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La fin du capital

De
156 pages
L'interventionnisme militaire, l'accaparement par les grandes puissances internationales des terres et des ressources des pays tiers, la montée des néofascismes, la profondeur de la crise généralisée, tout cela amène l'auteur à faire l'hypothèse de la fin du capital et de l'imminence d'une nouvelle phase historique. A partir de cette probabilité signifiante, il approfondit la matrice écomuniste dans le prolongement de la pensée marxienne, tout en recherchant le meilleur moyen d'ouvrir la voie à une société d'émancipation humaine.
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André Prone
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LA FIN DU CAPITAL Pour une société d’émancipation humaine
Questions contemporaines
Préface de Samir Amin
LA FIN DU CAPITAL
Questions contemporaines Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland et Jean-Paul Chagnollaud Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions Gaby NAVENNEC,Les souffrances sociales. De l’acceptation aux alternatives, 2014. Julien PINOL,Essais nucléaires : 1961, une apothéose ?,2014. François COUDERC,Chronique d’une aventure politique ordinaire, 2014. Gérard DAHAN,La manipulation par les sondages. Techniques, impacts et instrumentalisations, 2014. Nadine JASMIN,Les mairies au défi des politiques d’égalité,2014.Georges Claude GUILBERT,Le genre des objets, 2014.Guillaume FONGANG,Les Politiques agro-environnementales en France. Dispositifs de concertation et enjeux de gouvernance, 2014.Françoise FRISCH,La boulotdiversité, Ensemble vers l’extermination du chômage, 2014. Frédéric JONNET,Défense, 2007-2012 : un plan pour l’égalité des chances, 2014. Lise GREMONT,Mutation dans les collectivités territoriales,2014. Hervé PIERRE,Tous prisonniers ? La postmodernité sécuritaire : pourquoi et comment nos libertés se perdent au nom de la sécurité, 2014. Jean-Pierre BOISARD,Travail, on t’aime trop !, 2014.
André PRONE LA FIN DU CAPITAL Pour une société d’émancipation humaine Préface de Samir Amin
© L’HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03950-3 EAN : 9782343039503
Préface André Prone nous offre un plaidoyer poétique en faveur du communisme conçu comme étape supérieure de la civilisation universelle. La Révolution française occupe, dans ma lecture de la construction moderne, une position centrale. Car elle définit un système de valeurs (liberté, égalité, fraternité – on dirait aujourd’hui solidarité) qui fonde la modernité dans sa contradiction fondamentale ; car ces valeurs sont en définitive bien plus celles de la civilisation socialiste supérieure à inventer que celles dont le capitalisme pourrait honorer une pleine et authentique mise en œuvre. Dans ce sens la Révolution française est plus qu’une « révolution bourgeoise » (comme le fut par exemple celle de 1688 en Angleterre) ; elle annonce – avec la Convention montagnarde – la nécessité d’aller au delà. Les valeurs du capitalisme – celles qui sont utiles pour son déploiement – sont celles qui ont inspiré la nonrévolution américaine : liberté et propriété. Ensemble elles définissent la liberté d’entreprise, qu’il s’agisse de la petite entreprise agricole familiale comme c’était le cas dans les colonies de la Nouvelle Angleterre ou de la ferme esclavagiste dans celles du Sud, ou qu’il s’agisse plus tard de la grande entreprise industrielle puis des monopoles financiarisés. Ensemble ces deux valeurs associées excluent toute aspiration à l’égalité allant audelà celle que confère le droit égal pour tous : « l’égalité des chances » diraton dans le discours idéologique qui fait l’impasse sur les inégalités de départ qui séparent les classes de propriétaires du prolétariat vendeur de sa force de travail. Liberté et propriété donnent ensemble à l’inégalité une légitimité apparente : l’inégalité serait le produit du talent et du travail de l’individu. Elles ignorent les vertus de la solidarité pour ne reconnaître que celles de son antipode : la compétition entre les individus et les entreprises. Liberté et égalité sont des valeurs conflictuelles par nature, et ne pourraient devenir complémentaires que si l’on supprime
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la propriété bourgeoise, entendue comme celle d’une minorité. La Révolution française, même dans son moment de radicalisation montagnarde, ne va pas jusquelà: elle demeure protectrice de la propriété sacralisée, qu’elle conçoit comme généralisable dans sa forme de petite propriété agricole et artisanale familiale. Elle ne dispose pas des moyens qui lui permettraient de saisir le mouvement du capitalisme qui accusera la concentration progressive et inévitable de la propriété moderne – celle du capital. Florence Gauthier, (Triomphe et mort de la révolution des droits de l’homme et du citoyen; éditions Syllepse, 2014) nous rappelle que la formule « liberté, égalité, fraternité » a été prononcée pour la première fois par Robespierre, qui entendait fonder sur cette base une « économie politique populaire », en contrepoint de « l’économie politique tyrannique » des libéraux. Ces termes puissants, qui sont ceux de Robespierre luimême, témoignent de la conscience lucide du leader de la Convention montagnarde : démocratie et libéralisme au service de la propriété capitaliste sont antinomiques. Bien entendu l’idéo logie française « républicaine » s’est employé à faire oublier toute cette histoire, à gommer la pensée révolutionnaire montagnarde, à réduire la révolution populaire de la France de l’époque, annonçant les révolutions socialistes à venir, au statut d’une simple « révolution bourgeoise ». L’idée du socialisme/communisme, entendue comme étape de la civilisation supérieure à celle du capitalisme se constitue précisément dans la prise de conscience graduelle de ce qu’implique la mise en œuvre sincère de la devise « liberté, égalité, solidarité » : la substitution de la propriété collective des travailleurs à celle de la minorité des bourgeois, la gestion socialisée de cette propriété collective par l’approfondissement sans fin de l’invention démocratique. Samir Amin
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« La production du capitalisme engendre, avec l’inexorabilité d’une loi de la nature, sa propre négation. » Karl Marx« À la permissivité de l’abondance, de la croissance, des nouveaux modèles de consommation, succède l’interdit de la crise, de la pénurie, de la paupérisation absolue. Ces deux composantes historiques fusionnent dans les têtes, dans les esprits, créant ainsi les conditions subjectives du néofascisme. »Michel Clouscard * Nous avons cherché, en écrivant ce livre, à le rendre accessible au lus rand nombre, mais chacun doit com rendre ue le savoir s’acquiert aussi par l’effort.