Belgique : laboratoire de la désunion européenne

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198 pages
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La Belgique est-elle au bord de l’éclatement ? La scission de la Flandre et le rattachement de la Wallonie à la France sont-ils inéluctables ? La question de Bruxelles préserve-t-elle d’une disparition du royaume ? On a entendu tout et son contraire sur la crise belge de ces trois dernières années.
Le petit royaume inquiète depuis longtemps, d’autant qu’il abrite symboliquement les sièges de l’Union européenne et de l’OTAN. Et pourtant, malgré la présence massive d’institutions internationales, malgré la valse des gouvernements, on voit bien que le problème belge ne trouve pas de solution. Parce que la question est à la fois ancienne et récente. Ancienne, parce qu’on n’a de cesse de parler de la distanciation identitaire, culturelle et politique qui s’est installée entre les Flamands et les Wallons avec la transformation sociale et économique majeure du xxe siècle et le passage d’une société industrielle à une société tertiarisée profitant dorénavant aux Flamands. Récente, parce que le pays reste quoi qu’on en dise une construction artificielle datée de 1830 qui devait être une zone tampon entre les grands empires. Pourtant, qu’ont en commun des Flamands, des Wallons et des Bruxellois à la jointure des civilisation latine, germanique et anglo-saxonne ?
Dans cet ouvrage, Jean-Pierre Stroobants, correspondant du Monde à Bruxelles, retrace une dizaine d’années de déconstruction de ce petit pays au bord de l’implosion, à deux pas de la France, et en plein cœur de l’Europe. Il retrace à travers une série d’articles majeurs, la lente descente aux enfers d’un État qui, s’il parvenait à sortir de l’ornière, pourrait être un formidable laboratoire de l’Union européenne. En attendant, il reflète assez bien la désunion des « 27 » qui se désintéressent bien de son sort. Y compris au Conseil européen qui n’a jamais inscrit ce point à son ordre du jour.

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Date de parution 01 janvier 2010
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EAN13 9782849241875
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0142 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Belgique Laboratoire de la désunion européenne
Collection « Reportages »
dirigée par Sébastien Boussois
Parce que le monde d’aujourd’hui est plus complexe que du temps de la guerre froide, à l’échelle d’un pays, d’une région, d’une société, la collection « Reportages » s’est fixé pour objectif de rendre clair et précis un sujet géopolitique en faisant appel aux plus grands spécialistes de la question. À cette mission de vulgarisation sans simplification, il faut ajouter un autre objectif : celui de rendre compte aussi sur plusieurs années du travail de cet auteur, journaliste ou cher cheur, en sélectionnant avec lui les articles qui reflètent le mieux l’évolution du sujet traité. Audelà, et face à l’évolution des supports de communication du monde moderne et l’envie insatiable de « faire vite », c’est l’envie enfin de mettre à l’honneur journalisme et recherche de qualité, sans jamais céder aux sirènes de la mondialisation et de l’uniformisation de l’information
Un merci particulier à François Jouandou et au service de la documen tation duMondedont les articles de ce présent ouvrage sont issus.
Image de couverture : © Sébastien Boussois
© É ditions du Cygne, Paris, 2010 editionsducygne@ clubinternet.fr
www.editionsducygne.com
ISBN : 9782849241875
JeanPierre Stroobants
Belgique L aboratoire de la désunion européenne
É ditions du Cygne
Dans la même collection :
L a Tunisie de Ben A li : miracle ou mirage ?, de Florence Beaugé Turquie : la révolution du Bosphore, de Marc Semo L es É tatsUnis de Bush à Bush : les failles de l’hyperpuissance, de Nathalie Mattheiem L e nouvel Irak : Un pays sans É tat, de G eorges Malbrunot Palestine : une nation en morceaux, de Benjamin Barthe L e Vatican et ses papes, de Bruno Bartoloni Brésil : le réveil du géant latinoaméricain, de Annie Gasnier L ibye : la révolution comme alibi, de René Naba Chine : au pays du capitalisme (presque) parfait, de Frédéric Koller Balk ans, la mosaïque brisée : frontières, territoires et identités, de JeanArnault Derens Italie, les années « Cavaliere » : de Berlusconi à Berlusconiric, de É Jozsef A lgérie : de la guerre à la mémoire : ParisA lger : quel avenir ?,de Florence Beaugé L iban : chroniques d’un pays en sursis,de Roger Naba’a et René Naba L ’A lgérie des années 2000 : vie politique, vie sociale et droits de l’homme,de Florence Beaugé Yougoslavie : de la décomposition aux enjeux européens,de Catherine Samary Israël, une société bousculée,de Dominique Vidal
Préface
L’action se passe en Belgique...
C’est à dire nulle part ! Au moment où ce livre est mis sous presse, la tentation est grande d’évoquer le père Ubu et plus précisément le discours liminaire que prononça Alfred Jarry lors d’une mémorable première, en décembre 1896. Car à voir s’agiter sur leur modeste territoire les palotins hagards ou frénétiques du séparatisme, à considérer leurs vociférations et leurs palinodies, la tentation est grande dans le chef de nombreux Belges de récuser le décervelage auquel ils sont soumis. E t de ponctuer d’unMerdre !tonitruant la lecture de la prochaine déclaration gouvernementale. « Ce pays atil encore un sens ? » s’interroge le principal journal francophone du pays en un éditorial poignant mis en page comme on le ferait d’un fairepart. E t le fait est qu’on se demande de plus en plus au bord de cette mer du Nord qui prend irrésistiblement l’allure d’un dernier terrain vague, quelle forme revêtira notre anéantisse ment. Un équarissage ? Une implosion ? Ou un de ces suicides dont Malraux avait pressenti la signification profonde en constatant « on ne se tue jamais que pour exister » ? Nul ne sait comment se produira l’évaporation ou, mieux encore, lafinale crevaison grenouillèreprophétisée par James E nsor. Mais on peut compter sur JeanPierre Stroobants pour nous la décrire et même nous l’expliquer sans que sa voix tremble.
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C’est précisément une des caractéristiques de cet excellent professionnel que de réussir, quand il évoque un sujet qui lui tient à cœur, à être sensible sans s’abandonner à l’émotionnel. Comme il parvient d’ailleurs à être didactique sans pontifier, et limpide sans pour autant appauvrir son propos. Cette dernière qualité lui est particulièrement nécessaire. Car le dossier, qu’il analyse sans désemparer depuis quelques années, se singularise par de tels enchevêtrements institution nels, d’aussi cahotants cheminements idéologiques ou encore de si fluctuantes structures dissipatives – définies par le Prix Nobel belge de chimie Ilya Prigogine et génératrices d’insta bilités diverses – que même un lecteur duMondepeut s’en trouver décontenancé. JeanPierre Stroobants sait que les niveaux de compétence de la Belgique remodelée n’ont d’équivalent que ses niveaux d’incompétence. Que les effets induits de ses votes n’ont de comparable que leurs effets pervers. E t que l’éternel tricotage de cette tapisserie de Pénélope sera inéluctablement suivi d’un détricotage presque machinal. Mais il ne se décourage pas. E t, du fatras de péripéties qui se bousculent et souvent s’annulent, il s’obstine à dégager des lignes de force. À surligner les éléments qui devraient permettre à ses lecteurs – les Belges comme les non Belges ! –, sinon de comprendre du moins de percevoir confusément ce qu’il advient. E t de distinguer l’essentiel du contingent. Ce livre prouve qu’il y réussit. Il explique pourquoi c’est spontanément l’adjectif surréa liste qui surgit sous la plume lorsqu’on évoque la Belgique. E t pas seulement lorsqu’on est tenté d’écrire :Ceci n’est pas un pays.
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Il démontre pourquoi, nonobstant sa création artificielle, une société formidablement plurielle et ouverte à tous les vents comme à tous les métissages, a pu s’y développer avant d’être infectée par un médiocre virus micronationaliste. Il prévient que ce pandemonium, qui dans ses moments d’hystérie fait songer à laNef des fouspeinte par Jérome Bosch et qu’on peut voir au Louvre, préfigure ce qu’il appelle une sorte delaboratoire de la (dés)union européenne.
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Ces explications, ces démonstrations, ce cri d’alarme, nous sont adressés en un temps réel singulier,celui d’un journaliste qui travaille à la fois dans l’urgence et la fugacité. Ce travail, à la fois de précision et intuitif, tient impecca blement le coup. Ce qui signifie que ce recueil d’articles peut se lire ou se relire aujourd’hui à un des moments les plus chauds de la querelle. E t devra se lire ou se relire demain lorsque les dés, une fois de plus, auront roulé et que les gens du plat pays – il faut du moins l’espérer – auront un peu moinsle cœur à marée basse.
Yvon TO USSAINT Journaliste et écrivain Ancien DirecteurRédacteur en Chef du journalL e Soir(Bruxelles). Ancien Président de l’Association de la Presse É trangère à Paris.