Journalistes 2.0

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Français
226 pages
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Description

Le journalisme numérique investit le terrain des réseaux sociaux. Quelle attitude le journaliste doit-il y adopter ? Comment défendre la liberté d'expression sur des réseaux sous surveillance ? Voici une cartographie de ces réseaux et des nouvelles pratiques qui en découlent : sourcing, storytelling, factcheking et crowdsourcing. Il permet de comprendre les mécanismes de l'information augmentée et du datajournalisme. Ce travail démontre comment, en s'appropriant les médias sociaux, les journalistes participent à leur désintermédiation dans la nouvelle société de l'information.

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Date de parution 01 janvier 2015
Nombre de lectures 21
EAN13 9782336366289
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Questions contemporaines
Linda Be Diaf
JOURNALISTES 2.0Q
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JOURNALISTES 2.0Le journalisme numérique investit désormais le terrain des réseaux
sociaux faisant apparaître de nouvelles contraintes d’exercice du Usages et dilemmes des journalistes contemporains
métier et soulevant des interrogations déontologiques capitales QQQ
dans la profession. Quelle attitude le journaliste doit-il adopter
sur les médias sociaux ? Comment travailler en toute ubiquité
lorsque les nouvelles pratiques journalistiques sont de plus en
plus chronophages? Comment défendre la liberté d’expression
individuelle sur des réseaux sous surveillance ?
Journalistes 2.0 dresse une cartographie de ces réseaux sociaux
qui font l’information d’aujourd’hui et dont les usages induisent de
nouvelles pratiques, du sourcing au storytelling en passant par le
factchecking et le crowdsourcing.
Journalistes 2.0 permet de comprendre les mécanismes de l’information
augmentée et du datajournalisme, de reconnaître un journaliste 2.0
au pro l entrepreneur, hacker et engagé, d’un infomédiaire addict au
personal branding en quête d’un buzz-ness à tout prix.
Ce travail d’enquête et de recherche s’appuie sur les travaux de veille
et de prospectives de l’auteure destinés à démontrer comment
les journalistes contemporains de la presse française s’approprient
les médias sociaux qui participent à leur désintermédiation dans la
nouvelle société de l’information.
Linda Be Diaf est journaliste. Elle intervient en Journalisme multimédia
en Master « Journalisme politique à l’international » à Sciences Po Aix
et enseigne le Management des médias sociaux dans l’enseignement Questions contemporaines / série question de communication
supérieur. Auteure des Journalistes face au Web 1.0 (Les Editions du Net),
ses recherches portent sur la mutation des pratiques professionnelles des
journalistes depuis l’entrée de l’Internet dans les rédactions.
ISBN : 978-2-343-05258-8
22 €
Linda Be Diaf
JOURNALISTES 2.0








Journalistes 2.0 Questions contemporaines
Série ‘Questions de communication’
Dirigée par Bruno Péquignot

La communication est au cœur de la vie politique, économique et
culturelle de la société contemporaine. Cette série, dans le cadre de
la collection « Questions Contemporaines » publie des ouvrages
qui proposent des approches interdisciplinaires sur les questions de
communication.


Odilon CABAT, Sous le sceau de la marque, 2013.
Rodolphe DALLE (dir.), Didactique de la communication, 2013.
Linda Be Diaf




Journalistes 2.0

Usages et dilemmes des journalistes
contemporains









Du même auteur


Les journalistes face au Web 1.0, Les Editions du
Net, 2013






















© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www. harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05258-8
EAN : 9782343052588




A mon fils.



















« Je suis les liens que je tisse »
Albert Jacquard.

Extrait de la conférence d’Albert Jacquard, généticien des
èmepopulations, lors du 6 colloque petite enfance
Lausanne, 28 novembre 2008.




Avant-propos



Cet ouvrage a été écrit par l’auteure au cours du
premier semestre 2014. Il s’appuie notamment sur ses
travaux de veille et de prospectives menés au cours des
années 2013 et 2014 dans le cadre d’un travail
universitaire avec Aix-Marseille Université.
Les recherches universitaires de l’auteure sont
destinées à démontrer comment les journalistes
français contemporains de la presse écrite
s’approprient les médias sociaux (réseaux, blogs,
micro-blogs) dans la pratique quotidienne de leur
métier et comment les médias sociaux participent à
leur désintermédiation dans la société de l’information
Web 2.0.
11


Remerciements


Je remercie l’équipe de l’Ecole de Journalisme et de
Communication d’Aix-Marseille (EJCAM), Marc Bassoni
et Benoit d’Aiguillon, ainsi que Christine Le Helloco
d’Aix-Marseille Université, sans qui il n’aurait pas été
possible d’écrire ce livre.

Merci aux journalistes qui ont accepté de me répondre
et de partager leur expérience quotidienne du
journalisme numérique tel qu’ils le pratiquent dans
leurs rédactions. Merci pour le témoignage de leur
expérimentation et de leurs usages des médias sociaux.

Enfin, je tiens à exprimer ma profonde gratitude au
journaliste Stéphane Clad pour sa collaboration de tous
les instants et son soutien sans faille dans l’aventure de
ce livre.
13


INTRODUCTION


Live tweet, hashtag, widget, webdoc, datajournalisme,
postcast, streaming, phablette, 4G, mobinaute, autant
de termes qualifiant des techniques et des
comportements sociaux nouveaux qui étaient encore
inconnus, il y a dix ans. Les réseaux sociaux se
présentent aux journalistes comme un nouveau
support de communication en instantané et interactif
avec les sources, l’audience, les confrères et le reste du
monde.
Les réseaux sociaux, sans le vouloir, ont ouvert la voie
de la démocratisation du Web interactif qui a, de fait,
supplanté le Web contemplatif. Le Web 2.0 succède au
Web 1.0. En juin 2014, on ne comptait pas moins de
1,38 milliard de membres connectés au plus grand
réseau social au monde, Facebook. On recense
plusieurs milliers de réseaux dans le monde mais seuls
quelques-uns jouissent d’une appartenance
communautaire mondiale. En France, le réseau Twitter
a pris le pas sur les blogs, notamment dans les milieux
15politique et journalistique. Le coup d’envoi de cette
révolution numérique avait été donné peu de temps
avant l’élection présidentielle américaine lorsque le
candidat démocrate Barack Obama, avait construit
toute la stratégie de communication de sa campagne
électorale sur l’usage des réseaux sociaux, impactant
individuellement et personnellement chaque citoyen
américain. Quelques années plus tard en 2011, les
citoyens des révolutions dites du « Printemps arabe »
s’empareront de ces mêmes réseaux sociaux -
Facebook notamment, pour créer des réseaux de
militantisme et de résistance, pour communiquer au
monde entier leur contestation politique qualifiée par
la suite de « révolution ».

L’Internet avait fait son entrée dans les rédactions de la
presse écrite et de la presse audiovisuelle à la fin des
années 1990. Il en a modifié les méthodes de travail,
avec une vélocité relative selon les supports, mais s’est
finalement imposé dans le paysage, à la fois comme
outil de communication, comme source d’information
et comme un outil de production d’information
journalistique à part entière aussi.
Ce nouvel écosystème informationnel fait émerger de
nouvelles formes d’information, de nouveaux supports
comme les pure-players Slate et le Huffington Post qui
sont les plus populaires au monde, ou encore Rue89 et
Médiapart pour les premières expériences françaises.
Avec eux, les pure-players amènent un nouveau mode
de production et de diffusion d’information. Mais ce
16qui va bousculer le paysage numérique est l’arrivée des
réseaux sociaux de contenus, de contacts et de
discussion qui vont révolutionner les modes de
consommation de l’information journalistique.
Un nouvel espace-temps de l’information va se créer
avec pour corolaires l’apparition de nouvelles
pratiques professionnelles où les maîtres-mots
sont instantanéité, immédiateté, interactivité, viralité,
infobésité, journalisme de données, journalisme
augmenté... Et avec eux, de nouveaux usages aussi.

Aujourd’hui, le réseau social est à la fois outil
d’information, de production, de diffusion, de
distribution, de communication, de commercialisation.
Un médium à part entière. Dans la profession, tout a
réellement basculé en 2004 lorsque les journalistes ont
eu un réel engouement pour le blogging en investissant
les plateformes de partages comme Tumblr aux
EtatsUnis, Overblog en France ou encore Wordpress plus
largement utilisé dans le monde car accessible en open
source. Cette époque charnière a marqué par une
première prise de contrôle de moyens de production et
de diffusion de l’information autres que celles des
traditionnelles mass média, mais qui elle est restait
relativement confidentielle. En France, la blogosphère
a investi le terrain entre 2004 et 2007 pour être très
vite supplantée par les réseaux sociaux de
microblogging émergents. On compte parmi les plus
populaires au monde, l’arrivée de LinkedIn à la fin de
l’année 2003, Facebook en 2006 et Twitter en 2007.
17Les journalistes n’y ont pas échappé, au point que le
développement des réseaux sociaux a dorénavant
intégré les rédactions et leurs usages se sont intégrés
aux pratiques professionnelles. Les réseaux sociaux
véhiculent des contenus d’information multimédias
dans un même message et via un même canal
numérique partagé par plusieurs personnes qui
l’utilisent simultanément en réseau, et ce depuis
différents terminaux de communication : ordinateur,
portable, smartphone, tablette, phablette, télévision,
montre, lunettes... L’introduction de ces réseaux au
cœur des rédactions de la presse écrite a bouleversé
les pratiques journalistiques engendrant une
désintermédiation du statut des journalistes.

L’usage de ces réseaux sociaux, comme outils
d’information et de communication, est-il une tendance
à l’image des blogs de journalistes des années 2004 ?
Est-ce un process plus large qui consiste en une réelle
mutation des pratiques, propulsée par le
développement de l’économie numérique ? Quels sont
les impacts de l’usage de ces réseaux qui colonisent nos
pratiques professionnelles ? Leur newsfeed va-t-il
supplanter le fil d’information des agences de presse ?
Quelles sont les conséquences sur le métier de
journaliste et sur son rôle joué au sein de la chaîne de
production de l’information ? Se questionner sur le
statut du journaliste et le rôle de ses missions ne va pas
sans s’interroger sur la déontologie, l’éthique et bien
sûr la liberté d’expression. Des valeurs qui demeurent
18au cœur des préoccupations de tous les instants de la
profession.

Avec ce nouvel écosystème informationnel émergent
de nouvelles contraintes comme l’instantanéité de
l’information, l’immédiateté de sa publication, la
viralité de sa diffusion, l’interactivité avec ses sources
et son audience, pour mener à la production d’un
journalisme augmenté par des données d’un nouveau
genre.
Sur les réseaux sociaux, le journaliste n’apparaît plus
comme le leader d’opinion qui distribue l’information
via les mass média. Il devient un électron périphérique
du réseau à l’affût d’une information à trouver, à
vérifier, à publier avant les autres à partager, à l’affût
d’un scoop et au mieux d’un buzz, pour sortir de la
masse.






19
PARTIE 1.
Usages et pratiques
journalistiques.