Magazine Le Figaro du 03 mars 2012

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Date de parution 03 mars 2012
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4,504,50€ samedisaaameammmeedidii33-ddimancheimanche4mars2012 LE FIGARO-N°21022-www.lefigaro.fr-Francemétropolitaineuniquement
DÉFILÉDIOR PRÉSIDENTIELLE
Unedouce QuandHollandedisait
nonau«super-impôt»etluxueuseféminité
PAGE7PAGES32ET33
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais week-end
Sexe,
mensonges
etmédias
CommentDSK
asilongtemps
bénéficié
del’indulgence
desjournalistes
Lesrévélations
dulivrechocde
JeanQuatremer
LajournalisteduFigaro,gravementblesséeenSyrie,
estarrivéevendredià18heuresàVillacoublay
oùlechefdel’Étatl’aaccueillie.Récitd’unsauvetage.
DIX JOURS après avoir été Dassault, propriétaire du Fi- côtés. Pour Le Figaro, la jeune
frappée par les bombarde- garo, et d’Étienne Mougeotte, femme, allongée sur une civiè-
ments syriens, la journaliste directeur des rédactions, était à re, a pu raconter son extraordi-
Édith Bouvier et le photogra- leur descente de l’avion. Le naire et périlleux sauvetage
phe William Daniels, en repor- chef de l’État a rendu homma- réussi grâce au courage d’in-
tage pour Le Figaro, ont enfin ge à notre reporter et à «l’es- surgés syriens qui l’ont soignée
regagné la France. Nicolas prit chevaleresque» de son et transportée au péril de leur
Sarkozy, accompagné de Serge photographe qui est resté à ses vie. PAGES2,3ET4
parPierreRousselinéditorial
Rugby:suivez
France-Irlande
www.lefigaro.fr/sport
Lepalmarès
desVictoires
Rarement rencontre à la la bombe par Téhéran ne serait pas aussi im-
delamusique
Maison-Blanche n’aura minente que cela. Pour convaincre les mol-
www.lefigaro.fr/culture eu une telle importance. lahs d’arrêter leur programme, il reste la
De l’entretien de lundi voie des sanctions, qui ont été renforcées ré-
Questiondujour entre Barack Obama et cemment et vont finir par avoir un impact.
Benyamin Nétanyahou Obama et Nétanyahou ne cachent pas le peu
Faut-ilunetrèsforte
dépend la stabilité mondiale au cours de d’empathie qui caractérise leurs relations.
hausseduprix l’avenir proche. Y aura-t-il ou non une at- Le premier a besoin du second pour être réé-
dutabac taque israélienne contre les installations nu- lu avec les voix, traditionnellement démo-
pourfairebaisser cléaires iraniennes ? En raison de son im- crates, de la communauté juive. Nétanyahou
pact sur un Moyen-Orient en pleine le sait bien. Il connaît mieux que personne laletabagisme?
révolution et sur un marché pétrolier déjà scène politique américaine. En mai dernier,
très tendu, la question hante toutes les capi- il n’a pas hésité à faire la leçon à Obama de-Réponsesàla
tales de la planète. vant le Congrès à majorité républicaine.questiondevendredi:
Israël s’estime menacé d’un nouvel Holo- Le chef du gouvernement israélien a pris
Souhaitez-vous causte et voudrait frapper l’Iran avant qu’il l’ascendant sur le président américain en lui
queRamaYade
ne soit trop tard. Un feu vert des États-Unis faisant renoncer à son exigence d’un gel dejoueunrôledansla
serait bien utile. Un soutien américain, la construction dans les implantations juivescampagnedeSarkozy?
même discret, serait encore mieux. Mais, à de Cisjordanie. Cette fois, et dans la pers-
quelques mois de la présidentielle de no- pective d’une réélection d’Obama, Néta-Oui:30%
vembre, Obama tient à éviter une confla- nyahou veut s’assurer que les États-Unis in-
gration qui pourrait mettre en danger l’éco- terviendront bien contre l’Iran en dernierNon:70%
nomie américaine. ressort. S’il n’obtient pas satisfaction, il en
Les États-Unis ne font pas le même diagnos- déduira qu’Israël, plus que jamais, ne peut33848votants
tic de la menace iranienne. L’acquisition de compter que sur lui-même.
SORIANO/LEFIGARO;CIPRIANI/AP;
ALG:185DA. AND:1,60€. BEL:1,60€. DOM:2,20€. CH:3,20FS. CAN:4,50$C. D:2,20€. A:3€. ESP:2,20€. CANARIES:2,30€. GB:1,70£. GR:2,40€. ITA:2,30€. LUX:1,60€. NL:2,20€.
H:830HUF. PORT.CONT.:2,20€. SVN:2,40€. MAR:15DH. TUN:2,5DTU. ZONECFA:1700CFA. ISSN0182.5852

SORIANO/LEFIGARO
C





samedi3-dimanche4mars2012 LE FIGARO
ÉdithBouvierderetouren France
Envidéosur www.lefigaro.fr/international2 international


Lesdeuxderniersjournalistespiégés
neufjoursdurantàHoms,
danslequartierdeBabaAmr,ontenfin
purejoindrelaFrancehieraprès-midi.
de l’explosion, Édith réalise qu’elle ne
RÉCITRECUEILLIÀBEYROUTHPAR peut plus bouger la jambe.«J’aihurlé»,
ADRIENJAULMES
dit-elle. À tâtons dans une épaisse fu-
mée, William parvient à la porter à l’abri
SYRIE Dans leur chambre de l’Hôtel- dans un coin, derrière le frigo. Puis ils se
Dieu, le grand hôpital de Beyrouth, Édith réfugient dans la salle de bains, où ils at-
Bouvier et William Daniels sont sou- tendent que se calme l’orage d’acier qui
riants, soulagés. Après plus de cinq jours se déchaîne à l’extérieur. À la première
d’une équipée semée d’embûches et de accalmie, le jeune homme, qui a sans
dangers, les deux journalistes sont arri- doute sauvé la vie d’Édith et William en
vés jeudi soir à Beyrouth, quelques heu- les retenant à l’intérieur à la dernière
res après avoir franchi la frontière liba- minute, fonce chercher des secours. Il
naise. En attendant leur évacuation vers revient avec une voiture de l’Armée libre
la France, ils racontent leur périple. Leur syrienne, qui les emmène vers le petit
récit est digne d’un roman d’aventures. hôpital de campagne installé par les in-
Il est aussi un hommage aux courageux surgés dans un appartement. Une pièce
insurgés de l’Armée syrienne libre, qui sert de bloc opératoire. Trois chambres
les ont soignés, protégés et transportés, ont été transformées en salle de soins, où
souvent au péril de leur vie, sous les obus jour et nuit, des infirmiers et des méde- Ci-dessus:UneambulancedelaCroix-Rougearriveàl’hôpitalHôtel-DieudeBeyrouth,
jeudi,transportantlesdeuxjournalistesfrançaisaprèsleurexfiltrationdeHoms.et à travers les lignes de l’armée gouver- cins volontaires opèrent et administrent
Aucentre: ÉdithBouviersursonlitd’hôpitalauLiban.nementale qui assiégeait la ville. les premiers soins à des dizaines de civils
Àdroite:NicolasSarkozys’entretientaveclephotographeWilliamDaniels,Édith, malgré sa blessure, montre un blessés chaque jour, hommes, femmes,
àl’arrivéedesdeuxjournalistessurl’aéroportmilitairedeVillacoublay.
moral à toute épreuve. S’excuse presque enfants, victimes du bombardement in-
H.MALLA/AP,WILLIAMDANIELSPOURLEFIGARO; J.DEMARHON/AFP
de l’inquiétude qu’elle a suscitée.«Pour cessant de l’artillerie syrienne.
l’instant,noussommestrès,trèsheureux, Alors que les obus continuent d’explo- et placés dans une pièce vaguement «Ellem’aditqu’ellecomprenaitparfaite- dit, on revient vous chercher dans vingt
mais pour le reste, on en discutera plus ser autour de l’immeuble, ils donnent de réfrigérée. Les Syriens leur présentent ment le problème, qu’elle négociait et minutes. On ne les a jamais revus», di-
tard», lui a dit sa mère au téléphone. la morphine à Édith pour calmer la dou- leurs condoléances. Ils ont récupéré avaitbonespoirderecevoirl’autorisation sent Édith et William.«Ilsavaientenre-
Édith n’a qu’une hâte, celle de pouvoir leur et examinent sa blessure.«Ilsm’ont toutes les affaires des deux journalis- devenirjusqu’ànous.» vanche parfaitement localisé où on était.
marcher, courir. William s’aperçoit qu’il faituneradioetontréaliséquemajambe tes. William écrive les noms au mar- «Nous nous sommes réunis tous les Lesoirmême,lesobussonttombésjusteà
a été tellement occupé par l’évacuation était fracturée au niveau du fémur», dit queur sur les deux linceuls improvisés. quatre et mis d’accord pour demander côté de notre immeuble.» «On s’est fait
d’Édith qu’il n’a pratiquement pas eu le Édith.«Ilsm’ontdit: Il faut t’opérer ra- «Nevousinquiétezpas,onvafairesor- qu’au moins un représentant ou une voi- engueuler.L’ambassadedeFrancenousa
temps de prendre des photos. pidement. Il faut t’évacuer ! C’est là que tirlescorpsavecvous», leur disent les ture du CICR soit présent dans le convoi demandé pourquoi on n’était pas montés
Entrés clandestinement en Syrie grâce commencelagrandeévasion…» insurgés syriens. William récupère avant de partir», expliquent Édith et dans les ambulances», raconte William.
aux réseaux de l’Armée syrienne libre, Les quatre journalistes sont installés l’appareil photo de son ami Rémi. Le William. «On avait peur que se produise «Ils nous ont dit d’attendre, que les am-
insurgée contre la dictature de Bachar dans l’une des maisons les plus sûres du solide boîtier est complètement éven- quelque chose comme lorsque Gilles Jac- bulancesallaientrevenirlelendemain.»
el-Assad, Édith et William étaient arri- quartier de Baba Amr, juste à côté de tré, comme ouvert en deux par une quier avait été tué, par des prétendus tirs Les journalistes craignent d’être ar-
vés le 21 février au soir à Baba Amr, le l’hôpital. Un pâté de maisons serrées force d’une violence inouïe. Puis les rebellesvenusd’onnesaitoù.Onsedisait, rêtés par les autorités de Damas, mais
quartier de Homs encerclé par l’armée autour d’une cour étroite, dont les pièces deux journalistes regagnent leur abri. onvasefairetirerdessus,etlesautorités ont décidé de prendre les ambulances
syrienne. Ils ont retrouvé en route le intérieures sont relativement protégées «Quandonestrevenus,onavudansla dirontlesterroristeslesonttués.» quand elles reviendront.«Ons’estpré-
photographe Rémi Ochlik, un copain de contre les obus qui s’abattent en perma- paré en détruisant les pages de nos car-
William, avec lequel il a couvert la révo- nence. Javier Espinosa et William Da- nets,etnoscartesSIMlibanaisesavecles
lution libyenne au printemps dernier. niels sont indemnes. Paul Conroy a été numéros de téléphone, pour éviter queOn nesavaitrien. On ne comprenaitrien à ce quise«Ils retrouvent à leur arrivée un tout aussi blessé, et ne peut marcher. Édith des gens soient compromis», dit Édith.
passait. Lasortie était-ellebloquée ? Lessoldatssyrienspetit groupe de correspondants de guer- est la plus gravement atteinte. Outre le Mais elle explique que les insurgés sy-
re déjà présents dans la ville encerclée. fait qu’elle ne peut être déplacée qu’avec allaient-ils descendre? J’aieutrès envie dem’enfuir. riens ne les ont jamais contraints à quoi
On les héberge dans une maison à trois les plus grandes précautions, les méde- que ce soit. Ni empêchés de monterAvant demerappeler que j’étais immobilisée
étages, surnommée le «centre de pres- cins craignent que ne se forme un caillot » dans les ambulances, comme l’a affirmé
se» par des insurgés syriens qui ac- dans sa jambe blessée. S’il remonte jus- la propagande du régime.
cueillent à bras ouverts des reporters qui qu’au cœur, c’est la mort assurée. rue plusieurs ambulances du Croissant- Le responsable du Croissant-Rouge «On n’a jamais eu l’impression que
vont aider à faire connaître au monde Le quartier de Baba Amr est assiégé. Rouge syrien», dit William. «Personne leur glisse qu’ils«pourraientsefaireat- l’Arméesyriennelibreempêchaitlesam-
extérieur le calvaire de la ville, pilonnée Les rues sont coupées, les francs-tireurs delaCroix-Rougeenrevanche.Leméde- taquer par l’ALS en sortant». L’attitude bulancesderentrer.Ilsontacceptétoutes
par l’artillerie syrienne depuis des mois. et les chars de l’armée syrienne ouvrent cin syrien qui dirige le petit convoi nous des ambulanciers syriens inquiète aussi lesdemandesdecessez-le-feu.Cen’était
Il y a l’équipe du Sunday Times: Marie le feu sur tout ce qui bouge. Le dernier aperçoit, et nous dit: “Ah bonjour, vous les journalistes. «Ils avaient l’air de pas eux qui tiraient sur la ville de toutes
Colvin, l’une des plus fameuses figures lien du quartier avec l’extérieur est une devez être les journalistes. Nous ne ve- chercher quelque chose, ils regardaient façons», expliquent Édith et William.
du petit monde des correspondants de canalisation longue de trois kilomètres, nons pas pour vous chercher, nous som- partout», raconte William. Quand ils «La seule chose qu’on a hésité à faire,
guerre. D’un courage à toute épreuve, par où arrivent encore au compte-gout- mes là pour les blessés syriens. Mais je découvrent la chambre d’Édith, ils ren- c’étaitlavidéo», dit Édith.«C’étaitleur
un bandeau noir sur l’œil, souvenir tes des vivres et des médicaments. C’est peux vous mettre en contact avec la re- trent à une trentaine de personnes dans idée.Audébut,onnevoulaitpas.Maison
d’une blessure reçue au Sri Lanka, elle par cette voie que les journalistes sont présentante de la Croix-Rouge, qui se la pièce. Dans Baba Amr, tout le monde s’estaperçusqu’ilsavaienttrèspeurque
est toujours la première à arriver sur les entrés dans Baba Amr. Mais la blessure trouve à 500 mètres d’ici.” » se souvient que plus personne n’a eu de le régime prétende qu’on était gardés en
lignes de front. La dernière à partir aussi. d’Édith rend impossible de la faire passer «L’armée syrienne ne veut pas laisser nouvelle des blessés évacués pré-
Elle a décidé de rester dans Homs malgré par ce boyau, auquel on accède par une la Croix-Rouge avancer, mais si vous cédemment par le Croissant-Rou- Mercredi 22 février2
les signes d’une offensive imminente de échelle dans un trou d’homme. montez avec nous, on vous emmène ge.
Des roquettes commencent dès 6 heures du matin à l’armée syrienne. Paul Conroy, son pho- L’espoir repose d’abord sur les ambu- auprèsd’euxàl’hôpitald’Homs», expli- Lorsque la nuit tombe, le
tographe, est aussi un vétéran. Tout lances. La Croix-Rouge Internationale à que le médecin du Croissant-Rouge. CICR est toujours bloqué. tomber sur le quartier de Baba Amr. Le centre presse,
comme Javier Espinosa, le correspon- Damas et à Genève a mobilisé ses équi- «Vous devrez aussi vous expliquer avec Les ambulances repar- est atteint. Deux journalistes (Marie Colvin et Rémi
dant au Moyen-Orient du grand quoti- pes, pris contact avec le Croissant-Rou- les autorités syriennes sur les raisons de tent. «Ils nous ont Ochlik) sont tués. Deux autres (Édith Bouvier et Paul
dien espagnolElMundo, qui sillonne de- ge syrien et s’efforce d’obtenir une votreprésence», ajoute-t-il. Conroy)sont blessés. Ils sont évacués sur un hôpital
puis plus de dix ans tous les coins chauds courte trêve des autorités qui assiègent Avec la radio de de campagne puis mis en lieu sûr par l’ALS en
d’Afrique et du Moyen-Orient. la ville pour tenter de secourir les bles- l’une des ambulan- 3 Nuit du 26 au 27 février compagnie de leurs collègues Javier Espinosa et Le lendemain matin, comme tous les sés, syriens et étrangers, pris au piège ces, William par-
William Daniels. vient à entrer en Après plusieurs tentatives d’évacuation par le jours, les salves d’artillerie commencent dans Baba Amr.
contact avec la res- CICR et devant la menace de l’assaut final, l’ALS
ponsable du CICR exfiltre tous les blessés par un tunnel. Le convoi
en Syrie, Maryanne CENTRE VILLEIlsm’ont fait uneradio etontréalisé quema jambe est repéré et bombardé. Dans la confusion, le « Gasser, et lui de- DE HOMSconvoi se scinde. Le groupe d’Édith Bouvier et était fracturéeau niveaudufémur. mande pourquoi
William Daniels rebrousse chemin et se réfugie Ilsm’ont dit : “Il faut t’opérerrapidement. Il faut t’évacuer !” elle ne peut pas fai-
dans l’hôpital de campagne.re les derniers 500C’est là que commence la grande évasion… 3 2» mètres jusqu’à eux.
Le 29 février,Baba Amr eà s’abattre sur le quartier. Mais cette fois, À l’intérieur, les quatre journalistes la 4 division blindée
de Maher el-Hassadles roquettes de 122 mm, les terribles Ka- n’ont que des contacts épisodiques et li-
prend le contrôletioucha tirées par l’armée syrienne, mités avec le monde extérieur. Quelques 4 Du 28 au 29 fév. 4
du quartiertombent très, très près de la maison.«Il échanges via Skype au moyen de l’uni- Séparés des deux Français,
y a eu au moins cinq explosions successi- que connexion Internet que les insurgés les journalistes britannique
1 kmves,trèsproches.Onavaitvraimentl’im- ont réussi à rétablir, mais pas assez pour et espagnol arrivent à un
pression que nous étions directement vi- coordonner quoi que ce soit de précis. Ils
jour d’intervalle à Beyrouth.sés», racontent Édith et William. «Les doivent en plus parcourir les rues sou-
QusayrDurant la même période, 1 SYRIEactivistes syriens qui étaient avec nous, mises au feu des tireurs embusqués pour Mer Tripoli l’ALS décide d’évacuer habitués à ces bombardements, ont com- atteindre le bâtiment où se trouve cette Méditerranée
HHeHermel 1 Mardi 21 févrierÉdith et William par véhicule pris tout de suite le danger. Ils nous ont dernière ligne de communication. Dans
dit, il faut s’en aller tout de suite.» Le Baba Amr pilonné du matin au soir, par- le long d’un itinéraire secret Dans la nuit du 20 au 21, Édith Bouvier passe la Le 2 mars,
temps d’attraper leur équipement, tout fois avec une pause à l’heure du déjeuner à travers la campagne. frontière syro-libanaise par une filière clandes-les journalistes
le monde se précipite vers la porte. Ma- des artilleurs, les habitants du quartier sont transférés tine. Accompagnée par des soldats de l’ALS
rie Colvin et Rémi Ochlik sont les pre- restent cachés dans leurs maisons pen- par avion vers (Armée de libération syrienne) elle pénètre dans
miers à sortir dans la petite rue. Un jeune dant la journée. Seuls quelques uns sor- Villacoublay Homs le 21 au soir.Syrien, qui avait entendu le départ d’une tent le soir quand les tirs se calment.
nouvelle roquette, retient à la dernière «Quandlesbombestombaient,ilsnous
LI BA Nminute Édith et William sur le seuil de la disaient, c’est Bachar qui nous dit bon-
pièce. Le projectile s’abat juste devant le jour», se rappelle Édith.
erpetit immeuble. La déflagration est ter- Le vendredi 24, les tirs incessants se 5 Jeudi 1 mars Baalbek 9 jours
rible. Marie Colvin et Rémi Ochlik se calment soudainement. «C’était la À la tombée de la nuit, ils Homsdans l’enfer syrien
trouvent pratiquement sur le point premièrefoisqueçaseproduisait», dit atteignent la frontière
LE PÉRIPLE D’ÉDITH BOUVIER ET SYRIEd’impact. Ils sont tués sur le coup. William. Javier Espinosa et lui en pro- 5 libanaise et rejoignent DE SES COMPAGNONS D’INFORTUNEDans la maison, le souffle de l’explo- fitent pour aller voir les corps de Marie DamasBeyrouth Beyrouth dans la soirée.sion projette la porte vers l’intérieur de Colvin et de Rémi Ochlik, qui ont été 10 kmkmkm Contenu animé sur lefigaro.fr
la pièce. Dans la poussière et les débris enroulés dans des linceuls improvisés
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