Stanislas Wails

Stanislas Wails

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4 pages

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Stanislas Wails Qu'est-ce qui vous a amené du cinéma à l'écriture d'un roman ? Avez-vous toujours voulu écrire ? Est-ce une seconde peau, un état d'éveil permanent ? Cinéma et écriture ont vécu en quelque sorte deux vies parallèles en moi. Un peu comme si, sous l'évidence du premier qui s'étalait au grand jour, coulait de façon souterraine la seconde. Enfant, j'avais une passion dévorante pour le cinéma, et déjà à 10 ans, j'avais décidé que plus tard je ferai des films. Mais je lisais beaucoup, mes parents avaient une bibliothèque très fournie, et me laissaient libre de piocher dedans. Je me souviens de ma tête en essayant de lire du Bernanos à 11 ans ! À l'école, j'avais pas mal de facilité en Français, mais je prenais les compliments des professeurs un peu à la légère : l'écriture était un exercice agréable pour moi, mais en fait j'étais très impressionné par le « métier » d'écrivain. Après le bac, je n'avais pas changé d'avis, le cinéma était toujours mon but dans la vie. À tel point que je trouvais ça dommage de me précipiter, j'avais envie de faire des études de Lettres avant de me jeter dans le bain. Les quatre ans passés à la Fac ont été un vrai bonheur, plus je décortiquais les livres des grands écrivains, et plus le mystère de l'écriture me paraissait impénétrable et merveilleux. Après deux ans au Caire, je me suis enfin attaqué à l'escalade du Mont Cinéma.

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Ajouté le 15 juillet 2011
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Langue Français
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Stanislas Wails

— Qu'est-ce qui vous a amené du cinéma à l'écriture d'un roman ? Avez-vous toujours voulu écrire ? Est-ce une seconde peau, un état d'éveil permanent ? Cinéma et écriture ont vécu en quelque sorte deux vies parallèles en moi. Un peu comme si, sous l'évidence du premier qui s'étalait au grand jour, coulait de façon souterraine la seconde. Enfant, j'avais une passion dévorante pour le cinéma, et déjà à 10 ans, j'avais décidé que plus tard je ferai des films. Mais je lisais beaucoup, mes parents avaient une bibliothèque très fournie, et me laissaient libre de piocher dedans. Je me souviens de ma tête en essayant de lire du Bernanos à 11 ans ! À l'école, j'avais pas mal de facilité en Français, mais je prenais les compliments des professeurs un peu à la légère : l'écriture était un exercice agréable pour moi, mais en fait j'étais très impressionné par le « métier » d'écrivain. Après le bac, je n'avais pas changé d'avis, le cinéma était toujours mon but dans la vie. À tel point que je trouvais ça dommage de me précipiter, j'avais envie de faire des études de Lettres avant de me jeter dans le bain. Les quatre ans passés à la Fac ont été un vrai bonheur, plus je décortiquais les livres des grands écrivains, et plus le mystère de l'écriture me paraissait impénétrable et merveilleux. Après deux ans au Caire, je me suis enfin attaqué à l'escalade du Mont Cinéma. Il y a un mélange de contraintes matérielles et d'évanescence artistique qui me plait dans le poste d'assistant-réalisateur, mais très vite j'ai réalisé que l'écriture de scénario ne correspondait pas exactement à mon tempérament. D'abord, ce n'est que le projet d'une chose à venir (quand on a fini un scénario, en fait rien n'a encore commencé), et puis la forme est finalement assez indigente. Dès que j'essayais de transposer le style filmique que j'imaginais en phrases un peu travaillées, les producteurs fronçaient le sourcil. À force de m'entendre dire « c'est trop écrit, ça ne fait pas scénario », j'en ai eu assez, et sans préméditation, je me suis lancé un défi : prendre quelques mois sabbatiques pour écrire un « vrai roman ». C'est là que j'ai compris que cette envie me suivait depuis toujours, comme mon ombre, que toutes ces années j'avais engrangé sans m'en rendre compte de la matière première, que j'avais observé le monde autour de moi et qu'il n'y avait « plus qu'à... » J'ai ressenti une telle excitation, tout d'un coup, à pouvoir explorer les sentiments intimes de mes personnages, une telle évidence, que j'ai continué, et ça a donné La Maison Matchaïev.

« Plus je décortiquais les livres des grands écrivains, et plus le mystère de l'écriture me paraissait impénétrable et merveilleux.»

— Quels sont les écrivains qui vous ont façonné et ceux qui vous ont influencé ? Je pense que je préfère le terme façonné à celui d'influencé. À mon avis, mes influences, ce sont plutôt les autres qui peuvent les voir, j'avoue que moi je n'y arrive pas pour le moment. Comme si j'étais encore trop collé à mon texte, trop dedans pour voir à quoi il ressemble.