Planète Com : attraits et dépendances

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Tout ce que vous n'avez jamais osé demander pour éviter d'avoir l'air stupide sur : l'ADSL, le câble, la fibre optique, le Wi-Fi, le Bluetooth, le microblogging, les forums, les réseaux sociaux, le Web, Internet... Avec cet ouvrage vous appréhenderez le monde du Net pour le meilleur et pour le pire.

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Publié par
Date de parution 01 janvier 2012
Nombre de lectures 11
EAN13 9782296479210
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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PlanèteCom:
attraitsetdépendancesQuestionsContemporaines
Collection dirigée par J.P.Chagnollaud,
B. Péquignot etD. Rolland
Série «Les industries de la culture et de la communication »
dirigée par PhilippeBouquillion et YolandeCombès
Les industries de la culture et des médias (le cinémaet
l’audiovisuel, le livre, la musique enregistrée, la presse et
l’information), les arts et notamment les arts vivants, plastiques et dits
numériques, les industries de la communication (les matériels, les
télécommunications, le Web), les industries éducatives (manuels
traditionnels et numériques, les sites de soutien scolaire, les
platesformes et, plus généralement, tous les processus conduisant à faire de
la formation une industrie) connaissent de très importantes mutations.
Les modes de création, production, diffusion, promotion, valorisation
sont bouleversés, tandis que les articulations entre les industries de la
culture et des médias, les arts et les industries de la communication
s’intensifient.
Quels sont les enjeux de ces mouvements pour les «contenus»
culturels, informationnels et artistiques, pour la diversité culturelle et
le pluralismede l’information? Quelles mutations sociales, politiques
et idéologiques ces mutations des industries de la culture et des
industriesdelaformationaccompagnent-elles?
Déjà parus
Diversité et industries culturelles, sous la direction de Philippe
Bouquillion et YolandeCombès, 2011.
Le web 2.0 en perspective, une analyse socio-économique de
l'internet, deFranck Rebillard, 2008
Les industries de la culture et de la communication en mutation,
sous la direction de Philippe Bouquillion et Yolande Combès,
2007.LiseNanteuil
PlanèteCom:
attraitsetdépendancesDUMÊME AUTEUR
Les Clownsdu Savoir,1999,l’Harmattan
L’Ebèneetl’Ivoire,2001,Publibook
© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-55642-3
EAN : 9782296556423ÀGeorges,Sophie, Julietteet Lucie
À Philippe et Christophe
À la mémoire de Steve JobsIntroduction
Thesinglebiggestproblemin communication
istheillusionthatithastakenplace.
(Le problèmele plusimportantdansla
communicationestl’illusionqu’ellea eulieu.)
Georges Bernard Shaw
Jules Verne avait imaginé les voyages dans la lune, mais
n’avait pas pensé qu’on inventerait un jour la Communication.
Le vingtième siècle l’a fait dans la période de l’après-guerre.
Auparavant les humains parlaient entre eux, s’écrivaient, se
téléphonaient, mais n’avaient pas appris scientifiquement à
communiquer. Et,comme ils ne cessent d’inventer des
technologies nouvelles, ils se sont lancés à corps perdu dans la
radio, la télévision et le numérique. Enfin, comme ils
réfléchissent beaucoup aussi aux stratégies commerciales, ils
ont découvert le marketing et les sondages d’opinion, ce qui, en
passant, a rendu service aux hommes politiques. Qui peut le
pluspeutlemoins.
Les SIC, ou Sciences de l’Information et de la
Communication, ont donc vu le jour et sont entrées en fanfare
dans les amphithéâtres des universités, la communication se
consacrant quant à elle aux études des médias, de la culture et
de la société.Vaste programme. Aujourd’hui, existent même
des sociétés savantes, française,canadienne et mexicaine dont
lavocation est d’étudier les SIC, et en France,pas moins de 700
enseignants chercheurs œuvrent dans cette branche. Plusieurs
diplômes ont été créés, car il fallait couronner ceux qui
apprenaient à communiquer et surtout qui allaient ensuite
apprendre aux autres à le faire.Ona commencé modestement
d’abord par un DUT en Techniques de l’information et de la
communicatio ndans les années 1970, et on a poursuivi par un
9DEUG et une licence dans les années 1980, devenue une
licence LMD en 2005, pour s’élever jusqu’aux maîtrises,DEA
et DESS, relookés en masters LMD jusqu’aux doctorats. En
résumé, on est passé de deux ans d’études après le bac à neuf
années.C’est dire l’ampleur du travail à accomplir.On a même
fondé un prix du meilleur espoir professionnel en
communication. Et l’université n’est pas la seuleàdispenser
des formations spécifiques, les grandes écoles s’y consacrent
aussi, commeESGCI à Paris pour les métiers de la stratégie, de
1la création, des médias et ducorporate et Sciencescom du
groupe AudenciaàNantes pour les métiers des médias, des
statistiques, de la communication des PME et des institutions.
La communication est une science reconnueen France et dans
lemonde.
Quels sont les débouchés de ces formations? Les jeunes
diplômés peuvent devenir assistant ou chargé de
communication interne/externe, chef de communication, chef
de projet événementiel, responsable de communication, attaché
de presse,assistant ou chargé des relations publiques. Ils ont
aussi accès aux métiers de la publicité comme chef de la
2 3publicité junior, media planner ou traffic manager . Dans ce
domaine, les dénominations sont plus extravagantes. Les
métiers de la documentation offrent, quant à eux, une autre
porte de sortie: chargé de veille documentaire, consultant
documentaire ou documentaliste junior. Enfin les métiers du
journalisme et de l’édition peuvent aussi les séduire, comme
journaliste on line, journaliste d’entreprise ouwebmaster
éditorial. Ainsi, à discipline nouvelle métiers nouveaux aux
consonances anglo-saxonnes. Quand un jeune diplômé annonce
fièrement à ses parents qu’ilva être traffic manager,on imagine
leurstupeuret mêmeleurs tremblements.
1Ensembledesactionsvisantàpromouvoirl’imagedel’entreprise.
2Chargéd’optimiser lavisibilitéd’une campagnepublicitaire.
3Responsabledelacréationetdelaprogressiond’unfluxdevisiteurs surun
site.
10La communication est devenue incontournable,aucune
entreprise de quelque taille que ce soit, aucun commercial,
aucun artisan ou homme politique ne peut passer outre. Nos
comportements ont évolué de manière fulgurante dans ces vingt
dernières années, les moyens de communiquer qui nous sont
offerts se sont multipliés et nous entraînent dans une course
effrénée. Pouvons-nous aller jusqu’à parler de troubles
obsessionnels de la communication? Ceci n’est pas en effet
sans conséquences et entraîne des mutations dans la langue de
nos échanges, dont certaines d’entre elles sont pourle moins
cocasses. Une question fondamentale se pose alors au seuil de
cette analyse.La qualité va t-elle de pair avec la quantité des
messages échangés ? En un mot, savons-nous vraiment
communiquer ?
11I
COUP D’ŒILEN ARRIÈREChapitre1
LESPREMIERSTEMPS
Les moyens dubord
Au commencement était le verbe, la parole, enfin si l’on peut
nommer ainsi les borborygmes de nos ancêtres préhistoriques.
Et aussi la gestuelle, celle qui amène à s’exprimer avec ses
mains, son corps et aussi à dessiner et à graver des supports
variés.Dansce domaine, ils étaient de réels artistes, comme en
témoignent les peintures rupestres et lesmains négatives dans
les grottes. La pratique gestuelle a perduré. On a retrouvé un
manuscrit du treizième siècle qui montre que les moines, ayant
fait vœu de silence, indiquaient les chiffres et les heures par
gestes codifiés. Aujourd’hui la langue des signes permet aux
malentendants de communiquer. La gravure aussi semble
éternelle, des galets incisés ont été retrouvés en 1000 avant J-C
en Syrie pourreprésenter des images de faune et de flore, de
même que les Aborigènes d’Australie utilisent toujours des
bâtonssculptésd’encoches pourdélivrerdes messages.
Quelques autres moyens de communication ont existé, par
exemple les quipus des Incas, ou faisceaux de cordelettes
chargés de nœuds et de couleurs dont on n’a pas encore
déchiffré totalement le sens.Mais ces divers moyens
d’expression avaient une portée limitée, même si l’émetteur est
doté d’un organe ou d’un tour de main exceptionnels,et,surtout
si la parole peut être rapportée par un tiers, avec le risque d’être
déformée. Quant aux objets sculptés, on ignore s’ils
véhiculaient des informations ou s’ils répondaient à une
expression artistiqueoureligieuse.
15Latechnologievoitlejour
Pour atteindre un destinataireéloigné, deux solutions
nouvelles concomitantes sont apparues.D’abord des signaux
audio, en Afrique, propagés par des troncs évidés, frappés à
l’aide de deux morceaux de bois et perçus à plusieurs centaines
de mètres, puis des signaux de fumée chez les Amérindiens,
visibles d’un village à l’autre, assez aléatoires au demeurant, en
cas de graves intempéries. Que faire en cas de tornades assez
fréquentes en Amériquedu Nord ?
Les paroless’envolent,lesécrits restent
Permettre la combinaison des idées entreelles et le
développement d’unmessage complexe a aussi constitué une
étape capitale.Au cours de ce processus,deux formes d’écriture
ont précédé l’écriture alphabétique: hiéroglyphique et
cunéiforme.La première a vu le jour en Egypte 3000 ans avant
J.-C, tracée sur des tablettes de bois enduites de cire et sur les
papyrus beaucoup plus coûteux, également chez les Hittites
dont les systèmes sont semblables à celui des hiéroglyphes. La
seconde en Mésopotamie à la fin du quatrièmemillénaire,
utilisée dans tout l’Orient ancien pendant 2000 ans, sauf en
Egypte.Les textes étaient alors gravés dans de l’argile modelée
en tablettes. L’écriture alphabétique,née en Phénicie entre 1400
et 1000 avant J-C, a simplifié la forme des lettres et réduit leur
nombreà vingt-deux consonnes. Les Grecs ont repris ensuite
l’alphabet phénicien, introduisant des voyelles et créant trois
nouvelles lettres. Puis, l’écriture coufique qui a précédé
l’écriture arabe et s’est répandue à partir du septième siècle.
Parallèlement l’écriture indienne, kharosti ou brahmi, a
concerné un autrecontinent, de même que l’écriture chinoise
qui comptait au premier siècle plusieurs milliers de caractères
idéographiques. L’écriture est vraiment la grande découverte de
l’histoire de la communication. Désormais, les messages
peuvent être rédigés sur des supports mobiles et légers.Nous
allons voir maintenant comment ils étaient transportés dans les
tempsanciens.
16Apiedetà cheval
Uneexposition au musée de la Poste a eu lieu en 2010,
intitulée D’Hermès au SMS ou la saga du message. Elle
proposait une rétrospective intéressante de l’histoire de la
transmissiondesmessagesdepuisl’Antiquitéjusqu’ànosjours.
Dans l’Antiquité, ce sont des hommes qui les emportent à
pied, en courant,d’où l’étymologie du mot courrier, en français
comme en allemand, laüfer.On se souvient du messager grec,
censé avoir apporté à Athènes la nouvelle de la victoire de
Marathon en 490 avant J-C, en parcourant quarante kilomètres
et mort d’épuisement à son arrivée à destination. Sa mort est
certainement du ressort de la légende, mais on avait
effectivement recours à de tels courriers chargés d’acheminer
les messages. Les champions olympiques, eux-mêmes,
parcouraient parfois une centaine de kilomètres à pied pour
rentrer chez eux.
Pour limiter des efforts inutiles,le courrier a,dès l’Antiquité,
eu l’idée d’utiliserle cheval qui pouvait parcourir des distances
plus importantes, et lorsque la monture était épuisée, on en
changeait, le relais de posteaalors été institué au quinzième
siècle. Et, vers 1850, 1400 relais de poste seront répartis tous
les dix à trente kilomètres. Dès lors, les chevaucheurs royaux
sont nés. La quantité de plis devient plus importante, le cheval,
ou plusieurs chevaux, tire alors une voiture, et c’est la voiture
des postes qui fait son apparition, remplacée par la malle-poste
et la chaise de poste. Le postillo nentre en scène avec sa
4redingote rouge et ses bottes de sept lieues en cuir bouilli , avec
lesquelles il lui aurait été impossible de marcher, et qui étaient
fixées sur les flancs des chevaux qu’il montait par tous les
temps. On finit par faire voyager courrier et voyageurs dans le
même véhicule, ce qui constitue des économies d’échelle à
partirdu sièclesuivant.
4Lesrelaisétaientdistantsdevingt-huit kilomètres, soit septlieues,d’où le
nomdonnéauxbottesdanslePetitPoucetdePerrault.
17Mais, la transmission du courrier à pied par porteur aperduré
en ville et dans les campagnes. Recruté en 1830 parmi les
anciens soldats de l’Empire, car disciplinés et capables
d’exécuter de longs et pénibles trajets, le facteur était rémunéré
à la distance parcourue, soit quatre centimes du kilomètre et a
eu droit à un uniforme à partir de 1835. Il a ensuite bénéficié
d’unvélo et surtout d’un porte-bagages qui l’a soulagé du poids
de sa sacoche. Aujourd’hui, haussé au rang de préposé, il se
déplace en petite voiture jaune, bien repérable, pour les plus
longues distances en campagne et le port des colis. Arrivé à
proximité des habitations et à hauteur des boîtes à lettres,il peut
yjeterles plis avec dextérité,sansquitterson siège.
Pigeonvole
Icare avait déjà rêvé de voler, mais ses ailes de cire lui
avaient jouéunvilain tour. Lavoie des airs est apparue pourtant
commeune solution intéressante pour transporter des messages,
mais c’est sans l’homme, au moins pour les débuts. Un volatile
va remédier au handicap humain et prêter au service public son
corps aérodynamique et léger. Sa gloire est dès lors assurée. Les
Egyptiens, les Chinois et les Perses utilisaient depuis longtemps
les pigeons lors de leurs campagnes militaires ou même pour la
politique et leurs affaires.Après eux, les Romains ont bâti des
pigeonniers de plusieurs milliers de pigeons et au Moyen-âge,
presquetousles châteauxontpossédéune tourà cetusage.
Quelques anecdotes circulent dans l’histoire de cette
collaboration entre l’homme et l’oiseau. D’abord, une erreur
fortuite de destinataire. Au temps des Croisades, un pigeon
exténué atterrit sur les genoux de Godefroy de Bouillon qui lit
le message adressé par le général d’Egypte au roi de Palestine,
l’assurant de son arrivée et de son soutien, ce qui change le
cours du siège de Jérusalem. De même, le sultan Saladin
apprend par un messager ailé égaré le débarquement de
SaintLouis en Egypte, ce qui ne manque pas de servir ses desseins
stratégiques. Autre élément significatif,dansun manuscrit arabe
très ancien, les pigeons les plus valeureux sont nommés les
anges du roi et sont hors de prix, on y décrit également la
18