Armée, pouvoir et démocratie en Afrique : l

Armée, pouvoir et démocratie en Afrique : l'exemple du Nigéria

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457 pages

Description

Le présent ouvrage vise à montrer pourquoi et comment, à travers plusieurs vicissitudes et péripéties, par la force des choses, les militaires et les civils nigérians ont pu établir une relation dynamique faite de confrontation et de coopération et ont réussi à construire un compromis ayant produit un système démocratique original adapté aux réalités de ce pays dont le devenir conditionne, à plus d'un titre, l'avenir du continent africain tout entier.

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Date de parution 17 décembre 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140138096
Langue Français

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Etudes africaines
Série Politique
Pierre M M
Armée,pouvoiret démocratieenAfrique:l’exempleduNigéria
Collection « Études africaines » dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.
Dernières parutions
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Pierre MOUKOKOMBONJOArmée, pouvoir et démocratie en Afrique :
l’exemple du Nigéria
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-18329-9 EAN : 9782343183299
A mes parents, feueJeanne Jemba Ngallèfeu et Révérend Pasteur Isaac Mbonjopour les énormes sacrifices Moukoko, consentis en vue de mon éducation et de ma formation académique. A jamais vivants dans mon cœur.
A ma tendre épouse,Clotilde Michelleà nos chers en- et fants, pour leur précieux amour et leur constant soutien. Infi-nie gratitude.
A mon Maître,Maurice DUVERGER, Professeur émérite à la Sorbonne, de regrettée mémoire, pour m’avoir transmis la passion de la science politique. Paix éternelle.
Remerciements A toutes celles et à tous ceux qui m’ont assisté dans la réalisation de cet ouvrage, et qui se reconnaîtront, je présente mes remerciements les plus sincères et ma profonde reconnaissance. Que Dieu Tout-Puissant les bénisse.
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Introduction générale L’inscription revendiquée de l’Afrique dans la mouvance démocratique et le régime qu’elle institutionnalise est désormais une tendance générale lourde de signification. Même en enregistrant des trajectoires contrastées de démocratisa-tion, aucun régime africain ne se revendique publiquement d’une autre forme de régime que de la démocratie. Comme une « grande danse », la démocratie séduit et produit des effets de croyance qui rentrent désormais dans la culture et les 1 mœurs politiques . Si la connexion de l’Afrique à la démocratie – même si cette dynamique peut souvent cacher une extrême diversité de situations nationales 2 concrètes – n’est pas une tendance nouvelle , il est à relever que l’adoption par l’Union Africaine du régime démocratique comme régime par excellence ou 3 tout au moins souhaité pour l’Afrique, procède d’une rupture dans un contexte d’accélération de l’interdépendance entre sociétés et de brouillage de la distinc-4 tion entre interne et externe . En effet, l’institutionnalisation de la démocratie comme modèle des régimes politiques, comme forme de régime politique acceptable est une tendance significative dans les relations internationales. À cet effet, mention doit être 1  Au rôle des processus démocratiques, il convient d’ajouter la pression des Organisations Internationales telles que l’UE, la francophonie, le Commonwealth, l’UA, allant dans le sens du bannissement des changements anticonstitutionnels. 2 En effet, au moment de l’accession à l’indépendance, la plupart des nouveaux États africains connaissent une vie politique démocratique et pluraliste. L’apprentissage de la démocratie parlementaire et multipartiste sous l’égide du colonisateur semble avoir donné des résultats satisfaisants. La « maturité » politique des élites de succession coloniale est illustrée par leur respect des normes formelles du jeu parlementaire, l’existence d’une majorité et d’une opposi-tion en étant la preuve éloquente. 3 Kazadi Mpiana (Joseph), « l’Union Africaine face à la gestion des changements anticonstitu-tionnels de gouvernement »,Revue Québécoise de Droit International, 25 (2), 2012, pp.101-140. 4  Dans un tel contexte, il est difficile d’envisager l’établissement et la survie d’un régime politique sans prendre en considération les acteurs d’ordre externe. Il ne s’agit pas de reprendre ici les catégories de l’analyse dépendantiste, laquelle considère les régimes politiques de la périphérie comme étant complètement ou totalement soumis à ceux du centre. Il s’agit de faire une sociologie fine et détaillée des transactions objectives entre l’interne et l’externe en évitant de surestimer ou de sous estimer le rôle de l’un ou l’autre pôle. À cet égard, il convient de relever que la littérature sur les démocratisations à constamment pris en considération le rôle des acteurs internationaux. Samuel Huntington dans son ouvrageTroisième Vaguemet en exergue le ème rôle de la victoire des alliés au lendemain de la 2 guerre mondiale, l’influence de l’union Européenne, la contagion et l’exemplarité des régimes démocratiques. Whitehead Laurence, dans son ouvrageInternational dimensions of democratization in Europe and AmericaJuan et Linz participent de même registre de pensée. Ce qui importe ici, c’est d’envisager les éléments d’ordre international qui peuvent déterminer la consolidation de la politique parlementaire en Afrique.
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faite de la déclaration d’Harare dans le cadre du Commonwealth, de la déclara-tion de Bamako (francophonie) ; de l’accord de partenariat entre l’Union européenne et les ACP (Cotonou). Ces différents textes internationaux mar-quent une mutation symbolique significative en ce sens qu’ils remettent en cause le libre choix de la forme de gouvernement et imposent la démocratie sur le plan des normes de gouvernement. La dynamique normative africaine sur le plan régional s’inscrit dans le même ordre d’idées comme l’illustre l’acte constitutif de l’UA qui postule l’interdiction des changements anticonstitution-nels de gouvernement, la déclaration de Durban de l’UA sur les principes de la gouvernance, la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gou-vernance (CADEG), le texte portant création du mécanisme africain 5 d’évaluation par les pairs . En fait, il s’agit d’une véritable rupture culturelle par rapport aux années 1960, 1970, 1980, période durant laquelle la forme d’un régime politique relevait du domaine réservé des États. Désormais, une norme de comportement politique est instituée. Cette dynamique introduit une mutation significative dans le cours politique en Afrique en ce sens qu’elle va permettre la diffusion et la pénétration pro-gressive des ordres politiques africains par des idées, des valeurs se réclamant de la démocratie et par conséquent, faciliter l’exportation et la consolidation des variables de la démocratie pluraliste. Seulement, la consolidation de la politique parlementaire en Afrique reste dans une certaine mesure contrariée et contredite par des situations de recours aux armes. Le recours aux armes montre que la démocratie n’est pas le seul jeu politique possible, que la démocratie n’a pas encore pu contraindre l’ensemble des acteurs de la classe politique. Le coup d'État comme manière et moyen de faire la politique est un phénomène devenu certes rare de nos jours, mais toujours présent potentiellement. Dans la politique africaine, le coup d'État à vrai dire, ne représente qu’une 6 des configurations historiques de la politique . En effet, au moment de l’accession à l’indépendance, la plupart des nouveaux États africains connais-sent une vie politique démocratique et pluraliste. L’apprentissage de la démo-cratie parlementaire et multipartite sous l’égide du colonisateur semble avoir donné des résultats satisfaisants. La « maturité » politique des élites de succes-sion coloniale est illustrée par leur respect des normes formelles du jeu parle-mentaire, l’existence d’une majorité et d’une opposition en étant la preuve éloquente. Seulement, après quelques années d’expérimentation, la démocratie
5  Depuis les deux décisions d’Alger de 1999 jusqu’à l’adoption de laCharte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernancele 30 janvier 2007, en passant par laDéclaration sur le cadre pour une réaction de l’OUA face aux changements anticonstitutionnels de gouver-nement de 2000,l’Acte constitutif de l’Union africainele et Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine2002, l’Union africaine (UA) a fait du de rejet des changements anticonstitutionnels de gouvernement son cheval de bataille.6  Loin de nous la prétention de nier les faits mais, d’éviter de résumer la politique africaine en termes de « pensée et pratique de la guerre » comme le fait Achille Mbembe. Voir Mbembe (Achille), « Essai sur le politique en tant que forme de la dépense »,Cahiers d’Etudes Africaines, vol. 1, n° 173-174, pp. 151-192 ; « Nécropolitique »,Raisons Politiques, vol. 1, n° 21, pp. 29-60.
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