10 questions auxquelles le prochain Président n'échappera pas

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"Mesdames et messieurs les candidats, après l'élection, ces problèmes seront les nôtres, ces problèmes seront les vôtres si vous êtes élu : que vous engagez-vous à décider ?"



Durant le prochain quinquennat, plusieurs questions se poseront quoi qu'il arrive aux Français, et le prochain Président devra prendre les mesures pour y faire face.



Alain Etchegoyen, fort de son expérience de conseil auprès de dirigeants politiques et économiques puis au Plan, relève dix questions significatives : l'homoparentalité, l'eugénisme, les OGM, le patriotisme économique, le SMIC, l'assurance-chômage, l'action publique dans les quartiers difficiles et l'école, le scrutin proportionnel, la construction européenne, l'intervention des forces armées.



Dans chaque cas, il pose une question précise et en montre les enjeux réels. Il anticipe aussi sur les réponses dilatoires dont les Français n'ont pas besoin. Et il demande aux candidats de répondre.



Avec ce livre original, à la fois didactique et neutre, les électeurs pourront évaluer les réponses données par les candidats et se faire une idée non seulement de leurs positions mais aussi de leur personnalité.




  • Question préliminaire : les impératifs du débat démocratique


  • Avant-propos : les 10 questions


  • Question 1 : homoparentalité


  • Question 2 : tri des embryons


  • Question 3 : OGM


  • Question 4 : patriotisme économique


  • Question 5 : SMIC


  • Question 6 : assurance chômage


  • Question 7 : services publics


  • Question 8 : représentation proportionnelle


  • Question 9 : Europe


  • Question 10 : armée


  • Ouverture

Sujets

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Publié par
Date de parution 07 juillet 2011
Nombre de visites sur la page 66
EAN13 9782212864441
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0071 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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150 x 225 — 12,5 mm
Alain « Mesdames et messieurs les candidats, après l’élection, ces
problèmes seront les nôtres, ces problèmes seront les vôtres
si vous êtes élu : que vous engagez-vous à décider ? » Etchegoyen
Durant le prochain quinquennat, plusieurs questions se poseront
quoi qu’il arrive aux Français, et le prochain Président devra prendre
les mesures pour y faire face.
Alain Etchegoyen, fort de son expérience de conseil auprès de dirigeants politiques
et économiques puis au Plan, relève dix questions signifi catives : l’homoparentalité,
l’eugénisme, les OGM, le patriotisme économique, le SMIC, l’assurance-chômage,
l’action publique dans les quartiers diffi ciles et l’école, le scrutin proportionnel, la
construction européenne, l’intervention des forces armées.
Dans chaque cas, il pose une question précise et en montre les enjeux réels. Il anticipe
aussi sur les réponses dilatoires dont les Français n’ont pas besoin. Et il demande 10questionsaux candidats de répondre.
Avec ce livre original, à la fois didactique et neutre, les électeurs pourront évaluer
les réponses données par les candidats et se faire une idée non seulement de leurs
positions mais aussi de leur personnalité. auxquelles le prochain
Alain Etchegoyen vit à la fois en philosophe et en homme Président n’échappera pas
d’action, reconnu aussi bien dans le monde de l’enseignement
que dans celui de l’entreprise. Il est l’auteur qui a écrit Le capital
lettres et Le corrupteur et le corrompu, le professeur de
Louis-leGrand qui a décidé d’enseigner aussi dans la ZEP de Gennevilliers,
le citoyen qui a fondé avec Martine Aubry le mouvement AGIR,
le conseiller de Claude Allègre alors ministre de l’Éducation, l’intellectuel
qui a été membre du Comité national d’éthique, l’entrepreneur qui a
été administrateur d’Usinor, et l’ancien commissaire au Plan nommé
par Jean-Pierre Raffarin qui a protesté contre la dissolution de cette
institution. Ces diverses positions lui permettent de multiples perspectives homoparentalité • école
sur la société française et sur le monde politique qui veut la gouverner. chômage • proportionnelle
mondialisation • SMIC • OGM
13,50 € eugénisme • Europe • guerre
53612_etchegoyen_125.indd 153612_etchegoyen_125.indd 1 226/09/06 17:44:526/09/06 17:44:52
Code éditeur : G53612 • ISBN 10 : 2-7081-3612-7
ISBN 13 : 978-2-7081-3612-0
-:HSMHKI=VX[VWU:
barbary-courte.com Photo : © Kasia Wandycz
Alain
10 questions auxquelles le prochain Président n’échappera pas
Eyen
ALAIN ETCHEGOYEN
10 questions auxquelles
le prochain Président
n’échappera pas
Groupe Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 Paris cedex 05
www.editions-eyrolles.com
–––––––
Chez le même éditeur
Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh, Introduction à la société musulmane
Thibaud Collin, Le mariage gay
William Easterly, Les pays pauvres sont-ils condamnés à le rester ?
Philippe Moreau Defarges, Où va l’Europe ?
Bernard Nadoulek, L’épopée des civilisations
Alain Simon, Géopolitique d’un monde mélancolique
––––––––
erLe code de la propriété intellectuelle du 1 juillet 1992
interdit en effet expressément la photocopie à usage collectif sans
autorisation des ayants droit. Or, cette pratique s’est
généralisée notamment dans l’enseignement provoquant une baisse
brutale des achats de livres, au point que la possibilité même
pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles et de les faire
éditer correctement est aujourd’hui menacée.
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire
intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit,
sans autorisation de l’Éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit
de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2007
ISBN 10 : 2-7081-3612-7
ISBN 13 : 978-2-7081-3612-0
Question préliminaire
Les impératifs du débat démocratique
10 questions. 10 réponses attendues. Des centaines de
réponses dont les Français n’ont pas besoin. 10 questions,
c’est très peu par rapport à toutes celles qui seront
abordées durant la campagne. 10 questions aux candidats.
10 questions pour notre futur Président. 10 questions
pour comprendre sa manière de raisonner, ses
engagements, sa personnalité. 10 questions pour voir qui prend
des risques et qui n’en prend pas. 10 questions qui
peuvent fâcher. 10 questions éparses dans les champs variés
que couvre la Présidence. 10 questions. 10 questions
seulement ? C’est arbitraire. De quel droit ? On en verrait
bien 15, ou 20, ou 30, ou 100… !
Oui, 10 questions, c’est arbitraire. C’est presque
présomptueux. Car chaque Français a le droit d’interroger
sur la chasse, sur le climat, sur les trente-cinq heures.
Personne ne s’en privera.
Mais ces 10 questions sont communes, communes à
tous les candidats. S’ils ont la volonté de répondre, leurs
réponses seront comparées. Directes, langue de bois,
dégagements en touche, arguments dirimants,
dubitatives, prudentes, courageuses… 10 questions sans règle du
jeu, dans l’attente de toutes réponses, c’est-à-dire de
réponses de tous. 10 questions car nous vivrons une
élection présidentielle exceptionnelle. L’année 2007 ne sera
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© Groupe Eyrolles
Question préliminaire
pas une année comme les autres. Pour la première fois
depuis douze ans, nous aurons un authentique débat
politique. Certes le référendum européen avait été l’objet
de multiples débats, mais les cartes étaient brouillées, les
camps redistribués, la question du pouvoir hors sujet.
L’élection présidentielle se déroule désormais tous les
cinq ans dans la République française. Elle constitue
l’échéance politique principale de notre vie
démocratique. Quelques symptômes inquiètent quant à la vivacité
des citoyens au regard des choix politiques : on constate
en effet un éloignement des Français par rapport à la
classe politique dans son ensemble, un réel scepticisme
sur la sincérité des engagements pris et une méfiance
accrue qui laisseraient croire à un désintérêt des citoyens
pour la chose publique. Néanmoins, les Français
constituent un peuple politique. Dans les moments décisifs du
débat démocratique, ils sont très nombreux à observer les
comportements des uns et des autres : l’allocution du
31 mars 2006, en pleine crise du CPE, a été suivie par près
de douze millions de téléspectateurs, et chaque débat qui
précède le second tour des élections présidentielles
connaît un record d’audience.
Depuis vingt ans, les Français n’ont jamais reconduit la
majorité sortante lors des élections législatives ; en
revanche, sous la cinquième République, ils ont toujours
renouvelé le mandat présidentiel (le général de Gaulle,
François Mitterrand, Jacques Chirac), quand la situation
se présentait, à une exception près (Valéry Giscard
d’Estaing). Dans la foulée de ces élections présidentielles,
les élections législatives ont toujours été gagnées par la
majorité présidentielle. Le sens de nos institutions et cet
effet d’entraînement montrent l’importance du scrutin
présidentiel alors même que le quinquennat pourrait
l’affaiblir. Sans entrer dans ce débat tranché par le
4
© Groupe Eyrolles
Les impératifs du débat démocratique
suffrage universel, deux remarques méritent d’être faites
pour bien situer l’enjeu singulier de ce scrutin : la
concordance des temps entre mandat présidentiel et législature
doit permettre d’éviter ces cohabitations qui ont entamé
la fonction présidentielle. Désormais, le Président dispose
d’une majorité stable qui lui permet de mener une
politique cohérente pendant cinq années, s’il en a la volonté et
la détermination. En même temps, il est intimement lié à
cette majorité et, le temps aidant, le rôle du Parlement
devra nécessairement se transformer. Cette concordance
des temps ne met pas à l’abri d’échecs électoraux lors
d’élections locales ou européennes, mais celles-ci ne
discréditent pas la légitimité du chef de l’État. Seul un
référendum appelé de ses vœux entame sa légitimité s’il est
désavoué par le vote des Français. Le fait que le Président
Chirac ait souhaité demeurer à son poste en 2005, en
dépit de son échec au référendum sur les institutions
européennes, a certainement contribué à affaiblir la
fonction présidentielle. Il n’est pas étonnant que plusieurs
candidats à la candidature (Nicolas Sarkozy, Dominique
Strauss-Kahn) insistent, dans leurs discours, sur
l’importance de cette fonction présidentielle. Cette orientation va
certainement contribuer à accroître l’intensité des débats
préélectoraux, car la prochaine échéance de 2007 va voir
son sens politique se renforcer.
Après une campagne du premier tour très attentiste, le
second tour de 2002 a escamoté le débat politique. En
2007, nous n’aurons donc pas eu de grand débat politique
gauche/droite depuis douze ans !
C’est un paradoxe majeur de cette élection. Alors que
le quinquennat doit assurer une meilleure fréquence du
grand débat politique national, c’est au moment même
où le quinquennat est mis en place que la France souffre
d’un étrange silence depuis douze ans. C’est pourquoi
5
© Groupe Eyrolles
Question préliminaire
cette échéance sera exceptionnelle. Ce sera le premier grand
edébat du XXI siècle. La télévision ne nous propose plus que
des soliloques : jamais le Président de la République ou le
Premier ministre n’acceptent de débats, à armes égales,
avec leurs interlocuteurs de l’opposition. Les candidats à
la candidature, pour des raisons diverses, voire opposées,
font de même. Notre pays est donc sevré d’un
authentique débat démocratique depuis des années. Cette
situation peut être dite grave car, en douze ans, le monde
économique et la société française ont profondément
changé. Le service public de l’audiovisuel doit retrouver
sa mission presque oubliée.
Platon et surtout Socrate n’étaient pas tendres pour la
démocratie. Mais nous repérons, en les lisant, les écueils
qui, parfois, la discréditent. La question du dialogue et du
débat – reprise aujourd’hui notamment par Habermas –
est au cœur de leurs critiques. Selon eux, nous ne devons
pas laisser les chefs démocratiques monologuer : le
prototype du discours devant l’agora se réplique aujourd’hui
lors des meetings et surtout dans les médias. Ces derniers
pourraient jouer un rôle considérable dans le débat
public. Mais ils se sont, la plupart du temps, rendus aux
exigences des politiques : refusent-ils de débattre
publiquement avec leurs adversaires, on leur propose un
entretien avec un journaliste. Pour les philosophes grecs, le
monologue permet de flatter le peuple, de lui être
agréable, de ne pas répondre aux questions gênantes : avec lui,
le discours politique s’abîme dans la rhétorique. Ainsi
regrettaient-ils le pouvoir donné à la doxa, cette opinion
que nous nommons désormais opinion publique. Je n’ai
pas mentionné le cas dans les 10 questions. Mais un
nouveau Président de la République devrait s’engager à
dynamiser le débat politique. Les Français en ont assez des
dirigeants qui refusent de prendre le risque du moindre
6
© Groupe Eyrolles
Les impératifs du débat démocratique
débat public. Les politiques aiment la polémique, mais ils
détestent la contradiction. Ils aiment monologuer quand
on leur a préparé des fiches, ils refusent d’improviser. Les
politiques doivent retrouver le goût du risque avant
d’exiger que les entrepreneurs prennent des risques ou que les
salariés les acceptent. Je suis convaincu que la méfiance
générale provient de cette conviction : les politiques ne
savent plus s’exposer, ils ne savent qu’exposer. Certains
disent écouter les Français, mais ils refusent de dialoguer
avec leurs adversaires.
L’échéance de 2007 est donc une grande occasion à ne
pas gâcher. Nous pouvons relancer le débat, qui est l’âme
même de la vie démocratique. Il passe par le dialogue, la
contradiction, l’opposition des points de vue. Socrate, le
philosophe qui refusa d’écrire un seul livre, pour éviter de
pratiquer ce monologue dangereux, ne s’étonnerait pas
que, dans notre France démocratique, l’écriture d’un livre
soit la première onction dont l’homme politique ressent
l’urgence et le besoin. Qu’on cesse cette « pipolisation »
qui consiste à mettre en face des politiques des citoyens
désarmés. Platon et Socrate avaient raison : la démagogie
est la croix de la démocratie.
L’échéance de 2007 est l’occasion à ne pas manquer.
Nous savons que nous élirons un Président qui aura le
temps devant lui. Il sera élu sur des choix explicites. Bien
sûr, un Président n’applique jamais tout son programme
électoral. Il ne faut pas voir dans cette attitude un
manquement pervers aux engagements dits électoraux. En
effet, le Président et sa majorité proposent des
programmes qui contiennent quantité de mesures. Certaines ne
satisfont que leur électorat et peuvent être critiquées a
priori, car elles servent avant tout à résoudre des
problèmes internes à chaque camp. Mais là n’est pas l’essentiel :
quand on est élu par 51 ou 52 % des Français, on ne peut
7
© Groupe Eyrolles
Question préliminaire
faire comme si on l’était par 100 % de la population. Par
ailleurs, parmi ces 51 ou 52 % des Français qui désignent
généralement le Président de la République, il est certain
que tous n’approuvent pas tout le programme. Il n’existe
donc pas de mandat impératif, ni moralement ni
politiquement. Cette remarque ne dénie pas leur pertinence
aux programmes, mais veut contredire cette affirmation
naïve selon laquelle les candidats élus ne respectent
jamais leurs engagements : ils écrivent, dans leur
programme, ce qu’ils feraient s’ils avaient les mains libres,
s’ils étaient seuls à décider.
Ce serait faire fi de toute vie démocratique que
d’exiger l’application mécanique de tout le programme. On
évoque quelquefois le « troisième tour social ». On a tort
de mépriser cette expression, car la liberté de
manifestation est un élément fondamental de la liberté
d’expression. Et il est tout à fait nécessaire, dans une vie
démocratique, que certains continuent à s’opposer à des
éléments qui sont contenus dans le programme du
candidat élu, car rien, absolument rien, ne peut assurer
qu’une majorité de Français approuvent telle ou telle
mesure. Il est en effet impossible d’organiser un
référendum sur chaque décision politique majeure qui divise
les Français. Le Parlement et ses commissions travaillent
en ce sens, mais leur rôle reste encore faible face au
pouvoir exécutif.
Objectera-t-on qu’une campagne électorale n’est
jamais enfermée dans des idées ? Certes, l’échéance
présidentielle met en compétition des hommes et des femmes
dont comptent les personnalités, les caractères, le verbe
ou l’image. Aussi de nombreuses petites phrases
parasitent-elles le débat proprement politique. Mais les Français
n’aiment guère cette démarche. Ils jugent eux-mêmes la
personnalité des candidats et ne goûtent pas les attaques
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© Groupe Eyrolles
Les impératifs du débat démocratique
ad hominem. On se souvient du mauvais effet qu’avait
produit une remarque de Lionel Jospin, saisie au débotté,
sur l’âge ou la fatigue du Président sortant.
Nous ne pouvons donc négliger le souffle de l’un, le
charisme de l’autre. Tout dépend parfois d’un mot
déplacé, d’une colère inutile. Chacun, dans l’isoloir, est
maître de ses propres critères. C’est le principe même du
suffrage universel. Néanmoins, notre peuple politique
n’est jamais insensible aux idées.
Je ne pense pas que les politiques soient désormais
impuissants face à l’économie, à la mondialisation ou à
l’Europe. Les Français, s’ils le croyaient, auraient déserté
les urnes, ce qui n’a pas été le cas lors des dernières
consultations électorales. Mais nous ne saurions aborder le
prochain débat électoral sans évoquer, avec précision, ce qui
d’abord dépend du politique, en négligeant ce qui n’en
dépend pas. Peut-être d’ailleurs cette question sera-t-elle
omniprésente dans les programmes électoraux : le
périmètre reconnu à l’État définit peu ou prou le champ
même de l’autorité politique.
Il ne s’agit donc pas, dans ce livre questionnant,
d’aborder toutes les questions auxquelles des réponses sont
proposées dans les programmes électoraux. Si j’ai voulu
solliciter les candidats sur dix questions seulement, c’est
pour plusieurs raisons.
1. Ces questions concernent des engagements qui
peuvent être pris et tenus. Par exemple, quand François
Mitterrand prend le risque d’annoncer l’abolition de
la peine de mort s’il est élu, il sait que la décision
dépendra de lui.
2. Sans du tout être exhaustives, les 10 questions
couvrent des champs très variés (politique, économique,
social, moral, international). Un candidat aux
présidentielles ne peut s’enfermer dans le champ
franco9
© Groupe Eyrolles
Question préliminaire
français. Il doit exprimer une vision sur le rôle de la
France dans le monde, mais aussi, certainement, une
vision de l’homme et du citoyen.
3. Le sens de ces questions ne se situe pas seulement
dans les réponses qu’elles suscitent, car leur
signification est plus générale. En effet, certaines prises de
position constituent un risque politique, notamment
pour les ralliements du second tour. Mais le risque
n’est pas équivalent pour ceux qui ont une chance
d’être élus et pour ceux qui veulent avant tout
profiter d’une tribune politique pendant le temps d’une
campagne.
4. Si d’aventure la même question engendrait des
réponses convergentes, celles-ci constitueraient un
signe intéressant sur la quantité des forces
susceptibles de soutenir les décisions politiques qui y
correspondent.
5. Enfin, certaines questions correspondent clairement
à des clivages politiques traditionnels gauche/droite.
Pour d’autres, ce n’est guère le cas. En effet, il ne m’a
pas semblé nécessaire de focaliser l’ensemble des
questions sur ce clivage, car le rôle d’un Président de
la République consiste souvent à entraîner son
propre camp là où il n’irait pas spontanément. Qui peut,
epar ailleurs, affirmer que ce clivage, hérité du XX
siècle, garde sa pertinence pour les années à venir ? Et
comme l’élu le dira aussitôt après le résultat : « Je suis
désormais le Président de tous les Français. »
Ces questions ne sont pas nouvelles. Elles ont déjà été
l’objet de débats politiques. Elles peuvent également être
rapportées à des expériences politiques étrangères. Elles
impliquent des modalités de mise en œuvre liées à des
processus de décision.
10
© Groupe Eyrolles
Les impératifs du débat démocratique
Un programme politique est toujours un catalogue de
propositions qui doivent satisfaire les uns et les autres. La
concentration sur 10 questions donne un sens qui n’est
pas nécessairement celui d’un programme. De ce fait, le
choix des questions peut sembler arbitraire. Il en existe
d’autres possibles. En réalité, j’ai voulu sélectionner un
petit nombre de thèmes qui permettent non seulement
d’anticiper l’avenir qui se prépare pour la France en
fonction des réponses obtenues, mais aussi de mesurer les
risques que chaque candidat est prêt à prendre.
Pour justifier ces 10 questions, j’ai choisi d’abord d’en
présenter les enjeux historiques et politiques. Ensuite,
j’essaie d’exposer les arguments qui sont en général
évoqués pour l’une ou l’autre réponse. Quand l’occasion s’en
présentait, j’y ai intégré des références étrangères et
comparaisons internationales, à charge ou à décharge. Enfin,
j’indique les réponses dilatoires qui seraient inacceptables
en tant que telles.
Il serait présomptueux de penser ainsi mettre sur la
table ce qui doit déterminer le vote des Français. Je ne
dispose d’aucune légitimité pour cela. Mais j’aime la vie
politique. Je suis convaincu que les hommes et femmes
politiques de notre pays sont la plupart du temps de
grande qualité. Je n’ai qu’une seule ambition : que les
réponses à ces questions soient révélatrices de la
philosophie, des modes de pensée, des méthodes et des
personnalités de ceux qui y répondent. Et comme « la précision
tue souvent la clarté », j’ai choisi de privilégier les
arguments du débat et de délaisser les chiffres, souvent
incommensurables pour la conscience du citoyen.
Fréquemment, dans les jeux de l’été, des magazines
posent aux lecteurs des questions qui semblent
hétérogènes ou éclatées. Surpris de leur diversité, nous répondons
spontanément, sur un coin de table. Quand nous sommes
11
© Groupe Eyrolles
Question préliminaire
face à l’interprétation de nos réponses, nous sommes
étonnés : si nous avons répondu vingt fois la réponse (c),
nous sommes paranoïaques, ou dix fois la réponse (a),
nous sommes bobos, etc. Je n’ai pas conçu les questions
avec une typologie similaire. Mais je pense que les
réponses auront un sens quand elles seront mises bout à bout.
Je tiens au oui et au non. Ce peut être simpliste ou
caricatural. Je ne pense pas qu’un candidat à la plus haute
fonction de l’État puisse être neutre ou indifférent. Et je
redoute une prudence qui confine à la lâcheté.
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© Groupe Eyrolles
Avant-propos
Les 10 questions
Chaque question est formulée comme la demande d’une
prise de position claire et précise. Elle ne concerne pas
seulement l’avis personnel et intime du candidat, mais les
mesures qu’il compte mettre en œuvre, ou faire mettre en
œuvre. En effet, ces questions font abstraction des
processus législatifs ou réglementaires : il va de soi que le
Président de la République ne décide rien tout seul. Il doit
respecter les procédures législatives et le pouvoir
spécifique du gouvernement.
Sur la nature même de la réponse (oui ou non), il est
demandé au candidat de ne pas fuir la question en
évoquant les contraintes européennes, territoriales ou
constitutionnelles : la réponse est là pour indiquer dans
quel sens il se battra, y compris en modifiant la
Constitution si nécessaire ou en défendant sa position auprès des
instances européennes. Les réponses demandées peuvent
en revanche concerner le rythme de telle ou telle réforme.
Un candidat à la Présidence de la République est avant
tout une personne. Comme Président, il jouera un rôle
important dans la vie de notre pays et donc de tous nos
concitoyens. Ces questions ont pour but d’obtenir des
réponses mais aussi de révéler une personnalité. Les
réponses peuvent être biaisées si elles sont l’objet d’un
travail collectif – et donc de considérations stratégiques et
13
© Groupe Eyrolles
Avant-propos
tactiques. C’est pourquoi je crois qu’elles ne prendraient
vraiment leur sens que dans une confrontation en temps
réel entre candidats. Mais nos dirigeants politiques ont
tellement perdu le sens du risque et le courage qui lui est
afférent qu’un tel débat relève peut-être du vœu pieux. Je
pourrais dénombrer, à l’avance, mille arguties concoctées
par de savants et prudents conseillers en
communication… Cependant, le démocrate rêve toujours, puisque la
démocratie est un rêve, un désir inassouvi. Rêvons donc un
peu…
1.
Durant votre mandat présidentiel,
le mariage homosexuel sera-t-il légalisé,
ainsi que l’adoption
des enfants par les couples homosexuels ?
2.
Durant votre mandat présidentiel, le tri des embryons
sera-t-il légalisé ?
3.
Durant votre mandat présidentiel, les cultures agricoles
à base d’OGM seront-elles interdites ?
4.
Durant votre mandat présidentiel,
accroîtrez-vous le rôle de l’État
pour assurer un patriotisme
économique qui limite les processus entraînés
par la mondialisation ?
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© Groupe Eyrolles
Les 10 questions
5.
Durant votre mandat présidentiel, vous engagerez-vous
sur une augmentation ou un type d’augmentation
du SMIC ?
6.
Durant votre mandat présidentiel, proposerez-vous
une réforme de l’assurance chômage qui réduise
les cotisations des entreprises qui recrutent
et accroisse celles des entreprises qui licencient ?
7.
Durant votre mandat présidentiel, comptez-vous
améliorer les services publics dans les quartiers difficiles
en y plaçant les agents de l’État les plus compétents ?
8.
Durant votre mandat présidentiel, soutiendrez-vous
la représentation proportionnelle comme mode
d’élection des députés à l’Assemblée nationale ?
9.
Durant votre mandat présidentiel, les grandes décisions
concernant l’avenir de l’Europe seront-elles débattues
au Parlement ou soumises au suffrage universel ?
10.
Durant votre mandat présidentiel, engagerez-vous
l’armée française dans des conflits armés pour assurer
la défense des droits de l’homme ou la paix
sur un territoire étranger ?
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© Groupe Eyrolles