AUTOMNE

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AUTOMNE Après Nuits de Noces, recueil de nouvelles qui a obtenu un succès mérité, Astrid Eliard signe ici son premier roman, une réussite - disons-le d'emblée. Michel et Éva sont mariés depuis vingt-deux ans. Elle n'a pas de profession. Il est chirurgien esthétique.

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Date de parution 16 avril 2011
Nombre de lectures 7
Langue Français

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AUTOMNE

Après Nuits de Noces, recueil de nouvelles qui a obtenu un succès mérité, Astrid Eliard signe ici son premier roman, une réussite - disons-le d'emblée.

Michel et Éva sont mariés depuis vingt-deux ans. Elle n'a pas de profession.

Il est chirurgien esthétique. Ils n'ont pas d'enfants. Parmi les stars de sa clientèle, Michel se lie avec Edgar Homme, le fameux acteur, ami de Gérard Depardieu et de tant d'autres. C'est lui qui invite le couple à la campagne pour le weekend du premier août.

Michel se sent honoré de rentrer pour quarante-huit heures dans l'intimité d'une vedette de cette envergure qui « ressemblait à un dieu déguisé ici-bas pour séduire une mortelle ». Il s'attendait à un château ou à une luxueuse propriété, et ils s'installent dans une maison à deux chambres faites de bric et de broc sans aucun miroir - ce qui oblige Éva à utiliser un petit miroir de poche, espèce de troisième oeil, pour se démaquiller le soir.

Évidemment, la femme d'Edgar n'arrivera pas pour laisser le triangle opérer. Comme dans tous les huis clos, on étouffe. Astrid Eliard emporte son lecteur aux frontières du danger : un mot de trop, une conversation avortée, ou encore cette partie de chasse parmi les hautes fougères. On s'attend à un accident, une mort. Il y en a une en effet, celle de l'amour. Mais de quel amour ? Celui de Michel et Éva ? « Éva s'était lentement, progressivement, dissoute dans son mariage [...] Elle se reposait dans cet amour sans vertige », écrit Astrid Eliard. Celui d'Edgar et Éva ? Car la plongée dans le passé raconte la fascination qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre quand, étudiants, ils jouaient au théâtre, quand ils se passionnaient pour Tchékhov : « Tu vois, c'est ça, Tchékhov, des histoires d'amour fichues d'avance »... Au cours de ces quarantehuit heures, donc, la vie d'une troupe de théâtre amateur revient comme un élan (ou un relent) de jeunesse non conclue, seulement fondue dans le temps comme fond le corps d'Éva elle-même. Déjà l'automne ? Parce qu'on se croit toujours au printemps de nos vies à l'heure où tout semblait possible. Astrid Eliard signe une partition classique avec des leitmotivs parfaitement maîtrisés : la peur, la stérilité, la nudité (« la nudité est une torture quand elle n'a plus rien à voir avec l'amour », écrit-elle), la pluie, la terre et la boue, le rire enfin avec ses mécaniques subtiles et terribles. Voilà donc un roman qui nous avertit qu'à l'automne, on récolte les fruits même les plus amers. Et il est écrit avec naturel, simplicité, féminité toujours charmante, mais sans concession. Christophe Mory DÉJÀ L'AUTOMNE, Astrid Eliard, Éditionsdu Mercure de France, 162 p., 15,80 €