300 pages
Français
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Communication et citoyenneté

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
300 pages
Français

Description

En convoquant les citoyens à la controverse au sujet d'un projet sociotechnique international portant sur la recherche nucléaire, le débat public ITER en Provence fournit de façon circonstancielle un terrain propice à l'analyse et l'exploration d'un tel dispositif de médiation, intégrant opinion publique et exercice de citoyenneté scientifique. Pourtant, le débat public reste par sa nature, un dispositif de contrôle et de régulation du pouvoir politique sur la société civile.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de lectures 271
EAN13 9782296450479
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

COMMUNICATION
ET CITOYENNETÉ
© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-13784-4 EAN : 9782296137844
Sylvie Bresson Gillet
COMMUNICATION ET CITOYENNETÉ
L’équivoque du débat public De la participation au consentement éclairé
Préface de Jacques Perriault
L’Harmattan
Communication et Civilisation Collection dirigée par Nicolas Pelissier
La collectionCommunication et Civilisation, créée en septembre 1996, s’est donné un double objectif. D’une part, promouvoir des recherches originales menées sur l’information et la communication en France, en publiant notamment les travaux de jeunes chercheurs dont les découvertes gagnent à connaître une diffusion plus large. D’autre part, valoriser les études portant sur l’internationalisation de la communication et ses interactions avec les cultures locales. Information et communication sont ici envisagées dans leur acception la plus large, celle qui motive le statut d’interdiscipline des sciences qui les étudient. Que l’on se réfère à l’anthropologie, aux technosciences, à la philosophie ou à l’histoire, il s’agit de révéler la très grande diversité de l’approche communicationnelle des phénomènes humains. Cependant, ni l’information, ni la communication ne doivent être envisagées comme des objets autonomes et autosuffisants.
Dernières parutions
Lucienne CORNU, Parina HASSANALY et Nicolas PELISSIER, Information et nouvelles technologies en Méditerranée, 2010. Gloria AWAD,Ontologie du journalisme, 2010. Marc HIVER,Adorno et les industries culturelles. Communication, musiques et cinéma, 2010. Françoise ALBERTINI & Nicolas PELISSIER (dir.),Les Sciences de l’Information et de la Communication à la rencontre desCultural Studies, 2009. Patrick AMEY,La parole à la télévision. Les dispositifs des talk-shows, 2009. R. RINGOOT et J. P. UTARD,Les Genres journalistiques, 2009. Agnès BERNARD,Musées et portraits présidentiels. Les sens cachés, 2009. Sébastien GENVO,Le Jeu à son ère numérique : comprendre et analyser les jeux vidéo, 2009.
ÀJACQUES
PRÉFACE
Société de l’incertitude, monde en mutation, accès des jeunes à la vie active, dynamisme des économies de l’Extrême Orient, sont autant de questions que les économies occidentales se doivent de traiter. La Technologie les traverse de bout en bout, que ce soit l’informatique, les nanotechnologies, les biotechnologies et le nucléaire, entre autres. Leur intrusion dans tous les actes de la vie courante ne concerne plus désormais les seuls ingénieurs et décideurs, mais la société dans son ensemble. Aussi de nouveaux modes de régulation et d’évaluation s’imposent-ils pour leur conception et pour leur mise en°uvre ; s’ils ne sont encore que balbutiants, ils sont néanmoins très instructifs pour l’avenir. C’est là tout l’intérêt de l’ouvrage de Sylvie Bresson Gillet. Elle relate l’implantation du projet ITER que la communauté internationale de l’énergie a décidé de situer en Provence. Le pari est audacieux : créer de l’électricité par la fusion des atomes au lieu de procéder à leur fission. L’auteure nous explique le procédé et ses conditions de réalisation qui supposent un programme d’investissements lourds à très long terme. Mais l’intérêt de l’ouvrage est ailleurs et porte sur la politique mise en place par le gouvernement pour consulter les populations concernées à propos de ce projet et pour recueillir leurs réactions. Nous entrons bien dans la problématique évoquée plus haut, de construire et de tester de nouveaux modes de régulation de la Technologie, ici du nucléaire. C’est un premier pas, timide, mais riche d’enseignement, que de consulter la population au cours de séances d’information. Nous sommes encore loin de la mise en place d’échanges démocratiques à propos du contrôle de la technologie. Pour mémoire, la France avait jusqu’à une époque récente réservé cette question à l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques, qui navigue désormais de conserve avec la Commission nationale du débat public (CNDP). Dans le cas d’ITER, c’est la population qui a été consultée et pas seulement ses représentants démocratiquement élus. Le grand mérite de Sylvie Bresson Gillet est de fournir une analyse datée d’une politique participative des choix technologiques. En découlent de grandes interrogations sur les notions d’intérêt général, de bien commun, d’utilité sociale et de gouvernance. Ces thématiques rejoignent les questions que traitent aujourd’hui sociologues et politologues. Sylvie Bresson Gillet les
- 9 -
aborde en spécialiste des sciences de l’information et de la communication. Issu de cette communauté scientifique, je voudrais souligner en quelques mots l’originalité de l’approche qu’a choisie cette auteure. Elle traite des deux volets clefs de voûte de la discipline, l’information et la communication. La demande d’informations scientifiques et techniques émise par la population soulève de grandes interrogations sur la façon de le faire. Sous l’angle de la communication, l’auteure examine comment fonctionnent dans l’espace public les échanges et la mise en scène du débat, de même que les controverses qu’il suscite. Ce sont là des apports complémentaires à ceux de la science politique et de la sociologie qu’elle a tout à fait raison de mettre en valeur avec la marque de fabrique de la discipline. J’en viens à la partie « terrain ». L’auteure pointe sur site les balbutiements d’une politique publique de concertation scientifique, dans laquelle l’État s’engage sans pour autant vouloir abandonner ses prérogatives traditionnelles. Que pourrait répondre par exemple son représentant, de façon circonstanciée, à question que pose un habitant de la région lors d’une séance de concertation :« Si l’on investissait les 10 milliards d’euros dans la maîtrise de la demande d’énergie, aurait-on encore besoin d’ITER ? »
- 10 -
Jacques Perriault