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Virus militarisés

De
80 pages

Ouvrage de stratégie militaire et politique, Virus militarisés démontre que l'incapacité des nations à contrôler les invasions virales de masse entraîne un basculement géopolitique via le trait d’union entre pestilences de guerre, bioterrorisme et conflits violents. Grammaire des calculs géopolitiques, guerres, commerce mondial et militarisation des virus redessinent la cartographie épidémiologique du globe ainsi que l'ordre mondial. Comme interface technologique de la variante létale des pathogènes dans la sécurité, les cyber conflits hautement stratégiques revêtent une portée géopolitique. Forgeant leurs glaives en faucilles de virus malicieux, les nations redessinent un nouvel ordre cyber mondial. Cet ouvrage, sur paix et puissance au XXIe siècle, s'adresse aux experts en sécurité.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

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Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-90822-3

 

© Edilivre, 2015

 

 

A la mémoire de :

Lucie Nana, Bernard Nana & Luc Nana

Introduction

La psychose des pandémies mortelles est devenue une fois de plus le lit chaud des émotions collectives au 21ème siècle. Il ne fait point l’ombre d’un doute que la spirale violente des pandémies constitue une atteinte grave à la sécurité internationale. Les menaces contre la sécurité internationale ne proviennent pas forcément de la confrontation directe entre acteurs Etatiques rivaux. Elles trouvent aussi leur source dans la propagation brutale des virus mortels, de cyber conflits nourris par des tensions politiques combinées aux mouvements des troupes ainsi que des pulsations du commerce mondial. Ces menaces peuvent rapidement se tisser autour d’un chapelet de crises systémiques préjudiciables à la fabrique des nations, provoquant par effet domino la chute d’un Etat ainsi que l’effondrement de l’épicentre d’une civilisation. Pour l’exemple, les virus du Vieux Monde ont transformé le Nouveau Monde en abattoirs, redessinant ainsi la carte géopolitique des Amériques. En d’autres termes, conquêtes militaires et commerce mondial ont redessiné les grands contours de la cartographie épidémiologique du monde.

Aujourd’hui comme hier, c’est justement sur ce théâtre des menaces à la sécurité que se donne rendez-vous le clash entre virus mortels et politique étrangère comme enjeu de l’ordre mondial. Autant dire qu’en dépit des remous médiatiques autour de la propagation du virus d’Ebola, la corrélation entre militarisation des pandémies violentes, des cyber conflits sur fond d’un genre nouveau de « djihadisme économique », des remous du terrorisme ainsi que des tensions géopolitiques sont loin de se poser comme une dynamique nouvelle dans l’évolution sécuritaire mondiale. Bien avant la propagation du virus Ebola ainsi que de la pieuvre d’Al-Qaeda au Moyen-Orient et au Sahel, un regard rétrospectif nous renseigne que les Anciens étaient familiarisés aux actes de bioterrorisme provoquant la chute des empires ainsi qu’à l’explosion de pandémies violentes aux répercussions socio-politiques graves. Aussi, le clash entre géopolitique et virus est loin d’une invention de l’ère des cyber attaques. Etablissant un trait d’union entre virus mortels, géopolitique et cyber conflits, notre approche montre que les pathogènes mortels offrent l’opportunité pour les Etats de gagner un avantage compétitif géopolitique dans le balkan des pandémies mortelles. Du reste, l’instrumentalisation des cyber conflits n’est que l’interface ou le prolongement technologique de cette même compétition géopolitique entre les Etats par virus militarisés interposés. Il s’entend donc que les Etats aujourd’hui forgent leurs glaives en faucilles de virus malicieux dans les conflits.

Notre contribution fournit la preuve par cinq démarches historico-analytiques que depuis l’Antiquité, la faillite des nations ou des communautés humaines à faire barrage aux infections virales mortelles de masse a toujours entraîné un basculement géopolitique notoire. Conflits armés, commerce mondial et propagation des virus mortels sont un couple indissociable et les tensions diplomatico-militaires n’en sont que le reflet de calculs géopolitiques bien nourris.

D’une part, l’antiquité Gréco-latine avait intégré parmi ses réflexes de survie la maîtrise de la guerre bactériologique et des techniques du sabotage bio-terroriste comme registre de guerre. Les nuages de virus mortels chez les Anciens avaient une parenté suspecte avec les pestilences de guerre. La prise en compte de ce paramètre sécuritaire était d’autant plus aigüe qu’Apollo occupait le trône du dieu des pestes. Apollo, le dieu des épidémies et des fléaux régnait comme gardien protecteur de l’arsenal de munitions bactériologiques les plus virulentes de la nation. Du reste, Romains, Grecs, Africains, aussi bien que les Perses ont fait recours à l’usage d’armes biologiques au cours de leur campagne militaire. L’historien Silius Italicus rapporte qu’autour de 80 AD, des soldats Romains combattant en Afrique du Nord furent pris pour cible par des acolytes bio-terroristes aux lance-missiles de flèches empoisonnées au venin de serpent. Les cas de contagion épidémique de masse sont loin d’être des détails isolés dans les annales de l’histoire de la déstabilisation des nations par les virus mortels. Autour de 1500 av. J.C., la civilisation Egyptienne fut visitée par une vague programmée d’une attaque par l’anthrax. L’anthrax, combiné aux effets néfastes de ce qu’on a appelé les « dix plaies d’Egypte » fit résonner le gong de l’apocalypse par les virus – ce que nous qualifions de viruspocalypse – sur l’Egypte comme super puissance de l’époque.

D’autre part, mondialisation, virus mortels et conflits armés semblent s’impacter mutuellement en formant un couple indissociable. Les virus du Vieux Monde furent des abattoirs pour les méso-Amérindiens. Ou encore, les forces armées Mongoles ont propagé la peste bubonique tout le long des routes commerciales de la soie sous leur contrôle. Nous ne sous-estimons pas que les effets collatéraux de la pandémie de peste facilitèrent l’expansion rapide de l’islam dans l’empire Byzantin, en Europe de l’est, au Moyen-Orient autour de 632 AD, ainsi que la justification de la conquête arabe éclaire de la Perse. L’Egypte comme bastion de la connaissance scientifique et de l’innovation technologique sombra dans les abysses du silence dans la période post-peste bubonique.

Par ailleurs, le commerce mondial a contribué à redessiner les grands contours de la cartographie épidémiologique du monde. En d’autres termes, les pulsations de Wall Street affectent pour une grande part la redistribution des pestilences à l’échelle mondiale via les autoroutes du commerce global. Une connection épidémiologique entre l’Eurasie, l’Amérique et l’Afrique trouva dans les flux commerciaux, un véhicule tout approprié pour sa chevauchée rapide. Les virus mortels voyagent par le biais du commerce mondial. Au XIVème siècle, des navires marchands transportant de la soie, des grains, des épices, des rats voyageant sous les sacs et autres denrées de valeur depuis l’Asie centrale, la Crimée, le Moyen-Orient, et l’Afrique débarquèrent aussi leurs cargaisons de marchandises en Europe avec leur lot de virus mortels. Partant, la peste noire gagna les ports européens. Autre pestilence mortelle, autre cargaison de trafic humain. Les larves de plasmodium falciparum, absentes du Nouveau Monde, firent leur apparition avec l’arrivée des vaisseaux commerciaux débarquant les esclaves de l’Afrique en Amérique dans le contexte du commerce triangulaire. Un autre type de malaria faisait son éclosion en Amérique par le biais des échanges noués autour du commerce triangulaire.

C’est sans surprise aucune que la diplomatie médicale des Etats demeure un instrument de défense des intérêts de leur politique étrangère. L’assistance multiforme des Etats dans des zones de réservoir d’épidémies contagieuses n’est jamais dépourvue de calculs politiques et diplomatiques. Aussi, la realpolitik impose ses marques sur les réponses aux crises de santé. Les crises épidémiques fournissent l’opportunité de combler ou renforcer un certain vacuum sécuritaire dans des zones d’enjeux géopolitiques. C’est ainsi que la réaction rapide du Président Obama par l’envoi de troupes pour lutter contre Ebola en Afrique de l’Ouest n’est pas nouvelle. Il s’entend aisément que la politique étrangère Ouest-Africaine du Président B. Obama a embouché la trompette d’une campagne de militarisation du virus Ebola pour contenir la menace mondiale de la pandémie. Loin d’éteindre la flamme de l’expansion militaire, la diplomatie de Washington n’a pas divorcé d’une version militarisée des virus en temps de crise épidémique par l‘envoi d’un contingent militaire de 3.900 hommes de troupe au Liberia avec un budget de $ 750 millions de dollars.

Somme toute, nous relevons aujourd’hui une mutation graduelle de la course aux armements à la course aux virus. Les Etats ont forgé leurs glaives pour des faucilles de virus malicieux. En effet, aujourd’hui, au moins 140 pays au monde sont en train de mettre au point des programmes de cyber armes. Depuis 2012, on note une augmentation de 42 % de cyber conflits au niveau mondial. La récurrence des cyber hostilités semble annoncer l’enjeu futur des hostilités politico-économiques du XXIème siècle. Les cyber conflits les plus significatifs au plan stratégique ont une connotation géopolitique. Le cyber espace est devenu un champ de bataille. Comme nous le souligne si bien Jason Rivera, le but du cyber conflit consiste à remplir des objectifs tant militaro-stratégiques que politico-économiques ou d’espionnage industriel via le cyber espace. L’industrie des virus sur le bazar mondial des cyber hostilités est en train de révolutionner les mesures de rétorsions en cas de tensions politico-économiques entre les Etats. Aussi, les budgets de cyber défense sont devenus incontournables dans les enjeux de sécurité nationale. Mais avant d’établir une corrélation entre virus électroniques et pandémies mortelles dans le contexte des conflits, portons un regard sur les émanations de pestilence en rapport avec les guerres.

I
Aérosol de Pathogènes Mortels
et Pestilence de Guerre

1. Temples, Reliques Mortelles et Emanations de Pestilence

Depuis l’antiquité, l’implication cruciale selon laquelle une crise majeure de santé publique conduit inexorablement en insécurité nationale était un souci permanent en temps de guerre comme de paix. La prise en compte de ce paramètre sécuritaire était d’autant plus aigüe qu’Apollo occupait le trône du dieu des pestes. Apollo, le dieu des épidémies et des fléaux régnait comme gardien protecteur de l’arsenal de munitions bactériologiques les plus virulentes de la nation. La mythologie du héros Héraclès, vainqueur de l’hydre de Lerne à plusieurs têtes, rapporte qu’après sa bataille victorieuse contre l’hydre, Héraclès utilisa le venin du monstre pour empoisonner ses flèches. Le carquois du héros vainqueur contenant le venin toxique de l’hydre ainsi que ses flèches empoisonnées furent entreposés dans le temple d’Apollo.1 Loin d’une fiction mythique, les flèches empoisonnées d’Héraclès constituent un code qui renseigne sur une tactique antique de guerre bactériologique. L’antiquité Gréco-latine avait intégré parmi ses réflexes de survie la maîtrise de la guerre bactériologique.

En 520 av. J.C., Athènes et ses alliés contaminèrent les puits d’eau potable de Kirrha, proche de Delphes, au moyen de la plante de l’hellébore ou encore connue sous l’appellation de rose de noël, tuant ainsi ses habitants. Le Général romain, Manius Aquillius, utilisa la même plante en 129 de notre ère pour provoquer une annihilation de plusieurs villes rebelles en Asie mineure.2 Dans l’antiquité, les temples servaient, non seulement de banques de réserve fédérale pour les objets les plus précieux comme l’or et l’argent, mais aussi, de lieux forts pour tenir sous haute sécurité les reliques dangereuses, les armes et munitions bactériologiques mortelles de guerre. Diodorus de Sicile rapporte que l’armée Carthaginoise fut frappée par une épidémie en 396 av. J.C. lorsqu’elle pilla un temple Grecque à Syracuse.3

Il tombe sans guère de surprise que sous le règne des coempereurs Lucius Verus et Marcus Aurelius, Julius Capitolinus nous ouvre une page noire d’un registre de sabotage bactériologique intervenu en Mésopotamie. Pendant la guerre de Rome contre l’empire Parthe à Babylone en 164 AD, un “spiritus pestilens” – une odeur de pestilence – s’échappa d’une boîte en or entreposée dans le temple d’Apollo lorsqu’un soldat Romain vandalisa ladite boîte scellée. L’acte de vandalisme de ce dépôt sacré fut le geste défendu qui ouvrit la boîte de pandore d’une pandémie qui toucha la Mésopotamie de 165-180 AD. La pandémie envahit les terres de Parthe, gagna la Perse et toucha les rives du Rhin.

La Bible démontre tout aussi bien une connaissance de première main de sa conscience de la guerre bactériologique et de son impact sur les sociétés humaines. Au 12ème siècle av. J.C, les Philistins engagèrent une guerre contre Israël. Ils avaient la peur au ventre que Yahweh pourrait les contrattaquer par le moyen d’épidémies ravageuses comme il en fit la magistrale démonstration avec les plaies d’Egypte contre les descendants de pharaons. 1 Samuel 5-6 nous fournit avec une exactitude épidémiologique irréprochable une référence de cas de guerre biologique. Les Philistins, à l’issue de leur combat victorieux contre Israël, s’emparèrent de l’arche de l’alliance de Yahweh. Emportant avec triomphalisme comme trophée de guerre l’arche dans leur capitale, ils procédèrent à l’exhibitionnisme de l’arche de Yahweh dans le temple de leur dieu Ashod. C’est alors que la population de cinq villes Philistines fut décimée par le fléau qui reçut comme nom de baptême, l’épidémie d’Ashod, qu’accompagnait une grande invasion de souris dans le pays. Il s’agissait, en fait, d’un cas d’attaque d’une épidémie de peste bubonique. Cette épidémie de peste bubonique se signalait par des lésions sur les parties intimes et les lèvres des victimes. L’arche de Yahweh fut retournée à Israël dans la totale confusion et le désarroi. Dans l’antiquité, les prêtres-gardiens des temples étaient, non seulement formés au management de l’arsenal de munitions dangereuses entreposées dans les hauts lieux de culte, mais étaient surtout immunisés contre les armes biologiques dont ils étaient les gardiens protecteurs.

2. Acolytes Bioterrorismes aux Lance-Missiles de Poisons

La Bible n’est pas la seule source ancienne qui signale les vestiges de la guerre biologique. Les anciens Romains, Grecs, Africains, aussi bien que les Perses ont fait l’utilisation d’armes biologiques dans la guerre. Le recours au pestilentia manu facta – épidémie intentionnellement manufacturée – ne s’est pas interdit d’aller jusqu’à l’empoisonnement des campements ennemis comme tactique guerrière. En 1346, les trois ans de siège des Mongoles pour reprendre la cité portuaire de Caffa sur la côte méridionale de la...