Faut- il désigner un numéro 1?
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Faut- il désigner un numéro 1?

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Faut- il désigner un numéro 1? Senna-Berger, Alonso-Massa, Kubica-Petrov ou Prost-Senna, Alonso-Hamilton, Vettel-Webber? C'est la question que devraient se poser les dirigeants de chaque écurie avant chaque saison, à défaut de l'avoir fait au moment d'embaucher l'un ou l'autre des deux pilotes. Au risque sinon de se retrouver dans des situations inextricables ou ubuesques et voir ceux-ci, à la lutte pour le titre de champion du monde des pilotes, s'accrocher dans une chicane à Suzuka (Prost-Senna en 1989), ou se percuter à pleine vitesse en bout de ligne droite pour prendre la meilleure trajectoire avant une courbe en Turquie (Vettel-Webber en 2010). Une situation qui aurait été évitée si les deux pilotes n'avaient pas été au coude à coude pour le titre, ou si l'un des deux avait été clairement protégé par ses dirigeants. L'autre aurait alors su à quoi s'en tenir, et aurait intégré que son rôle était celui d'un deuxième pilote au service du premier, et qu'il devait mettre entre parenthèses ses ambitions personnelles. Quitte à rejouer sa carte personnelle en cas de défaillance du pilote numéro 1. Le cas Red Bull 2010 est assez symptomatique du malaise qu'une absence de hiérarchie peut provoquer: Vettel et Webber étaient au même niveau, disposaient (exactement?) du même matériel et contribuaient à part égale au succès de l'écurie au classement constructeurs.

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Date de parution 02 avril 2011
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Langue Français

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Faut- il désigner un numéro 1?

Senna-Berger, Alonso-Massa, Kubica-Petrov ou Prost-Senna, Alonso-Hamilton, Vettel-Webber? C'est la question que devraient se poser les dirigeants de chaque écurie avant chaque saison, à défaut de l'avoir fait au moment d'embaucher l'un ou l'autre des deux pilotes. Au risque sinon de se retrouver dans des situations inextricables ou ubuesques et voir ceux-ci, à la lutte pour le titre de champion du monde des pilotes, s'accrocher dans une chicane à Suzuka (Prost-Senna en 1989), ou se percuter à pleine vitesse en bout de ligne droite pour prendre la meilleure trajectoire avant une courbe en Turquie (Vettel-Webber en 2010). Une situation qui aurait été évitée si les deux pilotes n'avaient pas été au coude à coude pour le titre, ou si l'un des deux avait été clairement protégé par ses dirigeants. L'autre aurait alors su à quoi s'en tenir, et aurait intégré que son rôle était celui d'un deuxième pilote au service du premier, et qu'il devait mettre entre parenthèses ses ambitions personnelles. Quitte à rejouer sa carte personnelle en cas de défaillance du pilote numéro 1. Le cas Red Bull 2010 est assez symptomatique du malaise qu'une absence de hiérarchie peut provoquer: Vettel et Webber étaient au même niveau, disposaient (exactement?) du même matériel et contribuaient à part égale au succès de l'écurie au classement constructeurs. Mais alors que l'Australien a été le plus souvent devant l'Allemand (treize fois) avant le dernier Grand Prix à Abou Dabi, Webber a souvent eu l'impression, au cours de la saison, que Vettel était favorisé par l'écurie autrichienne. Et surtout, il était en tête du championnat et donc de la mini-compétition chiffrée interne à l'équipe lors du Grand Prix de Turquie et aurait dû être protégé, lorsque Vettel est venu le percuter dans un déplacement mal maîtrisé qui a coûté cher aux deux pilotes. L'équipe Red Bull a ensuite argué qu'il y avait eu une incompréhension entre les deux hommes, rien de plus, mais n'a pas sanctionné Vettel alors qu'il était visiblement le plus fautif dans l'accrochage. Agacé, en tant que conseiller de Mark Webber, de ce fiasco, Flavio Briatore invitait d'ailleurs les dirigeants de l'équipe autrichienne à vite désigner un numéro 1, sous peine de payer au prix fort cette non-agression officielle, qui paraissait néanmoins bien hypocrite: "Red Bull n'a toujours pas réalisé qu'en continuant ainsi, laissant Webber et Vettel se battre en course, ils vont perdre le championnat", confiait l'ancien patron de Benetton et Renault en septembre dernier. "Chez Ferrari, la situation est claire, Massa va aider Alonso. Même dans leur stratégie de course, ce n'est pas l'attitude de Red Bull. Avec toutes les erreurs de Vettel, ils ont gâché une centaine de points. C'est exactement comme ça qu'il faut faire, quand on ne veut pas gagner le championnat". De même, Lewis Hamilton n'a jamais fait allégeance en 2007 à Fernando Alonso, pourtant double champion du monde en titre, alors que lui faisait ses grands débuts en Formule 1 et une rivalité malsaine entre les deux hommes a tourné au vinaigre, puisqu'elle a finalement profité à Kimi Räikkönen chez Ferrari, et a peut-être également provoqué l'affaire d'espionnage industriel coûtant à McLaren, outre une forte amende, la totalité des points glanés au championnat constructeurs que l'écurie britannique aurait remporté. Si Alonso avait été nettement en tête du championnat pilotes et Hamilton officiellement désigné comme numéro 2, McLaren n'aurait peut-être pas eu besoin d'aller espionner la concurrence pour trouver des éléments techniques pour prendre le dessus. D'ailleurs, une fois Alonso parti de l'écurie en 2008, Hamilton a eu toute latitude pour dominer son modeste coéquipier Heikki Kovalainen et devenir champion du monde, un peu comme quand Senna profitait du travail d'équipe de Gerhard Berger pour remporter les championnats 1990 et 1991, ou Michael Schumacher de celui d'Eddie Irvine (1996-1999) et de Rubens Barrichello (2000-2005) pour préparer, puis remporter ses cinq derniers triomphes. A l'inverse, Kovalainen a pu profiter de l'expérience du Britannique pour progresser, de même que les débutants Sergio Perez ou Pastor Maldonado essayeront cette saison de s'inspirer de ce que feront Kobayashi et Barrichello, désignés numéro 1 par Peter Sauber et Frank Williams, pour domestiquer au mieux leur monture et une discipline qu'ils découvrent. Quitte à pousser ensuite le Japonais et le Brésilien dans leurs retranchements en cours d'exercice s'ils apprennent vite et bousculent la hiérarchie préétablie dans l'équipe. Et une absence de hiérarchie peut également très bien se passer si les deux pilotes jouent le jeu, comme l'ont fait Jenson Button et Rubens Barichello chez Brawn GP ou Button et Hamilton chez McLaren en 2010, et/ou s'ils sont distancés dans la course au titre, comme le feront sans doute Trulli et Kovalainen chez Lotus, ou le duo Karthikeyan-Liuzzi chez HRT.

Entente cordiale chez McLaren... en 2010