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Rimes morales

De
90 pages

Quand je songe aux grands jours de luttes poétiques
Où le souffle puissant de nos chefs-d’œuvre antiques
Vers les sommets de l’art portait tous les esprits,
Du vrai, du beau, du juste, avec ardeur épris ;
Où la Foi rayonnait, où de nobles croyances
Répandaient leur éclat au sein des consciences
De ces rudes jouteurs qui, pleins de majesté,
S’élançaient à l’assaut de l’Immortalité ;
Quand je songe à ces jours et qu’au temps où nous sommes,
Je pèse la valeur de nos petits grands hommes
Dont le cerveau se tord en efforts impuissants
Pour mettre leur esprit au-dessus du bon sens,
Et qui rêvent un art où la fougue insensée
Nargue le sentiment, le goût et la pensée ;
Je ne puis, sans sourire, entendre les clameurs
Que vous jetez au vent, fantaisistes rimeurs !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Henri Dottin
Rimes morales
Ah ! l’on applaudirait vos essors poétiques, Si vous saviez en cor, des fibres sympathiques Qui sommeillent en nous, réveiller la torpeur. Mais, vos vers, que sont-ils ? Un mirage trompeur, Où la phrase flamboie, où le mot étincelle, Où l’épithète énorme et creuse s’amoncelle. Chamarés d’oripeaux aux bizarres couleurs, Sur la corde du vers, poëtes-bateleurs, Vous savez voltiger, jongler avec la rime ; Aux entrechats rhythmés votre verve s’escrime. Eh ! ces tours d’acrobate ont beau nous étonner, Nous sommes, croyez-moi, tout prêts à les donner Pour un seul cri du cœur, un seul élan de l’âme Qui nous fasse verser des pleurs ou nous enflamme. Le poëte, c’est l’homme en qui la passion A la source du beau puise l’émotion. Sous son front qui fermente est-elle fécondée ? Dans le moule du vers il coule alors l’idée ; L’imagination, prisme d’or, la revêt Des reflets d’idéal qu’en son âme il rêvait. Oh ! quand nous rencontrons cet homme, il nous ench ante Par la sublimité des choses qu’il nous chante, Et, pleins de souvenirs, nous entendons longtemps Sa voix vibrer encore en nos seins palpitants. Mais lorsque l’art des vers n’offre à nos cœurs avi des Qu’un fade cliquetis de mots, de phrases vides, Dont la frivolité ne peut nous émouvoir, Vous êtes étonnés, mes beaux rimeurs, de voir Notre oreille, aux refrains de vos chansons fermée, S’ouvrir pour écouter, dans la forge enflammée, Les retentissements des énormes marteaux, Sur l’enclume sonore, écrasant les métaux, Et dont la grande voix proclame, sur la terre, Du devoir, du travail, le dogme salutaire. Ce long cri de l’usine, au loin répercuté, Nous dit à tous bonheur, paix et fraternité ! Vous ne comprenez pas, vous, dont la poésie N’est qu’un miroitement de votre fantaisie ; Et qui trouvez enfin bon de vous dispenser, Pour ciseler vos vers, de sentir, de penser, Vous ne comprenez pas ce chant de l’industrie ! Non ! car toute croyance en votre âme est flétrie.