Magazine Le Figaro du 03 décembre 2011
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Magazine Le Figaro du 03 décembre 2011

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Decouvrez le Figaro magazine du 03/12/2011

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Date de parution 03 décembre 2011
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4,50€ samedi3-dimanche4décembre2011 LE FIGARO-N°20944-www.lefigaro.fr-Francemétropolitaineuniquement
lefigaro.fr
week-end
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
Interviewexclusive
deJohnnyHallyday
Spécialbijoux:
hautejoaillerie
etpetitesfolies L’argentcaché
dessyndicats
Pourleministre,lessocialistes
«prennentlerisquede Afghanistan:ressusciterlesvieuxdémons
delagermanophobie». comment
ALAIN JUPPÉ monte en bourg ou Jean-Marie
première ligne. Dans une Le Guen, ont multi-
interview au Figaro, le plié les critiques l’Otanprépare
ministre des Affaires contre l’Allemagne
étrangères dénonce l’at- d’Angela Merkel. Le
titude «totalement irres- maire de Bordeaux se dit sonretrait
ponsable» de certains di- «révolté» de voir le PS fran-
rigeants du PS qui, chir ainsi «la ligne rouge». PAGE2
comme Arnaud Monte- PAGE4
paparrPPierrieeRRousselineéditorial prousselin@lefigaro.frpreefigar
L’électionde
MissFranceendirect

www.lefigaro.fr
Top14:

lederbyStade
Nicolas Sarkozy, à Tou- «indépendance», «assume sa responsabili-Français-RacingMétro
lon, et Angela Merkel, au té». «Je suis convaincu que, face au risquewww.lefigaro.fr
Bundestag, ont pris leurs déflationniste qui menace l’Europe, la BCE
marques à la veille d’un agira», a déclaré, à Toulon, Nicolas
Vidéo:lepolitizap nouveau round dont dé- Sarkozy.
delasemaine pendra l’avenir de la Le langage que tient Mario Draghi, le nou-
www.lefigaro.fr zone euro. Lundi, à Paris, ils devront parler veau président de la BCE, n’est pas contrai-
d’une même voix pour que le Conseil euro- re à cette attente, qui est partagée par une
péen de vendredi à Bruxelles mette enfin majorité de nos partenaires.Questiondujour
l’euro sur la bonne voie. Comme d’habitu- Il faudra, auparavant, trouver un accord
de, leurs positions de départ sont différen- pour améliorer la gouvernance de l’UnionVousintéressez-vous
tes. Mais elles ne sont pas inconciliables. monétaire. Angela Merkel souhaite un nou-àl’élection
Quand Angela Merkel s’adresse à son Par- veau traité, des sanctions plus automati-deMissFrance?
lement, elle en appelle à la discipline bud- ques. Nicolas Sarkozy n’y est pas opposé. Il
gétaire et loue l’indépendance de la Banque est d’accord pour que les décisions prises le
Réponsesàla centrale européenne. Depuis toujours, ce soient à la majorité qualifiée. Il propose
questiondevendredi: sont, pour la chancelière, les conditions du d’adopter la règle d’or afin de répondre à la
Faut-ilréduirefortementla retour de la confiance. volonté allemande de voir l’équilibre bud-
dépensepublique? Nicolas Sarkozy ne dit pas autre chose, si ce gétaire inscrit dans un cadre juridique.
n’est qu’avec la discipline doit venir la soli- Bref, la France a fait sa part du chemin enNon:13%
darité. Lorsque tout aura été fait pour satis- vue d’une Europe plus disciplinée. En
mefaire la volonté de M Merkel de voir cha- échange, et sans renier des principes héri-Oui:87% que pays de la zone euro s’aligner sur la tés d’une histoire douloureuse, l’Allemagne
rigueur budgétaire allemande, alors rien ne doit être prête, le moment venu, à garantir34654 votants
devrait s’opposer à ce que la BCE, en toute une Europe solidaire.
G.DANNY/REPORTERS/ABACA,
BOUCHON/LEFIGARO,
T.WIMBORNE/REUTERS.
ALG:185DA. AND:1,50€. BEL:1,50€. DOM:2,10€. CH:3,20FS. CAN:4,25$C. D:2,10€. A:3€. ESP:2,10€. CANARIES:2,20€. GB:1,70£. GR:2,30€. ITA:2,30€. LUX:1,50€. NL:2,10€.
H:830HUF. PORT.CONT.:2,20€. SVN:2,30€. MAR:14DH. TUN:2,5DTU. USA:4.25$. ZONECFA:1600CFA. ISSN0182.5852
C




samedi3-dimanche4décembre2011 LE FIGARO
2 recto verso
Danslecadred’unecollaboration
entrelesarméesaméricaineetafghane,
unmarinemontelagardelors
del’inaugurationd’unecliniqueàNawa,
danslavalléeduHelmand(suddupays),
enseptembredernier. CPL.JEFFDREW/USMARINES
forts américains de 30 000 hommes déployés l’an
dernier - a permis de reprendre l’initiative, notam-
ment dans le Sud. Dans la province de Helmand, les
incidents déclenchés par l’ennemi ont diminué de
29 % cette année, par rapport aux mêmes dix mois de
2010. En revanche, la situation se dégrade dans l’Est,
région où vient d’avoir lieu une grave bavure lors d’un
accrochage frontalier avec l’armée pakistanaise.
L’ennemi a-t-il changé de tactique, évitant les af-
frontements en attendant le retrait complet de
2 014 ? Le général Allen se félicite de l’élimination de
nombreux commandants talibans. Cela se traduit par
des attaques moins sophistiquées et par un nombre
croissant de ralliements d’insurgés, mais aussi par
une radicalisation des nouveaux combattants et une
recrudescence des assassinats ciblés, particulière-
ment efficaces lorsqu’ils ont lieu en plein cœur de
Kaboul. « DansleSudetleSud-Ouest,lesopérations
menéesparl’Isaf,l’améliorationdescapacitésdel’ar-
méeafghaneetlesopérationsspécialesontfaitqueles
talibansontbeaucoupplusdemalàsemouvoirausein
delapopulation », explique le général Allen. Son ob-
jectif pour l’an prochain : «consolider les progrès
dans le Sud et mener des offensives dans l’Est pour
couper les accès de l’insurrection à ses bases arrières
au-delà de la frontière (pakistanaise) et sécuriser la
régiondeKaboul ».
Rassurerlapopulation
Pour contrôler les zones « libérées », le général amé-
ricain compte sur la police locale afghane, formée de
milices locales sur le modèle adopté en Irak avec les al-Sawha, composées d’anciens insurgés sun-
nites ralliés au combat contre al-Qaida. Un program-
me encourage les défections. Chaque insurgé reçoit
une somme modique (120 $ par mois pendant trois
mois) s’il réintègre sa communauté. Les villages qui se
prêtent au jeu obtiennent une aide. Quelque trois mil-
le ex-talibans ont profité de ce mécanisme en place
depuis l’été 2010. Ils sont vite remplacés par d’autres
combattants. La multiplication des raids de nuit, me-
nés pour arrêter les insurgés dans leur sommeil, fait
l’objet d’une vive polémique avec les autorités locales
parce que les fouilles des maisons violent les coutumes
mandant en chef des forces de l’Isaf à Kaboul. Le traditionnelles et l’intimité des familles. «C’estunar-
Préparerleretraittournant a été pris le 22 juin, quelques semaines après gumentdepropagandetrèsefficaceentrelesmainsde
le raid qui permit d’éliminer Ben Laden. Ce jour-là l’ennemi.Nousdevonsl’enpriver », explique le minis-PIERREROUSSELIN
Barack Obama confirmait l’ampleur du retrait améri- destroupesdel’Otan tre de la Défense, Abdul Rahim Wardak. À sa deman-prousselin@lefigaro.fr
cain : 10 000 hommes auront été rapatriés avant le de, il a été convenu d’« afghaniser » au plus vite ces
31 décembre. 23 000 le seront l’an prochain. Cela re- raids de nuit en laissant à l’armée afghane le soin de lesàl’horizon2014,
présente un tiers des effectifs les plus élevés, qui conduire, avec un appui de l’Otan.
étaient de 101 000 soldats américains au printemps. On touche là au fondement même de la « transi-toutenassurantKaboul
Le « feu vert » ainsi donné pour le désengagement tion » : préparer 2014 en poussant l’armée afghane à
n Afghanistan, l’Otan se trouve dans des alliés, Nicolas Sarkozy annonçait, le 14 juillet, le monter en première ligne alors qu’elle a plutôt jouédelacontinuité
une situation peu enviable : il lui faut retour cette année de 400 de nos soldats pour ramener jusqu’à présent un rôle de force supplétive. De son
faire la guerre à un ennemi qui connaît leur nombre à 3 600. Les autres membres de la coali- côté, la puissante machine de guerre américaine, fa-dusoutieninternational:parfaitement le calendrier de retrait de tion qui n’ont pas déjà jeté l’éponge s’alignent sur le çonnée et équipée pour les conflits de très haute in-
ses troupes, et qui maintient au Pakis- calendrier américain. tensité, doit s’ajuster à cette nouvelle phase de la cam-
telestl’objectiftan de solides appuis et des sanctuaires pagne d’Afghanistan. L’accent est mis sur la
LesFrançaispassentlamainE où il est très difficile de le débusquer. formation et le « mentoring » des unités afgha-
Le retrait américain, annoncé en décembre 2009 L’annonce, dimanche dernier, par le président Hamid delaconférence nes.Reste à rassurer les Afghans : la communauté in-
par le président Barack Obama et entamé cet été, a Karzaï de la deuxième phase territoriale de la « transi- ternationale ne va pas abandonner le pays à son sort,
changé les paramètres du conflit. Toutes les troupes tion », c’est-à-dire le transfert des responsabilités comme cela avait été le cas après la défaite de l’Arméequisetientlundi
de combat internationales auront quitté l’Afghanistan aux forces de sécurité afghanes, confirme le rythme rouge en 1989, suivie, trois ans après, par la chute de
à la fin 2014. Cette date détermine tout le reste. du retrait. Désormais, plus de la moitié de la popula- Najibullah et le déclenchement d’une terrible guerreàBonn(Allemagne),
Finies les grandes illusions sur la capacité occiden- tion est concernée. Les Français passent la main aux civile qui amena les talibans au pouvoir.
tale à éradiquer l’insurrection, ou à transformer ce Afghans dans le district de Surobi et peuvent se Ancien chef moudjahidin du temps de la guerredixansaprèsledébut
pays arriéré en un État moderne, démocratique et pa- concentrer sur la Kapissa, où l’opposition des talibans contre les Soviétiques, le ministre de la Défense Abdul
cifié. Il y a deux ans, lors d’une visite similaire à Ka- est plus forte. «La brigade Lafayette a pris un temps Rahim Wardak met en garde : «Notrepaysatoujoursdelaguerreboul, tous nos interlocuteurs expliquaient pourquoi il d’avance» pour préparer son désengagement et se étéunchampdebataillepourlespuissancesétrangères.
était essentiel de se battre en Afghanistan. Aujour- mettre en appui de l’armée afghane, relève le général Sinoussommesabandonnésànotresort,l’Afghanistancontrelestalibans.d’hui, le message a changé : il s’agit, avant tout, de Olivier de Bavinchove, chef d’état-major de l’Isaf et peutdevenirunÉtatfailli.Alors,iln’yaurapasbesoin
réussir le retrait des troupes, sans plonger le pays dans officier français de plus haut rang. Cela explique les de guerre civile pour que les terroristes retrouvent un
le chaos, ou préparer une victoire des talibans. nouvelles consignes, parfois prises pour des précau- sanctuaire ». Si les troupes de combats de l’Otan se re-
« Notrebutultimeestdemodelerl’insurrectionpour tions excessives visant à éviter les pertes. Mais c’est tireront bien en 2014, il faudra continuer à former et à
larameneràunniveaugérableparlesforcesafghanes, aussi le signe que les Français sont pressés de passer la conseiller l’armée afghane. Et aussi la financer, car les
afindefaireensortequel’Arméenationaled’Afghanis- main pour sortir du guêpier afghan, où soixante-seize ressources de l’État ne couvrent que 20 % de ses dé-
tan (ANA)soitl’instrumentdeladéfaite » des talibans, de nos soldats ont laissé leur vie. penses. Avec la crise qui touche le budget des États-
explique auFigaro le gé- Si les généraux de l’Isaf se félicitent de la progres- Unis comme ceux des pays de la zone euro, avec le
néral du corps des mari- sion de la campagne militaire, il est difficile de se faire « printemps arabe » et ses suites, qui suscitent de
nes John Allen, com- une idée indépendante. Certes, le « surge » - les ren- nouveaux besoins, l’Afghanistan n’est plus au centre
des préoccupations mondiales. La conférence de Bonn
aura bien du mal à dissiper les craintes qui se manifes-
tent à Kaboul. D’autant plus qu’un vif débat est déjà
engagé entre alliés, dans la perspective du sommet de
l’Otan qui se tiendra à Chicago, en mai prochain, sur
le partage du fardeau, après 2014. Les effectifs des for-
ces de sécurité afghanes (armée et police) ont été fixés
à 352 000 hommes, niveau qui sera atteint en octobre
prochain, mais qui est désormais jugé trop élevé,
compte tenu des sources de financement escomptées.
«Après 2014, les États-Unis prévoient de consacrer à
l’Afghanistanl’équivalentdeleuraidemilitaireàIsraël,
soittroismilliardsdedollars.Unautremilliardpeutve-
nird’autrespays.Maiscelanenouspermettrapasd’al-
lerau-delàde220000hommes », relève un diplomate«
européen en mettant en garde contre le risque d’avoirPatrimonyTraditionnelleHeuresduMonde
à licencier tant d’hommes formés l’Otan.Sinous Calibre2460WT Le ministre Wardak va au-devant de sérieuses dé-
sommes convenues, lui qui rêve encore d’une armée qui serait
dotée de chars et d’une aviation. « Nousavonseuces
abandonnés matérielsdanslepassé.LesAfghansysonthabitués.Ils
seraient rassurés et cela adresserait un message trèsànotresort, clairànosennemis », nous dit-il, alors que l’état-ma-
jor de l’Otan exclut une telle éventualité.l’Afghanistan Pour le général Allen, tout dépendra de l’évolution
de la situation sur le terrain. Il se prend à espérer :peutdevenir
«Unreculdel’insurrectionoubiendesprogrèsnotables
enmatièrederéconciliationpolitiqueréduiraientlesbe-unÉtatfailli»
soins » d’assistance militaire.
ABDULRAHIMWARDAK,
MINISTREDELADÉFENSE Notre catalogue général vous sera envoyé gracieusement sur simple demande au 01 58 18 14 40 Prochain article :
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