Magazine Le Figaro du 16 mars 2013

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Venez lire le Figaro magazine du 16/03/2013

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Date de parution 16 mars 2013
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Langue Français

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1,60€ samedi16-dimanche17mars2013 LE FIGARO-N°21342-www.lefigaro.fr-Francemétropolitaineuniquement Dernièreédition
lefigaro.fr
DISPARITION PICASSO
EwaldvonKleist, Londresexpose
ledernierconjurédu les20toilesqui
complotcontreHitler ontrévélésongénie
PAGE2 PAGES28ET29
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
PRIMAIRESCarlaBruni,
L’UMP-Paris
FrançoisHollande tentedecalmer
lejeu PAGE3etle«pingouin»
VATICAN
LePapeimprime
sonstylejovial
etdirectPAGE8
NEIGE
Despneushiver
pourtous ?PAGE10
AUTOMOBILE
Renault
commercialise
saZOEtout
électriquePAGE20
LIGUEDES
CHAMPIONS
LePSGvadéfier
leBarça PAGE12
LadécisiondeFrançoisHollandedelivrerdesmissiles TITANICàdesopposantssyriensdérangelesdirigeants
Leviolonrefaiteuropéensetdiviselaclassepolitiquefrançaise.
PAGE6ETL’ÉDITORIAL surfacePAGE27
Dans les Little French Songs de son nouvel album, L’appeldes170juristescontreCarla Bruni-Sarkozy s’en prend à un énigmatique
pingouin « au petit air souverain » qui a « l’air tout seul
dans son jardin ». Des paroles piquantes qui pourraient lemariagehomosexuel PAGE9
évoquer le successeur de son mari à l’Élysée. La revanche
d’une passation de pouvoir un peu fraîche ? PAGE4
parPhilippeGélieéditorial pgelie@lefigaro.fr
VIDÉO–Lemeilleur
etlepiredelatélé
cettesemaine
video.lefigaro.fr

Sondage :
lesFrançaisontbesoin Grisé, peut-être, par le FrançoisHollandesemblecroirequ’unren-
d’unmomentderépit succèsmilitaireremporté forcementdel’oppositionpousseraitBachar
jusqu’ici dans sa campa- el-Assadàaccepterunesolutionnégociée…www.lefigaro.fr
gne du Mali, François quinepeutpasserqueparsondépart.Naï-
Hollande voudrait-il en- veté ou cynisme? Si ce raisonnement était
Questiondujour
gagerlaFranceetl’Euro- valide, il ne serait pas nécessaire d’ajouter
Réponsesàla pedansleconflitsyrien?DavidCameronse nos missiles à la poudrière syrienne. Mal-
questiondevendredi : ditprêtàl’accompagnerdanscetteaventu- heureusement,lafournitured’armesneré-
LepapeFrançois re au nom d’un «impératif stratégique»: duirapaslerisquederadicalisationdelaré-
est-ilunbonchoix aprèsdeuxansdemassacres,armerlesre- bellion, ni celui de se retrouver face à un
pourl’Églisecatholique? bellesseraitdevenuindispensablepoursor- pouvoirhostileunefoislaguerrefinie.
tir du «blocage» militaire et favoriser une FaceauxcrimesodieuxdutyrandeDamas,Non:13% solutionpolitique. laFrancealedevoirdenepasresterpassi-
Leprésidentjoueaveclefeu.Mêmes’ilsne ve.Débutmars,àMoscou,FrançoisHollan-Oui:87% sontpasmajoritairesauseindelarébellion, de avait défendu l’ouverture d’un dialogue
les groupes djihadistes et salafistes ont le entrelaCoalitionnationalesyrienne,vitri-20016votants
vent en poupe en Syrie. Comment croire neprésentabledelarébellion,etunefigure
Votezaujourd’hui qu’une «cartographie» des centaines de «acceptable» du régime actuel. On l’avait
surlefigaro.fr factions combattantes suffirait à empêcher cru alors intimidé par l’ours russe. Depuis,
LachansondeCarlaBruni que nos missiles antiaériens finissent dans le socialiste en treillis a repris le dessus, au
faisantallusionà de mauvaises mains? Chacun sait que les pointd’envisagerdefairecavalierseul.Mais
FrançoisHollandeest-elle armeslivréesparlaFranceenLibyesesont ce serait choisir la pire des options que de
tropirrespectueuse? retrouvéesnotammentauMali–oùl’armée renonceràladiplomatiepourl’escalademi-
française combat aujourd’hui cette même litaire, en déléguant celle-ci à des groupes
T.SCHWARZ/REUTERS;SUCCESSION
mouvanceislamiste. incontrôlables.PICASSO/COURTAULDGALLERY;
HUSSEINMALLA/AP;JEAN-CHRISTOPHE
MARMARA/LEFIGARO
AND:1,70€. BEL:1,70€. DOM:2,20€. CH:3,20FS. CAN:4,50$C. D:2,20€. A:3€. ESP:2,20€. CANARIES:2,30€. GB:1,80£. GR:2,40€. ITA:2,30€. LUX:1,70€. NL:2,20€.
H:830HUF. PORT.CONT.:2,20€. SVN:2,40€. MAR:15DH. TUN:2,9DTU. ZONECFA:1700CFA. ISSN0182.5852
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CLAUDEGASSIAN/CONTOURBYGETTYIMAGES
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samedi16-dimanche17mars2013 LE FIGARO
2 recto verso
Arrêtéquelquesjoursaprèsl’attentat
contreAdolfHitler,EwaldvonKleist
(icien2004)futdéportéàRavensbrück
pendantquelquesmois.
TOBIASSCHWARZ/REUTERS
EwaldvonKleist
vientdemourir.Ilétait
l’ultimesurvivantdes
participantsaucomplot
«Walkyrie»,organisé
parStauffenberg
pouréliminerHitler.
L’actiondeseshommes
s’inscrivaitdans
unecertaineidée
del’Allemagne.
JEAN-LOUISTHIERIOT
wald-Heinrich von Kleist-Schmenzin
est mort le 8 mars dernier. En France,
son nom est à peu près inconnu. Pour-
tant, c’était le dernier survivant de la
Résistance militaire allemande qui, le
20 juillet 1944, avait tenté d’assassinerEHitler. Avec lui se clôt l’une des rares
pages lumineuses de l’Allemagne sous la botte nazie.
Nous sommes en janvier 1944, à Berlin.
L’âme de la Résistance, Claus von Stauffenberg, le
convoque à déjeuner. Kleist est un jeune lieutenant
de 22 ans. Stauffenberg, un colonel, chef d’état-ma-
jor de l’armée de réserve. Ils ne se connaissent pas,
mais Stauffenberg connaît les valeurs de son interlo- vie de mourir. Je pensais que puisque les parents à renverser Hitler. Peu avant la conquête de la Tché- Croyant que l’attentat avait réussi, de retour à
cuteur. Descendant d’une des plus vieilles familles aimentleursenfants,ilsn’allaientpaslaisserfaireune coslovaquie, convaincu que le Führer emmenait Berlin, Stauffenberg ordonna que le plan «Walky-
de la noblesse immémoriale prussienne qui a donné chose pareille. Je reportai sur d’autres le poids de la l’Allemagne au suicide, le chef d’état-major de l’ar- rie» fût lancé. En quelques heures, le quartier des
à l’Allemagne une pléiade de maréchaux, d’évêques, décision.» La suite est d’une grandeur toute romai- mée de terre, le général Beck, avait préparé un coup ministères fut bouclé, les émetteurs radio saisis.
d’hommes politiques et même de poète puisque ne :«Tudoislefaire, lui dit son père.Quisedérobeen d’État militaire. Malheureusement en cédant à Mu- Dans les garnisons éloignées de Paris et de Vienne,
Heinrich von Kleist était de sa parentèle, fils d’un untelmomentnepourraplusjamaisvivreheureux». nich, les Français et les Anglais offrirent à Hitler un les chefs de la SS et de la Gestapo furent arrêtés par
propriétaire terrien de Poméranie qui dès 1933 Pour libérer le Reich du tyran, le père sacrifie le fils. succès inespéré. Il ne pouvait plus être question de l’armée. Le coup d’État allait réussir mais, dès que
s’était heurté aux SS en essayant de protéger des op- En rentrant à Berlin, Kleist est convaincu qu’il va renverser le régime. la survie d’Hitler fut connue, le ressort se brisa net.
posants, chrétien par conviction, monarchiste par mourir pour la cause. Par chance pour lui, Hitler qui La tentative la plus aboutie fut naturellement celle Le bataillon de la garde de Berlin prit position
tradition, conservateur par hérédité, officier au change constamment son emploi du temps renonce de Stauffenberg. Elle était à la fois militaire et politi- autour du Bendlerblock, le quartier général de la
e9 régiment de Postdam, le régiment de la garde, à participer au défilé de mode militaire… que. Militairement, Stauffenberg avait eu le coup de conjuration. Le temps du martyre allait commen-
Ewald-Heinrich a le profil des conjurés. génie de retourner contre le régime un plan voulu cer. Stauffenberg fut fusillé dans la nuit, à la lueur
Paralyserlesorganesdel’ÉtatnaziAprès quelques échanges de banalités, Stauffen- par ce dernier en cas de troubles intérieurs, le plan des projecteurs.
berg lui demande s’il serait prêt à se faire sauter avec Le jeune lieutenant rejoint alors la garde rapprochée «Walkyrie». Théoriquement, il s’agissait pour la
LesilencedesconjurésHitler au cours d’une séance d’essayage de nou- de Stauffenberg. Il découvre l’incroyable conjura- Wehrmacht de restaurer l’ordre intérieur. Avec son
veaux uniformes, où il pourrait jouer les manne- tion qui se trame dans l’armée. C’est l’aboutisse- chef direct, le général Olbricht, Stauffenberg avait Ewald Heinrich von Kleist était sur place. La confu-
quins. Ewald demande une journée de réflexion. Il se ment d’une insurrection de la conscience commen- secrètement modifié le plan pour qu’il servît à para- sion lui permit de ne pas être arrêté immédiatement.
rend chez son père pour lui demander conseil. Dans cée bien des années plus tôt. Depuis 1938 au moins, lyser les organes de l’État nazi. Dès son déclenche- Quelques jours plus tard, il tombait néanmoins dans
les années 1990, Kleist évoquera ses sentiments la part la plus lucide de la Wehrmacht, une infime ment, la Wehrmacht devait arrêter les chefs SS et les les griffes de la Gestapo. Le silence des conjurés qui
d’alors: «Quandvousêtesjeune,vousn’avezpasen- minorité mais une minorité agissante, s’est attachée dirigeants du parti. ne parlèrent pas sous la torture lui permit d’échap-
Politiquement, Stauffenberg avait réuni autour de per à la pendaison qui frappa plus de 200de ses com-
lui des chefs militaires, Beck, Witzleben, des politi- pagnons d’infortune. Il fut «seulement» déporté à
ciens conservateurs, Goerdeler ou l’ambassadeur Ravensbrück. Son père n’eut pas cette chance. Il
Hassel, des figures venues de la gauche telle que le était pressenti pour prendre la direction politique deHÔTEL DES VENTES DE MONTE-CARLO
député socialiste Julius Leber ou le syndicaliste Wil- la Poméranie. Des ordres en ce sens avaient étéMonte-Carlo Auction House
helm Leuschner. Il ne manquait que les maréchaux à trouvés dans les papiers de Stauffenberg. Il fut pen-
Chantal Beauvois et Franck Baille cette liste. Si la plupart étaient au courant du com- du le 9 avril 1945 à la prison de Plötzensee, moins
plot, si certains comme Kluge le soutenait même en d’un mois avant la fin de la guerre.
DEPUIS 20 ANS, sous-main, aucun n’osa s’engager parce qu’ils s’es- Après guerre, Kleist commença une carrière dans
timaient liés par le serment diabolique qu’Hitler l’édition. Il fonda ensuite la «conférence de Munich
avait fait prêter à sa personne, parce qu’«unmaré- sur la sécurité» qui au fil du temps est devenu le Da-L’EXPERT chal prussien ne se mutine pas», pour reprendre le vos des questions de sécurité et de défense en Euro-
mot de Manstein. pe. Il en fut l’animateur jusqu’en 1998. D’une certai-
ne manière, il n’a jamais cessé de servir une certaine
LetempsdumartyreallaitcommencerCHANTAL BEAUVOIS idée de l’Allemagne et de la liberté.
Le «cercle de Kreisau», qui comptait en son sein Son destin est l’occasion de s’interroger sur les
PRÉPARE des personnalités aussi variées que le futur chance- motivations des résistants du 20 juillet 1944. Leur
lier Ludwig Erhard ou les pasteurs Niemöller et Boh- principal moteur fut l’opposition fondamentale auLES VENTES AUX ENCHÈRES DE BIJOUX
noffer, avait aussi fourni à Stauffenberg la matière système de valeurs du national-socialisme. Chré-
À MONTE-CARLO intellectuelle nécessaire pour que «l’Allemagne tiens, ils refusaient un ordre des choses où chaque
d’après» réunisse tous les talents nécessaires à la re- homme n’était pas traité avec une égale dignité.
naissance de l’unité nationale. D’une certaine ma- Cette résistance fut le fruit du presbytère protestant
nière, il y réussit puisque le programme de Kreisau et du rosaire catholique.
inspira largement la loi fondamentale allemande qui La faillite de la conjuration lui a donné la dimen-
tient lieu de Constitution à la RFA. sion symbolique qu’elle a aujourd’hui. L’opération a
Mais ce fut après l’échec du coup d’État du échoué. Le sacrifice est resté. Henning von Treskow
20 juillet 1944. Ce jour-là, Stauffenberg s’était rendu ne disait pas autre chose à la veille du 20 juillet lors-Vente de prestige
à la «tanière du loup», le quartier général d’Hitler qu’il confiait à Fabian von Schlabrendorff : «Sijadisen préparation
en Prusse orientale près de Rastenburg. Dans sa sa- Dieu a promis à Abraham d’épargner Sodome s’ilavant le célèbre bal
coche, il avait deux bombes. À la suite d’un incroya- trouvait dix Justes, j’espère que, grâce à nous, Dieude la Croix Rouge,
ble concours de circonstances, il ne parvint à en n’anéantira pas l’Allemagne. Aucun d’entre nous ne
avec notamment
amorcer qu’une. Au lieu de se dérouler dans un bu- peut se plaindre de sa mort». Les conjurés qui sont
l’écrin de la Comtesse de …. nker souterrain, le briefing quotidien de l’état-ma- tombés faisaient partie de ces justes. Leur mort fut le
jor se tint dans un baraquement en plein air. La ser- prix à payer pour que l’Allemagne d’après, l’Alle-
viette fut déplacée alors que Stauffenberg quittait la magne fédérale, devînt ce pays libre, prospère et
salle. La bombe explosa mais l’effet de souffle fut in- démocratique, dans le concert des nations. Ewald
suffisant. Le Führer ne fut que légèrement commo- von Kleist est resté pour en témoigner jusqu’à son
tionné. dernier souffle.
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LEPÈRED’EWALDVONKLEISTÀPROPOSDUCOMPLOT
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