La main

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292 pages
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Les transpositions poétiques de l'auteur en langue des signes l'ont amenée à glaner les fruits d'une abstraction sensible et, du singulier au pluriel, à réaliser l'importance du toucher dans la pensée. Du piano à l'ostéopathie, de l'art numérique à la préhistoire, de la neurologie à la chiromancie, entre sciences et histoire de l'art, lettres et langages, "les mains fondent un intervalle de temps, où mûrit la pensée, comme un appel".

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Date de parution 01 octobre 2011
Nombre de lectures 79
EAN13 9782296471290
Langue Français

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La main Pluriel d’une abstraction sensible
Sous la direction d’Armelle Chitrit La main
Pluriel d’une abstraction sensible
Colloque de Cerisy
www.lelabodelettres.org lelabodelettres@live.fr
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56528-9 EAN : 9782296565289
9ARMELLECHITRIT17ANNIC KLAB ARREVILANEUR OLOGIE35HENRIETTEBESSISHISTOIR E DE LART49CLAUDEBO CH URBE RGOSTEOPATHIE63LINECLE ME NTCHIROM ANCIE81SAB AFARESÉPIGR APHIE95ITZHAKGOL DBERGPEINTURE107NATAC HALAGIEREGERIATRIE127MIC HELLANTEL MELITTER ATURE143NATHALIEMAMIASMUSIQUE157MARC-ALAINOUAK NINKABBALE175STEPHANEPATRICECINEM A191JEAN-FR ANÇOISPERRINCONTE219CHAR LESPOLIOPIANO235ANNIERISLERLINGUIS TIQUE251ALEXANDR ASAEM MERINFORM ATIQUE267CYRILTH OM ASPHOTOGR APHIE279NBIOGRAPHIQUESOTIC ES TET RES UM ESAB LE
Présentation La main, organe de la préhension et du toucherD’une main à l’autre : de la main créatrice à la main sujet La main ou la promesse d’une parole geste Le paysage de la main ou la promenade curieuse de la chiromancienne La représentation de la main dans les gravures rupestres en Jordanie du Sud Les mains qui parlent La main : organe de relation, médiateur enpsychomotricité Malraux, la Main du destin La main d’orchestre La main de Kafka Les mains de Marguerite Duras La main des fées La main et la pensée musicaleLa Langue des Signes Française : comment faire parler les mains ? Mains en réseau : réflexions sur l’art interactif Le toucher du photographe Des auteurs
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PRÉSENTATION Métonymique de notre existence, au carrefour de plusieurs sens, la main multiplie les pratiques, consacre les pouvoirs, transmet les savoirs, produit des représentations du monde et d’elle-même, dans un réel dont elle épouse et repousse le relief constitué et changeant. Instrument de langage et de pensée, de la langue des signes à l’art numérique, entre caresse et indifférence, la main joue à pile ou face comme le signe d’un « tout » qui nous échappe. De la neurologie à la chiromancie, de la poétique à la préhistoire, de la langue des signes à la direction d’orchestre, de la kabbale à l’ostéopathie, la main dans ce pluriel des actes qui, ici, la caractérisent, livre sa part d’invisible, dans une forme d’écoute privilégiant, le plus souvent, lepouls de la recherche, sans gisement préconçu. La main, comme citation de notre humanité, vient ici enrichir la source de notre rapport à l’autre : chemins d’un pluriel énigmatique, où se retranche le projet — fût-il pertinent — d’une exhaustivité. Signature d’un passage invoquant la protection divine sur les falaises rupestres du sud de la Jordanie (S. Farès), jouant du pouvoir des métamorphoses dans l’univers des contes de fée (J. -F. Perrin) et dans la transformation qu’opère le geste d’écrire, des origines de l’écriture jusqu’à nos écrans plats d’une signalétique « en ligne », les mains parlent ! La main revêt une puissance singulière; elle regagne aussi vite la syntaxe du corps par des travaux sur le toucher photographique (C. Thomas), le cri dans le cinéma de Marguerite Duras (S. Patrice), la question, si précisément physique, de la préhension (A. Labarre Vila), qui conditionne diversement ce regard que nous portons sur elle.
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Au repos et à la lumière d’une chandelle, elle devient une page de lecture pour la promenade herméneutique de la chiromancienne (L. Clément). Que disentles mains, comment réorganisent-elles l’espace, en particulier avec la langue des signes dont elles sont l’organe moteur (A. Risler)? Nous apprenons qu’elles recréent une architecture en mouvement, qu’elles trahissent une concrétude dont la pensée se réclame, en plus de saisir, de comprendre et de prendre. Autour du vide, les mains profèrent des paroles, des signes, qui élaborent et font circuler le sens, le provoquent, en effacent le contour et, ce faisant, dépassent ce que nous savons. Mais comment la main, dans la singularité, parvient-elle à s’emparer de la pensée? La neurologie fonde la perspective du développement artistique que Marie Jaëll découvre au sujet du piano ; la construction arrondie des lignes papillaires permet l’intégration du sujet à l’objet par le toucher. C’est ce que révèle le clavier du pianiste (Ch. Polio), ou encore l’outil multimédia qui, à force de liens et d’hyper-liens, rejoue l’épaisseur symbolique d’un monde construit dans le rapport à l’autre, sans terme à son équivalence. La main comme réserve de sens inépuisable induit l’espace de la relation et, en son creux, refuse parfois de se saisir de quoi que ce soit pour multiplier les chemins à partir de rien. La dialectique palpatoire privilégie le toucher d’une « parole-geste » (C. Bochurberg), témoin charnel d’un changement quotidien ou soudain dans la réalité thérapeutique (N. Lagière), prolongée ou anticipée dans la représentation picturale. L’univers des mains appelle leur présence, dégagée de la conscience, entre désir et culpabilité, entre élégance et interdit; fascinantes et tentaculaires, chez les peintres Schiele et Kokoschka (I. Goldberg) ; elles sont l’œuvre et l’outil, sujets et objets, omniprésents d’une histoire de l’art qu’elles motivent entre la touche et toucher (H. Bessis). La narration que font les mains permet de mettre au jour un conflit entre la gauche et la droite, entre éthique et esthétique, avec une lecture éclairée de Kafka (M.-A. Ouaknin). Le motif littéraire
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