QUAND LE CINEMA ET LA TELEVISION ENQUETENT SUR LEURS PUBLICS

QUAND LE CINEMA ET LA TELEVISION ENQUETENT SUR LEURS PUBLICS

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272 pages

Description

Ce numéro de la revue Les Cahiers de Champs Visuels poursuit les recherches conduites lors de la journée d'étude "Quand le cinéma enquête sur ses publics", qui s'est tenue le 16 novembre 2016 à l'université Paris Diderot. Cette manifestation scientifique organisée par le GREPs (Groupe de recherche sur les écrans et leurs publics) proposait de s'interroger sur les multiples façons dont l'industrie du cinéma et de la télévision cherche à connaître et comprendre ses publics.

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Date de parution 24 septembre 2019
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EAN13 9782140131110
Langue Français

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Coordination F. Beuré, M. Boissonneau, J. Sandeau
QUAND LE CINÉMA ET LA TÉLÉVISION ENQUÊTENT SUR LEURS PUBLICS
C a h i e r s d e c h a m p s v i s u e l s n ° 1 6 / 1 7
Quand le cinéma et la télévision enquêtent sur leurs publics
Coordination F. Beuré, M. Boissonneau, J. SandeauQuand le cinéma et la télévision enquêtent sur leurs publics
LES CAHIERS DE CHAMPS VISUELSN°16/17Coordination: F. BEURÉ, M. BOISSONNEAU, J. SANDEAU COMITÉ DE LECTURE DIRECTEURDEPUBLICATION: (EN DOUBLE AVEUGLE) : Bruno Cailler . Clémence Allamand SECRÉTARIAT DE RÉDACTION : Joël Augros Bruno Cailler Michael Bourgatte Laurent Creton Jean-Pierre Esquenazi Crédit couverture : Claude Forest © Pixabay Frédéric Gimelo-Mesplomb Kira Kitsopanidou Sébastien Le Pajolec Dominique Pasquier Olivier Thévenin Périodicité biannuelle Ana Vinuela Avec la collaboration de :
ISSN : 1779-4994© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-17628-4 EAN : 9782343176284
Sommaire Les Cahiers de Champs Visuels Juin 2019 N°16/17 PRÉSENTATION......................................................................... 7PREMIÈRE PARTIE : CONTRIBUTIONS À L’HISTOIRE DES ENQUÊTES DE RÉCEPTION......................................... 13 LA SCIENCE DU PLAISIR : GEORGE GALLUP ET LES ENQUÊTES DE RÉCEPTION À HOLLYWOOD Susan Ohmer............................................................................... 15 L’ENQUÊTE DE L’AUDIENCE RESEARCH INSTITUTE DE MAI 1940 SUR LE DOUBLE PROGRAMME À HOLLYWOOD : TRANSFORMATION DES PUBLICS ET ÉVOLUTIONS DE LA PRODUCTION Mathias Kusnierz........................................................................ 53 UNE AVANCÉE DE LA PLANIFICATION CULTURELLE : L’ÉTUDE DE LA CONSOMMATION CINÉMATOGRAPHIQUE COMME INSTRUMENT D’ÉVALUATION DE LA POLITIQUE PUBLIQUE (1961-1967) Gaël Péton.................................................................................... 87 À LA RECHERCHE DU PUBLIC JEUNE ? PANORAMA DES ENQUÊTES RÉALISÉES PAR LA TÉLÉVISION FRANÇAISE (1949-2017) Marion Ferrandery................................................................... 123
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DEUXIÈME PARTIE : ACTUALITÉ DES ENQUÊTES DE RÉCEPTION : ENJEUX ET PERSPECTIVES.................... 165LES PRÉFÉRENCES GÉNÉRIQUES DES PUBLICS DU CINÉMA. RÉFLEXION À PARTIR DES ENQUÊTES FRANÇAISES Chloé Delaporte......................................................................... 167 LE REGARD EN PLUS : LES ÉTUDIANTS ET LES EXPLOITANTS Stéphanie Pourquier-Jacquin.................................................. 197 CONNAÎTRE LES PUBLICS DU CINÉMA POUR OPTIMISER LA SORTIE DES FILMS Entretien avec Sylvain Bethenod (Vertigo).......................2......33 LE CINÉMA À L’ÉCOUTE DU PUBLIC DANS LA CONCEPTION ET LA COMMERCIALISATION D’UN « PRODUIT PAS COMME LES AUTRES » Entretien avec Stéphane Hochberg (Do the Right Films, Itadaki Analytics)...................................................................... 245 LES AUTEURS......................................................................... 263
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PRÉSENTATION La nature prototypique du film de cinéma est un des nombreux aspects qui en font un produit de consommation comparable à peu d’autres. Les moines de Tibhirine attirent les foules –Des hommes et des dieux(Xavier Beauvois, 2010) cumule plus de 3,2 millions d’entrées en France –, tandis qu’un classique de la littérature enfantine porté à l’écran par Spielberg convainc assez peu (moins de 771 000 entrées en France pourLe Bon Gros 1 Géanten 2016 ). L’histoire du cinéma est émaillée de ces surprises qui nous montrent bien qu’il n’existe pas de « recette » pour remplir les salles obscures. En vue de minimiser les risques et de dégager des tendances de comportements, la connaissance des publics est de longue date un enjeu de taille au sein de l’industrie cinématographique. Les enquêtes sur les spectateurs/trices sont des pratiques anciennes. Si quelques études rudimentaires sont menées dès le début du siècle, c’est à partir des années 1940 qu’elles se formalisent, en s’inspirant des travaux menés dans le domaine des communication studies, champ alors émergent au sein des sciences sociales. Aux États-Unis, se créent des instituts spécialisés dans l’étude du public de cinéma comme l’Audience Research Institute de George Gallup et le Motion Picture Research Bureau de Leo A. Handel. Dès cette époque, de nombreux éléments des films sont testés, à divers stades de la production : en amont du tournage, les projets d’histoires ou le potentiel commercial des stars ; à l’issue du tournage, le titre, les matériels promotionnels et même une première version du film, à l’occasion de projections-test. D’autres enquêtes tâchent, en aval des sorties, de connaître le profil ou les 1 Source :CBO Box Office, www.cbo-boxoffice.com.
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motivations de ceux ayant vu telle œuvre. Ces études font, dès leur introduction, l’objet de polémiques : elles sont accusées de brider la créativité artistique et de mener à des productions standardisées, calibrées pour plaire au plus grand nombre. Néanmoins, bien des pratiques initiées alors sont toujours d’actualité aujourd’hui. Pour autant, les enquêtes sur les publics demeurent relativement peu envisagées par la recherche universitaire, en particulier française. Outre les quelques précieux témoignages de professionnels (Fiske et Handel 1946 ; Lazarsfeld 1947 ; Handel 1950), la majorité des travaux qui les évoquent portent sur l’industrie hollywoodienne (Austin 1989 ; Staiger 1990 ; Wyatt 1994 ; Stokes et Maltby 1999 ; Ohmer 1999, 2006 ; Delaporte 2015), pour n’envisager que rarement d’autres contextes nationaux, comme le fait par exemple Gerben Bakker (2003) en se penchant sur le cas britannique. Les études qui tâchent de cerner la façon dont les films s’adressent aux spectateurs/trices, se tournent fréquemment vers le texte lui-même, plutôt que vers les processus de production et de promotion. Par ailleurs, lorsque les consommateurs/trices-spectateurs/trices sont envisagé/e/s, c’est généralement pourse focaliser sur l’expression des jugements spectatoriels et/ou pour étudier les cultures de fans, sans prendre pleinement en compte la façon dont l’industrie mesure ces pratiques et s’y adapte.Ces enquêtes représentent cependant un enjeu de recherche majeur en vue de mieux comprendre la genèse des œuvres, comme les usages qu’en font les spectateurs/trices. Ce numéro desCahiers de Champs Visuelsse propose de mettre ces sources à l’honneur en s’interrogeant sur les multiples façons dont les industries du cinéma et de la télévision cherchent à connaître et comprendre leurs publics. Aboutissement de la journée d’étude « Quand l’industrie du cinéma enquête sur ses publics », organisée par le GREPs (Groupe de Recherche sur les Écrans et leurs Publics) à l’université Paris Diderot le 16 novembre 2017, ce numéro rassemble des articles d’universitaires, des témoignages de professionnels et une traduction inédite. Son but est de contribuer à la connaissance et l’analyse des enquêtes de réception dans une perspective historique, sociologique et économique, afin de mettre
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en lumière les enjeux méthodologiques et politiques qui traversent ces pratiques. Afin de rendre compte à la fois de l’ancienneté et de la pérennité des enquêtes sur les publics, ce numéro revient d’abord sur leur histoire, pour ensuite examiner leur actualité et les questions qu’elles soulèvent. La première partie (« Contributions à l'histoire des enquêtes de réception »)explore la façon dont les industries cinématographique et télévisuelle se sont emparées des études sur leurs publics respectifs au cours de leur histoire. Le texte de Susan Ohmer, paru originellement en 1999 et traduit en français pour ce numéro, revient sur le travail de George Gallup à Hollywood, notamment dans le cadre de l’Audience Research Institut (ARI) qu’il fonde au tournant des années 1940 avec pour but d’appliquer au cinéma des méthodes mises au point dans le cadre de ses recherches sur la publicité et des sondages politiques qui ont fait sa renommée. Outre que cet article rend compte de la diversité des enquêtes réalisées par l’ARI pendant les années 1940 et des polémiques qu’elles ont suscitées, il a également pour intérêt de souligner les enjeux économiques, idéologiques et politiques qui sous-tendent ces pratiques. En écho à cette analyse de Susan Ohmer, le tournant des années 1940 est également au cœur de l’article de Mathias Kusnierz qui étudie plus particulièrement les liens entre les enquêtes sur les publics du cinéma de l’âge d’or hollywoodien et l’évolution du « double programme » qui semble alors condamné à disparaître. Si les enquêtes sur les publics du cinéma américain sont avant tout un outil, utilisé notamment pour politiser les conflits entre exploitants et producteurs, elles reflètent également comment le public, d’abord perçu comme une masse indifférenciée, est progressivement envisagé de façon segmentée. Après ces deux textes sur l’âge d’or hollywoodien, les contributions de Gaël Péton et Marion Ferrandery se penchent sur des enquêtes menées en France à partir des années 1950. Gaël Péton se focalise sur les études produites dans le cadre de l’exercice de planification culturelle du début des années 1960, qui envisagent pour la première fois la « crise du cinéma » avec les outils de l’analyse socio-économique. Alors que la télévision est
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