Magazine Le Figaro du 25 janvier 2012
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Magazine Le Figaro du 25 janvier 2012

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Venez lire le Figaro magazine du 25/01/2012

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Date de parution 25 janvier 2012
Nombre de lectures 16
Langue Français
Poids de l'ouvrage 14 Mo

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1,50€ mercredi25janvier2012 LE FIGARO-N°20989-www.lefigaro.fr-Francemétropolitaineuniquement
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e9 volumede lacollection Unenouvelleprotéine
ddirigéeir parMaxGallo laisseenvisagerun
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« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
ÉGYPTE
Une transition
difficile un an
après la chute
de MoubarakPAGE8
ARMÉNIE
La Turquie calme
le jeu avec la
FrancePAGE9
AUTO Entretien
avec Ghosn sur
la compétitivité
PAGE25
CINÉMA
Dix nominations
aux Oscars pour
TheArtist PAGE29Hautecouture Le chef de l’État, plus déterminé que jamais,
passe à la contre-offensive. ÉTUDIANTSChanel Le palmarès des
Deux jours après le meeting la France qui travaille».En gressif en fusionnant la CSG
de François Hollande au cause, la suppression du quo- avec l’impôt sur le revenu. Bachelorsenapesanteur
Bourget, le chef de l’État a tient familial, l’indexation du Autant de mesures qu’il e4 CAHIERPAGE32
qualifié le projet socialiste prix de l’énergie sur le niveau compte dénoncer lors de son
«d’attaque sans précédent des ressources et la création intervention télévisée diman-
contre les classes moyennes et d’un deuxième impôt pro- che prochain. PAGE3
Uneloicontrelesdérives
descomitésd’entreprise
PAGE10
par Pierre Rousselinéditorial prousselin@lefigaro.fr Le Richelieu THALASSO ETSPALes chiffres du chômage L• ile de répour l’ensemble
Tél. 05 46 09 60 70
de l’année 2011
Hôtel-Restaurant diététique et gastronomiquewww.lefigaro.fr
Centre de Thalassothérapie

eL’ouverture du 42 - 25% de réduction sur l’hébergement et la demi-pension
L’indignation suscitée en en France, il serait exagéré de penser que lesForum économique Du 11 février au 6 avril et du 14 octobre au 22 décembre
Turquie par la loi répri- Arméniens sont menacés d’un même fléau.mondial de Davos
mant la négation du géno- Que les parlementaires qui ont voté la loi Offre valable pour tout séjour de 6 nuits en demi-pension
www.lefigaro.fr cide arménien ne peut se aient eu des arrière-pensées électorales, qui avec une cure de thalassothérapie d’au moins 6 jours
comprendre que si elle le nierait ? Cela ne devrait pas en faire une af-
Offre valable jusqu’au 31 janvier 2012
reste modérée. faire d’État. La démocratie turque a beau-Questiondujour sous réserve de disponibilité à la réservation
Les écarts de langage et les sanctions éven- coup de chemin à faire, pour défendre la li-
tuelles ne feraient que confirmer les accusa- berté de ses intellectuels notamment, avantSouhaitez-vousque
tions de négationnisme portées à l’encontre de donner des leçons.SégolèneRoyaljoue
du gouvernement turc. Après tout, la loi ne Quant à l’intérêt général, représenté ici parunrôleimportant
vise explicitement aucun pays en particulier. les emplois liés aux activités de nos entrepri-danslacampagnede
Il y a donc tout intérêt, pour Ankara comme ses en Turquie, il serait bon que la représen-
FrançoisHollande? pour Paris, à calmer le jeu. D’autant plus que tation nationale en tienne compte, au mo-
la Turquie doit s’attendre, dans trois ans, à ment de voter des lois. Les Turcs le feront, à
Réponses à la des commémorations du génocide de 1915, n’en pas douter, avant de prendre d’éven-
question de lundi : un peu partout dans le monde. tuelles mesures de rétorsion. Il serait ainsi
Le chef du gouvernement turc, Recep Erdo- étonnant qu’ils pénalisent Renault, premierFaut-ildoublerleplafond
gan, était allé beaucoup trop loin en accusant exportateur turc, en poussant le constructeurdulivretA,à30600euros?
la France de génocide en Algérie. Le premier français à se délocaliser, au Maroc, par
ministre, Ahmed Ouyahia, l’avait remis à sa exemple.Non : 20,5%
place en l’invitant à ne pas«fairedusangdes La France et la Turquie sont deux grands pays
Algériensunfondsdecommerce». qui entretiennent depuis des siècles des rela-Oui : 79,5%
De grâce, restons-en là ! Les lois « mémo- tions étroites. Quels que soient leurs diffé-
27 192 votants rielles » présentent bien des inconvénients. rends, ces liens doivent être maintenus dans
Si l’antisémitisme reste un mal à combattre l’intérêt de chacun.
F.BOUCHON/LEFIGARO-
S.GLADIEU-N.CREMON/SIGNATURES Avenue de la Plage - 17630 La Flotte en Ré - Ile de Ré
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J.-C.MARMARA/LEFIGARO
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mercredi25janvier2012 LE FIGARO
2 recto verso
Avecplusde6000passagersàbord,
legéantdesmersAllureoftheSea
àl’entréeduportdeFortLauderdale,
enFloride. JOESKIPPER/REUTERS




Le Herald of Free Entreprise (193 re par portique aujourd’hui. Autant
Lamarinemarchande morts au large de Bruges en 1987), de temps gagné - ou perdu, pour les
l’Estonia (852 morts en mer Balti- nostalgiques - aux escales. Lors deMARIE-AMÉLIE
que, en 1994), le Joola (1 863 victi- ses tout premiers embarquements,française,réputéeLOMBARD-LATUNE
mes officielles au large du Sénégal en Jacques Quénivet, 85 ans, voyageait
malombard@lefigaro.fr
2002) ou la pollution de l’Erika (en le long de la côte occidentale deexcellente,abeaucoup
1999) : les marins n’épiloguent guè- l’Afrique. En cette fin des années
re en public sur les grandes catastro- 1940, une escale à Abidjan pouvaitévolué.Quisontces
phes de ces dernières années. Répu- s’étirer sur soixante-dix jours pour
es derniers feux… Au début des an- gnant presque à prononcer les noms charger café et cacao qui parfu-«capitainesaulongnées 1980, à bord du Mermoz, Rostro- de ces bateaux maudits pour ne pas maient les cales… Désormais, passer
povitch saluait Claude Pompidou, la éloigner la baraka. Le mauvais sort, une nuit au port pour un cargo sem-e
veuve de l’ancien président. Les croi- cours»duXXI siècle? Hubert Ardillon, commandant du ble long. Plus le temps de visiter, à
sières musicales du paquebot atti- Limbourg en octobre 2002, ne s’y at- peine celui de débarquer. Le temps
raient encore célébrités, anciens mi- Enquêtesurunmonde tendait pas. Dans le golfe d’Aden, est loin où les midships partaientLnistres et figures du Tout-Paris. une embarcation kamikaze se jeta « faire connaissance avec les jeunes
Comme cadeau de bienvenue, la compagnie offrait avec 200 kg de TNT sur la coque de femmes de Bangkok », dit pudique-bouleverséparle
aux dames un bijou en argent. L’été en Méditerra- son pétrolier. L’attaque terroriste fut ment un ancien. Comme celui où les
née, l’hiver aux Antilles : le commandant Michel ensuite revendiquée par al-Qaida. « pachas » français invitaient à bordnaufragedu«Concordia».
Lavorel était un homme heureux, sachant conver- Pendant trois heures, croyant que leurs homologues étrangers, ama-
ser agréablement avec « des passagers qui aimaient 12 hommes sur 24 avaient péri, Hu- « teurs de bonne chère et de vins fins.
bien raconter leur vie et être écoutés ». Au restaurant cette année à l’ENSM, dont 20 % de femmes, et bert Ardillon batailla contre l’incen- Les plus âgés regrettent cette
ou dans les cabines, un personnel nombreux s’em- sortira avec un diplôme d’ingénieur en poche die mais dut abandonner la partie. Lerestede époque où, faute de climatisation,
pressait auprès des 500 passagers. Rien de compa- après cinq ans d’études. En moyenne, les nou- « Le reste de l’équipage attendait que apparue tardivement, l’équipagel’équipagerable avec ces navires modernes débarquant veaux officiers patienteront dix ans avant de pren- je décide. Dans ces cas-là, on est qui n’était pas de quart venait jouer
aujourd’hui au Havre des touristes acheminés en- dre un commandement, débutant d’abord comme seul », explique-t-il simplement, aux cartes ou discuter sur le pont. Àattendaitquesuite par cars à Versailles tandis que leur capitaine lieutenant puis comme second. Bardés de connais- aujourd’hui jeune retraité et prési- la fraîche, après une journée de
garde l’œil sur sa montre. Désormais retraité, Mi- sances techniques, de théorie sur la « gestion des dent de l’Association française des chaleur moite. Aujourd’hui, tout lejedécide.
chel Lavorel, dont le fils aîné navigue sur des porte- risques » et d’exercices variés sur simulateur. capitaines de navires. Finalement, monde reste claquemuré dans sa
conteneurs, s’interroge : « Il me parle de bateaux un mort sera à déplorer, les autres cabine, à regarder des vidéos.DanscesLahantisedel’incendieavec 3 000 ou 4 000 passagers, comme leConcordia. marins ayant été récupérés par un Même les Philippins ne sortent plus
Cela paraît aberrant. Il faudrait que j’aille voir… » « Pas des Rambo, des gens bien dans leur tête,résu- remorqueur après avoir sauté par- leur guitare pour entonner descas-là,
Mais l’ancien commandant du Mermoz préfère res- meundescadresdel’École,lecommandantThierry dessus bord. chansons de marins. L’internatio-
ter à terre, à Limoges. Buzulier. Être à la passerelle d’un bateau, c’est un peu « Sens des responsabilités », « co- onestseul nalisation des équipages, d’abord»
Les gens de mer ne sont guère bavards sur la tris- comme diriger une centrale nucléaire ou conduire un de d’honneur », « obligation mora- apparue sur les pétroliers, c’est
HUBERTARDILLON,te fin du mastodonte italien et sur l’apparente in- TGV. » « Un navire représente beau- le » : ces expressions l’autre grande évolution de la mari-
COMMANDANTDUconscience de son capitaine. « Cet homme a fait une coup d’argent,ajouteledirecteurgé- ne sont pas vaines, ne marchande. Au point que beau-
«LIMBOURG»EN2002ânerie, commente sobrement un marin d’expérien- néral de l’ENSM, Henri Poisson. Un assure-t-on dans la coup de navires sont devenus des
DR
ce. On n’est pas au cirque sur un bateau. Faut être fou armateur ne le confie pas à n’importe marine. Et donc sidé- « tours de Babel », selon l’expres-
pour raser ainsi les qui. » Pour monter en grade, l’avis rante l’attitude du capitaine du sion de Jean Castéra, ancien chef mécanicien. Sur le
cailloux ! » La dé- de l’équipage comptera, peut-être Concordia auquel le chef des secours Concordia, gîtant à 90 degrés, l’équipage, « qui
chirure de la co- mêmedavantagequelesévaluations hurlait « Remontez à bord, bordel ! » voyait le plancher à la place du plafond », a eu beau-
que, plaie béante officielles. La réputation du «pa- en plein naufrage. Le monde de la coup de mal à communiquer avec les passagers
de 70 mètres dont cha»seforgeradanslasalledesma- marine marchande a beaucoup pour coordonner l’évacuation. Un anglais, souvent
les images ont fait chines, sur le pont et, souvent, par changé ces dernières décennies. Un de cuisine, est pratiqué à bord.
le tour du monde, grostemps.Àlatêtedu Girolata,qui jeune capitaine ne mâche pas ses
Troismoisenmerest souvent com- fait la liaison entre Marseille et la mots : « Les bateaux sont de plus en
parée à celle du Ti- Corse, Emmanuelle Jarnot, 37 ans, plus gros, pour y mettre toujours plus Dans cet univers très mondialisé, les Français gar-
tanic. s’amuse de ses débuts: « Quand il y de passagers ou de marchandises et dent bonne réputation, mais sont en concurrence
Mais qui sont-ils avait un coup de vent, je sentais bien gagner plus d’argent. Sans compter avec des Indiens ou des Philippins meilleur marché.
aujourd’hui ces que les anciens se disaient :“Comment les compagnies qui peuvent nous met- Croates et Polonais tiennent aussi leur rang. À la
commandants de va-t-elle s’en tirer?” J’ai manœuvré tre la pression : “ Rapprochez vous des sortie de l’École, un lieutenant de la marine mar-
bord français qui, et j’ai réussi le test !»N’empêche,la côtes pour que les clients puissent chande française gagne en moyenne 3 300 euros
à l’École nationale jeune femme est soulagée, lors- prendre de belles photos. Un bon cli- brut par mois. Un commandant partira, lui, à la re-
supérieure de la qu’aprèsunenuitdetraversée,ellea ché, c’est un joli souvenir et un plus traite avec 6 000 euros brut. Sans oublier ce rythme
marine (l’ENSM, convoyé à bon port ses 800 passa- commercial ”». Ce gigantisme a particulier, moitié en congé à terre, moitié au tra-
nouvelle appella- gers, « dont plein d’enfants en été », nourri de multiples rapports officiels vail en mer. Là encore, les habitudes ont changé.
tion de la forma- entreMarseilleetAjaccio. « et réflexions académiques. Il est très Autrefois, un officier pouvait naviguer un an sans
tion à la marine De tous les « risques » répétés à concret. À la passerelle, au sommet rentrer chez lui. Aujourd’hui, les embarquements«
marchande), rê- l’École, c’est l’incendie qui hante les Capitaine decesHLMdeluxe,desdizainesde durent rarement plus de trois mois. Le temps,
Lesanciens vent de piloter un esprits. Le sinistre le plus fréquent à mètres séparent de l’eau, au point quand même, de ne pas voir grandir les enfants. Af-aulongcours,paquebot de croi- bord, difficile à maîtriser, obligeant quelecommandantyperdsessen- faires de générations, de mode de vie, les femmessedisaient: sière sous les tro- les marins à se transformer en pom- sationsdemarin. de marins refusent de signer cet engagement àçaavaitunepiques comme de piers. Lorsqu’on traverse « l’auto- « Rien ne sert d’ergoter. Un paque- l’éloignement. Et il est fréquent qu’après une pério-“Comment diriger un ferry route » de la Manche, la collision est bot de 4 000 passagers à évacuer en de de commandement, les officiers se reconvertis-autregueule,
dans les eaux en- aussi redoutée. Surtout quand, mal- pleine mer, c’est quasi-mission im- sent à terre. Signe des temps, à la fin des annéesva-t-elle
combrées de la gré les appels sur la VHF, les bateaux possible. Il y aurait des milliers de vic- 1970, le nom du brevet de commandant a changé :non?»Manche ou d’em- tardent à céder la priorité ou tentent times », assure un officier. Quant «capitaine de première classe», les appelle-t-ons’entirer?”» barquer sur un de passer en force. « Dans ces cas-là, aux porte-conteneurs, ce sont deve- depuis. « Capitaine au long cours, ça avait une autreBERNARDDATCHARRY
EMMANUELLEJARNOT, cargo ? Une pro- je préfère m’écarter, je n’ai pas le tem- PRÉSIDENTDE nus des monstres capables de trans- gueule, non ? », note pourtant Bernard Datcharry,
L’ASSOCIATIONCOMMANDANTDU motion de 180 élè- pérament belliqueux en mer », confie porter jusqu’à 18 000 « boîtes » em- président de l’association du même nom. Tandis
DESCAPITAINES«GIROLATA» ves un jeune officier qui, pourtant, passe pilées sur le pont aux quatre coins du que les plus jeunes se moquent gentiment de cette
GILLESROLE/REA AULONGCOURS(pour 660 can- ses loisirs dans la course au large à la monde. Que l’on charge ou décharge image du commandant d’antan qui, barbu et bour-
DRdidats) est entrée voile. au rythme de 30 conteneurs à l’heu- ru, passait le cap Horn sous voile…
A