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Voie négative

De
288 pages
Un jour de septembre, il y a assez longtemps, après m’être nourri pendant quinze mois du théâtre de Stéphane Mallarmé — théâtre que l’on ouvre de ses mains ; scènes que l’on ressuscite ; lettres à qui nous redonnons vie en les respirant — je lus, dans mes initiales : Voie négative et pensai donner un jour ce titre à un livre… Le voici. Quatre textes, ou plutôt creusements, quatre variations sur une idée fixe.  
Écrit dans l’air, récit d’une rencontre avec huit acteurs venus d’Haïti. L’acte de la parole, descente dans notre langue jusqu’au latin et parfois bien plus bas. Niement, suite de notes prises au cours de quatre promenades dans la montagne. Entrée perpétuelle, version théâtrale, orchestrée (et pythagoricienne ?) du Vivier des noms.
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Un jour de septembre, il y a assez longtemps, après m’être nourri pendant quinze mois du théâtre de Stéphane Mallarmé —théâtreque l’on ouvre de ses mains ;scènes que l’on ressuscite ;lettresà qui nous redonnons vie en les respirant — je lus, dans mes initiales :Voie négative et pensai donner un jour ce titre à un livre… Le voici. Quatre textes, ou plutôt creusements, quatre variations sur une idée fixe. Écrit dans l’air, récit d’une rencontre avec huit acteurs venus d’Haïti. L’acte de la parole, descente dans notre langue jusqu’au latin et parfois bien plus bas. Niement, suite de notes prises au cours de quatre promenades dans la montagne. Entrée perpétuelle, version théâtrale, orchestrée (et pythagoricienne ?) duVivier des noms.
Valère Novarina
Voie négative
P.O.L e 33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6
Écritdansl’air
J’ai toujours cherché à déchiffrer comme des encres de Rorschach — ou des ombres chinoises — les formesdes pays : Haïti, en silhouette, est une bouche grande ouverte qui s’ouvre de profil, avec l’île de la Gonâve au milieu comme une langue qui va s’en séparer.Une mâchoire dans la mer Caraïbe. Sur l’île d’Haïti (je dis l’île, car Haïti aime apparaître seule,isolée,de sa rivale la débarrassée République dominicaine — à qui elle tourne le dos), sur l’île d’Haïti, je mène depuis le 11 décembre, entre deux maisons (deuxcayescomme on dit ici), une existence bien réglée : les matinées, au côté de l’écrivain Guy Régis Junior et de neuf acteurs haïtiens avec qui nous préparons une lecture publique d eL’Acte inconnu : s Noël y tiennent le rôle duFrance Medley Guillou, Clorette Jacinthe et Agnè ChantreBedfod Valès, dit Hypose, celui du ; ContresujetÉdouard Baptiste, dit Youyou ; , celui du Coureur de Hop; Jenny Cadet et Nadèje Dugraville sontChlodoacreetL’Enfant à la Diable.Jean-Marc Mondésir construit devant nous, peu à peu, patiemme nt, un monumentalRaymond de la Matière. Tous les matins, nous nous retrouvons, au 163 avenu e Christophe, dans un petit théâtre, nommé Focal; un nom qui convient bien… j’ai toujours pensé le théâtre comme unfoyer, un enclos où brûler le langage, comme l’arène où jeter à l’air libre toutes les effigies humaines et nosidolesfaites de mots ; le lieu d’une dépense, d’une offrande, le lieu de l a linguistiqueà vif.U nfoyer où l’on vient s’assembler — non pas pour voirune fois de plus « l’homme faire l’homme » — mais pour assister enfin à sa dispersion, à sa semée, à sasporée, dans l’espace ; un lieu où nous venonsl’assisterplus — que levoir —, l’aider à se délivrer en lançant, en jetant desanthropoglyphes. Le théâtre, vrai lieu d’un Sauve-qui-peutde l’animal parlé. Tous les matins, dans la petite salle duThéâtre focalnous relisons sans relâche et dans tous les sens L’Acte inconnuqui doit être donné en lecture dans quinze jours à Port-aux-Princes. Je metsPort-aux-Princespluriel, pour saluer ces neuf acteurs princiers : ils ont grande allure, de beaux corps bien au noir profond et de charnelles voix africaines : mai s surtout une connaissance subtile des sauts et soubresauts de notre langue, un savoir tactile des flux souterrains qui l’agissent : unesciencemuette de sa vie rythmique. Je l’ai dit hier encore à Guy Régis : jamais je n’ai eu, comme ici, unsextuord’acteurs si spontanément accordés à ce que j’écris : tous trouvaient leur voix, tombaientjuste, dès la première lecture… En sympathie immédiate avec l’onde profonde du texte ! En Europe, la plu part du temps, lors des premières lectures, nous déchiffrons, nous balbutions longtemps — ici, il me semble que l’on sait d’instinct queparler est un geste —que la penséeva d’un trait —que l’espritestle souffle. L’après-midi, je remonte à l’hôtelMontana, majoritairement peuplé de fonctionnaires québécois et d’autres bienfaiteurs internationaux ; j’observe attentivement leurs mœurs alimentaires au souper et au petit déjeuner… Hier, j’ai engagé la conversatio n avec trois Montréalais, un Gaspésien et deux Chicoutimiens, à qui j’ai avoué que chaque fois que je voyais les plaques d’immatriculation du Québec, portant toujours, au-dessus du numéro, la deviseJe me souviens, l’idée me venait que notre devise, à nous Européens — et à nous Français, plus qu’à tout autre ! — était :J’oublie.Nous devrions inscrire sur nos automobiles : XP 765 GPN, et au-dessus :J’oublie.« J’oublie » 814 BW 75. « J’oublie » 645 DNU 87. L’Europeou La passion d’oublier.
DUMÊMEAUTEUR
Chez le même éditeur LE DRAME DE LA VIE. LE DISCOURS AUX ANIMAUX. VOUS QUI HABITEZ LE TEMPS. THÉÂTRE – L’A TELIER VOLANT – LE BABIL DES CLASSES DANGEREUSES – LE MONOLOGUE D’ADRAMÉLECH – LA LUTTE DES MORTS – FALSTAFE. PENDANT LA MATIÈRE . JE SUIS. L’ANIMAL DU TEMPS, version pour la scène duDISCOURSAUX ANIMAUX. L’INQUIÉTUDE, version pour la scène duDISCOURS AUXANIMAUX. La Chair de l’homme. Le Repas, version pour la scène des premières pages de LA CHAIR DE L’HOMME. L’AVANT-DERNIER DES HOMMES , version pour la scène du chapitre XVII deLA CHAIR DE L’HOMME. L’ESPACE FURIEUX, version pour la scène deJE SUIS. LE JARDIN DE RECONNAISSANCE . L’OPÉRETTE IMAGINAIRE. DEVANT LA PAROLE . L’ORIGINE ROUGE. L’ÉQUILIBRE DE LA CROIX , version pour la scène deLACHAIR DE L’HOMME. LA SCÈNE. LUMIÈRES DU CORPS. L’ACTE INCONNU. LE THÉÂTRE DES PAROLES . FALSTAFE. LE MONOLOGUE D’ADRAMÉLECH. L’ENVERS DE L’ESPRIT. L’ATELIER VOLANT. DEVANT LA PAROLE . LE BABIL DES CLASSES DANGEREUSES . LE VRAI SANG. LA QUATRIÈME PERSONNE DU SINGULIER. OBSERVEZ LES LOGAÈDRES ! LE VIVIER DES NOMS
Aux éditions Gallimard LE DRAME DE LA VIE, « Poésie/Gallimard ». L’ACTEINCONNU, présenté par Michel Corvin, « Folio- ». L’OPÉRETTE IMAGINAIRE, présenté par Michel Corvin, « Folio ». Chez d’autres éditeurs LA LOTERIE PIERROT, éditions Héros-Limite & Fondation Facim. JE, TU, IL, éditions Arfuyen. PAYSAGE PARLÉ, dialogues avec Olivier Dubouclez, éditions de la Transparence. L’ORGANE DU LANGAGE, C’EST LA MAIN, dialogue avec Marion Chénetier-Alev, éditions Argol, « Les Singuliers ». PERSONNE N’EST À L’INTÉRIEUR DE RIEN, correspondance avec Jean Dubuffet, éditions de L’Atelier contemporain. UNE LANGUE INCONNUE, Éditions ZOE, « MiniZoé ».
P.O.L e 33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6 www.pol-editeur.com © P.O.L éditeur, 2017 © P.O.L éditeur, 2017 pour la version numérique
Cette édition électronique du livreVoie négativede Valère Novarina a été réalisée le 25 janvier 2017 par les Éditions P.O.L. Elle repose sur l’édition papier du même ouvrage (ISBN : 9782818041536) Code Sodis : N85981 - ISBN : 9782818041543 - Numéro d’édition : 309560
Le format ePub a été préparé par Isako www.isako.com à partir de l’édition papier du même ouvrage. Achevé d’imprimer en janvier 2017 par Imprimerie Floch N° d’édition : 309559 Dépôt légal : février 2017 Imprimé en France