fait, par leur propre force ascendante, regagner le niveau auquel elles étaient autrefois exploitées, la même Société propriétaire me chargea encore d’une seconde grande analyse.

Il y a quatre ans, enfin (1877), la Société propriétaire me demanda de faire, en vue de l’Exposition universelle de 1878, une nouvelle grande analyse, que je devais accompagner de faits et d’observations cliniques pouvant servir à compléter les observations faites avec un esprit judicieux et pratique, par le modeste et savant docteur Bordes-Pagès.

Il s’agissait d’être utile à une station de mon département pour lequel, on le sait, j’ai toujours professé un véritable culte. J’acceptai donc la tâche qui m’était encore demandée, et je voulus profiter de l’Exposition universelle pour montrer combien l’étude chimique des eaux minérales pouvait devenir sérieuse, lorsque l’on conduit cette étude avec tout le soin que mérite un semblable sujet.

« Non, avais-je dit souvent aux jeunes travailleurs qui fréquentent mon laboratoire et à mes auditeurs dans mes conférences, l’on ne sait pas ce que c’est qu’une eau minérale ; on ne connaît pas toutes les parties des éléments qui la composent ; dans les analyses on a perdu, faute de la connaître, la portion qui renferme les éléments dont le rôle est peut-être le plus actif, et par suite de ce manque de soin, de cette absence d’idée, qui aurait dû faire arriver à soupçonner l’existence de ces éléments, on a privé l’hydrologie de connaissances pouvant lui être fort utiles. Il faut que l’analyse d’Aulus, entreprise sur une grande échelle, soit le point de départ pour l’hydrologie française d’une marche nouvelle dans l’analyse des eaux minérales, il faut retirer de l’eau des Trois Césars tous les éléments que nous pourrons y trouver, les isoler, et montrer ainsi aux chimistes et aux médecins que les corps annoncés dans l’eau d’Aulus y existant réellement y jouent sans doute un rôle utile. »

Je n’ai jamais eu, en tenant ce langage, la prétention de dire que nous expliquerions, par la présence seule des corps isolés, l’action des eaux d’Aulus, pas plus que je ne crois possible d’expliquer dans certains cas l’action des autres eaux minérales par la présence de tel ou tel élément isolé. Les eaux minérales forment chacune un tout qu’il est difficile de définir comme espèce ; elles doivent agir d’une manière différente suivant les tempéraments, suivant les constitutions, suivant les impressionabilités individuelles à telle ou telle substance, etc., et cela, non d’une manière fixe, ainsi que le plus grand nombre des médecins semblent le croire, mais d’une manière variable suivant les traitements antérieurs, suivant les changements physiologiques et pathologiques survenus chez le même individu à différentes époques de son existence, et suivant aussi le degré de variabilité des sources ainsi que de leurs éléments constitutifs.

C’est aussi, en partie, le désir de faire une recherche géogénique utile qui m’a poussé à entreprendre l’analyse d’Aulus sur une plus grande échelle que je ne l’avais fait jusqu’ici. J’ai pris 4,000 litres d’eau pour pouvoir faire largement ma recherche, et pour donner encore à un grand nombre de savants une portion des résidus constamment rejetés comme inutiles dans toutes les analyses, résidus dans lesquels j’ai trouvé que se cachaient, contrairement à toutes les lois de la chimie hydrologique, les éléments les plus intéressants d’une eau minérale.

Quatre kilos de ces résidus, que tous les chimistes négligent d’examiner dans leurs analyses ordinaires, sont à la disposition de tous ceux qui voudront vérifier l’exactitude des faits que j’avance dans ce mémoire. Et dans le cas où l’on voudrait vérifier directement sur l’eau ces mêmes résultats, la marche suivie sera décrite ici d’une manière assez exacte, pour que chacun puisse voir par lui-même que l’état aussi complexe que je le dis, non-seulement des eaux d’Aulus, mais encore des eaux minérales en général, est bien une réalité qu’admettent les géologues et les minéralogistes de tous les pays, mais que quelques chimistes et certains médecins français, trop peu versés dans les connaissances spéciales du sujet que je traite, rejettent un peu à la légère, et peut-être par parti pris.

La marche suivie dans la nouvelle analyse d’Aulus démontre d’une manière absolument vraie des irrégularités inconnues dans l’action des réactifs ; elle prouve aussi que certains dosages faits en suivant les procédés les plus classiques sont complètement faux. Tels sont ceux d’abondantes quantités de chaux et de magnésie, par exemple. En montrant le défaut, j’ai pu donner le moyen de le guérir.

Ce travail, je le sais d’avance, ne convaincra pas tous les hydrologistes ; mais il servira du moins à attirer l’attention de quelques-uns, surtout de ceux qui cherchent la vérité en dehors de toute question de personne. Il servira aussi à augmenter la confiance de ces jeunes gens qui, étant sûrs de ce qu’ils ont vu par eux-mêmes en travaillant avec moi, sont destinés par les études spéciales auxquelles ils se livrent, à faire progresser l’hydrologie française.

Puisse la persistance que je mets à poursuivre mes recherches, malgré tous les obstacles qu’on leur a suscités, leur servir d’exemple, pour qu’ils ne se découragent jamais dans le cas où ils trouveraient sur leur route des savants puissants guidés par la triste pensée de leur barrer le passage et d’enrayer leurs recherches. L’idée du bien, l’idée de la grandeur de la science française, à laquelle tout Français doit prêter son concours dans les limites du possible, devra leur servir de guide, de même que la satisfaction d’avoir concouru à un résultat utile et pratique sera pour eux la première et la meilleure récompense de leurs efforts.

Marche de l’analyse

Nous avons puisé à la source, dans des bombonnes parfaitement propres et lavées à l’eau minérale, 4,000 litres d’eau, que nous avons fait porter à notre laboratoire de Toulouse et que nous avons soumis à l’évaporation complète, dans une grande capsule en platine d’une part, et d’autre part dans une grande capsule en porcelaine. Cette évaporation faite au gaz, dans une pièce fermée et à l’abri des poussières, a fourni un résidu blanc un peu jaunâtre recueilli, à mesure qu’il se formait, au moyen d’une cuillère en porcelaine, percée de trous, et accumulé dans des cristallisoirs de verre. L’opération, commencée dans les premiers jours du mois de mai 1877, n’a fini que vers le commencement du mois d’octobre.

A ce moment le résidu, séparé des eaux mères, parfaitement séché et pulvérisé, a été soumis à des lavages répétés à l’eau bouillante, de manière à séparer complètement les parties solubles des parties insolubles. On n’a arrêté ces lavages que lorsque l’eau qui traversait le filtre n’entraînait plus que du sulfate de chaux. Il a fallu plusieurs semaines pour arriver à ce résultat. On a joint les eaux de lavage aux eaux mères.

Nous avions donc dans ces conditions, d’une part tous les sels solubles, d’autre part tout le résidu insoluble. Chacun de ces produits a été étudié séparément.