Orange : le déchirement

Orange : le déchirement

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Français
117 pages

Description

Que s'est-il passé ŕ France Télécom?
Cette entreprise d'excellence, internationalement reconnue, faisait la fierté de ses salariés. Elle avait négocié sans ŕ-coups les grands tournants technologiques et structurels imposés par l'évolution des communications.
Il a fallu une longue série de suicides pour révéler les conséquences désastreuses d'une politique imposée ŕ l'entreprise depuis le début des années 2000, avec l'introduction des principes d'un management déshumanisé. Arrivant dans ce contexte fragilisé, la crise de 2008 a balayé l'équilibre précaire entre exigence des marchés financiers et encadrement éthique des ressources humaines.
En retraçant l'histoire récente de cette évolution de la conduite de l'entreprise, Bruno Diehl et Gérard Doublet espčrent offrir des outils de compréhension et de redressement. Au-delŕ du cas France Télécom, ils décryptent les modes de gouvernance, leur évolution, leur efficacité, et montrent comment l'introduction d'un mode de management brutal et une hyperconcentration du pouvoir de décision ont conduit inexorablement au déchirement.

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Date de parution 25 mai 2010
Nombre de lectures 80
EAN13 9782072412523
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Extrait de la publication
o r a n g e : l e d é c h i r e m e n t
BRUNO DIEHL GÉRARD DOUBLET
ORANGE : LE DÉCHI REMENT
France Télécom ou La dérive du management
avec la participation de Dominique Dumand
G A L L I M A R D
Extrait de la publication
© Éditions Gallimard, 2010.
Extrait de la publication
À Michel Crozier dont les ouvrages et l’enseignement nous ont accompagnés tout au long de cette analyse.
Extrait de la publication
introduction
Les pages qui suivent brossent le tableau d’un déchi rement, celui d’une entreprise, France Télécom. 1 Quarantesix suicides en vingtsix mois . Le 11 du mois de septembre 2009, un collaborateur se suicide; le 15 septembre 2009, Didier Lombard, président, qualifie de « mode » cette vague de suicides chez les salariés, ce dont il s’excuse le lendemain dansLe Monde. Le 5 octobre 2009, il débarque son numéro deux, LouisPierre Wenes, de son poste de directeur des Opérations France et le remplace en urgence par Stéphane Richard, son succes seur désigné. Les causes de ce déchirement doivent être recher chées dans les sphères du pouvoir : à une dérive autocra tique, imposée au fil des ans aux cadres de l’entreprise et aux partenaires sociaux, il convient d’ajouter une dégénérescence de la conception du management des hommes, réduite à une technique de gestion au seul ser vice des actionnaires et du marché financier.
1. De janvier 2008, à mars 2010.
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Extrait de la publication
Michel Bon s’adresse aux cadres de l’entreprise le 24 septembre 2001 : « Nous ne construirons rien de solide et rien de soli daire non plus pour notre groupe sans excellence opéra tionnelle. De cette excellence, vous êtes la meilleure preuve et le meilleur garant. Si vous n’étiez pas convaincus que vous êtes dans un groupe formidable, qui vous donne les moyens d’une plus grande ambition, vous ne seriez pas là. » Didier Lombard, à IssylesMoulineaux, le 20 janvier 2009, explique aux salariés du groupe que l’entreprise doit s’adapter à la réalité économique : « Ceux qui pensent qu’ils vont pouvoir continuer à être sur leur sillon et pas s’en faire, tranquilles, se trompent… » En quelques mots, le décor est planté : deux discours, deux époques, deux conceptions totalement opposées. Sur huit ans va s’effectuer le glissement d’un manage ment intégrant la culture de l’entreprise de service public et les valeurs partagées vers un management tech nocratique, négligeant le capital humain, arcbouté sur les résultats financiers.
Management, vous avez dit management ?
Ce glissement participe de l’évolution plus globale d’un capitalisme « managérial » vers un capitalisme « actionnarial ». Évolution tellement assimilée par chacun que lorsque nous avons présenté les premières épreuves de ce livre à des interlocuteurs, jeunes et brillants diplômés d’écoles de commerce, de faculté de lettres ou de l’École normale supérieure, leur réaction nous a sur
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