UNE VIEILLE DEMOISELLE

UNE VIEILLE DEMOISELLE

Livres
2 pages
Lire
Cet ouvrage peut être téléchargé gratuitement aux formats ZIP et PDF

Description

UNE VIEILLE DEMOISELLE De son vrai nom Marie Rouget, Marie-Noël (1883-1967) était poète à Auxerre. Elle ressemblait à la vieille dame du roi Babar : cabas, parapluie, écharpe et chapeau. Célibataire, catholique, poétesse et demoiselle, ayant perdu un grand amour de jeunesse irrésolu.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 juillet 2011
Nombre de lectures 17
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
UNE VIEILLE DEMOISELLE

De son vrai nom Marie Rouget, Marie-Noël (1883-1967) était poète à Auxerre. Elle ressemblait à la vieille dame du roi Babar : cabas, parapluie, écharpe et chapeau.

Célibataire, catholique, poétesse et demoiselle, ayant perdu un grand amour de jeunesse irrésolu. On se souvient des Chansons et des heuresou du Rosaire des joies qu'on peut lire en Poésie/Gallimard. Sa poésie a bouleversé Montherlant et touché l'abbé Mugnier ; une poésie aux airs de chansons traditionnelles.

Cette vieille demoiselle pieuse qui va à la messe chaque matin à la cathédrale aura été réellement découverte par le public à l'âge de 75 ans.

Récemment, on a retrouvé, cet Almanach pour une jeune fille triste.

Un inédit, donc. L'auteur prévient : « Ceci n'est pas un livre, rien qu'un almanach. Pas une oeuvre littéraire, un simple remède de bonne femme pour les humeurs noires », un « recueil de pensées tonifiantes pour tous les jours de l'année, [...] un vin de santé ». Marie Noël l'écrit au cours d'un séjour à l'hôpital où elle rencontre cette « jeune fille triste ». Elle va ainsi chercher pour chaque jour une pensée, un mot, une phrase, une citation. Hélas, elle s'en excuse dans la préface, la bibliothèque dont elle dispose n'est pas la sienne et n'enferme pas tout le matériau littéraire ou spirituel qu'elle aurait voulu. « Je n'abordai qu'avec précaution le sentiment religieux », écrit-elle.

Comment organiser ce travail ? Comment semer dans les jours, les semaines et les mois du bon grain qui trouverait une terre meuble ? « Rien de suivi, rien d'uniforme, la liberté, la variété et le stimulant, chaque matin, de quelque surprise. » Elle-même ne va pas bien quand elle entreprend ce travail : plongé dans « un grave état de faiblesse nerveuse », avoue-t-elle. Elle prend chaque matin quatre ou cinq feuilles de beau papier d'Arches car « il faut que le papier soit beau pour qu'on ait peur de le gâcher ». Et elle trace à l'encre rouge un cadre. C'est l'idée de Victor Ségalen qui, dans Stèles, encadre ses pages de noirs pour figurer les tombes. Ici, on est partagé entre l'infirmerie blanche à liseré rouge et le livre d'heures coloré. Chaque jour de cette année 1922 a sa pensée. « Ne soyez pas de ces affairées qui n'arrêtent jamais. Sachez prendre du repos, perdre du temps - Ce ne sera jamais du temps perdu - Et quelque fois, vous ébattre. » (10 janvier) Elle cite François de Sales, Michelet, Rousseau, Péguy, Verlaine, Bossuet, Isaïe, les Évangiles. Elle glisse des conseils, des pensées : « N'abandonnez pas le monde, car il regorge de joies pures et vraiment divines qui seront perdues si vous ne les moissonnez pas ». (30 juin) Dans sa préface, la vieille dame prévient : « Quand on n'est pas content de la page du jour, il est ex-pres-sé-ment in-ter-dit de regarder d'avance pour se dédommager la page du lendemain, du surlendemain, des jours suivants. » Dans sa postface, elle écrit : « Vieille ramasseuse de bonnes herbes, j'ai achevé ma récolte. [...] Le livre de la vieille année est clos. Ouvrez, écrivez vous-même celui de la nouvelle année. » Entre ces deux textes, donc, 365 pages de bonne herbe, qu'on peut lire aussi comme un combat spirituel, la volonté de regarder le monde et le temps avec humilité et bienveillance, avec générosité, tout simplement.

Christophe Mory ALMANACH POUR UNE JEUNE FILLE TRISTE, Marie Noël, Éditions Desclée de Brouwer, 530 p., 29 €