Les fonds à formule, un placement pour les pros
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Les fonds à formule, un placement pour les pros

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Les fonds à formule, un placement pour les pros Gagner de l'argent sans risquer d'en perdre, c'est la séduisante promesse faite par les établissements financiers proposant d'investir dans les fonds à formule. Ces OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières, lire aussi l'article général sur les OPCVM dans les pages suivantes) connaissent une popularité grandissante chez les particuliers, encouragés par les banques qui rivalisent de créativité pour concevoir des produits «garantis», utilisant des techniques d'ingénierie financière de plus en plus sophistiquées. Qu'est-ce qu'un fonds à formule ? Les OPCVM à formule (principalement des fonds communs de placement), souvent présentés comme des fonds «garantis», sont aussi appelés fonds à promesse ou fonds structurés. Il s'agit de produits constitués d'un placement monétaire ou obligataire dont la valeur, à terme, permet de garantir le niveau de protection du capital (on parle de capital protégé ou garanti) et d'un ou plusieurs «moteurs de performance». Concrètement, les fonds à formule s'engagent à délivrer, à une échéance déterminée, une performance conditionnelle en fonction de l'évolution d'un indice, d'un panier d'indices ou de valeurs, voire d'une composante de ces indices ou valeurs. Cette performance promise (la «formule») fait en outre l'objet d'une garantie délivrée par un tiers.

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Date de parution 03 juillet 2012
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Langue Français

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Les fonds à formule, un placement pour les pros

Gagner de l'argent sans risquer d'en perdre, c'est la séduisante promesse faite par les établissements financiers proposant d'investir dans les fonds à formule. Ces OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières, lire aussi l'article général sur les OPCVM dans les pages suivantes) connaissent une popularité grandissante chez les particuliers, encouragés par les banques qui rivalisent de créativité pour concevoir des produits «garantis», utilisant des techniques d'ingénierie financière de plus en plus sophistiquées.

Qu'est-ce qu'un fonds à formule ?

Les OPCVM à formule (principalement des fonds communs de placement), souvent présentés comme des fonds «garantis», sont aussi appelés fonds à promesse ou fonds structurés. Il s'agit de produits constitués d'un placement monétaire ou obligataire dont la valeur, à terme, permet de garantir le niveau de protection du capital (on parle de capital protégé ou garanti) et d'un ou plusieurs «moteurs de performance». Concrètement, les fonds à formule s'engagent à délivrer, à une échéance déterminée, une performance conditionnelle en fonction de l'évolution d'un indice, d'un panier d'indices ou de valeurs, voire d'une composante de ces indices ou valeurs. Cette performance promise (la «formule») fait en outre l'objet d'une garantie délivrée par un tiers. Les concepteurs de ces produits rencontrent un très large succès auprès des épargnants qui apprécient l'attrait de montages conjuguant une exposition sur le marché des actions avec différentes formes de garanties ou de protections d'une partie du capital ainsi que la transparence sur leur rendement.

Sur le papier...

Ces fonds à formule permettent aux investisseurs de participer à la performance d'un indice, d'un panier d'indices ou de valeurs sur une durée déterminée à l'avance. Ils profitent des opportunités sur les marchés financiers tout en connaissant à l'avance le potentiel de performance ou le risque encouru sur leur capital net investi. À savoir cependant : ces fonds reposent sur des hypothèses de rendement, basées sur une analyse boursière. Les néophytes doivent donc les prendre avec des pincettes ! Il existe deux grands niveaux de protection : - les fonds à capital garanti : ils bénéficient d'une garantie totale du capital sous réserve de détenir les parts jusqu'à l'échéance du placement. Ils permettent aux investisseurs de profiter du potentiel de croissance des marchés actions, obligations ou monétaires en ayant l'assurance de récupérer à l'échéance 100% de leur capital net investi. Le bémol ? La garantie coûte cher donc le rendement est rarement optimal ; - les fonds à capital non garanti : ils bénéficient ou peuvent bénéficier d'une protection partielle du capital à l'échéance. On parle alors de fonds «protégés». Dans ce cas, l'investissement initial profite à la fois du dynamisme des marchés financiers et d'un effet parachute en cas de baisse. Mais il faut à tout moment se rappeler qu'il existe un risque pour le capital investi...

Fiscalité des OPCVM

L'investisseur est imposé lors du rachat (vente) de l'OPCVM (régime des plus-values sur cession de valeurs mobilières) mais aussi sur les revenus perçus. À la fin de l'année, il reçoit un récapitulatif des coupons et/ou dividendes perçus à reporter sur sa déclaration de revenus (lire l'article sur les OPCVM dans les pages suivantes).

Comment souscrire ?

Tous les établissements bancaires proposent des fonds «garantis» ou «protégés», l'appellation «à formule» étant essentiellement utilisée par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Un fort développement... avant les critiques

Apparus voici une douzaine d'années avec l'émergence des OPCVM faisant l'objet d'une garantie, ces produits structurés à capital protégé prennent une place de plus en plus importante dans le paysage financier français, surtout depuis la crise et la baisse de confiance dans les marchés actions. Le marché des fonds à formule a longtemps été essentiellement celui des particuliers, passant massivement par les grands réseaux bancaires. Depuis, l'AMF a rappelé les professionnels à l'ordre (lire plus bas) face à la complexité de cet investissement. Au 30 avril 2012, l'encours des fonds à formule est en repli de 2,7%, de 3,7% en tout depuis début janvier 2012...

Quel est le problème ? Ces OPCVM sont élaborés à partir de formules très complexes. Or, la complexité croissante de celles-ci exige une attention particulière en termes de risques encourus par le client et de l'information qui lui est délivrée. L'investisseur doit donc être vigilant sur la conception de ces produits, la nature de leur risque et le niveau de frais d'autant que leur package marketing peut occulter certaines faiblesses.

Du côté des performances, le résultat s'avère souvent décevant pour l'investisseur. Rares sont les fonds qui dépassent les 5% annuels... Peu cher payé pour immobiliser son argent pendant 2 à 8 ans, la durée variant selon les fonds. Dans bien des cas, le client pourrait donc se contenter de placer son capital sur un compte épargne. En effet, certains fonds finiraient même sous la barre du 1% annuel. Sans compter le risque encouru pour le capital investi dans le cas des fonds à capital non garanti...

Conclusion : l'investissement est plus fiable que pour l'achat d'action puisque le capital est garanti partiellement ou dans sa globalité... mais le rendement n'atteint pas les sommets de la Bourse.

Recommandations de l'AMF

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a tiré la sonnette d'alarme fin 2010. Son but : encadrer les pratiques de vente au grand public des fonds à formule jugés les plus complexes, alors que certains de ces produits ont défrayé la chronique ces dernières années. Le gendarme de la Bourse veut inciter producteurs et distributeurs à éclaircir l'information donnée sur ces produits dans les plaquettes commerciales et à s'assurer que le souscripteur a bien compris le fonctionnement du fonds et des formules qui y sont associées.

Elle a donc adressé un certain nombre de recommandations aux professionnels, leur imposant désormais de mettre en garde leurs clients sur les risques potentiellement courus avec ces produits lorsqu'ils reposent sur un mécanisme complexe ou quand les protections du capital ne sont pas absolues. L'AMF a demandé, avec le support de l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP), un renforcement de la vigilance. Ainsi, lorsque les professionnels se retrouvent face à des formules trop compliquées pour être expliquées, les documents commerciaux doivent stipuler la mention : « L'AMF considère que ce produit est trop complexe pour être commercialisé auprès des investisseurs non professionnels et n'a dès lors pas examiné les documents commerciaux ».