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Récits d'une passion

De
158 pages
Ce florilège des textes parus sur la question du français de la Conquête à aujourd'hui présente la situation de notre langue en terre d'Amérique telle que nous la vivons et que l'ont vécu nos ancêtres. Contributions d'auteurs anciens et modernes. Texte général de Gilles Pellerin.
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Extrait de la publication
RÉCITS D’UNE PASSION
Du même auteur :
Les sporadiques aventures de Guillaume Untel, nouvelles, Asticou, 1982. Ni le lieu ni l’heure,nouvelles, L’instant même, 1987. Principe d’extorsion,nouvelles, L’instant même, 1991. Je reviens avec la nuit,nouvelles, L’instant même, 1992. Québec : des écrivains dans la ville, essai, L’instant même / Musée du Québec, 1995. Dix ans de nouvelles:une anthologie québécoise, L’instant même, 1996. Nous aurions un petit genre : publier des nouvelles, essai, L’instant même, 1997.
Récits d’une passion Florilège du français au Québec
Texte général de Gilles Pellerin Recherches de Aurélien Boivin et Kenneth Landry
Extrait de la publication
Conception graphique et mise en pages : Isabelle Robichaud
Révision : Nadia Tangorra
Distribution pour le Québec : Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau Saint-Laurent (Québec) H4N 1S2
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés
© Les éditions de L’instant même 865, avenue Moncton Québec (Québec) G1S 2Y4
e Dépôt légal — 4 trimestre 1997
Données de catalogage avant publication (Canada) : Vedette principale au titre : Récits d’une passion : florilège du français au Québec ISBNpapier 978-2-921197-94-6 ISBN PDF 978-2-89502-626-6 1. Français (Langue) - Québec (Province). 2. Français (Langue) -Français parlé - Québec (Province). 3. Français (Langue) - Français écrit - Québec (Province). 4. Français (Langue) - Aspect politique -Québec (Province). I. Pellerin, Gilles, 1954- . II. Boivin, Aurélien. III. Landry, Kenneth, 1945- . PC3645.Q8R42 1997 447’.9714 C97-941417-2
L’instant même reçoit pour son programme de publication l’aide du Conseil des Arts du Canada et celle de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec. L’éditeur remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec, l’Office de la langue française ainsi que le Secrétariat à la politique linguistique pour leur contribution à la réalisation de ce livre dans le cadre de la campagne « Le français, parlez-moi d’une langue ! » coordonnée par le Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec.
À la mémoire de Fernand Dumont et Gaston Miron À Madeleine Saint-Cyr et Alberte Bédard
Extrait de la publication
Avant-propos
Au Québec, le français est de tous les débats : le parlerons-nous demain ? dans quelles circonstances, dans quel milieu le parler ? le parlons-nous bien ? mal ? mieux qu’il y a trente ans? ne vaudrait-il pas mieux nous taire? La question de la langue, jamais vidée, depuis longtemps hante les uns et anime les autres d’une foi ardente. Dès la pétition que des notables adressaient au roi d’Angleterre en 1764, le priant de « nous permettre de rédiger nos Affaires de famille en notre langue et de suivre nos Coutumes, tant qu’elles ne seront pas 1 Contraires au Bien général de la Colonie », était établie l’équation suivant laquelle dans notre destin nous nous identifiions par la langue, ce que les différentes législations linguistiques des trente dernières années ont confirmé. Il nous restait à en faire une langue d’Amérique, celle qui, dans la simplicité du lever , du travail, de la marche et du coucher, permet de direici, de s’approprier le réel. Souvent nous avons tendance à considérer qu’à l’échelle nord-américaine nous parlons la mauvaise langue et, à l’échelle de la francophonie, le mauvais français. Mais des écrivains se lèvent et marchent, des écrivains pour qui le français est de tous les ébats, tel Michel Garneau, à la radio, dans sa poésie et son théâtre, qui invite à voir le français comme l’af firmation immédiate et audible de notre différence dans l’espace nord-américain.
1. Pétition envoyée au gouverneur Murray à la fin de 1764, tirée de Guy Bouthillier et Jean Meynaud,Le choc des langues au Québec, Québec, Presses de l’Université du Québec, 1972, p. 97-99,passim.
Extrait de la publication
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Récits d’une passion
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Nous avons le français. À certaines heures de la nuit, nous n’avons que ça, le français, la pensée, les songes. La langue envahit tout, elle déferle pour peu qu’on se l’approprie et qu’on l’habite. Le florilège que voici est placé sous le signe du voyage au-dedans de soi. Que s’est-il dit ici de la langue que nous parlons ? Quelle passion nous anime donc pour qu’encore la controverse s’empare de la vie des lettres comme dans des tribunes d’opinion, pour que chacun veuille mettre son grain de sel là où pourtant tout semble avoir de tout temps été dit ? Tout n’a pas été dit : puisse chacun qui parcourra ce 2 trop rapide voyage dans les états — d’âme ! — du français au Québec y ajouter sa voix. Des pages vous sont réservées, chère lectrice, cher lecteur, pour que vous apportiez votre contribution au débat. Nous vivons aux portes de l’empire américain. Les États-Unis entrent à profusion dans nos maisons et dans nos vies. Comme toute puissance civilisatrice, nous 3 rappelle Michel Garneau , ils ramènent tout à leur aune — gigantesque. Dans ce murmure venu du nord loge notre pouvoir de créer, d’apporter ce qui est nouveau, différent jusque dans les mots. Comme le dit si bien Garneau, de l’Amérique nous recevons ; le français nous permet de donner.
2. Selon la formule de Marty Laforest. 3. Dans un débat public retransmis par la chaîne culturelle de Radio-Canada, le 31 juillet 1997.
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