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Argumentation et débats publics

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Description

L’importance des débats publics dans la société d’aujourd’hui n’est plus à démontrer. Dans la presse, à la télévision et à la radio, les questions qu’on ne peut pas forcément résoudre entre soi sont exposées à l’appréciation de tous. Mais n’y a-t-il pas de règle spécifique à ce genre de confrontation ? Et que signifie alors le terme de « résolution » dans un tel contexte ?
Il fallait prendre ces questions à bras-le-corps et c’est ce qu’a accompli Constantin Salavastru dans un livre qui fera date pour tous ceux qui ­s’intéressent au problème de savoir comment se jouent la décision et le jugement de l’opinion publique.
Un grand livre, donc, fouillé et riche de multiples exemples, qui ne laisse aucun paramètre de côté.

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Publié par
Nombre de lectures 13
EAN13 9782130741923
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0180€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Constantin Salavastru
Argumentation et débats publics
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2011
ISBN papier : 9782130589785 ISBN numérique : 9782130741923
Composition numérique : 2016
http://www.puf.com/
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
L’importance des débats publics dans la société d’aujourd’hui n’est plus à démontrer. Dans la presse, à la télévision et à la radio, les questions qu’on ne peut pas forcément résoudre entre soi sont exposées à l’appréciation de tous. Mais n’y a-t-il pas de règle spécifique à ce genre de confrontation ? Et que signifie alors le terme de « résolution » dans un tel contexte ?
Il fallait prendre ces questions à bras-le-corps et c’est ce qu’a accompli Constantin Salavastru dans un livre qui fera date pour tous ceux qui s’intéressent au problème de savoir comment se jouent la décision et le jugement de l’opinion publique. Un grand livre, donc, fouillé et riche de multiples exemples, qui ne laisse aucun paramètre de côté.
Table des matières
Remerciements Introduction Chapitre premier. Débats publics : concept, conditions, finalités Qu’est-ce que les débats publics ? Appel à l’argument d’autorité Débat et débat public Essai sur une raison métaphysique Comment le public influence-t-il le déroulement des débats ? Conditions de possibilité des débats publics Les maximes conversationnelles et les débats publics Les finalités des débats publics Chapitre II. L’organisation des débats publics Critères de sélection des participants Éthique des débats publics : les accords des participants Qu’est-ce que modérer un débat public ? Le modérateur des débats publics Formats des débats publics Chapitre III. Les éléments constructifs des débats publics Qu’est-ce que la motion ? Critères pour la sélection de la motion Motion et conflit : essai de systématisation Les preuves : concept et relations Systématisation des preuves Étude de cas : le débat Sarkozy-Royal (du 2 mai 2007) Stratégies et techniques de débat Une systématisation des stratégies de débat Application : le débat Kennedy-Nixon (du 26 septembre 1960) Chapitre IV. Le langage des débats publics Pourquoi le langage est-il important dans les débats publics ? Les qualités du langage et les débats publics L’expressivité des débats publics La communication paraverbale dans les débats publics Le non-verbal dans les débats publics Chapitre V. La pathologie des débats publics
Vérité et erreur dans la communication humaine Une proposition de systématisation des erreurs Erreurs d’argument induites à l’aide de la pensée Erreurs d’argument induites à l’aide du langage Erreurs de technique induites à l’aide de la pensée Erreurs de technique induites à l’aide du langage Une thérapeutique de la communication Conclusion. La signification de la discussion critique Bibliographie
Remerciements
et ouvrage est une synthèse de tout ce que nous avons écrit jusqu’à C présent (depuis plus de dix ans) sur un phénomène si familier mais, en même temps, complexe et inconnu dans son essence : les débats publics. Un livre en roumain (L’Art des débats publics, Éditions Tritonic, Bucarest, 2009), la principale source de cette synthèse, ainsi que beaucoup d’études dans des volumes collectifs ou des revues de spécialité roumaines constituent le témoignage d’une préoccupation constante et le point de départ de ce livre. Nous remercions chaleureusement tous ceux qui ont eu la générosité de publier les résultats de nos recherches dans le domaine des débats publics.
Il faut dire néanmoins que l’impulsion décisive qui a eu pour résultat ce que le lecteur peut lire dans la collection « L’Interrogation philosophique » de la prestigieuse maison d’éditionPUFest une phrase d’un grand homme :
« Cher Constantin,
Ton livre est vraiment remarquable et je l’ai lu d’une traite ; les aspects épistémologiques sont vraiment bien mis en lumière. Un jour, j’espère bien t’avoir dans ma collection !
Amitiés, Michel » Ces mots faisaient référence à notre livre paru chez L’Harmattan (Essai sur la problématologie philosophique, L’Harmattan, Paris, 2010), une investigation critique (au sens kantien du terme) sur sa conception philosophique : la problématologie. Son nom : Michel Meyer. Je te remercie infiniment, Michel ! Si tu savais combien de mes résultats ont trouvé leur point de départ dans un mot, dans une question, dans une interrogation ou dans un geste que tu as fait à un moment donné !
Introduction
es débats publics sont aujourd’hui desprésences familièresdans la vie des L êtres humains et des communautés. Il est presque impossible d’imaginer un événement plus ou moins important hors d’un débat à la télévision, à la radio, dans la presse écrite et ainsi de suite. L’explication d’une telle situation passe par l’intérêt croissant d’un public de plus en plus large à s’informer à propos de questions qu’il considère importantes pour lui-même ou pour la communauté à laquelle il appartient. Des thèmes plus généraux, comme le réchauffement de la planète, la crise économique mondiale, la pauvreté dans le monde, les ressources de la planète, ou bien des problèmes d’intérêt régional, comme la guerre du Golf, la situation du Moyen-Orient, l’importance du gaz russe pour les pays occidentaux, pour finir par des questions d’importance nationale ou locale, comme l’état des routes en Roumanie, le transport urbain dans la ville de Iaşi, les banlieues de Paris, constituent des sujets de débat que l’on rencontre très fréquemment dans la presse nationale ou locale. L’intérêt croissant pour ces thèmes ainsi que leur présence deviennent, sans doute, des impulsions légitimes pour analyser ce phénomène, pour le connaître et pour l’utiliser en connaissance de cause. C’est l’intention déclarée de notre investigation sur les débats publics.
L’analyse conceptuelledes débats publics a attiré notre attention sur quelques éléments intéressants qui confèrent identité et opérationnalité à ces formes d’expression discursive de l’individu. Les débats publicssupposent un publicqui participe à ce genre d’activités et ils ont unfondement d’ordre métaphysique relevant de l’idée de solidarité humaine qui gouverne toute société démocratique. Les expressions discursives dont nous nous occupons ici ne sont pas possibles si l’on n’assume pas quelques conditions préalables, qu’il faut respecter, pour que les relations dialogiques en cause se déroulent normalement. Lesconditions de possibilitédes débats publics ont été identifiées en partant du modèle de la coopération conversationnelle proposé par Herbert Paul Grice, modèle centré sur l’idée de maxime conversationnelle, c’est-à-dire un corpus de règles qui devraient gouverner le bon déroulement des échanges verbaux, systématisés selon le critère kantien des raisonnements (quantité, qualité, relation, modalité). Une analyse des possibilités d’application des maximes conversationnelles au déroulement des débats publics nous montre comment on pourrait construire ce type de manifestations discursives, de sorte que l’on puisse être sûr d’atteindre le but de l’intervention discursive. Une démarche discursive revêtant la forme des débats publics a des conséquences significatives sur l’individu et sur la société. Elle aide àrésoudre les conflits d’opinionsdes individus ou des groupes entre
sociaux, elle contribue àdécouvrir la véritédans des domaines importants de la connaissance (philosophie, politique, religion), elle constitue une bonne occasion d’exercer l’entraînement à la communicationle développement dans des relations avec autrui et elle représente en même temps unservice public des plus sollicités.
L’idée d’organisation des débats publics, que nous avons essayé de développer dans notre analyse, vise l’extérioritéde ce type d’interventions discursives. Cela veut dire qu’une telle analyse porte sur les éléments extérieurs qui participent à la construction d’une relation dialogique de ce type et qui ne tiennent, en aucun cas, de la structure interne du discours par lequel s’extériorisent les débats publics. Lesparticipantset lemodérateursont des facteurs externes qui préparent, organisent les débats publics et y participent. L’acte de modérerainsi que le choix d’un format ou d’un autre sont des options décisionnelles de ces facteurs externes. Cela ne signifie pas du tout que l’on réduit l’importance de ces éléments en insistant sur leur extériorité.
L’idée d’organisation, que l’on a élevée au rang de critère unificateur des discussions concernant le rôle des acteurs des débats publics, attire notre attention sur le fait que rien ne peut être laissé au hasard, au moins du point de vue du savoir, lorsque l’on met en acte une telle relation dialogique, bien que le hasard, l’improvisation et l’imprévisible puissent avoir parfois un rôle significatif dans l’obtention du succès dialogique. Descritères de sélectionbien déterminés (pour les participants, pour les modérateurs, même pour le public),formés de débatsqui peuvent être assumés, dominés par des règles plus ou moins strictes, mais sans lesquelles l’anarchie s’instaurerait immédiatement, constituent autant de signaux qui nous avertissent que la préparation préalable est une chose tellement nécessaire que toute omission se fait remarquer dès les premiers pas dans le déroulement de la pratique discursive dont on parle.
L’idée d’organisation des débats publics ne doit pas être assumée comme un attentat très visible à la liberté de création et d’action de l’individu, comme un éloge à la pensée algorithmique, routinière, reconnue toujours comme une « idole » devant l’élan impétueux de la personnalité créatrice vers de nouveaux espaces de la connaissance. Elle doit être assumée plutôt comme une invitation à l’équilibre et à l’harmonie entre la tendance à ne rien respecter, induite par l’excès de liberté absolue et l’idée d’ordre et de raison, induite par les contraintes de la vérité méthodique. On retrouve ici quelque chose de l’avertissement de Goethe :
Un grand esprit se trompe tout comme un petit esprit, le premier parce qu’il ne veut pas connaître les limites, le dernier parce qu’il prend le cercle formé par son horizon pour les bornes du monde[1].
L’analyse des éléments constructifs des débats publics (motion, preuves, stratégies) constitue, à notre avis,le fondementd’une explication cohérente et réaliste des interventions discursives de ce type. Comprendre ce qu’est un débat public signifie, avant tout, identifier les éléments structuraux qui composent une telle relation discursive. Pour nous, il existe trois ingrédients sans lesquels toute explication au sujet des débats publics se situerait sous le signe de la négativité et de l’insatisfaction : lamotion(on doit savoir de quoi on parle, on doit peser le pour et le contre lorsque l’on évalue un point de vue), les preuvesest nécessaire que l’on sache quelles sont les exigences qu’il faut (il respecter lorsque l’on soutient un point de vue ou lorsque l’on réfute le point de vue de l’adversaire, compte tenu du fait que rien ne peut être soutenu ou réfuté sans arguments : l’exigence minimale du principe du raisonnement suffisant), lesstratégies(il faut savoir que la combinaison des preuves la plus adéquate possible, dans le sens large du terme, assure plus rapidement le succès dans les disputes avec les autres ; c’est pourquoi il faut connaître ces possibilités de combinaison et les degrés d’efficacité discursive). Certes, il y a d’autres aspects qui conditionnent le bon déroulement d’un débat public, mais ils sont et restent d’une certaine manière dépendants des trois éléments dont on a parlé : le modérateur est le pion principal, mais il doit savoir choisir une motion, quels sont les moyens de preuve possibles, quelles stratégies sont efficaces dans un cas ou dans un autre. La même situation s’applique aux participants, qui doivent très bien connaître de telles procédures et, comme nous l’avons dit plus haut, les critères de sélection des participants visent plus ou moins directement ces trois éléments.
Dans l’analyse et l’explication des débats publics, les éléments constructifs que l’on a invoquésdoivent être imaginés comme un tout dans une dynamique permanente :on s’intéresse à ce que ces trois éléments peuvent faire ensemble dans leur coopération possible dans une intervention discursive de type débat et ce qu’ils ne peuvent faire séparément, même si, d’une manière explicative, l’analyse de ces éléments constructifs donne l’impression d’individualisation, de statique. Cela signifie que l’accent tombe sur lapossibilité de corroborer efficacementéléments constitutifs d’un débat, afin d’obtenir un résultat les désirable et non sur la performance individuelle de chacun de ces éléments. C’est une situation qui ressemble à la course de relais (4 X 100 m) et non à l’épreuve du 100 m plat. Chacun des quatre coureurs a beau être le premier au 100 m, il faut que les quatre aboutissent ensemble pour occuper la première place au 400 m. On parle d’une chose que nous avons peut-être déjà signalée : la motion, les preuves et les stratégies doivent être compatibles, c’est-à-dire pouvoir fonctionner ensemble et produire les meilleurs résultats. Voici pourquoi nous avons insisté sur le fait que les débats publics constituent une organisation dynamiqueingrédients en fonction du contexte et de la des performance : l’un ou l’autre des éléments peut à tout moment être éliminé ou