Pierre Drieu la Rochelle

Pierre Drieu la Rochelle

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7 pages

Description

Pierre Drieu la Rochelle À Frédéric Dufoing, qui me présenta Drieu. Tranchons immédiatement avec l'image persistante du dilettante mondain, du dépressif oscillant entre apathie et exercices spirituels, du séducteur inconstant, du dandy écorché : Drieu fut avant tout un infatigable travailleur. En attestent d'innombrables articles de critique ou d'opinion, des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des préfaces ou encore un journal intime qui couvre toute la période de la Seconde Guerre mondiale. Face à un tel continent, cette rubrique « classique » ne pouvait se soumettre à une présentation canonique ; elle adoptera donc plutôt une discursivité qui convient mieux à l'approche d'un personnage pluriel, aussi mobile en actes qu'en pensée ; d'un homme qui tout entier s'est mis dans ses livres, en appliquant souvent le principe du mentir-vrai - mais est-on jamais impunément l'ami d'Aragon ? Voilà pourquoi, plutôt que de prétendre présenter une énième fois l'énigme Drieu, nous nous focaliserons sur quelques oeuvres-clés qui jalonnent son parcours. Un choix partiel et partial, sans doute, très critiquable aussi, mais assumé, et qui nous permettra de revisiter un auteur à travers la bibliothèque qu'il nous a laissée en partage... Interrogation : « Et le rêve et l'action » Le voyage s'ouvre sur ce titre béant, qui augure tous les possibles. Interrogation est en effet la première oeuvre littéraire publiée par Drieu chez Gallimard, en 1917.

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Date de parution 15 juillet 2011
Nombre de lectures 30
Langue Français

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Pierre Drieu la Rochelle

À Frédéric Dufoing, qui me présenta Drieu.

Tranchons immédiatement avec l'image persistante du dilettante mondain, du dépressif oscillant entre apathie et exercices spirituels, du séducteur inconstant, du dandy écorché : Drieu fut avant tout un infatigable travailleur. En attestent d'innombrables articles de critique ou d'opinion, des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des préfaces ou encore un journal intime qui couvre toute la période de la Seconde Guerre mondiale.

Face à un tel continent, cette rubrique « classique » ne pouvait se soumettre à une présentation canonique ; elle adoptera donc plutôt une discursivité qui convient mieux à l'approche d'un personnage pluriel, aussi mobile en actes qu'en pensée ; d'un homme qui tout entier s'est mis dans ses livres, en appliquant souvent le principe du mentir-vrai - mais est-on jamais impunément l'ami d'Aragon ? Voilà pourquoi, plutôt que de prétendre présenter une énième fois l'énigme Drieu, nous nous focaliserons sur quelques oeuvres-clés qui jalonnent son parcours. Un choix partiel et partial, sans doute, très critiquable aussi, mais assumé, et qui nous permettra de revisiter un auteur à travers la bibliothèque qu'il nous a laissée en partage...

Interrogation : « Et le rêve et l'action »

Le voyage s'ouvre sur ce titre béant, qui augure tous les possibles. Interrogation est en effet la première oeuvre littéraire publiée par Drieu chez Gallimard, en 1917. Fautil voir un hasard si le nombre de poèmes qu'elle recèle correspond à celui de l'année de sa publication ? Quoi qu'il en soit, ces odes en vers blancs - sur lesquelles plane l'indéniable influence du vers claudélien et que Grover qualifie même de « versets » - sont pleinement ancrées dans le contexte guerrier qui les a vus naître. « Et le rêve et l'action » : l'alternative inaugurale de ce long et douloureux chant contient toute la dynamique qui animera la conscience de Drieu jusqu'au sombre dénouement de son existence ; non pas un tiraillement entre le rêve ou l'action, mais bien la recherche d'une voie médiane en vue de réconcilier deux dimensions qu'apparemment tout oppose et qui pourtant se percutèrent en lui au moment de son engagement de soldat. Chaque texte décrit une mise à l'épreuve globale de l'être, amené à aller à la rencontre de ce qui doit être brisé - ou qui doit le briser. Le début de « Paroles au départ » fait d'ailleurs écho à l'impératif qui clôt Le Feu follet, cette idée qu'il faut affronter l'objet si l'on veut se forger un destin.