Le vrai pouvoir des francs-macons
230 pages
Français

Le vrai pouvoir des francs-macons

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Description


Ce document fait le point sur le vrai pouvoir des Frères en termes de business, de services, d'influence en politique...








Depuis toujours, les francs-maçons intriguent. Qui sont-ils ? Pourquoi si peu de femmes parviennent à entrer en maçonnerie ? À quoi ressemblent leurs rituels loufoques ? Quelles sont leurs sphères d'influence?
En apparence désuet, cet immense réseau de plus de 160 000 membres pèse sur notre monde moderne de manière très organisée. François Koch, journaliste à L'Express, mène l'enquête depuis plus de neuf ans. Il livre ici des révélations inattendues
sur le pouvoir réel des " frères " au sein de notre société. En politique d'abord. De quelle manière les maçons peuvent-ils faire basculer de grandes élections? Être à l'origine de l'élaboration et du vote de lois ? Dans la police, la justice, la santé ou la mutualité, leur influence est incontestable. Et, surtout, dans les affaires, via les fameuses fraternelles. Un business structuré et tabou, qui monte en puissance.
Réponses dans cette contre-enquête passionnante.




Dans un second volet, ce livre vous offre une version enrichie des meilleures enquêtes de L'Express
sur la franc-maçonnerie en France et en régions.



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Date de parution 01 décembre 2011
Nombre de lectures 66
EAN13 9782843438325
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Préface

Pour trois raisons, les francs-maçons sont utiles à la société. Ils le sont d’abord par leurs réflexions. Même si leur âge d’or appartient au passé, l’impact des travaux maçonniques sur le progrès demeure : dans les loges, une bougie allumée éclaire l’avenir. Il y a, ensuite, le lien social que les maçons préservent, dans une France aux territoires déchirés, aux structures communautaires ébréchées et féodalisées. Enfin, les francs-maçons sont précieux parce qu’ils influencent les puissants, de la politique et de l’économie : telle élection se gagne, telle affaire se réalise parce que les « frères » ont fait ce qu’il fallait, ont « fait la différence », la « décision », à la marge, avec discrétion, précision et efficacité.

Pour trois raisons, les francs-maçons sont archaïques et menacés de discrédit comme Damoclès par son épée. Ils sont ringards et suspects par leur culte du secret, que ne justifie plus aucune persécution et crée du soupçon chez les « profanes » et de la paranoïa chez les « frères ». Dernier bastion d’une phallocratie d’un autre âge, ils sont obsolètes et ridicules par leur résistance à la mixité. Ils sont décalés et redevables de toutes les suspicions par leur attachement aux fraternelles, ces regroupements par affinités professionnelles, nids d’affaires – au double sens de business et de malhonnêteté. Assembler des gens différents pour une réflexion commune ou regrouper des brasseurs d’argent autour d’intérêts partagés : ces deux vocations sont incompatibles. Il faut choisir entre s’envoler et labourer…

François Koch, sans connivence ni ostracisme, sans indulgence ni préjugés, enquête depuis neuf ans sur le monde des francs-maçons. Sa puissance, ses évolutions, ses guerres intestines, ses effondrements et ses renaissances… Rien ne lui a échappé. Sans antimaçonnisme primaire ni secondaire, mais sans complaisance ! Tête froide et curiosité ardente, il livre ici l’essentiel de ses enquêtes et une synthèse sur le pouvoir, réel et protéiforme, des francs-maçons. Pour faire le point sur les « trois points »…

Christophe Barbier,
directeur de la rédaction de L’Express

Préambule

« Mon incroyable plongée
 dans la franc-maçonnerie »

2002. Je pars à la rencontre des francs-maçons et à la découverte de leurs obédiences et de leurs temples, de leurs fraternelles et de leurs rituels, de leurs secrets et de leurs mystères.

À cette époque, je ne connais ni de près ni de loin la symbolique de l’équerre et du compas. Alors pourquoi m’intéresser aux frères ?

Parce que, depuis dix huit ans, j’écris parfois sur des gourous de sectes, je mets au jour des déviances délictueuses, comme l’escroquerie ou l’exercice illégal de la médecine ? Certainement pas. « Cela n’a rien à voir, affirment justement les maçons. Une obédience, c’est le contraire d’une secte, puisqu’on y entre difficilement et qu’on en sort facilement. » Si les grandes loges cachent toutefois leurs cérémonies rituelles et éprouvent parfois des difficultés à respecter les lois de la République, notamment pour la justice ou la démocratie, les obédiences maçonniques n’ont avec les sectes dangereuses, aucun cousinage. Sans ambiguïté.

Parce qu’en 1998, je révèle le nom du « gourou » d’Arlette Laguiller, Robert Barcia, alias Hardy, et les dérives sectaires du fonctionnement de Lutte ouvrière ? Et qu’en 2001, je découvre le militant trotskiste chez lequel se réunissait la cellule que dirigeait Lionel Jospin, du temps où le jeune lambertiste aux cheveux frisés n’avait pas encore infiltré le PS ? Il y a manifestement du sang commun entre ces taupes trotskistes et certains « frères trois points ». Le goût de la clandestinité et du complot. La paranoïa. Et surtout l’attrait du pouvoir, dans le monde réel comme dans le théâtre des obédiences, où l’on se déchire pour des colifichets et des futilités, des broutilles et des vétilles, sans oublier des titres loufoques longs comme le bras.

Les frères, qu’ils s’assument ou qu’ils demeurent clandestins, fonctionnent en réseaux, comme les trotskistes. Loin de moi l’idée que ce sont les seuls. Mais ces réseaux maçonniques demeurent réellement puissants. Avant tout parce que les obédiences aiment recruter dans les professions de pouvoir, politique ou économique. En entrant dans une loge, vous croiserez beaucoup de cadres d’administrations ou d’entreprises, de petits et de grands patrons, des professionnels libéraux, avocats, médecins ou architectes, et très peu d’ouvriers, d’employés, de précaires ou de chômeurs.

Il y a aujourd’hui plus de 160 000 francs-maçons en France. Quatre fois plus qu’il y a quarante ans. L’élitisme des ateliers maçonniques n’est donc plus ce qu’il était. Auparavant, les « frères trois points » investissaient les assemblées parlementaires et les gouvernements. Ils y sont aujourd’hui moins représentés. Leur influence passe par d’autres voies, des réseaux formels ou informels qui leur permettent de pénétrer de plus en plus de strates du monde profane.

La maçonnerie, c’est du sucre

Bien sûr, n’allez pas imaginer que tous les francs-maçons sont obsédés par la recherche du pouvoir. Certains fréquentent une loge comme si c’était un club de débats philosophiques, un cercle amical de bien-être ou de sérénité. Les temples seraient comme des auberges espagnoles : on y trouve ce que l’on y apporte. « La franc-maçonnerie est un ordre initiatique, une société traditionnelle, une fraternité, une confrérie, une secte, une société secrète ou discrète, une religion de substitution, une méthode pour une philosophie de la vie, une organisation humaniste, un club, une association de pensée genre think tank et sans doute quelques autres choses encore du type école du soir, mafia, centre de thérapie ou lieu de rencontres et de convivialité à base de banquets1… » Cette définition non exhaustive de l’anthropologue Bruno Étienne, membre du Grand Orient, a le goût de la provocation. Elle témoigne avant tout du caractère protéiforme de la maçonnerie.

Au début du siècle dernier, le pouvoir de la maçonnerie était visible, au sommet de l’État. Aujourd’hui, son influence est ailleurs. Elle s’exerce presque partout.

Les institutions communiquent sur leurs belles vitrines, pas sur leurs cuisines ni leurs coulisses. Les devantures, ce sont de grands colloques et des réunions publiques sur des thèmes de société essentiels, qui impulseraient ou influenceraient de nouvelles lois de la République ou des décisions gouvernementales. Les arrière-salles, ce sont les réseaux maçonniques secrets, forcément secrets, dans des partis politiques, des syndicats, des mutuelles, des banques, de grandes entreprises publiques ou privées. Le goût de l’obscurité y est proportionnel aux transgressions des codes éthiques et des lois de la République.

Ce guide du pouvoir maçonnique vous fera découvrir et visiter le système d’entraide et de services mutuels que se rendent les frères, les réseaux d’affaires. Certains dérivent dans l’affairisme ou la délinquance en col blanc.

Après plus de neuf ans d’apprentissage et de compagnonnage, la franc-maçonnerie m’apparaît paradoxalement plus étonnante encore. Les frères ont-ils des secrets intimes qui doivent être préservés au nom du droit au respect de sa vie privée ? Ou ces secrets sont-ils montés en épingle pour devenir le sel qui appâte la chèvre profane ? Un dirigeant politique important de l’UMP a accusé L’Express d’avoir « porté atteinte à sa vie privée » en écrivant qu’il a été initié dans une loge maçonnique. Ce faisant, il nous a révélé que son épouse ne savait pas qu’il fréquentait un temple ! Entrer en franc-maçonnerie serait donc un secret que l’on peut cacher à son conjoint comme s’il s’agissait d’une relation adultérine ou d’une activité d’espionnage ? Rassurants, bien des maçons jugent incompréhensible un tel manque de transparence au sein d’un couple.

Ah ! qu’ils sont nombreux les « frangins » qui reprochent à L’Express de consacrer des couvertures aux francs-maçons ! « Vous ne faites que vendre du papier », accusent-ils. Si les lecteurs manifestent leur intérêt et leur curiosité pour les « frères trois points », leurs temples à colonnes et leurs rituels apparemment loufoques, c’est qu’ils sont attirés par tant de cachotteries. Du coup, ma relation aux frères et aux obédiences reflète cette contradiction. Certains communiquent, d’autres pas. Des « frangins » répondent aux questions et d’autres parlent la langue de bois, comme les responsables du Parti communiste ou de l’Église catholique.

2005. « Il ne faudrait pas que Koch oublie qu’il a le frère Serge Dassault pour patron », confie à l’un de ses intimes un ancien très haut dignitaire qu’agaçaient mes papiers dans L’Express. Les menaces ont été parfois plus explicites : certains initiés se faisaient fort de pouvoir obtenir de l’avionneur-sénateur-maire UMP mon licenciement. Ces singuliers avertissements, naturellement jamais transmis directement, ont cessé juste après que Serge Dassault, membre de la loge La Franche Amitié du GO, a vendu L’Express, en 2006.

Le 17 septembre 2002, alors que j’interviewe son porte-parole, le grand maître de la Grande Loge nationale française (GLNF), Jean-Charles Foellner, qui pénètre dans le bureau où nous nous trouvons, se précipite sur moi pour me faire les trois bises rituelles en maçonnerie, sans me laisser réellement la possibilité de m’y opposer. « S’il accepte la triple accolade, c’est qu’il est membre d’une obédience concurrente », se dit-il et croit-il sans doute. Son successeur depuis 2007, François Stifani, est lui convaincu que je suis membre du GODF. Et l’un de ses porte-flingues se charge sur internet de donner force et vigueur à cette intox.

C’est une vieille histoire. Une forte proportion de frères sont persuadés que la maçonnerie ne peut être comprise que par l’un des leurs. Et dès que la publication d’une information leur déplait, ils y voient la main d’une obédience concurrente. Que je n’aie jamais été initié plonge nombre de frères dans un abîme d’incompréhension. Dès juillet 2004, un racontar me revient : « Alain Bauer t’a fait entrer dans une loge du GO. » En septembre 2005, le même tuyau percé circule, mais cette fois, mon parrain serait Gérard Contremoulin, actuel membre du conseil de l’ordre du GO et ancien président du convent de 2005. Beaucoup plus fort, en octobre 2010, un site Internet très proche de la haute direction de la GLNF affirme que Bauer – encore lui – a annoncé sur un plateau de télévision ma prochaine initiation. Quand on franchit les bornes…

Beaucoup de frères me disent, aussi flatteurs que recruteurs : « Cela vous sera très facile d’entrer dans mon atelier, vous qui êtes un maçon sans tablier. » Il y a six ans, lors d’un dîner, un haut dignitaire du Grand Orient de France me joue la sérénade : « Tu serais vraiment bien en maçonnerie, tu as toutes les qualités, tu verrais comme nous y sommes heureux ; ça doit bien te tenter un peu. » Pour calmer ses assauts, je lui confie : « Pourquoi pas, si je n’écris plus d’articles sur les obédiences dans L’Express. » « Et si c’est le cas, je choisirai une loge mixte », ajoutai-je, pensant décourager cet adepte des ateliers masculins. Pas du tout. Dès le lendemain, un vénérable de la Grande Loge mixte de France me téléphone, à peine embarrassé : « Un ami m’a dit que vous souhaitiez me rencontrer. » J’ai dû expliquer le malentendu à ce frère. En prenant conscience de la force du prosélytisme.

J’ai été destinataire de messages plus inquiétants, voire oppressants. À l’été 2005, un frère du GODF confie à l’un de ses « frangins » : « Un journaliste de L’Express, membre d’une loge parisienne, est chargé de surveiller Koch. » Pour l’heure, aucune trace de cette prétendue surveillance. Le 9 mars 2005, un de mes articles est transmis à ma hiérarchie, puis aux journalistes correcteurs et secrétaires de rédaction. Dans ce papier, je mets en cause la gestion du grand maître du Grand Orient de France de l’époque, Bernard Brandmeyer. Ces révélations doivent être publiées le 14 mars dans L’Express, mais quatre jours avant, des frères m’informent qu’au moins trois membres du conseil de l’ordre du GODF ont connaissance du contenu de mon article, dont un qui en détiendrait une copie. Je redoute légitimement les effets d’une diffusion avant la mise en kiosques. Et, quelques heures avant le bouclage du magazine, une de mes sources me confie : « L’origine de la fuite est un journaliste de ta propre rédaction, membre d’une loge parisienne et lié au haut dignitaire qui a pu lire à un de ses frères des passages entiers de ton article. » C’est pour moi presque incroyable : un confrère place la fraternité maçonnique au-dessus de la déontologie journalistique. J’ai découvert depuis, que d’autres « frères trois points », très peu nombreux certes, fournissent de l’information et exercent de l’influence en s’asseyant sur leurs propres principes.

Cet incident, aussi grave soit-il, ne m’a pas empêché de rencontrer de très nombreux frères et sœurs, et beaucoup d’entre eux sont aussi sincères qu’attachants. Ce faisant, j’ai percé une part de leurs secrets. Vous avez dit bizarre ? Si vous avez du goût ou de l’intérêt pour l’étrange, l’insolite, le cocasse, l’extravagant, le fantasque, l’inquiétant, vous ne serez pas déçu ! Bienvenu dans le monde déroutant des francs-maçons, celui de la fraternité et du pouvoir !

François Koch

1- Dans Les 15 Sujets qui fâchent les francs-maçons, Bruno Étienne (décédé le 3 mars 2009) et Jean Solis, Éditions de la Hutte, septembre 2008, 290 p.,17 €.

La maçonnerie
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