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Cameroun génération 2011

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Description

C'est le moment des idées nouvelles, audacieuses, pour un patriotisme économique à la camerounaise. C'est le moment de reprendre en main le Cameroun après 50 ans d'errance politique et d'exclusion du peuple des sphères de décisions. L'auteur, porte-drapeau d'une nouvelle génération d'hommes et de femmes regroupés au sein de Cameroun génération 2011, veut répondre aux enjeux de demain.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2011
Nombre de lectures 60
EAN13 9782336275864
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.





























CAMEROUN GÉNÉRATION 2011

C’est le moment
Nous devons nous y engager




























© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-545540
EAN : 9782296545540


Vincent Sosthène FOUDA



CAMEROUN GÉNÉRATION 2011

C’est le moment
Nous devons nous y engager


CAMEROON GENERATION 2011











It’s time
We have to involve ourselves

L’Harmattan










Sommaire

Préface..................................................................................... 9

Première partie........................................................................ 13
L’importance de notre demeure .............................................. 21
Premier discours : Yaoundé .................................................... 31
Discours de Bafia sur l’Unité nationale................................. 39

Deuxième partie....................................................................... 51
ème
2
DiscoursYaoundé sur l’état des institutions et de la Nation .................. 51

Programme politique et économique....................................... 63


Troisième partie....................................................................... 87
Discours sur le Cameroun et sa diaspora................................. 87
Discours de Buéa..................................................................... 91
Discours de Njombè................................................................ 99
Le don de soi pour un engagement politique et citoyen.......... 111
La place de l’école dans le développement du sens de
l’engagement ........................................................................... 112
Enseigner c’est donc éduquer................................................. 114
Vœux aux médias .................................................................... 115
Vœux à la Nation le 31 décembre 2009 .................................. 125
Regard sur la jeunesse ............................................................. 129
Message aux femmes............................................................... 133

5

Face au peuple…. Un homme… .............................................
L’école camerounaise ….........................................................
Voici le règne des nouveaux illettrés.......................................
Le temps des apprentis sorciers...............................................
L'avenir de l'enseignement supérieur au Cameroun ................

Dialogue avec le peuple..........................................................
Le Cameroun est libre .............................................................
L’engagement citoyen est l’affaire de tous..............................

Quatrième partie......................................................................
Des Camerounais camerounais pour le Cameroun..................

Conclusion ..............................................................................




















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« Tousles enfants du Cameroun trouveront ici leur unique
refuge ;le grand arbre étendra sur chacun d’entre nous son
ombre, il enfoncera sans cesse ses racines dans la terre
nourricière pour nous signifier comment le Cameroun résiste au
temps, aux saisons ; il est une demeure perpétuelle pour tous ».









Préface : la politique à la portée du citoyen


’élection présidentielle d’octobre 2011 dans notre pays est
celle de tous les espoirs, celle de tous les rêves mais
surtout celle qui peut plonger notre pays dans un cycle

incertain d’instabilité. Je me lève tous les matins et je prie
avec nos enfants pour que notre pays s’en sorte et que comme
beaucoup de femmes dans ce pays, à l’instar de ma maman, je
puisse élever nos enfants avec les valeurs héritées de mes parents.

Le Cameroun est un beau pays avec une population magnifique. Le
Cameroun est aussi ce pays qui a mis des milliers de ses
concitoyens à la périphérie de leur propre devenir. Ce Cameroun là
est celui contre lequel nous nous battons tous parce que nous
savons qu’il y a mieux et que le possible est vraiment possible si
nous avons les hommes et les femmes qu’il faut à la tête de notre
pays.

Le Cameroun peut être fier des défis qu’il a à relever demain parce
qu’il a pris conscience que ces 28 dernières années ont ébranlé la
cellule familiale en semant le doute sur les acquis ancestraux de la
fondation même de la famille, maître mot de ce que nous avons
toujours été. Grand parce qu’ayant des familles. Ces 28 dernières
années ont aussi brouillé les pistes du développement économique
de notre pays par des privatisations sauvages et surtout sans vision.
Chacun des jeunes diplômés de ce pays se demande dans quel
secteur il trouvera un emploi malgré ses compétences et son envies
d’apporter sa pierre non seulement à la construction de son devenir
mais aussi à celui de sa famille et de son pays.

Ces 28 dernières années ont été aussi celle de la régression de la
morale et de l’éthique alors que le peuple, la masse de la
population est passé de l’état de pauvreté à celui de la misère, une
poignet d’individus s’est enrichie, embourgeoisée de façon
insolente rendant la fracture sociale plus visible puisque ces
nouveaux riches, arrogants et manipulateurs ont fait disparaître la
classe sociale intermédiaire et travailleuse oui voila pourquoi nous

n’avons plus que des riches ; une infime minorité et une masse de
pauvres ; nous tous, nous autres.

Pour cette élection, nous avons l’obligation et le devoir de nous
battre pour que le Cameroun. Le Cameroun, tel qu’il devrait être,
c'est-à-dire débarrassé de ceux et celles qui se sont accaparés de
tout dans un esprit de libéralisme communautaire.

Mon mari et moi sommes un jeune couple qui a une histoire longue
dans le vécu quotidien, les expériences de mon mari dans la vie lui
ont donné une autre vision de la vie, c’est un homme de valeurs et
de convictions, il n’est pas un rêve pour notre pays mais une réalité
avec laquelle je souhaite nous voir composer. Oui je voudrais vous
voir le regarder comme je le regarde et le voir comme je le vois –
C’est l’homme à qui j’ai fait confiance dès le premier abord et je
suis fière qu’il soit le père de nos enfants – il assure notre avenir,
sécurise nos enfants et soigne nos parents quand ils sont malades.

Je suis fière de porter son nom et d’être la mère de ses enfants.
Nous avons bâti nos vies, notre vie sur des valeurs chrétiennes en
restant ouverts à tout ce qui nous entoure.

Nous sommes allés à l’école lui essentiellement hors du Cameroun
et moi essentiellement ici. Nous n’avons jamais eu de doute sur ce
que nous voulions faire à la fin de nos études, c’est-à-dire mettre
nos compétences au service de notre pays. Lui comme
sociopolitologue et moi comme hydraulicienne-environnementaliste.
Nous avons eu des fortunes diverses, qui ne sont pas différentes de
celles de plusieurs jeunes diplômés de nos grandes écoles et
universités.

Des recrutements mensongers, des entretiens décommandés le
dimanche alors que le rendez vous a été pris depuis un mois. Voila
qui justifie que nous ayons travaillé hors du Cameroun avec la tête
et l’esprit ici au pays pace quenous sommes de ce peuple.

Mon mari a été élevé dans une famille de 10 enfants avec un seul
salaire pour subvenir aux besoins de l’ensemble de la famille, il n’a
pas bénéficié de la protection d’un nom aussi prestigieux qu’il

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puisse être. Grace à son acharnement au travail, grâce aux bourses
de l’église catholique et à ses choix de vie il a pu aller dans les
meilleures écoles. Oui je voudrais vous présenter un homme
extraordinaire et je crois au plus profond de moi qu’il sera un bon
président pour notre pays.

Je suis l’épouse d’un homme au grand cœur, qui aime ce pays et
protège sa famille. A ses côtés, mes enfants, de toutes les races et
de toutes les couleurs, nous nous tenons pour construire le
Cameroun tel que vous le souhaitez avec un vrai capitaine, un
capitaine courage qui se bat tous les jours avec les autres membres
de son équipe pour gagner, des victoires qui comptent.

Tout au long de cette campagne nous allons entendre des
déclarations de tous genres, les promesses de toutes catégories, la
seule que nous faisons et que je fais ici au nom de mon mari parce
que c’est lui le candidat à cette élection. Oui la promesse que je
fais en sont nom c’est de travailler sans rancœur ni rancune au
réarmement moral de notre pays afin que chacun de nous ait de
quoi vivre dignement et ceci passe par la réduction de la fracture
sociale parce qu’il mettra chaque sous de ce pays au service du
bien être de tous et de chacun. Il n’y aura pas de chasse aux
sorcières dans notre pays parce que nous pensons qu’il est tant que
notre pays se réconcilie avec lui-même, avec son passé pour que
demain nous soyons fiers du chemin parcouru.

L’heure des destinées singulières est révolue, l’heure des
promesses vaines et des petits bricolages politico-économiques est
morte – la promesse du gouvernement est un engagement constant
et vrai et qui ne devrait souffrir d’aucune entorse.

Quelle est cette promesse? Notre gouvernement se doit de
travailler pour les peuples du Cameroun notamment en fournissant
à chacun une éducation qui lui permet par la suite de s’exprimer
dans la vie de tous les jours, nous donner de l’eau et de l’électricité
au quotidien. Oui l’Etat se doit de donner à chacun de nous les
moyens de se soigner quand il est malade, de construire des
hôpitaux, de former un personnel de santé compétent au service de
nos populations.

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L’Etat se doit d’assurer une retraite à tous ceux et celles qui ont
travaillé ici y compris les paysans et les agriculteurs chacun selon
son domaine d’activité. Le gouvernement camerounais ne doit pas
travailler contre les peuples de ce pays, il ne doit pas mettre le
diamant de ce pays dans les poches des autres pendant que nos
assiettes sont vides et qu’il nous manque du riz pour nourrir nos
enfants et nos parents. Le gouvernement de ce pays ne doit pas
nous vouloir du mal en laissant des opérateurs économiques véreux
distribuer sur le marché national des produits impropres à la
consommation et qui mettent en danger la santé de nos enfants,
celles de nos parents et la nôtre. C’est aujourd’hui que nous devons
tenir la promesse de voir notre pays marcher sur ses deux jambes,
transformant sur place le gros de sa production parce que nous
aurons su nous spécialiser à travers une éducation de haute qualité
et que nous aurons su repousser les frontières de l’asservissement.

e vous présente le programme politique d’un homme, mon
mari, il est un chef de famille dévoué et un père affectueux.
infJranchissables.
Avec lui pour le mandat qui commence, nous serons fiers de
relever ensemble les défis qui hier nous paraissaient

Madame Bernadette-Aimée FOUDA-ESSOMBA, Ing.Msc
Hydraulicienne-environnementaliste

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Première partie

Voici le moment ! It’ s time !


Cher lecteur, cet ouvrage souhaite adopter le ton d’un dialogue
entre vous et moi, entre mon projet de société pour le
développement du Cameroun et vos interrogations, vos doutes et
surtout vos certitudes. Ce projet de société est porté par des milliers
de femmes et d’hommes, des milliers de jeunes de tous horizons et
de toutes les catégories socioprofessionnelles de notre pays, des
villes et des campagnes, qui dès le début se sont ralliés à moi pour
cette longue marche vers la liberté et la croissance économique du
Cameroun. C’est aussi une invite au ralliement des millions de
Camerounaises et de Camerounais qui veulent encore croire que
tout est possible dans notre pays.
Tout ceci ne peut être possible et vrai, possible et meilleur que
parce qu’il est porté par chacune et chacun d’entre nous, car, unis
par un même et unique destin.
Pendant les cinq dernières années, j’ai pris le temps de parcourir
le Cameroun, étable par étable, hameau par hameau, région par
région, village par village et ville par ville afin de vivre avec vous,
de partager votre quotidien pour faire mienne votre vie de tous les
jours.
Mon souci premier, qui est aussi celui des femmes et des
hommes qui m’entourent, c’est de faire la politique autrement, de
sortir des grands mythes et des mystères qui loin de mettre les
populations au cœur du discours et de l’action politique, les en
éloignent. Il n’y a de politique, d’engagement et d’action politiques
que pour l’homme.

Il serait faux de penser que l’idée d’une candidature à la
prochaine élection présidentielle de notre pays ne m’a pas habité
pendant tout ce temps. Elle m’habite depuis que j’ai pris
conscience qu’il suffit de proposer un autre projet de société et une
autre action politiques à nos populations pour que renaisse un réel
patriotisme, un patriotisme responsable, un espoir devant tant de

détresse humaine. Elle m’habite depuis que j’ai pris conscience de
l’état de déliquescence de nos institutions et de la pauvreté de
proposition pour un vrai projet de société au Cameroun. Elle
m’habite depuis le jour où de mon regard innocent j’ai dû à mes
frais, offrir une sépulture à cet inconnu le 23 octobre 1999, après
avoir en vain sollicité la communauté urbaine de Yaoundé pour
récupérer ce corps inerte àdu camp sic Tsinga« l’entrée». Elle
m’habite depuis le jour où sans l’avoir souhaité j'ai dû négocier
avec le gouvernement de mon pays pour le retour de la dépouille
de l’Abbé Jean Marc Ela au Cameroun. Oui, notre pays n’a jamais
été ce que j’ai découvert ce jour-là dans le regard des uns et des
autres ! L’indifférence est ce que l’on a créé et fait grandir en nous
depuis les cinquante dernières années. L’on a volontairement
asséché l’âme autrefois vivante de chaque Camerounais. On a
installé la peur au centre de la vie politique de notre pays.
En m’adressant à vous aujourd’hui, j’aimerais vous dire
combien je suis fier d’être un des vôtres ; fils, frère, ami, collègue
et compagnon de route.
Le Cameroun se trouve à la croisée des chemins, un chemin de
misère duquel il faut rapidement s’éloigner, un chemin de dictature
auquel il faut résolument tourner le dos pour enfin écrire une plus
belle page de notre histoire. Un chemin d’indifférence longtemps
balisé par ceux à qui, nous avons confié le destin de nos enfants, de
nos parents et le nôtre propre par la même occasion.Voici venu le
momentde faire ce choix sans lequel nous ne léguerons rien à nos
enfants.

Devant nous s’ouvre une porte. En parcourant le pays de l'Est à
l’Ouest et du Nord au Sud, j’en ai pris conscience. J’ai vu le rejet
de l’oppression des femmes et des hommes qui ont perdu confiance
dans les institutions de notre pays. J’ai vu des femmes et des
hommes sous le regard interrogateur de leur progéniture rejeter les
appareils politiques de toutes les dénominations et n’exprimer
qu’une chose : le désir de voir surgir autre chose, un nouvel ordre.
Voici le moment.
J’ai aussi vu que leur inquiétude est nourrie parle commentde
l’avènement de ce nouvel ordre. En effet, autour de nous naissent
des monarchies et, des pratiques moyenâgeuses d’asservissement
de la conscience humaine et du corps refont surface et sont portées

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en triomphe par ceux qui tiennent le pouvoir politique, économique
et même religieux. Mais une république n’est pas une monarchie et
les citoyens sont loin d’être de simples sujets. L’indépendance dont
nous fêtons en cette année 2010 le cinquantenaire restera l’espoir
d’un avenir, un espoir de devenir si nous ne prenons pas
conscience du rôle qui doit être le nôtre. Les gestes politiques sont
salvateurs quand ils sont portés par la population, car, c’est d’abord
elle qui en subit les conséquences et ne nous y trompons pas,
personne n’entrera plus dans notre pays avec une longue et belle
épée sur un cheval blanc tel un « sauveur ».
C’est ce moment quenous offre cette élection, une élection à
venir, qui est la rencontre d’un peuple avec son destin. Je parle des
électionsà venirdans la mesure où l’avenir du pays, tout ce qui est
de leur organisation, le calendrier électoral, la mise en place des
structures de l’État sont contrôlés par un système, le système qui
est aussi incarné par un homme :le président de la République. En
parlant de destin, le nôtre, longtemps confisqué par des femmes et
des hommes qui ont tout fait pour ignorer les cris, les pleurs et
parfois les simples soupirs du peuple qui un jour leur a fait
confiance, peut enfin s’ouvrir. Oui, allons à cette élection avec plus
d’enthousiasme, parce qu’elle n’est pas le comice agropastoral
d’Ébolowa, toujours promis, jamais organisé, toujours renvoyé....
Le Cameroun et ses différents peuples ont droit à mieux ! C’est le
moment.
Mon projet pour notre pays, pour mon peuple, est porté par
chacun de vous et s’enracine dans la diversité de notre peuple. Un
peuple qui a toujours su retrousser ses manches pour se bâtir un
avenir malgré les difficultés liées au manque de scrupules de
certains de ses filles et fils. Voici le moment. Ce moment qui ne
doit bien entendu pas nous faire oublier qu’ici, au Cameroun, nous
en sommes à peine à la troisième génération qui sait lire et écrire.
Je ne suis pas certain que nous comprenons quelque chose à ce que
nous lisons. Il m’arrive de le réaliser en regardant certains
membres de ma propre famille qui ne savent pas lire, mais ceci ne
les empêche pas du tout de penser solide.
Voici le moment! L’unique peut-être, de porter à la présidence
de notre pays une équipe de femmes et d’hommes, dont le souci
premier, est le peuple, c’est-à-dire vous et l’avenir de vos enfants.
Chacun de nous a droit au bonheur, à toutes ces petites choses sans

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lesquelles la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Parmi ces petites
choses, mentionnons l’égalité des chances, à travers un système
éducatif fiable, compétent qui répond aux besoins de
développement de notre pays.
Oui, c’est aussi un système de santé qui permet à chacun de
nous de se soigner quand il est malade et qui ne dilapide pas notre
argent dans des évacuations sanitaires parce que le gouvernement
n’a pas construit d’hôpitaux, de dispensaires, formé de médecins,
d’infirmières/infirmiers et d’aides-soignants en nombre suffisant.
Chacun de nous veut se déplacer en sécurité et ceci passe par la
construction de routes et de ponts afin de désenclaver les coins les
plus reculés de nos villages. En ce 21e siècle, personne ne devrait
plus parcourir 20 km à pied pour se trouver un moyen de transport.

Voici le moment. Je me présente parce que j’ai confiance en
mon peuple, parce que je sais qu’avec votre soutien nous y
arriverons. Si nous saisissons à bras-le-corps notre destin, en
dépassant nos clivages régionaux, en refusant le climat de
suspicion savamment mis en place par les ennemis de notre peuple,
ceux là même qui depuis l’indépendance nous ont convaincus que
nous nous détestons, alors s’ouvre devant nous ce Cameroun tant
souhaité. C’est le moment !
Des cases sacrées de nos religions traditionnelles, des mosquées
de l’islam, des salles paroissiales des églises catholiques romaines,
des temples des différentes confessions chrétiennes,
mobilisonsnous pour inscrire notre nation une, dans l’histoire. C’est le
moment ! Voilà pourquoi je parle de social-démocratie, car, parmi
tous les systèmes politiques, c’est le système politique qui répond à
nos besoins, nos exigences de développement et d’assistance
mutuelle.

C’est le moment demontrer la porte à ceux qui nous ont
spoliés de notre histoire, de notre dignité, à ceux qui ont privé nos
enfants d’un avenir avec élégance, mais avec fermeté.

Voici le momentnous, pour nous tous, hommes et pour
femmes, jeunes et moins jeunes, de permettre aux chefs de famille
de gagner honnêtement leur vie en travaillant parce que l’État aura
su créer des conditions favorables pour la relance économique.

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Nous avons une occasion de créer des emplois dans le secteur de
l’éducation, de la santé, et dans de nombreuses industries. Nous
allons ouvrir de grands chantiers de construction de routes, de
ponts ; ces réalisations, c’est le moment de les mettre en place, de
nous y mettre.
C’est le moment, chers compatriotes, mesdames et messieurs,
de refuser que des femmes et des hommes qui travaillent durement
pour faire fonctionner nos structures administratives se voient
priver de leur salaire à la fin du mois. C’est le moment pour nous
tous de mettre sur pied dans notre pays des institutions fiables et
stables, qui assurent la transparence dans toutes les administrations.
C’est ainsi que nous allons lutter contre la corruption, le népotisme
et la confiscation de notre pays par des bandes de vautours.
C’est le momentde véritables réformes de notre d’engager
système éducatif, afin que celui-ci puisse répondre aux besoins de
notre pays, de son développement et de l’épanouissement de sa
population. L’éducation est la clef qui doit nous ouvrir la porte du
progrès, du développement de notre nation.
C’est le momentà nos diplômés les moyens de d’offrir
travailler ici ; c’est le moment de mettre fin aux expulsions de nos
compatriotes de territoires moins nantis que notre pays.
C’est le momentde moins exposer nos enfants, notre jeunesse
à des aventures qui se soldent très souvent par des décès en mer
parce que nous n’avons pas pu leur proposer des formations ici.
Aucun diplôme à titre posthume ne vaut la vie du plus petit d’entre
nous. C’est le moment d’offrir à nos intellectuels un choix autre
que l’exil ou la misère.C’est le moment !
Voici le momentde peser de toute notre force sur ce que sera le
Cameroun pour les cinq prochaines années. Nous pouvons choisir
de chanter avec les sirènes et les oiseaux de nuit qui affirment que
nous avons peur du changement, que nous sommes incapables de
nous mobiliser, de nous unir, comme le firent autrefois celles et
ceux qui durant la colonisation se sont battus pour arracher
l’indépendance, celles et ceux sans lesquels le Cameroun
n’existerait pas dans le concert des nations. Soyons fiers d’eux,
soyons dignes d’eux, dignes héritiers d’un Cameroun qui dès
aujourd’hui regarde sans faux-fuyants son passé et se construit
pierre par pierre, étable par étable, village par village et cité par
cité.C’est le moment !

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Martin Paul Samba, Douala Manga Bell, Osendé Afana, Um
Nyobè, Ernest Ouandjè, Felix Roland Moumié, dressés sur leur
colonne vertébrale, ont gagné l’indépendance de notre pays. C’est
cette même conviction qui m’habite.

Comme un certain nombre de Camerounaises et de
Camerounais de ma génération, j’ai quitté notre pays pour
poursuivre mes études à l’extérieur, j’y ai travaillé aussi. Je suis
revenu au Cameroun pour aider et travailler. Comme journaliste et
comme enseignant, j’ai sillonné notre pays et je reviens avec la
conviction que c’est le moment ! Nous devons nous battre dans les
urnes pour que les choses changent. Déjà étudiant, j’ai appris à
m’engager auprès de mes compatriotes sans aucune distinction de
religion ou d’ethnie. Dans mon domicile, j’ai partagé le peu que
j’avais avec tous, j’ai accueilli de nombreux étudiantes et étudiants
à Lyon, à Lille et à Paris. Mon domicile à Québec au Canada a été
ouvert à tous. Souvent, je suis venu au Cameroun, où j’ai donné
des conférences publiques dans nos grandes écoles comme l’IRIC
et l’ÉNAM dans l’unique but de contribuer au développement de
mon pays, de stimuler les échanges et le débat d’idées, car rien ne
peut se faire en développement et en politique sans une victoire
idéologique. Les hommes et les femmes que j’ai rencontrés à cette
époque constituent aujourd’hui le véritable moteur de ma
campagne et les échanges que j’ai eus avec eux, le moteur même
de mon projet pour le Cameroun.

Les Camerounais sont un seul et même peuple. Nous mangeons
tous le Ndolé, notre plat national, nous sommes tous des
« supporters »des Lions indomptables, nous dansons tous le
Bikutsi ; c’est ce qui fait de nous une Nation unique ici en Afrique
et une petite nation qui peut si nous le voulons, inspirer demain les
autres. Nous sommes aussi Camerounais parce que nous nous
interrogeons sur cette portion de territoire qui nous accueille. Nous
sommes Camerounais depuis les monts Mandara jusqu’à Campo
parce que nous avons su développer le sens de l’accueil de l’autre,
de la compassion devant les difficultés que la vie peut infliger aux
membres de notre communauté. Nous sommes Camerounais parce
que comme une seule femme, comme un seul homme, un seul

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cultivateur, un seul paysan, comme un seul fonctionnaire, un seul
manufacturier nous savons dire non à l’imposture.Voici le
moment.

Permettez-moi à présent de donner un fil conducteur à cet
ouvrage qui veut obéir aux canons de rédaction exigés par les
maisons d’édition alors même qu’il renferme le programme
politique deCameroun Génération2011,et surtout, mais,
l’essentiel des discours de campagne que nous prononcerons tout
au long de cette campagne présidentielle. Pourquoi les mettre à la
disposition du peuple camerounaisà l’avance? La raison en est
simple, nous voulons que tout ce que nous dirons tout au long de
cette longue campagne électorale soit connu de tous les citoyens
camerounais au regard de l’enclavement de notre pays. Il s’agit de
créer, pour une fois, une alchimie républicaine entre les femmes et
les hommes politiques, l’offre politique et les citoyens. Cette
présentation de la vie politique n’est possible que dans un pays
comme le nôtre.

J’aimerais remercier les partis politiques engagés avec nous
dans cette démarche de reprise en main de notre pays; ce travail
n’est possible que grâce à l’engagement de ces structures
d’expression de la démocratie.

Merci à mes collègues universitaires du Cameroun,
d’Allemagne, de France, du Canada et des États-Unis, merci à
l’éditeur qui a accepté les pistes ouvertes par nous et qui a permis
que cet ouvrage soit livré au public dans un synchronisme juste,
suivant une réalité politique propre à notre pays. C’est grâce à lui
que cet ouvrage paraît, à la fois commeinstrumentum laborismais
aussi comme unaggiornamento.
Merci aux femmes et aux hommes qui se battent à nos côtés,
j’espère que vous serez nombreux à nous rejoindre dans cette
œuvre exaltante sans laquelle malheureusement c’est tout l’édifice
Cameroun qui risque de s’écrouler.
Puisque j’en suis aux remerciements, qu'il me soit permis, pour
une fois, ici, de remercier le bouclier de ma vie, mon épouse, le roc
sur lequel est construite notre famille. Vous aurez tout au long des
prochaines années l’occasion de découvrir en public comme en

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