Magazine Le Figaro du 14 avril 2011
36 pages
Français

Magazine Le Figaro du 14 avril 2011

-

Description

Venez lire le Figaro magazine du 14/04/2011

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 avril 2011
Nombre de lectures 14
Langue Français
Poids de l'ouvrage 10 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

1,40€ jeudi14avril2011 -LeFigaroN°20745-www.lefigaro.fr-Francemétropolitaineuniquement
Sixmoisaprès, Schizophrénie:VolAF447:lagrande lescellulessouchesuneexpéditionhorsdéprime ouvrentdesnormespourrécupérerdesmineurs perspectiveslesboîtesnoires PAGE9chiliens PAGE7 PAGE11
“Sans la liberté de blâmer il n’est point d’éloge flatteur” Beaumarchais
LeFigaroéconomie
Syrie:Assadàsontour
Unanaprèss
souslapressiondelarue Lacandidaturelamarée
noire,BP
tentedetourner
lapage PAGE18 deNicolas
BarackObama
s’attaqueàla
dettepublique HulotPAGE19
Concurrence:
leslessiviers perturbe
lourdement
sanctionnésPAGE22 lagauche
2012:lechefde Il sera présent dans la course a coursel’Étatafficheson
présidentielle, mais son s sonoptimismePAGE4
positionnement reste flou. e flou.
Libye:lesalliés
NICOLASHULOTa«franchi aveclamajoritéjoritéactuel-actuel-
divergentsurla uncap».Hier,l’écologistea le,maispour urautantautantsonson
annoncé qu’il était «candi- soutien au PSPS n’estn’est paspasstratégiepour
dat à l’élection présidentiel- «automatique que».».
le» de 2012. Pour lui, son PAGE3chasserKadhafi
projet est «incompatible» ETL’ÉDITORIAL ALPAGE15PAGE5
Réformefiscale:cequeleprojet
dugouvernementvachanger
L’IMPÔT de solidarité sur Sarkozy. Mais il a aussi fal- surlesdonationsetlesgros
la fortune ne pèsera plus lu trouver de nouvelles re- héritages. Il va aussi créer
que sur les patrimoines su- cettes, car la suppression rapidement une exit tax,Côted’Ivoire:
périeurs à 1,3 million du bouclier fiscal ne suffira destinée à dissuader lesInfluencé par son clan, notamment son cousin, l’homme
d’euros. Son barème sera pas à compenser les effets candidatsàl’exilfiscal.Re-Ouattaraprône d’affaires Rami Makhlouf, et son frère Maher, patron de
allégé, mais appliqué selon de cet ISF light sur les vue de détail des nouvelleslaréconciliation la garde républicaine, le président syrien Bachar el-Assad des modalités différentes. comptes publics. Le gou- règles du jeu en matière de
PAGE7 a opté pour une répression sanglante des manifestations Ce sont les décisions que vernement a donc décidé fiscalité du patrimoine.
qui secouent la Syrie depuis plus d’un mois. PAGE2 vient de valider Nicolas d’alourdirlesprélèvements PAGE21
Immigration:
lesavisdu
HautConseilà HISTOIRE DUJOUR
l’intégrationPAGE10
La griffe coutureL’EmpireStateBuildingQuatreintégrales
de votre séjourdessymphonies àlaportéedesboursicoteurs
deBeethoven l sera peut-être bientôt possible de kin ont prouvé, depuis leur prise de
posséder un morceau du mythique contrôledugratte-cielilyacinqans,aprèsàParisPAGE29 IEmpireStateBuildingdeNewYork.La unelutteacharnéeavecl’extravagantmil-
familleMalkin,quicontrôlelemajestueux liardaire Donald Trump, qu’ils avaient du
LeFigarolittéraire gratte-cielArtdécosurplombantManhat- flair. Ils ont restauré les décorations Art
tan, a l’intention d’introduire en Bourse déco du hall d’entrée, ajouté une toucheLesièclede
une nouvelle société immobilière qui in- écoloàl’immeublevieillissantenyrédui-
MauriceNadeau clural’immeublede106étages. santlaconsommationd’énergiede40%et,
QUATQUATRIÈMERIÈMECAHCAHIER IER Tout un chacun pourrait donc en théorie surtout,plusquedoublélesloyersdesbu-
investirdanslatourde381mètresescala- reaux, qui restent parmi les plus presti-
dée par King Kong dans un film de 1933. gieuxdeManhattan.
Depuis 1870, le N°1 anglais habille l’espace en
Encore faudra-t-il que les Malkin fran- Àl’heureoùlesecteurimmobilierrebon- conciliant tradition de meubles faits main et nouvelles
chissent quelques obstacles de taille. En ditàNewYorkgrâceauxclientsétrangers, technologies. Découvrez une collection exceptionnelle, tant
H.INFANTE-BP-C.ENA/AP-L. particulier, obtenir l’accord des héritiers ce pourrait être un investissement judi- par le confort d’une large gamme de canapés que par la qualité
VILLERET/DOLCEVITA/PICTURETANK- de la richissime Leona Helmsley, leurs cieux.Resteque,copropriétaireounonde desrevêtements.F.BOUCHON,J.-C.MARMARA/LEFIGARO
principaux partenaires, et de quelque l’Empire State Building, il faudra toujours
Certainement les canapés tissus
3400autresco-investisseurs.Danslemi- payer 20dollars à l’entrée pour monter
les plus confortables au mondeHervéMariton lieudel’immobiliernew-yorkais,onima- toutenhaut.
ginedéjàlafoired’empoigne.MaislesMal- ADÈLESMITH(ÀNEWYORK)
Invité Conditionsexceptionnellesdu13au24avril2011
du«Talk k
DÉBATS&OPINIONS RENDEZ-VOUS ENPRÉSENTATIONEXCLUSIVEÀL’ESPACETOPPEROrange-
L’ÉDITORIALdePaul-HenriduLimbert PAGE15 Sursixniveauxd’exposition,lesplusgrandesmarquesdecanapés,canapés-lits,LACHRONIQUELeFigaro» o»
®deLucFerry LECARNETDUJOUR PAGE13 fauteuilsClubsetderelaxation:Steiner,Duvivier,Burov,Stressless ...PAGE4 NicolasSarkozy:queldiscours eCONFIDENTIELS PAGE36 63ruedelaConventionParis15,0145778040,M°Boucicaut,parkinggratuit.
àlajeunesse?PAGE15
DéputéUMPdelaDrôme TOUTEL’ACTUALITÉSURlefigaro.fr Ouvert7j/7de10hà19h.www.topper.fr
ALG:185DA. AND:1,50€. BEL:1,50€. DOM:2,10€. CH:3,20FS. CAN:4,25$C. D:2,10€. A:3€. ESP:2,10€. GB:1,70£. GR:2,30€. ITA:2,30€. LUX:1,50€. NL:2,10€. H:830HUF. 2Nouveau!unespace100%literiesur500m
PORT.CONT.:2,20€. SVN:2,30€. MAR:14DH. TUN:2,5DTU. USA:4.25$. ZONECFA:1600CFA. ISSN0182.5852
M 00108 - 414 - F: 1,40 E
3:HIKKLA=]UVYUY:?a@e@l@o@a;
MOHAMEDMESSARA/EPA/CORBIS
photo non contractuelle
Cjeudi14avril2011 LEFIGARO
2 recto VERSO
Cesimages
d’amateurs
delaville
deDeraa,qui
TURQUIE circulent
surleNet
depuis
débutavril,
montrentAlep
laviolencedeLattaquieh
larépression
policière.SYRIE
LIBAN REUTERS
Homs
Damas
IRAK
Deraa
ISRAËL
JORDANIE 150 km LeclanAssad
àl’épreuvedelaruesyrienne
mistes.Quantauxautres,onlestraitecommed’ha-Son entourage a poussé Leprésident bitude, via les services de sécurité.”» Mais, pour
syrienBachar l’instant, ni les quelques « carottes » distribuées ni
el-Assad la peur du bâton brandi n’ont suffi. Plus grave, lale président Bachar
lorsde rue s’en prend aux figures du clan Assad. À Deraa,
sondiscours le portrait de Hafez, le père, a été brûlé, tout com-el-Assad à opter auParlement,
me celui de Bachar devant le Club des officiers ààDamas,
Homs. Quant aux villes mixtes, comme Lattaquiehpour une répression le30mars
et Baniyas,«lessunnitesenontassezdevivresousdernier. BALKIS
l’autorité de tel fils Assad ou de tel autre rejeton duPRESS/ABACAsanglante clanalaouite», constate un ancien diplomate.
Il est encore trop tôt pour dire si le régime estdes manifestations condamné. Bachar el-Assad peut compter sur l’ab-
sence de toute intervention extérieure et sur la peurqui secouent la Syrie israélienne, comme jordanienne, d’un changement
de pouvoir à Damas. Sans oublier la crainte des mi-
depuis plus d’un mois. norités chrétienne et druze. Mais«tantqu’ilrefu-
seradevoirquelacontestationa des racinespoliti-
ques, la fronde continuera», ajoute le diplomate,Quitte à réduire
qui pointe le cercle vicieux auquel est confronté le
leader syrien :«S’ils’attaqueauxracinespolitiquesles chances
duconflit,lesmanifestantsvontalorsluidemanderde
partir,comme,avantlui,BenAlietMoubarak».de survie du régime.
L’unitéincertainedesAlaouitesPARGEORGESMALBRUNOT
Depuis dix ans, beaucoup de Syriens attendent
pourtant que leur président, qu’ils ont longtemps
a conversation se tient dans la voiture apprécié, fasse enfin «un coup d’État sur le systè-
du chef d’un service de renseigne- me». «J’aurais aimé que, le 30 mars, il nous dise:
ments syrien à Damas : «Je vois des “Cher peuple, voici le jour dont j’ai rêvé, vous me
choses extrêmement graves commises donnez enfin les moyens d’agir”», raconte un Sy-
par l’entourage familial de Bachar el- rien qui l’a bien connu.«Hélas, ajoute-t-il,Bachar
Assad, confie ce responsable à un enestincapable.Ilesttropliéausystèmeetiln’apasLhomme d’affaires syrien, rencontré la la structure psychologique pour ce genre d’exerci-
semaine dernière à Paris. Mais je ne peux pas en ce.» Bachar, en fait, s’est égaré en politique. En
parlerauprésident,ilmedirait:“toi,restedanston 1999, quand il est rappelé de Londres où il termine
bureau,cenesontpastesaffaires!”» Et ce hiérar- ses études d’ophtalmologie, il doit rester en « copi-
que d’avouer son«pessimismefaceàlasituation». lotage » quelque temps avec son père. Mais, l’an-
Cette anecdote confirme que le raïs ne sait pas née suivante, Hafez meurt. À 38 ans, le jeune mé-
tout de ce qui se passe dans son pays, confronté à decin est projeté dans l’arène. Son père avait fait le
une vague de contestation sans précédent depuis système bassiste. Bachar, lui, en sera prisonnier. Il
son accession au pouvoir en 2000. Ni des turpitudes va gérer par délégation l’héritage familial, tout en
de son cousin, Rami Makhlouf, la « pompe à finan- restant redevable aux autres membres du clan : son
ces » du régime, dont le nom est régulièrement frère Maher, sa sœur Boushra, mariée avec Assef
conspué par les révolutionnaires. Ni des agisse- Shawkat, à la tête, à l’époque, des tout-puissants
ments de son frère, Maher, patron de la Garde ré- renseignements militaires, et sa mère Hanissa
epublicaine et de la 4 division blindée, les princi- Makhlouf, qui se bat pour préserver les acquis de sa
paux outils de la répression sanglante contre les branche.
manifestations qui continuent, de Deraa, le point Après les turbulences des années 2005-2006,
de départ de la révolte au Sud, en passant par Homs consécutives aux pressions exercées sur la Syrie
plus au nord et le pays kurde, jusqu’à atteindre Lat- – accusée d’être responsable de l’assassinat de
taquieh et Baniyas, fief de la minorité alaouite au l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri –,
pouvoir à Damas depuis 1970. Pour la première fois, la police secrète est sans limite. Lorsqu’un groupe les clés de l’avenir du régime face aux révolution- le raïs parvient enfin à apparaître comme le seul
Alep, la deuxième grande ville de Syrie, a été à son de jeunes commence à scander des slogans anti-ré- naires – quelques milliers – et aux représentants maître à bord. Entouré de fauves, Bachar s’est en-
tour gagnée hier par la contestation. gime, d’autres les rejoignent pour entonner les mê- d’une opposition patentée qui commencent à sortir durci le cuir. Il impose sa femme Asma à sa mère,
C’est pourtant le tandem Rami Makhlouf-Maher mes refrains, avant de noyer les contestataires sous du bois.«Bacharleurdit:“attention,sinoustom- qui retourne dans la montagne alaouite, où repose
el-Assad qui aurait convaincu Bachar de trancher des slogans favorables au pouvoir, pendant que bons,vousserezmassacrésdanslafoulée”», selon son mari. Mais avec la crise actuelle, le président
en faveur des « durs » au sein du clan familial qui d’autres nervis procèdent à des arrestations. Alain Chouet, ancien numéro 2 de la DGSE et spé- est redevenu un des actionnaires parmi d’autres
dirige la Syrie d’une main de fer. Tout s’est joué, Dans la plupart des villes, les interpellations se cialiste de la Syrie. Mais, en cas de bavure sanglan- du holding Assad. Finalement,«leprincipalenne-
juste avant le discours tant attendu d’Assad, le comptent désormais par dizaines. Les prisonniers te, la bourgeoisie sunnite d’affaires pourra-t-elle midurégime,c’estlui-même,etseserreursauquo-
30 mars devant le Parlement. «Quelques heures sont souvent torturés. Les miliciens et snipers du rester les bras croisés ? tidien», insiste le diplomate. Bachar el-Assad
avant, Bachar a changé son contenu en faveur du Baas - comme ceux de l’unité Shahiba, très actifs Sous la pression, le numéro un syrien a cherché à pense gagner du temps, mais le temps joue-t-il
toutrépressif», affirme un expert de la vie politi- ces derniers jours à Baniyas - sont appelés à la res- corriger le tir. Hassem Bin Jassem, premier minis- vraiment en sa faveur ? Cette question, des ténors
que syrienne, qui tient à rester anonyme. Deux cousse pour orchestrer une répression menée à huis tre du Qatar, le seul État arabe ami de Damas, est de la minorité alaouite, comme le chef des services
jours avant, sa conseillère, Boutheina Shaabane, clos, la presse étrangère étant indésirable en Syrie. venu lui remettre une missive de l’émir al-Thani lui précité, se la posent. Ils veulent garder le pouvoir.
laissait pourtant entrevoir publiquement une levée intimant de«fairecequ’ilfallait,sinontun’échap- Ne serait-ce que pour éviter les sanglants règle-
Lerôleclédelabourgeoisiesunnitede l’état d’urgence, en vigueur depuis 48 ans - la peraspasàlalogiquegénérale». Face aux condam- ments de comptes qui suivraient la chute de la
principale revendication de la rue.«Maislesradi- «ÀDamas, poursuit un étudiant joint par télépho- nations de Washington, Paris et Londres, le pouvoir maison Assad. Pour autant, sont-ils prêts à se sui-
caux lui ont signifié que si le pouvoir montrait un ne, les gens sont extrêmement tendus, ils sortent a lâché un peu de lest, mais en saucissonnant les cider pour la famille du raïs ? En cas de dégrada-
quelconque signe de faiblesse, dans un mois, ils se- peu.» Pourtant, la capitale n’a pas encore vraiment concessions, selon sa bonne vieille vision sécuritai- tion de la situation, une implosion du système
raienttousdansunhôteldeDohaauQatar», pour- bougé.«Silepouvoirycontrôleencorelasituation, re de la situation. Pour Bachar el-Assad, poursuit n’est pas totalement à exclure.
suit la source. analyse l’homme d’affaires syrien, c’est grâce aux l’expert syrien,«lasociétésyrienneestcomposéede
réseaux d’intérêts économiques que Rami Makhlouf troiscatégoriesdepersonnes:lesKurdes,lesFrères
Miliciensetsnipers etFirasTlass (fils de l’ancien ministre de la Défense, musulmansettoutlereste,c’est-à-direlesdomptés CesphotosdiffuséessurleWebprésentent
desmanifestantsrassemblésàDeraaDepuis, le clan fait bloc autour d’un seul objectif : NDLR)onttissés,pourlecomptedeBachar,avecles qu’ontient.Bachars’estdit:“JenaturaliselesKur-
etdesdégradationsdanslaville,le8avril,empêcher la mécanique qui s’est mise en place en grandesfamillescommerçantessunnitesdeDamaset des en pensant que cela va les apaiser. Je laisse le
puisdesfunéraillesd’opposantsÉgypte et en Tunisie de se rééditer en Syrie. La sor- d’Alep.» C’est cette majorité silencieuse qui détient niqabentrerdanslesuniversitéspourcalmerlesisla-
anti-gouvernement,le9avril. REUTERStie des mosquées le vendredi, jour de prière hebdo-
madaire, est la hantise du régime. Aux quatre coins
du pays, les agents des 17 services de renseigne-
ments sont à la manœuvre pour empêcher tout ras-
semblement.«Ilsprennentlescartesd’identitédes
fidèlesàl’entréedelamosquéedesOmeyyadesàDa-
mas, raconte un habitant de la capitale. Puis, ils
nous font sortir par groupes de trois ou quatre et, à
chaquefois,ilsrefermentlesportesenattendantque
toutlemondesedispersedehors.Ettantpiss’ilfaut
cinqheurespourviderlamosquéedesOmeyyades»,
sourit ce Damascène.
Dans les provinces, les ouvriers syndicalistes liés
au Baas, le parti unique, ont reçu des matraques en
bois pour dissuader les frondeurs. L’ingéniosité de
ALEFIGARO jeudi14avril2011
Vidéo:ladéclaration Saboîteàidéesiconoclaste «NicolasHulot:
deNicolasHulot pourl’économie l’ultimeaventure» 3francePOLITIQUE
L’ÉDITORIALDEP.-H.DULIMBERTPAGE15WWW.LEFIGARO.FR/POLITIQUE WWW.LEFIGARO.FR/POLITIQUE
Hulotselance,lagauches’inquiète
L’animateuraprésentéhiersacandidatureàl’Élysée,sansleverl’ambiguïtésursonpositionnementpolitique.
NicolasHulot,hier,
RODOLPHEGEISLER danslasalledesfêtesdeSevran
(Seine-Saint-Denis),lorsPRÉSIDENTIELLE Comme un malaise.
desadéclarationdecandidatureParti sur son scooter électrique par une
àlaprésidentiellede2012.porte dérobée, comme il était arrivé une
JEAN-CHRISTOPHEMARMARA/LEFIGARO
demi-heureplustôt,NicolasHulotalaissé
hier matin journalistes et curieux per-
plexes devant la salle des fêtes de Sevran
(Seine-Saint-Denis), où il a annoncé sa
candidature à l’élection présidentielle de
2012.Sebornantàunedéclarationsolen- Verbatim
nelle, le chouchou des Français dans les «sondages s’est en effet refusé à l’exercice
desquestions-réponses.Tandisque,surle Uneécologieheureuse
trottoirfaisantfaceàlasalle,lesquelques
«L’heuren’estplusauPactemaisSevranais venus pour certains en famille
àunnouveaucontratsocialetécologique.n’aurontpasmêmepul’apercevoir.
J’enappelleàceuxquiontcomprisqueSur un mur de la rue Gabriel-Péri, des
le modèle dominant est maintenant unmilitants du NPA d’Olivier Besancenot
médicamentquiempoisonnenossociétés.avaient quant à eux placardé des affiches
Je me tourne vers la jeunesse de monde fortune où l’on pouvait lire: «Les Se-
pays, que la banlieue à mes yeux incarne,vranais ne sont pas une caution sociale!»
car mon inquiétude et mon espoir vontUn brin embarrassé, l’eurodéputé Jean-
d’abordverslesjeunes.Paul Besset tentait de relativiser la situa-
Changerdecap,c’estimpérativementfai-tion.«Chaquechoseensontemps,aujour-
rerevenirdanslepérimètredelasolidaritéetd’hui,Nicolasaunmessageàdélivrer.Ilre-
de l’équité le monde opaque de la finance,viendra un jour à Sevran, mais hors
toutaumoinsceluiquin’estpasdansl’éco-caméras»,assurait-il.
nomieréelle;c’estauxpolitiquesetàlapuis-mentdetoutescellesetceuxquineserési- pasdans400joursmaisdansmoinsde70! « compatible »avecceluiduFN.Chezles
sance publique de récupérer des prérogati-Accentssociaux gnentpasaudéclinconjointdel’humanitéet Fait marquant, aussi: hier, aucun des écolos comme à gauche, on s’interroge :
vesrégaliennesconfisquéesaufildutempsCertes,hier,devantlescamérasetmicros delanature»,a-t-illancé,seplaçantainsi Verts«historiques»,malgrédenombreu- «Est-cequ’ilestprêtàgouverner,avecqui,
(…). Un petit nombre d’acteurs ne peut plusdonc,l’ancienanimateurvedetted’«Ushu- au-dessusducadrefixéparleparti,quili- ses demandes de leur part, n’avaient été sur quelle base?», demande François de
continuer à exercer un pouvoir central auxaïa»abienlevélevoilesursesambitions. mite, pour l’heure, la primaire aux seuls conviés pour ce lancement de campagne. Rugy,députéEELV.
seulesfinsdesatisfairelacupiditésanslimi-«Jusqu’ici, je crois que mon mode d’enga- 12000adhérentset2000«coopérateurs» Joint par téléphone, l’un d’entre eux
tesd’uncapitalismesauvage.«Clarifier»gement, notamment avec ma fondation, a (sympathisants ayant signé le manifeste confiait craindre un «passage en force»
Changer de cap, c’est concourir à l’apai-étéutile.Maisj’estimequemaresponsabilité d’Hulot. «Pour les européennes de 2009, MêmesdoutesauPS.PourledéputéChris-
sement de la société en rassemblant lesmaintenantestdepasseràuneautreétape. Daniel Cohn-Bendit avait pu imposer ses topheCaresche,animateurdupôleécolo-«Ceuxquiattendaient énergies plutôt qu’en encourageant les af-J’ai donc décidé d’être candidatà l’élection conditionsàladirectionduparti.Sonhistoi- gique, «ceux qui attendaient, dans leurunengagementenfaveur
frontements(…).Ilfautremettredel’humainprésidentielle»,a-t-ildéclaréderrièreson re personnelle le permettait. Pas Hulot…», grandenaïvetéouleurgrandehypocrisie,unducandidatdegaucheau
partout(…)pouruneécologieheureuse.pupitre.Mais,sursesintentionsréellesde observait-il, expliquant encore que «le engagementenfaveurducandidatdegau-deuxièmetourenseront
Ilfautselibérerd’unecroissancequantita-participer ou non à la primaire d’Europe talentdeDanyen2009futd’avoirsuporter che au deuxième tour en seront pour leurspourleursfrais!»
tive pour une croissance sélective. Des le-Écologie-LesVerts(EELV),ils’estmontré un jeu collectif, pas de jouer les solitaires frais!» De son côté, président du groupeCHRISTOPHECARESCHE, viersexistentpourengagerd’autresmaniè-moins clair que dans son interview au commesemblelefaireHulot». PSàl’Assemblée,Jean-MarcAyrault,salueDÉPUTÉPS
res de produire, de s’alimenter, de se loger,NouvelObservateuroùilaffirme:«J’ypar- Danssondiscours,auxaccentstrèsso- «unepremièreétape».Mais«lasuivante,
desedéplacer,pourencouragerlesinnova-ticiperai.» écolo).Interrogépeuavant,sonamiBesset ciaux,Hulotapourtanttentéhierderas- c’estd’éviterderenvoyerdosàdosdroiteet
tions et les investissements, économiserPour porter le «changement de cap» éludaitégalementlaquestion:«Laprimai- surer le parti. «Ma candidature se situe à gauche», a-t-il ajouté, invitant Nicolas
l’énergie et les ressources naturelles, dé-qu’ilprône(lireci-contre),NicolasHulota re n’est pas notre obsession. Il reste l’opposédeschoix,desméthodesetdelavi- Hulotà«clarifier»sapositionpolitique.
ployer la fiscalité plus équitablement et plussoufflé le chaud et le froid. «Je sollicite le 400 jours avant la présidentielle. Aujour- siondelamajoritéactuelle»,a-t-ildéclaré. En attendant, Hulot, lui, est sûr d’une
efficacement.»soutiendel’ensembledesécologistesetno- d’hui, Nicolas s’adresse devant 40 millions Pourautant,ilnesemblepasavoirentière- chose:«Dansmonesprit,iln’yauraaucun
tamment de mes amis d’EELV, dont je me d’électeurs, pas devant quelques centaines ment convaincu, à l’exception notable soutien automatique à qui que ce soit.»
DISCOURSDECANDIDATURE,13AVRIL2011sens le plus proche, mais aussi plus large- demilitants!»Problème:laprimairen’est de… Marine Le Pen qui juge son projet Bref,lejeuresteouvert.
Ajeudi14avril2011 LEFIGARO
«Lessocialistes Commentlapresseétrangère LeTalkenvidéon’ontrienappris» perçoitMarineLePen4 francePOLITIQUE WWW.LEFIGARO.FR/LE-TALK
LATRIBUNEDEPASCALSALINPAGE14> WWW.LEFIGARO.FR/POLITIQUE
EN BREF
Sarkozyrefuse LalisteUMPpourleSénat
susciteladivisionàParis
Unelistepourlessénatoriales
àParis,établieàl’Élyséemardi
soir,provoquedefortesdivisionsladivisionde
auseindeladroiteparisienne.
ChantalJouanno,ministre
desSportsetconseillère
régionaled’Ile-de-France,seraitla«famille»UMP
têtedeliste,suiviedessortants
PhilippeDominatietCatherine
Dumas,puisdeDaniel-GeorgesHier, le chef de l’État s’est voulu optimiste
Courtois,prochedeFrançois
eFillonetconseillerUMPduXV .en recevant les députés UMP à l’Élysée.
Cetarbitrageasuscité
« ceux qui avaient un projet présidentiel ». l’oppositiondenombreuxélus
SOPHIEHUETETCHARLESJAIGU
Nicolas Sarkozy a cité pêle-mêle Charles UMPdontlesmaires
ÉLYSÉE Qu’on se le dise, Nicolas Sarkozy Pasqua, Philippe Séguin, Alain Madelin ou d’arrondissement,àl’exception
edéfendra bec et ongles « l’unité de la fa- encore François Bayrou. « En 1981, on a deceluiduXV ,PhilippeGoujon,
mille » UMP. Recevant hier les députés du perdu l’élection présidentielle à cause de la patrondelaFédération
parti majoritaire pour un déjeuner à l’Ély- désunion de la droite et du centre et on a eu parisiennedupartiprésidentiel.
sée, le chef de l’État a voulu rompre avec le quatorze ans de socialisme », a-t-il souli-
MarineLePendéfendpessimisme ambiant et redonner du tonus gné. Évoquant son cas personnel, le prési-
la«souveraineté»à ses troupes. « Moi, la situation, je la sens dent a rappelé qu’en 1995, il avait soutenu
delaFrancebien ! », a-t-il lancé en faisant allusion à la candidature d’Édouard Balladur :
2012. « La présidentielle, c’est un mara- « J’étais haï, sifflé, mais je n’ai pas fait mon MarineLePenalivréhier,
thon, je suis le seul à l’avoir testé », a-t-il propre mouvement, je suis resté dans la fa- devantlapresseinternationale,
fait valoir. Les nombreux députés présents mille, c’est ce qui m’a permis de devenir savisiondelapolitiqueétrangère
l’ont trouvé plus que jamais « candidat à sa président de la République. On construit un guidéeparla«souveraineté»
réélection ». Contrairement à son habitu- destin sur le rassemblement, pas sur la divi- delaFranceetlesintérêts
sion. » nationaux.Sortiedel’Otan,
Comme à chaque fois qu’il retrouve les sortiedel’euro,renégociation
«Laprésidentielle, députés depuis quelques mois, il a tout fait destraitéseuropéens,moratoire
pour relativiser les sondages, qui lui sont surl’immigration:c’estunmarathon,jesuis
toujours aussi défavorables. Il a rappelé laprésidenteduFNadéfenduleseulàl’avoirtesté» qu’il y avait « un gouffre entre les enquêtes unprogrammederupture
d’opinion et la réalité ». « En huit jours, on NicolasSarkozyetJean-LouisBorlooenaoût2008.Ladéclarationd’indépendancede profonde,toutencherchant
l’ancienministredel’Écologieaconduithierlechefdel’Étatàfaireunrappelhistoriquede, le président de la République n’a pas peut être à la mode et ensuite passer à la àrassurersurl’application
desdéboiresdeladroitequandelleétaitdiviséeàl’électionprésidentielle. AFPfait de propos liminaire. La première ques- machine à laver médiatique », a-t-il mo- decettefeuillederoute.Elle
tion lui a été adressée par Bernard Debré. qué, en rappelant que la semaine dernière aqualifiéd’«ingérence»
Le matin même sur Europe 1, le député de « c’était Borloo », et cette semaine, « c’est Au passage, Nicolas Sarkozy a salué FN, déclarant en substance : « C’est bien laparticipationdeParisaux
Paris avait demandé au chef de l’État d’an- Hulot ». « Que M. Hulot profite bien ! Aussi Jean-François Copé qui a pris l’initiative qu’il soit en tête un an et demi avant le pre- interventionsmilitaires
noncer sa candidature le plus tôt possible. haut on te montera, aussi bas on te baisse- d’un débat controversé sur la laïcité.«On mier tour, car maintenant on peut l’interro- enLibyeouenCôte
La réponse de l’intéressé, rappels histori- ra!» Il a continué sur le même ton : «Il s’en est sorti très bien, malgré la crise ger sur son programme. » Sous-entendu, d’Ivoire.
ques à l’appui, a duré plus d’une demi- n’y a pas de place pour les petits destins. Les d’hystérie. Imaginez ce qu’on aurait dit si démontrer l’irréalisme du retour au franc,
heure. « Il faut du sang-froid. C’est à micros se tendent, les projecteurs sont là, on avait reculé ! », a-t-il déclaré. Le chef de l’immigration zéro et de la préférence
l’automne que l’heure du bilan viendra, a ré- tous peuvent être candidats sans risques. » de l’État n’a pas manqué d’égratigner le nationale.
pondu Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, on est
dans la phase des micros et des projecteurs
par rapport à une échéance lointaine. »
Avant de marteler que « la stratégie qui
consiste à diviser est perdante ». Mariton:«2012,leprésidentycroit!»
Lessondagesrelativisés
Il a toutefois pris soin de ménager Jean- Pour le député UMP de la Drôme, il était « nécessaire » que Nicolas
Louis Borloo, qui brillait hier par son ab-
sence : « Je l’aime beaucoup, c’est un ami Sarkozy affirme sa confiance, mais « ce n’est pas suffisant ».
personnel, je ne dirai aucun mot contre lui,
comme mes adversaires le souhaitent. » d’hui et pour 2012, s’est félicité Hervé Ma- « Cela aurait permis que s’organise paisi-JUDITHWAINTRAUB
Mais, a-t-il ajouté, en leitmotiv de cette riton, mais ça ne suffit pas. » blement l’affirmation des uns et des autres »
réunion : « Il y a une ligne jaune, c’est l’uni- MAJORITÉ Invité à déjeuner à l’Élysée Le député a regretté que malgré « quel- a-t-il affirmé, en référence à Jean-Louis
té de notre famille. » Et avec une de ces for- avec les autres députés UMP, Hervé Mari- ques progrès » récents à l’UMP, il n’y ait Borloo.
mules dont il a le secret, il a lancé, à propos ton a confié hier ses impressions au « Talk « pas une grande clarté entre ce qui relève La démarche de l’ex-ministre de l’Éco-
de l’UMP : « Il faut faire attention à ce que le Orange-Le Figaro ». Il a trouvé que le pré- de l’exécutif et du parti ». Selon lui, « c’est logie, qui quitte l’UMP, ne semble pas in-
quatre-quarts ne se transforme pas en mil- sident avait fait une « belle démonstra- une faute collective, et les fautes collectives quiéter outre mesure Hervé Mariton. S’il
le-pattes ! » Autrement dit, « d’accord tion » de foi dans ses chances d’être réélu. incombent d’abord au plus grand chef », considère que la majorité devrait se garder
pour une confédération des centres, mais Et ce n’était pas du luxe, à écouter l’élu de autrement dit à Nicolas Sarkozy, dont nul de « faire sécession et multiplier les candi-
pas question de laisser s’organiser un grou- la Drôme décrire « le climat dans la majo- n’ignore l’intérêt qu’il porte à sa famille dats dans l’état de faiblesse où elle se trouve
pe autonome autour de Jean-Louis Borloo à rité ces dernières semaines » : « Nos élec- politique. aujourd’hui », il voit une différence entre
l’Assemblée », décrypte un proche du pré- teurs n’y croient pas, qu’il s’agisse de l’ac- « un parti radical qui revendique de l’auto-
«Segarderdefairesecession»sident. tion d’aujourd’hui ou des perspectives pour nomie en tant que structure, et des radicaux
La déclaration d’indépendance de l’an- 2012, les élus, y compris les parlementaires, Mariton a suggéré que « les ministres qui, individuellement, en tant qu’élus, res-
cien ministre de l’Écologie a conduit le n’y croient guère, les ministres, ce n’est pas soient davantage sur le champ de leur mi- tent au sein de l’UMP parce qu’ils ne veulent
chef de l’État à faire un rappel historique folichon, et on commençait sacrément à se nistère, et le parti un peu moins ». Il a aussi pas trop casser de porcelaine ». Bref, il est HERVÉMARITON,
des déboires de la droite quand elle était poser la question de savoir si Nicolas regretté que la diversité des sensibilités au pour ce qui « stimule le débat » car «si hier,danslestudio
divisée à l’élection présidentielle. « Les ci- Sarkozy lui-même y croit. » Le doute est sein de l’UMP ne soit toujours pas recon- l’offre de l’UMP suffisait aujourd’hui, cela duFigaro.F.BOUCHON/LEFIGARO
metières sont innombrables » où reposent donc levé. « C’est nécessaire pour aujour- nue à travers des courants structurés. se saurait ! » mais dans certaines limites.
Hollande,AubryetRoyalseréjouissentensilencedelabaissedeDSK
Les concurrents de Dominique Strauss-Kahn aux primaires du PS espèrent refaire une partie de leur retard.
Martine Aubry et Ségolène Royal, on se Depuis qu’il s’est déclaré candidat, tête avec 32 % des voix contre 14 % motion la soutiennent. Elle va être
FRANÇOIS-XAVIERBOURMAUD
frotte les mains. Mais en douce. Pas un François Hollande voit sa cote de po- pour Hollande (sondage LH2 pour poussée », raconte un proche. Problè-
GAUCHE À qui profite la baisse de Do- responsable socialiste n’oublie de l’as- pularité progresser de jour en jour. Le Nouvel Observateur). me, si la première secrétaire du PS
minique Strauss-Kahn dans les sonda- surer ces derniers temps : « La clé de Pour l’instant, il reste encore derrière veut vraiment se présenter, elle reste
Toujoursencontactges ? Pas besoin de chercher bien loin. notre succès en 2012, c’est l’unité. » DSK mais il se rapproche. Un sondage tributaire de son pacte passé avec DSK
aveclapremièresecrétaireChez ses principaux concurrents pour Alors tant bien que mal, chacun évite Ifop pour Paris Match le place en et ne peut pas parler avant que ce der-
les primaires du PS, François Hollande, de se réjouir ouvertement du recul du deuxième position avec 63 % de bon- Quant à Martine Aubry, forte de sa sé- nier n’ait lui-même rompu le silence.
directeur général du FMI. « L’épisode nes opinions (+8) contre 69 % pour son quence réussie sur le projet socialiste, « Si elle parle avant, elle sera perçue
de la déclaration de candidature de rival (-4). Mais quand il s’agit des in- elle est de plus en plus en position de comme l’agresseur, celle qui aura rom-
Sesrivauxveulent François Hollande, et sa montée dans les tentions de vote des personnes certai- se présenter. « Benoît Hamon et Ber- pu sa parole. »
profiterdudevoir sondages, doit énerver fortement DSK, nes d’aller voter aux primaires, il reste trand Delanoë veulent qu’elle soit can- Alors en attendant que DSK se déci-
deréserve suppose un cadre de Solferino. Moins encore loin derrière. DSK pointe en didate. Même ceux qui ne sont pas de sa de, Aubry reste en contact avec lui.
dudirecteur
ses chances d’être désigné seront gran- Lors de la dernière réunion du conseil
généralduFMI
des, plus il va hésiter à revenir de politique du PS où les ténors du parti
pouroccuper
Washington. » Que le favori des sonda- ont finalisé le texte du projet, elle l’al’espace.
ges hésite et renonce, et toutes les car- L’anciennecandidaterevientdansledébat appelé pour le tenir informé des der-ÉDOUARD
tes seraient alors redistribuées entre les niers arbitrages. Malgré ces nombreuxBERNAUX
FINdusilencemédiatique?Éloignéedes voudrait privilégier le fond aux discus-candidats aux primaires. échanges téléphoniques, « elle n’est pas
micros depuis plusieurs mois, Ségolène sions internes du PS. Pour se préparerC’est bien tout le calcul de l’ancien encore sûre à 100 % qu’il revienne », se-
Royal revient dans le débat. La prési- aux primaires, elle s’est aussi installéepremier secrétaire du PS. Utiliser toute lon un membre du conseil politique.
dente de Poitou-Charentes, candidate dansunnouveaudécor.Ellearendulesla période qui court jusqu’à l’ouver- Et puis il y a aussi Ségolène Royal.
aux primaires du PS, multiplie les ren- clésdesbureauxqu’elleoccupaitboule-
ture officielle du dépôt des candi- Les adversaires de l’ex-candidate de
dez-vous.Elleétaithierinvitéesuri-Té- vard Raspail, payés par Pierre Bergé.
datures à la primaire, le 2007 ont beau ironiser sur sa course enlé. Elle sera la semaine prochaine sur Comptetenudesrèglesdefinancement
28 juin, pour progresser queue de peloton - « elle est sortie duBFM.Elleparticiperale20avrilàundé- delaviepolitique,l’hommed’affairesne
dans les sondages. loft » dit-on -, ils se méfient toutefoisbat sur la «réforme fiscale en 2012». À pouvait plus continuer à la soutenir fi-
Profiter du silence toujours de ses capacités de rebond.cette occasion, elle partagera l’estrade nancièrement.Maisiln’apastotalement
contraint de D’autant que la présidente de Poitou-avec l’économiste Thomas Piketty. Le rompulesponts.«Lesvraiesprimaires,
Dominique Charentes semble avoir décidé de re-26 avril, elle compte organiser une elle est en train de les faire, elle circule
«université populaire» sur le thème enFranceetelleremplitlessalles»,a-t-Strauss-Kahn prendre la parole (lire ci-contre). Elle
«du pouvoir d’achat». Pour éviter de ildéclaréenmars.LesbureauxdeRoyalpour occuper en est persuadée, la véritable campa-
s’abîmer,alorsquesacandidaturesem- se trouveront désormais rue de Sain-l’espace et espérer gne ne commencera qu’au moment où
eble sortir des radars de l’opinion, elle tonge,dansleIII arrondissement. N.B.réussir à le faire re- l’ensemble des candidats seront
noncer à se présenter. connus.
CLEFIGARO jeudi14avril2011
Suivezlesévénements
endirect 5international
WWW.LEFIGARO.FR
L’INTERVENTIONENLIBYE
Unitédefaçade
àlaréuniondeDoha
Les alliés divergent sur la meilleure stratégie
à suivre pour pousser Kadhafi vers la sortie.
protéger les populations civiles. Ils se Le princehéritier
ALAINBARLUET
QatarienCheikhsont dits«unisetfermes» dans leur en-ENVOYÉSPÉCIALÀDOHA
Tamim,entouré,gagement. «Nous souhaitons nous ache-
hier,dusecrétaireFACE au blocage militaire sur le terrain, minerversuncessez-le-feumaisàcondi-
généraldel’ONU,le « groupe de contact » chargé de piloter tion que ce soit un vrai cessez-le-feu
BanKi-moon,etdu
l’intervention en Libye se devait d’affi- réellementcontrôlé,passimplementl’arrêt
ministrebritannique
cher sa détermination. Dans leur décla- destirs», a précisé Alain Juppé, précisant
desAffaires
ration finale, la vingtaine de pays et d’or- qu’il devrait s’accompagner du «retrait étrangères,
ganisations internationales réunis hier à des troupes Kadhafi des villes qui ont été WilliamHague.
Doha, au Qatar, ont souligné la nécessité envahies et du retour de ses forces dans AL-ASSAAD/REUTERS
d’une mise en œuvre «robuste» de la leurscasernes». Les alliés ont par ailleurs
résolution 1973 des Nations unies pour rappelé que«Kadhafidoitquitterlepou- naîtreunautregroupe», dit un diplomate confie donc une source française. Et tant mais une exigence à terme. En va-t-il de
voirimmédiatement». américain présent à Doha. pis pour les zones les plus exposées. même pour ses fils ?«C’estaupeupleli-
Derrière l’unité de façade, des diver- Sur le plan politique, l’avenir reste byendedécider», répond une source oc-
Promessesd’aidehumanitaire gences lézardent la coalition et l’impasse flou. La réunion de Doha a appelé à une cidentale.
Lesdécisionsdu La rébellion libyenne était présente à la menace. Français et Britanniques souhai- «transition politique» et à un processus Mahmoud Jibril a présenté une«feuille
réunion de Doha. À la différence du pre- tent que l’Otan soit «plus agressive» «inclusif», c’est-à-dire appuyé par les de route» politique incluant la transfor-Groupedecontact
mier rendez-vous de Londres, le 29 mars, contre les blindés et l’artillerie de Tripoli. tribus, la société civile et ceux qui autour mation du CNT en gouvernement, l’éla-
Mahmoud Jibril, le « premier ministre » Washington renvoie la balle en accordant de Kadhafi feraient défection. Pour boration d’une charte constitutionnelle
LESprincipauxpointsducommuni- du Conseil national de transition (CNT), a un satisfecit à l’Alliance. Le retrait des l’heure, ils sont peu nombreux, mais, et l’organisation d’élections à échéance
quéfinaldelaréunionàDoha: pris la parole. Il s’est vu gratifier de pro- avions américains « tueurs de chars » se avec une pression militaire accrue, des de six mois. Mais tout le monde, au CNT,
-LerégimedeMouammarKadhafia messes d’aide humanitaire et financière fait cruellement sentir, et on ne cachait sanctions financières, des menaces judi- n’est pas sur cette longueur d’ondes.
perdu sa légitimité et doit céder le ainsi que du statut d’«interlocuteurlégi- pas hier, côté français, l’impatience à les ciaires, les plus motivés au sein de la coa- «C’estunpeucommeunconseilmunicipal
pouvoirpourpermettreaupeupleli- time», une reconnaissance de facto, à voir revenir. Mardi, à Luxembourg, l’UE lition, Français et Britanniques en tête, enfolie», résume un diplomate français.
byendechoisirsonavenir.
défaut d’une formelle à n’a pu s’entendre sur une sécurisation espèrent resserrer un nœud coulant La coordination des initiatives devient
- La résolution 1973 du Conseil de
laquelle seuls la France, l’Italie et le Qatar militaire des convois humanitaires. autour de Kadhafi. Contrairement à ce urgente. Pour ce faire, le « groupe de
sécuritéappelantàuncessez-le-feu
ont jusqu’à présent consenti. «Nous ne «Nous n’irons que dans les endroits où que souhaite le CNT, son départ n’est contact » s’en remet à l’envoyé spécial deimmédiat, Kadhafi doit en consé-
voulonspasêtreamenésàl’aveniràrecon- nous pourrons aller sans être armés», donc plus un préalable à des négociations l’ONU, le Jordanien Abdel Ilah Khatib.quenceretirersestroupesdesvilles.
-Unesolutionpolitiqueestseulede
natureàasseoirunepaixdurableen
Libye. (…) Le maintien du régime
menacetoutesolutionàlacrise:son
départ doit ouvrir la voie à un pro- Lacoalitionmilitaireenquêtederenfortsetdecohérence
cessuspolitiquepermettantaupeu-
plelibyendedéciderdesonavenir. « Protecteur unifié » apparaît aussi ba- nationales à l’usage de la force. Dans les 1 million d’euros pièce, les projectiles deJEAN-JACQUESMÉVEL-Ilrevientaupeuplelibyendechoi- riolée qu’un costume d’Arlequin. Il y a faits, un tiers à peine des quelque 200 ap- précision finissent par coûter cher quandCORRESPONDANTÀBRUXELLESsir son gouvernement. Contraire-
ceux qui volent et qui bombardent, la pareils qui survolent la Libye s’enga- la campagne se prolonge et que l’ennemi
ment au régime actuel, le Conseil
DOHA a ouvert le chantier d’un règle- France et la Grande-Bretagne à gent dans des frappes, dit-on à se terre parmi les civils. L’Otan, empêtrée
national de transition (CNT) est un
ment politique sans Kadhafi, reste à me- hauteur de 50 %, appuyés par la l’Otan. Seulement six des 28 dans ses procédures, devrait aussi seinterlocuteurlégitime.
ner sans faillir la mission militaire confiée Belgique, le Danemark, la alliés acceptent d’ouvrir le montrer plus rapide en réduisant «à-Lesparticipantssontd’accordpour
à l’Alliance atlantique. Les mêmes ac- Norvège et le Canada. Il y a feu pour protéger les civils quelques heures» le délai qui séparecontinueràfournirunsoutienàl’op-
position libyenne, y compris toutes teurs, à commencer par Alain Juppé et ceux qui volent, repèrent les terrorisés par l’artillerie l’identification d’une cible de sa destruc-6
formesdesoutienmatériel. son homologue britannique William Ha- cibles et pourraient frapper, du colonel libyen, comme tion, dit-on de source française.
alliésdel’Otan-Ilsdécidentdemettreenplaceun gue, se retrouvent aujourd’hui à Berlin mais s’en gardent : l’Italie le prescrit la résolution du L’entrée en action d’une douzaine de
seulementsur28mécanisme financier temporaire avec l’espoir de redonner du mordant à sans doute, l’Espagne et la Conseil de sécurité du chasseurs bombardiers de plus suffirait
acceptentd’ouvrirpermettant de gérer les aides hu- une offensive aérienne guettée par l’enli- Suède peut-être. Il y a ceux 18 mars. pour combler le fossé, d’après un respon-
lefeuenLibyemanitaires. sement. Le rendez-vous des vingt-huit qui décollent sans pouvoir Pour remettre de l’ordre et sable au fait des besoins de l’état-major
-Ayantprisconnaissancedeladé- alliés de l’Otan au ministère fédéral des ouvrir le feu, tels les Pays-Bas, le surtout ragaillardir le « Protec- allié. Rome et Madrid seront sans doute
claration du secrétaire général de
Affaires étrangères, là où l’Allemagne a Qatar et les Émirats arabes unis (et dont teur unifié », Paris et Londres ont très courtisées à Berlin. Faute d’y parve-
l’ONU, Ban Ki-moon, qui estime que
choisi de s’abstenir quand la France et le les mauvaises langues prétendent qu’ils haussé le ton à l’approche du rendez-vous nir, les Européens risquent de s’exposer à
3,6millionsdepersonnespourraient
Royaume-Uni décidaient d’en découdre, encombrent les couloirs aériens). Pour fi- de Berlin. Les remontrances d’Alain Jup- une vexation : appeler discrètement leêtreaffectéesparlasituationenLi-
vaut tous les symboles. Depuis, la campa- nir, il y a les trois poids lourds qui ont re- pé et William Hague, diplomatiquement Pentagone à la rescousse, deux semainesbye, ils appellent à assurer de ma-
gne militaire n’a cessé de révéler davan- fusé d’entrer dans la campagne - l’Alle- adressées à l’Otan en tant qu’institution, après avoir pris les commandes de la pre-nière urgente l’assistance humani-
taireauxLibyens. tage de divergences entre Européens, de magne, la Turquie et la Pologne. visent également les autres contributeurs. mière campagne de l’Otan sans les États-
surcroît privés du leadership américain. Dans le jargon de l’Otan, cela s’appelle À Paris comme à Londres, le partage de la Unis. Washington s’y refuse. Mais les re-
eAu 25 jour de mission, la coalition lescaveats, autrement dit les restrictions facture entre aussi en ligne de compte : à belles libyens le réclament à cor et à cri.
DanslesruinesdeZawiya,citérebellematéeparlessoldatsdeKadhafi
lières du pays. La contre-offensive Ramadan Salem, l’ancien directeur, vi-DELPHINEMINOUI
ENVOYÉESPÉCIALEÀZAWIYA du régime sera radicale. Assiégée siblement mis au placard, il baisse lesITALIE
par les forces loyales à Kadhafi, yeux à chaque question embarrassante
GRÈCE TURQ.C’EST UN vaste terrain vague habité par Zawiya se retrouve coupée du res- sur le nombre de morts et la gravité des
la seule ombre d’un palmier. Une mer te du pays – comme l’est Misrata blessures.
de poussière dénuée de toute trace de aujourd’hui. En ville, une bataille Craint-il de se retrouver derrière lesMer
vie, à l’exception de ces quelques chats féroce oppose l’armée et les rebelles. barreaux s’il venait à dire la vérité ? OnMéditerranée
sauvages perdus dans les ruines des bâ- peut l’imaginer. Début mars, des jour-En témoignent ce commissariat calciné
tisses environnantes : un hôtel éventré, ou encore ces immeubles troués par des nalistes de la BBC, venus de manière in-TUN. Tripoli
une épicerie orpheline de son rideau de obus et criblés de balles.«Ilyadescada- dépendante à Zawiya pour rendre
fer, un café-squelette. vresquijonchentlesrues.L’autrejour,les compte des faits « réels », en ont payéZawiya
Depuis que les forces pro-Kadhafi ont miliciensontmêmetirésuruneambulan- le prix fort. Arrêtés pendant plusieurs
reconquis Zawiya, il y a exactement un ce.Lacitéestauborddel’agonie», nous jours par les miliciens de Kadhafi et me-LIBYE
mois, un encombrant vide s’est emparé confiait, à la mi-mars, une habitante de nacés de mort, ils ont été les témoins
de la place des Martyrs. De sa mosquée Zawiya contactée par téléphone. des pires actes de torture sur des cen-
au minaret blanc, il ne reste plus rien, Depuis que les communications parZone
pas même une petite pierre. Emblème d'exclusion téléphone mobile ont été interrompuesALG.
aériennede la résistance de cette ex-ville rebelle dans la ville, nous sommes sans nouvelle «Ici,mêmelesmortsde l’ouest du pays pour avoir servi, à NIGER d’elle, comme de ces différents méde-
SOUD.tour de rôle, d’hôpital de fortune, de cins qui nous racontèrent, au pic des sontencombrants!»TCHAD300 km
centre de repli stratégique et de cache combats, l’afflux de blessés et l’enlève-
d’armes pour les insurgés, l’édifice reli- ment, par les mercenaires de Kadhafi, de
gieux a été littéralement rasé. certains insurgés jusque dans leur lit taines d’opposants libyens emprison-
Écrasé sous le rouleau compresseur d’hôpital. nés. Si les officiels du régime s’éver-
de la répression.«C’estcommesileré- tuent à nous répéter que les rebelles se
Actesdetorturegimeavaitcherchéàenfaireunexemple sont évadés vers la Tunisie, il est fort
Situéeàune
pourl’Histoire,unemiseengardeféroce L’hôpital, justement. Ce jour-là, son probable qu’ils s’entassent actuelle-
cinquantaine
adresséeàMisrata,Benghazietàtoutes bâtiment n’échappe pas à la visite orga- ment dans des geôles secrètes. Quant
dekilomètres
les autres cités qui continuent à résister nisée par les officiels du régime. Dans aux victimes de la contre-offensive dudeTripoli,Zawiya
au pouvoir du dirigeant libyen», nous son hall décoré d’un nouveau portrait pouvoir, il est impossible d’établir unestaujourd’hui
confiera, plus tard, un professeur de so- géant de Kadhafi, Faouzia al-Hadi nous décompte. D’après les témoignages, lesune ville
ciologie. attend de pied ferme. Cette femme au morts ont souvent été enterrés dans lesàl’agonie,
coupéedureste foulard noir et au rouge à lèvres rose jardins privés. Au pic des combats, les
Ventderévolte dupays. fluo est une des représentantes du co- rebelles avaient, pour leur part, impro-
CHINENOUVELLE/Organisée, la semaine dernière, par les mité populaire local.«Dieusoitloué,la visé un minicimetière sur la place des
SIPAautorités de Tripoli, la visite de Zawiya sécurité est de retour», se flatte-t-elle Martyrs, juste en face de la mosquée.
est l’illustration flagrante d’un régime en vantant le calme – inhabituel – qui Lors d’un précédent voyage de presse
certes fragilisé par les frappes de l’Otan, de près la révolution de la Tunisie voisine les rebelles. Pour Kadhafi, l’affront est règne en ville. Des propos aussitôt réi- « officiel », le 5 mars, les journalistes
mais capable des pires exactions pour – sa frontière est à moins de deux heures indigeste. D’abord parce que Zawiya, si- térés par un jeune médecin, Saleh Ibra- avaient pu y dénombrer une vingtaine
assurer sa survie. Quand la Libye com- de route. Le 27 février, les insurgés finis- tuée à seulement 50 kilomètres de la ca- him, présenté comme le tout nouveau de tombes. Aujourd’hui, elles ont, elles
mence à bouillonner mi-février, Zawiya sent par prendre le contrôle du centre- pitale, constitue le dernier verrou avant directeur. En fait, c’est comme si tous aussi, été rasées. «Ici, même les morts
fait partie des premières villes à s’inspi- ville. Les portraits du dirigeant libyen Tripoli. Ensuite parce que cette agglo- ceux qui en savaient trop avaient été sontencombrants», souffle un homme,
rer du vent de révolte qui souffle sur le sont brûlés. Des mercenaires sont arrê- mération de 250 000 habitants héberge évincés. Le visage tendu, les infirmières croisé dans une rue adjacente, avant de
monde arabe. Ici, les habitants ont suivi tés. Des tanks de l’armée sont saisis par une des plus grandes raffineries pétro- se contentent de raser les murs. Quant à disparaître à travers les ruines.
ÉGYPTEjeudi14avril2011 LEFIGARO
Dossierspécial:révoltes
danslemondearabe6 international
WWW.LEFIGARO.FR/INTERNATIONAL
LeQatarprendlecontre-pieddu
printempsarabe IRAN
Dans le richissime émirat, les rares voix
BAHREÏN
ARABIEcritiques réclament plus de conservatisme. DohaSAOUDITE Golfe
PersiqueconstatonscheznosvoisinsauYémenou QATARDENOTREENVOYÉSPÉCIALÀDOHA
à Bahreïn», prévient l’universitaireGEORGESMALBRUNOT
Mohammed al-Misser. Mais dans ce ÉMIRATS
ARABES UNISGOLFE PERSIQUE Le long de la marina pays ouvert sur le désert, la quête de
de l’île de la Perle, les yachts rutilants changement est très particulière : elle 100 km
sont alignés au pied de somptueux im- est exprimée par quelques tribus écar-
meubles, déjà prêts pour accueillir les tées du partage de la rente ou instru-
délégations de la Coupe du monde 2022, mentalisées par le frère ennemi saou- UnQatarien,leregardtourné
verslesimmeublesencoreenque le Qatar a été chargé d’organiser. Le dien, qui réclament davantage de
constructiondel’îledelaPerle,soir venu, à quelques encablures du conservatisme et une pause dans la
àDoha,le30octobredernier.centre-ville de Doha, on croise le coif- course effrénée au modernisme.
Cetimmensecomplexefeur français de l’émir et madame, flâ- «Franchement,nousn’avionspasbe-
devraitêtreprêtpouraccueillir
nant entre boutique Hermès et succur- soin d’organiser la Coupe du mon-
lesdélégationsdelaCoupedu
sale Jaguar. de», critique à demi-mot
mondeen2022. SGALLUP/GETTY
Ce vaste complexe immobilier gagné Hassan al-Ansari, le rédac-
sur la mer est le dernier projet pharao- teur en chef de Qatar Tri-
nique du Qatar. D’un coût estimé à bune. La perspective de 20 EN BREF20 milliards de dollars, il illustre l’opu- voir des milliers de hooli- milliardslence de cet émirat devenu, grâce à ses gans débarquer sur la ter-
dedollars.Telestlecoûtgigantesques réserves de gaz, le pays le re wahhabite une bou- Lapolicechinoisecible
duderniercomplexe
plus riche au monde par tête d’habitant. teille de bière à la main en unmonastèretibétainimmobiliergagné
Mais le Qatar ne se singularise plus seu- heurte déjà plus d’un. surlamer Desaffrontementsopposantdes
auQatar«Pourquoi dépenser 55 mil- habitantsauxforcesdesécurité
liardsdedollarspourdesinstalla- chinoisesontéclatésurlesiteDenombreuxQatariens tions qui seront démontées au bout d’un prenant le danger, l’émir a mis un ter- gionales (Liban, Yémen), le danger pro- d’unmonastèretibétain
s’interrogentsurlafrénésie mois?», renchérit un autre officiel. De me à l’entrisme de la Rand. Et la viendrait plutôt des tensions, qui se font deKirti,danslaprovince
nombreux Qatariens s’interrogent éga- cheikha a été priée de se faire plus dis- jour au sein de la famille dirigeante. duSichuan(sud-ouestd’investissement
lement sur la frénésie d’investissements crète. Après une première alerte à l’été 2009, delaChine),arapportéhieràl’étrangerdeleurpays à l’étranger.«PourquoilaFondationdu début mars, une pétition a circulé sur l’associationInternational
Tensions au sommetQatar doit-elle dépenser 100 millions Internet, émanant de certains exclus du CampaignforTibet(ICT).
lement par l’activisme de sa diplomatie d’euros pour faire sa publicité sur les Abreuvés d’informations sur les révol- pouvoir et demandant une lutte accrue UnbonzedeKirtis’estimmolé
conciliatrice ou par cette richesse quasi maillotsduFCBarcelone?», se deman- tes arabes par al-Jezira, ses habitants, contre la corruption. parlefeulemoisdernier,
insolente. Il est aussi le seul État de la de Mohsen Marzouk, à la tête d’un cen- en revanche, n’ont rien à se mettre sous Plus grave, un dimanche matin, des enmémoiredesémeutes
région à avoir été épargné, jusqu’à tre de recherches. la dent quand ils regardent la chaîne qa- officiers de l’armée auraient tenté de se antichinoisesde2008àLhassa.
maintenant, par la vague de contesta- Créée par la très dynamique épouse tarienne, muette sur l’actualité locale. diriger vers le Palais de l’émir. «Ce
Israël:leministretion qui secoue le reste du monde arabe. de l’émir, cheikha Moza, la Fondation Pourtant, «nous avons aussi des de- n’était pas une tentative de coup d’État,
desAffairesétrangères,Le 16 mars, un début de manifestation du Qatar est la cible de critiques des mandespolitiques, affirme le professeur mais ilyaeuun petit quelque chose»,
menacédepoursuitesannoncée sur Facebook n’a pas rassem- franges conservatrices de la société, al-Misser.LesgensveulentunParlement nous confirme un homme d’affaires qui
judiciairesblé la moindre âme rebelle dans les rues notamment pour le rôle que le think- élu,etquelesélectionsmunicipalespro- a ses entrées au Palais.«Ilfautqu’ilsse
de Doha.«Icilamanneestbienrépartie tank américain, Rand Corporation, a mises aient bien lieu», ajoute-il. Pour méfient, ajoute-t-il. Quand on a trop Leprocureurgénérald’Israël
entre seulement 200000 Qatariens qui voulu y jouer. «La Rand avait mis la l’instant, seul un Majlis al-Shoura exis- d’argent, cela suscite des appétits.» Et envisagedepoursuivre
n’ontpasvraimentderaisonsdeseplain- haute main sur l’éducation, en hissant te, mais les membres de cette assemblée de rappeler que l’actuel émir a démis leministredesAffaires
dre», observe un diplomate occidental. l’anglaisaumêmeplanquel’arabeeten sont désignés par le pouvoir et ils n’ont son père en 1996, un an avant que ce étrangèresAvigdorLieberman,
«Pourtant, le Qatar sera tôt ou tard reléguant la religion dans les program- qu’un rôle consultatif. Pour ce pays en dernier ne cherche, en vain, à recon- chefdupartinationalisteIsraël
visé par la vague de réformes que nous mes», ajoute Mohsen Marzouk. Com- pointe dans le règlement des crises ré- quérir le trône. Beiteinou,pourblanchiment
d’argent,fraudeetsubornation
detémoin.Encasd’inculpation,
cedernierdevraitquitterle
gouvernementNetanyahouetIsraëlredoutedesubirun«tsunamidiplomatique» pourraitalorsentraînerune
crisepolitiquesisonparti
venait,parsolidarité,àquitterPlus d’une centaine de pays sont prêts à reconnaître un État palestinien en septembre prochain.
lacoalitiondedroiteaupouvoir.
trois rapports publiés ces derniers jours, que je vais dire et à quel moment je vais le mort depuis deux ans. La plupart des com-MARCHENRY Irak:exhumationdescorpsaffirmé que Salam Fayyad, le premier mi- dire », a-t-il concédé cette semaine. L’État mentateurs restent très sceptiques sur l’ef-JÉRUSALEM de812victimesdeSaddamnistre palestinien, avait réussi à mettre en hébreu a rarement été aussi isolé. Selon un ficacité de ce plan que les Palestiniens et la
PROCHE-ORIENT Israël serait menacé place les institutions politiques et écono- diplomate israélien, le message de Benya- plupart des pays européens n’ont aucune Plusde800corpsdevictimes
d’un «tsunami diplomatique». Cette ex- miques indispensables pour créer un État min Nétanyahou «ne passe pas, on ne chance d’accepter. De plus, la «crise de del’époquedeladictature
pression, lancée par le ministre de la Dé- viable. Bref, Benyamin Nétanyahou se re- l’écoute plus vraiment». «La plupart de confiance» avec le grand allié américain a deSaddamHusseinontété
fense Ehud Barak, fait florès. Elle est repri- trouve le dos au mur. nosinterlocuteursnecessentdenousrebat- atteint un tel point que «Barak Obama découvertsdansunefosse
se depuis quelques jours par les tre les oreilles en nous expliquant qu’il faut n’estplusprêtàacheterlamoindrevoiture communesituéedanslaplaine
commentateurs pour exprimer leurs profiter du vent de démocratie qui souffle d’occasionàBenyaminNétanyahou», esti- d’Akkaz(ouestdupays),
«L’importantcraintes d’un vote quasi unanime sur la re- danslespaysarabespournégocier,comme me Shimon Shiffer du quotidien Yédiot aannoncéhierleministre
estdelaisserretomberconnaissance d’un État palestinien, lors de silesdeuxchosesétaientliées», ajoute-t-il Aharanot. irakiendesDroitsdel’homme,
lebrouhahadesvoixla prochaine Assemblée générale des Na- avec amertume. Moshé Arens, ancien ministre de la Dé- MohammadChiaaal-Soudani.
quisefontentendredèstions unies, dans cinq mois. Un commen- fense et chef de la diplomatie, qui a mis le Seloncelui-ci,«ontété
qu’ils’agitderéclamer Les commentateurs sceptiquestateur a même évoqué un «septembre pied à l’étrier à Benyamin Nétanyahou au retrouvéslescorps
unretraittotalisraélien»noir». Ce scénario, qui prévoit un appel au Conscient du danger, Benyamin Nétanya- tout début de sa carrière politique, estime d’hommes,defemmes
MOSHÉARENS,retrait israélien sur les lignes de 1967, hou a organisé des fuites sur une possible en revanche qu’il n’y a pas péril en la de- etd’enfants».
EX-MINISTREDELADÉFENSEc’est-à-dire hors de Cisjordanie et de la initiative. Ses proches évoquent un trans- meure et qu’il laisse passer la vague.«Is-
partie arabe de Jérusalem, semble en effet fert de contrôle d’une plus large partie de raëlneserapasdévastéenseptembrecom-
pratiquement impossible à conjurer. Pour l’heure, le premier ministre s’est la Cisjordanie à l’Autorité palestinienne, mel’aétéleJapon.L’importantestderester
Plus d’une centaine de pays sont prêts à contenté de dénoncer par avance une pos- sans toucher aux colonies israéliennes. Le calme, de laisser retomber le brouhaha de
sauter le pas, y compris en Europe. En sible déclaration d’indépendance unilaté- premier ministre serait aussi favorable à la tousceuxquifontàchaquefoisentendreleur
outre, la Banque mondiale, le Fonds mo- rale, tout en admettant qu’il n’a pas de tenue d’une conférence internationale vi- voix dès qu’il s’agit de réclamer un retrait
nétaire international et l’ONU ont, dans plan alternatif. «Je ne sais pas encore ce sant à relancer des négociations au point totalisraélien», suggère Moshé Arens.
Souspression,l’arméeégyptienneserésigneàfairearrêterMoubarak
Le raïs et ses deux fils ont été placés en détention dans le cadre de l’enquête sur la répression de la « révolution du Nil ».
L’enquête vise également ses deux l’ancien régime, dont le clan Moubarak, deux mois, alors que la rumeur les a plu-TANGISALAÜN
fils, Gamal, longtemps considéré com- a empoisonné ces dernières semaines les sieurs fois accusés d’être partis pour
ÉGYPTE Deux mois pratiquement jour me son possible héritier, et Alaa, un relations entre les généraux et les « hé- l’étranger, notamment en Arabie saou-
pour jour après sa démission, Hosni homme d’affaires influent. Les deux ritiers » de la révolution, qui réclament dite ou en Jordanie.«Lesinterrogatoires
Moubarak n’est plus un homme libre. hommes ont, eux, été incarcérés hier de plus en plus ouvertement la démis- ont forcément été filmés et même si les
Hospitalisé depuis mardi soir à Charm matin dans la prison de Tora, au sud de sion du ministre de la Défense, Moham- images peuvent être dures, une capture
el-Cheikh, le raïs déchu a été placé en la capitale. Dans cet établissement, qui a med Hussein Tantaoui. Une tension qui d’écran calmerait les millions de scepti-
détention provisoire pour quinze jours accueilli pendant trente ans les princi- a culminé dans la nuit de vendredi à sa- ques», estime la blogueuse Zeinobia.
dans le cadre d’une enquête sur la mort paux opposants au régime, les frères medi dernier avec la répression meur- Reste enfin à mesurer l’impact de ces
de plus de 800 manifestants pendant la Moubarak ont retrouvé de nombreux trière d’une manifestation sur la place arrestations sur l’opinion publique,
« révolution du 25 janvier », selon un caciques de l’ancien parti au pouvoir. Tahrir. alors que la question du maintien en dé-
bilan du ministère de la Santé. Il est éga- Parmi eux, son ancien homme fort, tention de Hosni Moubarak risque de se
Premier pas vers un procèslement soupçonné de détournement de Safwat el-Chérif, un des principaux poser dans quinze jours. Si ses deux fils
fonds publics et de corruption, accusa- symboles de la corruption aux yeux des En permettant l’arrestation de Hosni sont impopulaires, nombre d’Égyptiens
tions qu’il a rejetées ce week-end dans Égyptiens, qui vient lui aussi d’être em- Moubarak, premier pas vers un éventuel continuent en effet de penser que le pré-
un message audio diffusé par la chaîne prisonné pour quinze jours. Ou encore procès, le CSFA semble indiquer qu’il sident déchu ne mérite pas une fin«in-
saoudienne al-Arabeya. À bientôt l’ex-ministre de l’Intérieur, Habib el- n’est pas prêt à protéger à n’importe digne». Des sources officielles recon-
83 ans, Hosni Moubarak devrait rester à Adly, le premier à avoir été sacrifié sur quel prix l’ex-raïs. Mais cette décision, naissent en outre qu’il ne sera pas facile
l’hôpital tant que son état, qualifié l’autel de la révolution. qui a été saluée par les révolutionnaires de prouver que la plupart des avoirs et
d’«instable», le justifie. Il aurait fait, La réticence, ou au moins le peu ainsi que par la Bourse, en hausse de des biens des Moubarak ont été obtenusHosniMoubarak,bientôt83ans,aurait
fait,mardi,une«crisecardiaque»ou selon les sources, une «crise cardia- d’empressement, du Conseil suprême 1,9 %, suscite encore une certaine mé- illégalement. Après ce nouveau rebon-
dela«tachycardie»lorsd’unpremier que» ou de la «tachycardie», mardi, des forces armées (CSFA) à traduire en fiance. D’autant qu’aucune image du dissement, la saga est donc loin d’être
interrogatoire. KHALEDDESOUKI/AFP lors d’un premier interrogatoire. justice les principaux responsables de raïs ou de ses fils n’a été diffusée depuis terminée.
CLEFIGARO jeudi14avril2011
7international
Les33mineurschiliensrestenthantésparleurépreuve
Six mois après leur sauvetage, les rescapés d’Atacama peinent à reprendre une vie normale.
chard Villarroel, 27 ans, autre mineur faire «plus attention» à lui. À l’inverse, (75 % de leur salaire) accordée après l’ac- fait fureur dans de nombreux shows télé-
LUCILEGIMBERG
coincé par 700 mètres de fond, confirme : Richard regrette d’être «dans les nua- cident. «Je vis avec l’argent que nous a visés aux États-Unis. D’autres, comme
ENVOYÉESPÉCIALEÀCOPIAPO(CHILI)
«Jenedorsquequelquesheuresparnuitet ges». Ou alors, ajoute-t-il,«jem’énerve donnéFarkas», dit Richard. Millionnaire Omar et Mario Sepulveda (le « reporter »
AMÉRIQUE LATINE Dans l’arrière-cour jefaisdescauchemars. » pourunrien,mesprochesdoiventmecal- chilien excentrique, Leonardo Farkas a de la première vidéo envoyée par les mi-
de sa maison, au centre-ville de Copiapo, De retour dans la maison de sa mère, au mer.Avant,jen’étaispascommeça.» offert 8 000 euros à chacun des 33. neurs), tirent des revenus de leur partici-
Omar Reygadas, 57 ans, profite de l’air sud du Chili, Daniel Herrera, 27 ans, est pation dans les médias ou de conférences
Rêvesmodestesfrais de la fin d’après-midi. Jeans, polo lui aussi hanté par les souvenirs de la données au Chili et à l’étranger.«J’essaiedem’occuper,turquoise et kit mains libres à l’oreille, le mine.«J’essaiedem’occuperlepluspos- Six mois après, le retour au travail semble Mais les rêves des 33 ne sont pas ceux
mineur a la mine enjouée des préretraités sible,devoirdesamis,pourquelessouve- lointain et difficile. «Plusieurs d’entre de millionnaires. «Avoir une maison, undevoirdesamis
en forme. Il y a six mois, pourtant, lors nirsneremontentpas,maisc’estdifficile, noussontdéjàvieux,beaucoupn’ontpasle bontravailetfonderunefamille», dit Da-pourquelessouvenirs
d’un spectaculaire sauvetage suivi par les çamedéprimebeaucoup.» Daniel est l’un bacetnosproblèmespsychologiquesjouent niel. «Ouvrir une boulangerie pour maneremontentpas»médias du monde entier, Omar était par- des 33 encore en arrêt de travail pour rai- en notre défaveur», explique Omar. Ri- femme et donner une bonne éducation à
mi ces 33 Chiliens extirpés des entrailles sons médicales. Il est suivi par un méde- chard Villarroel en a fait l’expérience. Dé- mon fils», confie Richard, jeune papa.
de la mine de San José, après 69 jours pas- cin, un psychologue et un psychiatre. Et Malgré leurs espoirs de richesse et des claré guéri par les médecins, le jeune «Travailler au Service national de géolo-
sés sous terre en raison d’un éboulement. ne sait pas dire s’il sera «capabledesur- voyages aux quatre coins du monde - homme a été débouté lors d’un entretien gieetdesmines, indique Omar,pouramé-
Aujourd’hui,«lamajoritéd’entrenous montercetteexpérience ». États-Unis, Israël, Grèce, Grande-Breta- d’embauche dans le secteur minier,«en liorer la sécurité des collègues.» Depuis
souffre de troubles du sommeil, explique L’enfermement et la peur de la mort gne, Espagne… -, une bonne partie des raisondetroublespsychologiques». l’épisode de San José, plusieurs accidents
Omar, ancien porte-parole des 33.Moi,je ont modifié le comportement des mi- mineurs assure ne tirer que peu ou pas de Certains s’en sortent tout de même sont survenus dans d’autres mines au
nem’endorspasavant4heuresou5heures neurs. Ancien fêtard, habitué à conduire revenus de cette célébrité. Beaucoup ne mieux. Edison Pena, le fan d’Elvis Presley Chili, sans retentissement médiatique.
dumatinetjesuisréveillédès7h30 ». Ri- «mêmeaprèsquelquesbières», Omar dit perçoivent plus l’assurance médicale qui courait dans les galeries de la mine, a Des accidents mortels cette fois.
Ouattaras’engageànepashumilier
lecampGbagbo
Le président, qui appelle les Ivoiriens
à tourner la page, a promis hier de traiter
son adversaire déchu avec « respect ».
En attendant, il est urgent de ne pas
TANGUYBERTHEMET
humilier les vaincus. À commencer par
ENVOYÉSPÉCIALÀABIDJAN
le premier d’entre eux, Laurent Gbagbo.
AFRIQUE DE L’OUEST Alassane Ouattara Il est urgent de faire oublier les images de
ne veut pas de revanche. Hier, le prési- l’arrestation, montrant Gbagbo en
dent ivoirien, maintenant presque in- maillot de corps et son épouse Simone,
contesté, s’est attaché à habiter sa fonc- échevelée, se faisant rudement botter les
tion si chèrement acquise. «La crise fesses par des soldats ravis. Pour ce faire,
électorale est terminée», a-t-il affirmé, Alassane Ouattara a insisté : «Laurent
répugnant à revenir plus en détail sur les Gbagboseratraitéaveclerespectdûàson
quatre mois qui ont entraîné la Côte rangd’ancienchefd’État.» Il a été confié
d’Ivoire tout près du chaos.«Jepréfére- hier à la garde des Nations unies, qui
rais ne pas revenir sur le passé car cela l’ont transporté avec sa femme dans une
avive les rancœurs. Il n’y aura pas de re- villa des alentours d’Abidjan où il sera
présailles», a-t-il insisté. désormais détenu avec ses proches.
L’avenir du couple Gbagbo demeure ce-
pendant à définir. Alassane Ouattara seL’ex-présidentserefuse refuse pour l’heure à trancher entre une Deuxhommestraversentl’avenueValéry-Giscard-d’Estaingdontlaplupartdesmagasinsontétépillés,hieràAbidjan. SIAKAMBOU/AFPàtrancherentre procédure devant des tribunaux ivoi-
riens et la justice internationale. «J’ai nes Patriotes, ou encore l’ex-président glés», a concédé Alassane Ouattara. Le habitant. Terrorisés, plusieurs milliers deuneprocéduredevant
saisi le ministre de la Justice qui définira du port d’Abidjan, qui symbolise la cor- commandant Watao, numéro deux des personnes auraient trouvé refuge dansdestribunauxivoiriens lessuitesàdonner.» ruption effrénée des années Gbagbo. Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire, est des églises. À Cocody, centre de durs
Le devenir de l’entourage du président frontières terrestres du pays ont été fer- nettement plus direct.«Jenesuispasfier combats, des camions de la Croix-Rougeetlajusticeinternationale
déchu est tout aussi incertain. Nombre mées lundi soir et l’ordre a été donné de devous», a-t-il lancé à ses hommes ran- s’attachent à ramasser les cadavres.
L’homme ne veut plus parler que de des anciens barons du régime sont en fui- fouiller les voitures quittant le pays. gés au garde-à-vous sur le grand terrain Ailleurs dans Abidjan, les avenues ne sont
reconstruction, de réconciliation. Devant te. Les 106 personnes interpellées au côté de football de l’hôtel, transformé en place plus vides. Hier, dans la matinée une voi-
Traquedescaciquesla presse, hier, Alassane Ouattara a même de Laurent Gbagbo ne sont pour la plu- d’armes. Les sourires ont disparu.«Vous ture, puis deux ou trois se risquaient
de curieux accents de lendemain d’élec- part que des membres de sa famille, des À l’hôtel du Golf, encore pour quelques avezvolé.Lespopulationsfuientquandel- même sur les ponts. Dans la capitale éco-
tions, saluant«lamaturitédémocratique seconds couteaux, voire de simples do- jours siège du pouvoir, on répugne à par- lesnousvoientaulieudenousaccueilliren nomique, le retour à la vie normale était
desIvoiriens» qui se sont«rendusmassi- mestiques. Visiblement très isolé, l’ex- ler de cette traque des caciques. Tout libérateurs. Le prochain qui vole, je le tue encore loin. Lentement, le sud de la ville
vement aux urnes» et remerciant, com- président ne pouvait s’appuyer que sur comme des pillages qui ont ravagé Abid- moi-même», a braillé l’officier. se repeuplait cependant, manifestation
me il se doit, «les électeurs ayant voté l’ancien ministre de l’Intérieur Désiré jan avant-hier, imputables pour la plu- Hier, à Youpougon, fief de Laurent de la surprenante capacité des cités afri-
pour [lui]» ainsi que«ceuxquine [l]’ont Tagro, décédé depuis. Des recherches ont part à des soldats vainqueurs décidés à Gbagbo, la peur restait présente. «Les caines à tourner la page. À Treichville,
paschoisi». Des paroles qui, si elles peu- été activement lancées pour retrouver les monnayer les sacrifices des dernières an- soldatsrebellessontdanslesruesetarrê- Henri avait même remonté son stand de
vent sembler déplacées alors que la guer- grands noms de l’ancien régime, notam- nées.«Nousavonsdesproblèmesdecette tenttoutlemonde.Ilsfouillentlesmaisons vente de cigarettes. Pour s’agacer, l’air
re menace encore, ne sont pas gratuites. ment Charles Blé Goudé, le chef des Jeu- nature, mais ils sont en voie d’être ré- et pillent», témoigne, par téléphone, un étonné, du manque de clients.
Fracturesethniques
Le premier défi du nouveau chef d’État
sera de regagner la confiance. Les luttes
politiques et les coups de canon de ces AbdoulayeWade:unevictoirepourladémocratieenAfrique
dernières semaines ont considérable-
ment élargi les fractures ethniques dans pouvoir, ce n’était plus la peine d’or- des de Gbagbo. La décision vient donc Etmaintenant,
PROPOSRECUEILLISPAR
le pays, réveillant la peur au sein de la ganiser des élections en Afrique. de nous, les Africains. Le président du queldoitêtresonsort?PIERREPRIER
population pro-Gbagbo. Hier, Alassane Bénin, celui du Nigeria et moi-même Doit-ilêtrejugé?
Ouattara a annoncé la mise en place LE PRÉSIDENT sénégalais, Abdoulaye L’actiondelaFrance,sousmandat avons été informés d’heure en heure Je suis en rapport avec Alassane Ouat-
d’une commission « Vérité et réconci- Wade, tire les leçons des événements de del’ONU,aétédécisive.L’Afrique par les autorités françaises. tara, dont j’approuve la décision de
liation » chargée de purger le passé, à Côte d’Ivoire. Et tient à rappeler que les a-t-ellepleinementassumésonrôle? présenter Laurent Gbagbo à la justice.
l’image de celles montées au Liberia et Africains ont joué un rôle de premier La communauté des États de l’Afrique Devait-onutiliser Cela me paraît juste. Il va le garder en
surtout en Afrique du Sud.«J’aiappeléle plan dans le rétablissement d’Alassane de l’Ouest (Cédéao) s’est très tôt em- lesForcesfrançaisesjusqu’aubout? résidence surveillée pour donner le
présidentZumapourqu’ilnousfassepart Ouattara à la présidence. parée de la question. Au début de la Il fallait aller vite. Si on ne l’avait pas temps au tribunal de se préparer.
desonexpérienceetdesesconseils.» crise, nous nous sommes réunis à fait, il y aurait eu beaucoup plus de dé-
LEFIGARO.–Quellesréflexions Abuja, la capitale du Nigeria. Tous les gâts et de morts. À la fin, la situation Maisilapparaîtquedesviolences
vousinspirentlachute chefs d’État de l’organisation étaient dégénérait. Les milices de Gbagbo ontétécommises
deLaurentGbagbo? présents, à l’exception du président de s’attaquaient à tous les Ouest-Afri- parlesdeuxcôtés:
AbdoulayeWADE.– C’est une la Gambie. À l’unanimité, nous avons cains. Certains ont été brûlés vifs, dont lajusticenedevrait-elle
très bonne chose. À l’avenir, demandé à Laurent Gbagbo de partir des Sénégalais. Nous avons demandé pass’intéresseràl’ensemble
aucun chef d’État africain ne et décidé d’utiliser éventuellement la le soutien de la France pour détruire descrimescommisenCôted’Ivoire?
pourra plus s’aviser de refu- force pour l’y obliger. Les chefs d’état- les canons, tout en demandant à être Tout cela devra être clarifié. Qui a
ser le verdict des urnes. Si major de nos différents pays se sont informés de son action. Mais ce ne sont agressé, qui n’a pas agressé… L’action
Abdoulaye l’on avait accepté le main- réunis pour dresser des plans. pas les Français qui ont arrêté Gbagbo, des troupes d’Alassane Ouattara s’ins-
Wade: tien de Laurent Gbagbo au ce sont les Forces républicaines de crit dans la décision de la Cédéao. Cer-
«Ilfallait L’Unionafricaine,poursapart, Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara. tes, on n’a pas dit «Tuez les gens»,
allervite. amislongtempsàsedécider. mais on a dit «Utilisez la force.» Il a
Sionnel’avait
Lesorganisationsrégionales Touteslesvoiesdelanégociation toujours été question d’utiliser les For-Àl’avenir,pasfait, « sont-ellesmieuxàmêmederéagir? avaient-ellesétéépuisées?Était-il ces nouvelles, devenues Forces répu-
ilyaurait aucunchef L’UA a entériné notre décision. Cha- vraimentimpossibledeconvaincre blicaines. Cela ne posait pas de problè-eubeaucoup
cun d’entre nous, les chefs de l’État de LaurentGbagbodepartir? me.d’Étatafricainplusdedégâts
l’Afrique de l’Ouest, avons appelé Ce n’est pas faute d’avoir essayé. J’aietdemorts.» nepourra
ceux de nos homologues africains avec essayé dix fois de l’appeler au télé- Allez-vousvousrendreLEMOUTON/
pluss’aviserABACAPRESS lesquels nous avions les meilleures re- phone pour le décider à quitter le enCôted’Ivoire?
derefuser lations, pour les convaincre. Puis pouvoir. Il n’a jamais voulu me pren- Je ne veux pas interférer dans les affai-
l’Union africaine a saisi le Conseil de dre à l’appareil. J’ai pu parler une fois res intérieures de ce pays. Mais j’assis-leverdict
sécurité de l’ONU, qui a donné mission à son aide de camp. J’ai du mal à terai certainement à la cérémonie
desurnes ! à la France de détruire les armes lour- comprendre son attitude. d’investiture d’Alassane Ouattara.»
A