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Peau noire et son destin dans le monde occidental

De
162 pages

Depuis la découverte de l’inconscient par Freud, deux débats font rage quand Sartre lui oppose un devoir de responsabilité. Et si l’on rapproche cela du racisme de l’homme occidental envers le Noir, on peut dire que les vieux clichés perdurent « inconsciemment » : le Noir sera toujours perçu comme paresseux, rusé, ignorant, esclave... Même si on refuse de le reconnaître, ce racisme apparaîtra toujours à travers quelques comportements, car l’homme a en lui les traces de son éducation et de la société dans laquelle il est né. Cependant, le conscient lui a sa part dans l’actualité, dans la vie présente, et a un rôle déterminant à jouer, celui de maîtriser les actions de l’homme dans l’espace culturel et social dans lequel il évolue. Et c’est là où Sartre met l’homme devant ses responsabilités : ses actes sont tous librement exprimés et manifestés. Pierre Bourdieu s’est également interrogé sur ce qui détermine les comportements humains d’un point de vue sociohistorique. Mais c’est Pascal Blanchard qui s’est le plus intéressé à l’image noire perçue en Occident, mettant en lumière ce comportement raciste séculaire.


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ISBN numérique : 978-2-414-11136-7
© Edilivre, 2017
Livres
Du même auteur :
– Haïti en péril (Collectif) – Théâtre intégrateur, le rapprochement interculturel (Collectif) – Comment ne deviennent-ils pas délinquants (Collectif) – Théâtre – Sida, espace interdit – La peste du siècle – La République enchainée – Amour Risqué – Tribilasyion – Karela, fanm Vanyan – Au-delà-de la peau – Génocide oublié – Étudiant Noir – Je suis ce que je suis – Tout le monde en parle – Les rêves de mon père de l’ouvrage Obama
À paraître
– Le sang et la sueur du nègre dans la résurgence du racisme – Renaitre de l’Amour – Théâtre et thérapie sous forme d’expression et d’intervention
Je remercie Dr. Jenner Desroches qui s’est investi fortement dans les corrections du texte. J’ai vraiment apprécié le travail que nous avons fait ensemble. J’ai le plaisir d’exprimer toute ma gratitude envers mes proches et amis tels que : Martel Victor, Evens Valcin, Elsie Daphnis, Renel Pognon, Marlène Dessources, Michaël Farkas, Gérard Dorzin, Rony Bastien, Jean Lafleur, Gilles Odigé, Exilus Prévilon, Edwige Der, Jean-Claude Roc, Mozard Jean-Noël et Jocelyne Clairsaint qui ont toujours manifesté l’intérêt à mes écrits. Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude envers le grand peintre et graphiste Jean-André Salomon pour tout le travail lié à la couverture et au montage. L’ouvrage Peau noire et son destin dans le monde occidental n’aurait pas été possible sans leur encouragement et leur soutien. Enfin, il me parait comme difficile d’arriver à exprimer ma reconnaissance envers tous mes proches et amis qui, d’une façon ou d’une autre, ont toujours toléré l’écart de mes comportements lors des débats et discussions sur le racisme.
« Le drame du peuple noir est celui d’un peuple qui subit la fatalité de l’image. S’arrêtant à son apparaître, l’Occident a très tôt figé l’homme noir dans des représentations toutes faites qui permettaient de maintenir l’autre à distance et de ne jamais se confronter à sa réalité au risque d’une remise en cause de soi. Les relations du peuple noir avec l’Occident sont tout au long de l’histoire ponctuées de clichés qui détournent le regard des réalités » (S. Chalaye, 2002 : 166, La première conférence sur le racisme anti-noir-Genève, 17-18 mars 2006).
Introduction
Soumis à un violent processus d’acculturation au détriment de sa propre personnalité et de son identité, le peuple colonisé porte en lui les empreintes du colonisateur et éprouve les mêmes inclinations et les mêmes répugnances face à lui-même et à ses concitoyens. Ce qui, dans un sens, veut dire que le peuple colonisé intériorise la même perception du Blanc à l’égard de lui-même et rejette son humanité. Sa vision du monde est blanche. Ce qui nous ramène à ce que ditMaximilien Laroche :Le Noir est l’alter ego du Blanc, pour ne pas dire le second.La ressemblance de comportement entre les deux devient le mode existentiel de l’un et, pour l’autre, un facteur aliénant.
Les masques blancs étendus dans toute la réalité du colonisé, pour répéterFrantz Fanon, résultent d’un long apprentissage dans ses relations avec l’Occident. Des cadres supérieurs noirs qui se prennent pour des colons inspirent des méthodes coloniales. Ils reprennent et répètent les mêmes violences et rages qui caractérisent le système colonial à l’égard de leurs compatriotes. Ils les fouettent, ils les torturent, ils pratiquent des exécutions et des expositions publiques de leurs cadavres. Ces crimes constituent des gestes d’intimidation dirigés surtout contre leurs adversaires politiques.
Peau noire, masques blancs deFrantz Fanon (1952),bien décrit le portrait du Noir a imitant le colon. Mais, mon intérêt pour ce sujet s’est véritablement réveillé après ma lecture d eLa révolte contre le père deGérard Mendel qui date de 1972. L’auteur m’amène à découvrir la psychologie pathologique du bourreau. Il évoque la mémoire d’Hitler comme exemple de ses manifestations, à travers laquelle je trouve un bel exemple de cet aspect néfaste de la culture occidentale. C’est ainsi que le premier chapitre de mon étude consiste à explorer l’inconscient chez l’homme à travers les différents auteurs et son rôle dans la détermination des comportements. Le deuxième chapitre renvoie à l’exposition et à l’étude de différentes images fabriquées par l’Occident pour signifier et exclure le Noir de toute l’entreprise proprement humaine. Les images répertoriées me conduisent dans le registre de l’inconscient de l’Occident pour découvrir la clé explicative du racisme. Puis, je conclus ce chapitre par un survol de certaines pensées à l’origine des comportements racistes. Finalement, le troisième chapitre montre les effets du racisme sur l’orientation de la pensée noire, suivant laquelle deux destins opposés s’imposent. D’abord, il fait régner d’un côté que l’évolution du peuple noir devrait passer par son intégration dans le monde blanc. L’autre serait plutôt la rupture ou le refus du destin imposé par le Blanc. On verra comment celui-ci a développé, autour du corps noir, la thématique de la négation afin de construire sa supériorité.
Chapitre I Le syndrome racial dans l’inconscient de l’occident
L’homme est capable du pire et du meilleur
Avec l’éclairage de l’inconscient, je témoigne d’intérêt à l’expérience d’injustices vécue par le Noir dans ses rapports avec l’Occident. Personne n’ignore que l’inconscient est un domaine sur lequel de nombreux chercheurs tentent d’expliquer le comportement humain. Et les résultats de leurs recherches comprennent des variations et des oppositions à n’en plus finir. Si on remonte à certaines pensées déjà énoncées,Leibnizcroit que l’homme (1646-1716) n’est pas toujours conscient de ce qu’il pense, contrairement àDescartes(1596-1650) qui dit : je pense donc je suis. De là, on se rend compte qu’on repasse un vieux débat, mais plus développé depuis la découverte de l’inconscient parFreudpour qui le (1856-1939), comportement peut être le manifeste d’une histoire régressive et la riposte deSartre (1905-1980)se fait sentir. Selon lui, qui « la conscience, seule, est chargée de donner un sens au monde ». Or, siFreud est allé de déterrer l’inconscient du fond de l’humain ;Sartre, lui, le dénonce comme l’acte de mauvaise foi et d’irresponsabilité.
À travers ce vieux débat, je cherche à saisir les symptômes racistes du comportement de l’homme occidental envers le Noir. À mon avis, il existe un fond inconscient anti-noir en Occident, chargé de toutes sortes de clichés : le Noir laid, esclave, méchant, ignorant, violent, rusé, incompétent, paresseux, inintelligent, etc. L’Occident ne s’en débarrassera pas facilement si on croit que l’homme maintient toujours en lui les emprises de son éducation et les empreintes de la société où il se voit naître. Toutes sont conservées et enregistrées dans son inconscient comme les trajectoires et les mémoires de son évolution. La thèse de conservation de Freud rappelle ceci :
« … rien dans la vie psychique ne peut se perdre, rien ne disparait de ce qui s’est formé, tout est conservé d’une façon quelconque et reparaitra dans certaines circonstances 1 favorables, par exemple au cours d’une régression suffisante »
En étant ainsi, l’homme possède une structure psychique à deux modèles de référence : l’inconscient et le conscient. D’abord, l’inconscient c’est le magasin à accessoires, où s’arrangent des idées, des instincts, des faits, des histoires et des coutumes refoulés par le conscient, qui pourraient se manifester dans des circonstances favorables, anticiper et projeter même des comportements inouïs, connus de son passé. Or, ce qu’on entend par nouveau, ce ne serait peut-être pas une nouvelle version, mais une répétition, une redondance des faits et des dessous du conscient.arrive parfois qu’on refuse de les Il reconnaître, mais les manifestations de certains comportements et gestes incompréhensibles nous obligent à l’accepter. Ainsi donc, le conscient n’est pas le seul lieu de connaissance, d’explication et de révélation du comportement de l’homme. L’inconscient en fait aussi partie ; il est la dynamique d’ensemble de la vie de l’homme dans tout ce qui lui est inconnu. C’est pourquoi l’homme est capable du meilleur et du pire, parfois contraire à toutes les attentes et à toutes les prévisions. Sa mémoire inconsciente n’est jamais à l’état mort, même s’il a le sentiment de l’oublier dans les perceptions et dans les représentations qu’il se fait de lui-même, dans les croyances et dans les idéologies qu’il se donne ; même s’il se cache derrière un dieu, une idée, une doctrine ou une raison qui lui fait croire être conscient total de sa vie, l’inconscient peut se manifester et agir à tout moment, le conquérir, pour anticiper des comportements refoulés et devenir le sage, l’animal et le criminel intraitable qu’il ne soupçonnait pas en lui.
«… les renseignements que fournit le conscient sont pleins de lacunes ; tant chez les êtres normaux que chez les êtres malades, on observe souvent les actes psychiques qui, pour être compris, présupposent d’autres actes dont le conscient cependant ne sait rien témoigner. Il ne s’agit pas seulement des actes manqués, des rêves faits par les normaux, de tout ce qu’on appelle symptômes psychiques et phénomènes obsessionnels chez les malades, mais notre expérience journalière personnelle nous permet d’observer des idées dont l’origine nous 2 reste inconnue et des résultatsde pensée dont l’élaboration nous demeure mystérieuse » .
Ainsi présenté et compris, selonFreud, le conscient est une partie de la mémoire ou du psychique de l’homme. Si l’on ose le dire : le conscient est du domaine du connu et de la compréhension ; ce qu’il exprime et révèle correspond à des scènes, des actes et des personnages qui montrent l’homme en pleine maitrise de l’espace culturel, social et naturel dans lequel il vit, disons qu’il a la maitrise de lui-même. Donc, le conscient, étant toujours toujours compris et défini par ses manifestations conscientes et immédiates, empêche des idées et des comportements inconscients d’assurer leur emprise sur l’homme.
Le conscient est la dynamique de l’actualité, jouant le rôle du contrôle social, en conformité avec la vie en société ; ici, par contraste avec l’inconscient qui n’est rien moins que la mémoire inconnue, refoulée et instinctive ; il est de fait manifestement dépourvu peut-être d’action de civilité et de raison. Le conscient doit travailler sans relâche à contraindre ses actions étant réputées libres d’agir selon les instincts avec pour seule fin la satisfaction et la libération des désirs et des comportements inconscients. Cela suppose que l’homme ne puisse être un produit connu à partir de sa propre conscience ; il est le lieu où se joignent deux univers : le conscient et l’inconscient, il se pourrait qu’il soit actionné et poussé devant de la scène par la finalité ou par la priorité des fins la plus déterminante.
C’est cette ambivalence queSartreconteste. Il réfute l’inconscient et dit que la conscience est la seule responsable d’actes et l’unique lieu de connaissance de l’homme. Il n’est pas question de l’innocenter et de le déresponsabiliser sous prétexte des maux et des désirs refoulés qui déterminent ses actions et son comportement. Par ces propos,Sartre ne laisse aucune fuite à l’homme pour son comportement, bon ou mauvais. C’est en fait un acte librement exprimé et manifesté.
« Que ces déterminismes portent le nom d’hérédité, d’inconscient collectif, ou soient révélés par le poids de l’histoire et de l’éducation, il est surtout important, selon lui, de les dépasser dans une perspective créatrice et positive qui seule nous permettra de ne pas 3 réduire la destinée humaine à la fixité d’un caillou ».
Selon Sartre, il faut sortir l’homme de sa vieille appartenance prétendant déterminer sa conduite et limiter sa liberté, sous prétexte que son devenir existait déjà dans l’inconscient comme fil de son histoire et de son comportement. Tout le monde qui enferme l’homme dans ce mécanisme fait preuve de mauvaise foi, d’après lui. On ne l’invite pas à se responsabiliser et à se dépasser. C’est comme s’il est automatiquement conditionné dans ses relations avec lui-même et avec les autres ; l’inconscient seul définit son mode d’être. L’homme est ce que sa conscience est, dit Sartre. Il n’y a que luià se saisir dans son devenir, son avenir, ses espérances, ses interrogations et sa quête.Il convoque l’homme à prendre conscience de ses capacités intellectuelles et à un dépassement perpétuel pour ne pas être pris au piège des théories de l’inconscient qui le figent dans un passé définitif. Sa conscience seule peut forger sa conduite. Rien ne pourra l’empêcher, si ce n’est que de la mauvaise foi.
Freud et Sartrese distinguent. Le premier prétend que l’homme a un comportement lié à son inconscient, lequel est une mémoire tenue des histoires, des rêves et des désirs refoulés par le conscient ; tandis que le second accorde la prééminence à la conscience mettant l’homme devant sa responsabilité. Son choix seul justifie son comportement. Il exclut la possibilité de toutes connaissances inconscientes déterminantes à son origine. Donc, c’est un
acte de mauvaise foi de prétendre expliquer et appréhender son comportement à l’aide d’une mémoire inconnue. Cette double présence consiste à le déresponsabiliser et l’empêcher d’être lui-même devant sa responsabilité et son acte. C’est comme si l’inconscient ne lui laisse pas la liberté et le choix de se saisir autrement. Le comprenant ainsi, c’est aussi comprendre qu’il commet un acte, mais sans être responsable.
D’emblée, donc,Sartreoppose. La conscience est pour lui l’unique lieu de s’y connaissance de l’homme où son acte et son comportement ont toute signification. En tant que telle, elle donne à lire la connaissance et la compréhension que l’homme a de lui-même. Or, s’estimer qu’on n’est pas ce dont la conscience est, c’est jouer à l’irresponsabilité.
À cet égard, on pourrait demander àSartrecomment expliquer la dynamique constante et le comportement raciste figé de l’homme occidental au sujet du Noir, saurait-on le comprendre comme un simple comportement erré de façon constante à l’aventure, empruntant toujours la même structure psychique dynamique qui le lie à la mémoire du hasard pour témoigner de sa haine et de sa mauvaise foi à l’endroit du Noir ? Serait-il juste un comportement qui se profile dans la conscience de l’Occident et qu’il le fige à jamais dans un regard unique et éternel ? Interrogerait-on donc Sartre : n’est-il pas une grande erreur de croire toujours que les êtres humains agissent en toute possession de sa conscience, de sa responsabilité et de sa raison ?
Or, plus qu’on s’interroge sur le concept de mauvaise foi qui est le pivot critique de l’inconscient chezSartre,plus qu’on s’aperçoit que l’homme peut se donner un comportement de mauvaise foi, comme il peut aussi l’éviter. Par conséquent, l’homme se lie à un double comportement. SelonSartre, il a le libre choix de ne pas être tenu à l’un ou à l’autre. C’est dire que la dualité sartrienne est liée au libre choix de la conscience. Elle n’est pas sélective aux fins des influences inconscientes ou d’une mémoire inconnue.
Qu’on se rapporte àFreudet àSartre,on s’aperçoit que ce n’est plus l’arbitraire qui donne lieu à la répétition du comportement anti-noir qui devient figure d’une éternelle odyssée chez l’homme occidental. D’un côté, il y a matière de lier ce comportement à des préjugés, suivant lesquels l’Occident conserve son contact avec une structure psychique anti-noire ; de l’autre, soit d’accepter qu’il s’agisse d’une mentalité consciente haineuse et de mauvaise foi envers le Noir. Donc, que ce soit l’un ou l’autre, seul compte c’est que l’Occident se fige dans ses possibilités de se dépasser de ses préjugés du Nègre mauvais.
À son tour,Pierre Bourdieuun regard sociohistorique sur les déterminants qui pose motivent le comportement humain, lequel est déterminé par une histoire déjà constituée dans l’ensemble de ses pratiques sociales. Dès l’instant qu’on cherche à connaître un individu, il convient de se référer à l’histoire des rapports sociaux qui conditionnent et façonnent son existence sociale, constituant ainsi sa structure psychique. Saisissant bien cela, le comportement humain n’est d’aucune manifestation consciente de raisons. Les mécanismes déterminants de comportement se dessinent à l’intérieur de l’histoire où s’inscrit sa réalité qui comprend l’ensemble de ses expériences sociale, culturelle, idéologique et économique. Pour Pierre Bourdieu, le comportement inconscient ne peut être appréhendé par la thèse de conservation liée à la vie psychique, émotionnelle et affective de l’homme ni au simple fait d’un acte de mauvaise foi. Sa réalité étant comprise comme l’ensemble des pratiques sociales assure la production des structures déterminantes qui définit l’orientation de son comportement.
De ce point de vue, il entend démontrer le poids de l’histoire et du social sur les déterminations psychiques de l’homme. Or, placée dans le cadre de cette thèse, la société doit être le lieu de compréhension et d’analyse de son comportement comme étant un produit d’acquisition historique. D’aprèsBourdieu,ne va pas de soi d’avoir tel comportement et de il commettre telle action, tout a donc une explication et des racines dans les structures sociales
où vit l’individu. Il ne peut modifier son cours que s’il se ramène à en prendre conscience et à le vider de toute consistance et du poids de déterminations sociales inconscientes. Donc, Freud et Bourdieune s’opposent pas vraiment. Le premier fait du psychique le lieu inconscient du registre et du déterminisme de comportement, tandis que le second en fait subir une mutation, en l’associant à l’histoire et au social. Ils sont solidaires d’une même prise de connaissance du rôle de l’inconscient sur les déterminants qui motivent les conduites humaines. Sur ce, l’un peut s’articuler par rapport à l’autre.(Blanchard).
Toujours, au cœur de la recherche du rôle de l’inconscient,Louis Pinos’est intéressé aux formes de développement des influences inconscientes sur les comportements des philosophes que voici :
« Toutefois ce que les individus ont moins en commun est le plus souvent le fait d’avoir été soumis par l’institution scolaire à un travail systématique d’apprentissage qui a pu les marquer profondément et durablement sans qu’ils aient conscience, le produit de cet apprentissage consistant, pour l’essentiel, dans un ensemble de postures, d’habitudes mentales, de réflexes, 4 pour ne pas parler d’automatisme »
Qui dit l’enseignement scolaire dit l’inconscient ; cela est, en toute considération, un lieu de compréhension et de références d’un monde intellectuel connaissable a priori, à travers l’apprentissage des logiques et des concepts qui ont inculqué des habitudes de penser, des réflexes, des comportements et des goûts inconscients constitués. Les penseurs, les philosophes et les savants, formés dans la même rhétorique, sont soumis à une tradition scolaire et à une finalité cognitive routinière qui ne favorisent pas l’autonomie intellectuelle. Celle-ci se perd notamment par l’intériorisation des textes, des concepts et des raisonnements qui proviennent d’une même source d’orthodoxie et qui constituent, dans toutes les dimensions, les produits de la connaissance et les modes opératoires essentiels du fonctionnement de l’individu. Du même coup, ce qu’il faut comprendre c’est que le comportement de l’individu, à cause de son enseignement scolaire, est inscrit dans un ensemble d’actions académiques répétitives et de connaissances toutes faites ; et sans s’en rendre compte, il est sujet à des influences inconscientes qui pèsent indéfiniment sur sa façon de penser, d’agir et sa manière d’être.
Dans la même veine, l’inconscient peut être interprété et compris sur d’autres bases, à travers l’ouvraged’Ahmed Channouf (les influences inconscientes),évoquant les émotions et les croyances comme facteurs déterminants des conduites et des comportements. Ce disant, toute notre façon de faire, d’agir et de penser n’est qu’illusions rationnelles. L’ensemble des pratiques et rapports sociaux que les hommes partagent et vivent provient d’influences inconscientes, de sensations et de causes irrationnelles. Fort convaincu de son idée, Channoufcite des témoins et réfère à des textes qui ont servi de preuve pour son ouvrage. Il procède à un renversement de certitudes, de raisons et de jugements rationnels que l’individu croit adopter dans ses conduites.
AvecGérardMendel,s’aperçoit que les forces inconscientes peuvent se manifester on dans les productions et dans les institutions socioculturelles, en fonction des buts et des intérêts poursuivis. Les influences inconscientes savent s’articuler, au moment favorable, à une fonction précise pour déformer une réalité. Il est important, selonMendel, de s’en préoccuper afin d’éviter qu’elles ne changent pas en pouvoir social à la portée d’une personne autoritaire, sadique et narcissique.
Il peut être de conséquence grave que si cet individu se sent victime, poussé par le désir d’intérioriser ce pouvoir pour se venger. S’il devient leader d’une nation, d’un État et d’un peuple, et en lui se forme au niveau inconscient de son esprit un pareil malaise, il serait capable d’entrainer son monde dans l’exaltation de la violence sous toutes les formes de prétexte assigné soit à la peur, soit à l’impuissance, soit au racisme, soit à la pureté de race,