Communication politique et développement en Côte d
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Communication politique et développement en Côte d'Ivoire

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Après son indépendance en 1960, sous la présidence d'Houphouët-Boigny, la Côte d'Ivoire a longtemps développé une communication politique qui lui a permis de devenir un "pays d'hospitalité et de prospérité". Depuis le décès de celui-ci, les rivalités politiques liées à son héritage ont plongé le pays dans le chaos, la communication politique prenant la voix de la violence. Le retour de la Côte d'Ivoire sur la scène internationale passe par une communication qui épouse les idées de rassemblement et de cohésion sociale pour relancer le développement du pays.

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Publié par
Date de parution 01 mars 2010
Nombre de lectures 305
EAN13 9782296250116
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

SOMMAIRE

PREFACES ....................................................................... 9

AVANT-PROPOS........................................................... 13

INTRODUCTION........................................................... 15

I/APPROCHE COGNITIVE DE LA NOTION........... 16

I-1-Qu’est-ceque la communication?.................................... 16
I-2-Qu’est-ceque la communication politique?....................17
I-3-Qu’est-ceque la communication politique
enCôte d’Ivoire?............................................................20
I-4-Ceque la communication politique enCôte
d’Ivoire n’estpas...........................................................33

II/LA COMMUNICATION POLITIQUE
DE LA CÔTE D’IVOIRE A L’EPOQUE
COLONIALE............................................................... 41

II-1-La conférence deBerlin .................................................41
II-2-La colonisation française ................................................43
II-3-La conférence deBrazzaville ...........................................44
II-4-La Loi-cadre ...................................................................46

III/LA COMMUNICATION POLITIQUE
NATIONALE............................................................... 47

III-1-La communication politiquequi entoure leprésident
de la République etl’activité gouvernementale.............47
III-2-Lareprésentation de l’Etat.............................................62
III-3-La communication descollectivitéslocales..................68
III-4-Lagéopolitique .............................................................70

5

IV/LA COMMUNICATION POLITIQUE
DU PEUPLE............................................................. 75

IV-1-Lesformationspolitiques................................................76
IV-2-Lasociétécivile .............................................................81
IV-3-Lesespacesde libr..........................................88e opinion
IV-4-Levote ...........................................................................96

V/LA COMMUNICATION POLITIQUE
DE LA CÔTE D’IVOIRE ET LES RELATIONS
INTERNATIONALES.......................................... 100

V-1-Ladiplomatie ivoir1ienne ...............................................00
V-2-La communauté internationale nonafricaine .................107
V-3-La communauté internationaleafricaine ......................114
V-4-Ladiasporaivoirienne................................................... 119

VI/LA STRATEGIE DE COMMUNICATION
POLITIQUE DES QUATRE PREMIERS
CHEFS D’ETAT.................................................... 124

VI-1-Le présidentFélixHouphouët-Boigny........................ 125
VI-2-Le présidentHenriKonanBédié ..................................127
VI-3-Le généralRobertGuéï ................................................130
VI-4-Le présidentLaurentGbagbo........................................132

VII/LE DISCOURS POLITIQUE............................... 135

VII-1-Lecontexte etlecontenududiscourspolitique............135
VII-2-L’arméeaucœurdudébatpolitique ............................143
VII-3-La communication politiqueculturelle ......................147
VII-4-Le langage de laloi etde laviolence .........................157

6

VIII/LES MEDIAS AU CŒUR
DE LA COMMUNICATION POLITIQUE................. 163

VIII-1-Lesmédiasnationaux................................................164
VIII-2-Lesmédiasinternationaux........................................ 172
VIII-3-Le principe de lanon-transparence desmédias..........176
VIII-4-Lesorganesderégulation etd’autorégulation
desmédias............................................................... 181

IX/LA COMMUNICATION POLITIQUE EN
PERIODE ELECTORALE................................... 185

IX-1-Letempsetl’espace politiques................................... 185
IX-2-Le marketing politique..................................................189
IX-3-Lapublicité politique ..................................................193
IX-4-Lescampagnesélectorales......................................... 197

X/LA COMMUNICATION POLITIQUE
ET LE DEVELOPPEMENT
DE LA CÔTE D’IVOIRE......................................200

X-1-Lasociologie de la communication politique
etle développementde la Côte d’Ivoire .........................200
X-2-La communication politique etle développement
économique de la Côte d’Ivoire......................................203
X-3-La communication politique etle développement
social de la Côte d’Ivoire .............................................206
X-4-La communication politique etle développement
de proximité de la Côte d’Ivoire ...................................209

CONCLUSION..............................................................213

DEFINITION DES SIGLES ET ABREVIATIONS.....215

BIBLIOGRAPHIE.........................................................219

ANNEXES.....................................................................221

7

PREFACE1

La communication,surtoutensonarticulationavecle
développementetlapolitique estdevenue objetdescience, etc’est
bienainsi.Maisil faut que lasciencese nourrisse de débats, de
contradictions, deregardsdespécialistesetexperts, maisaussi de
critiquesd’observateurs sansprétention.

GilbertTOPPE aiguillesesproprespas versl’expertise en
communication politique. «Communication politique et
développementde la Côte d’Ivoire » est une somme de réflexions
qu’ilverse audébat surcequ’ildéfinitlui-mêmecomme «une
sciencequi estaucœurde l’évolution de lasociété humaine ence
sens qu’elle estancrée dans touteslesactivitésde l’homme (…)Un
ensemble de phénomènesconcernantlapossibilité pour unsujetde
transmettre ouderecevoir une information provenantd’unautre
sujet, parle langagearticulé oupard’autrescodes.»Quevient
doncfaire la communicationtelleque définie parGilbertTOPPE
dansle développementde la Côte d’Ivoire?L’auteur répond en
assurant que «dans unesociété modernecomme la Côte d’Ivoire,
elle estassociéeàl’évolution de ladémocratiecarelle fait circuler
desinformations, desidéesetdes attitudesentretousles citoyens
de la société,qu’ils soientlibresou captifs…».

L’intérêtde l’étudecommise parGilbertTOPPEréside,au-delà
desapprochesdéfinitionnelles, dansl’étendue duchampqu’il
laboure.Quand onreferme lesplusde deuxcentpagesde
«Communication politique etdéveloppementde la Côte d’Ivoire»,
on estassuré des’être enrichi de plusieursenseignements, dont
deux retiennentparticulièrementl’attention.D’abord, l’apportde la
communication politiqueau rayonnementdiplomatique de la Côte
d’Ivoire.L’image est un puissantmoyen de domination etde
représentation.L’échiquierpolitique international est unthéâtre
desapparences.Etlagravecrisevécue parla Côte d’Ivoire depuis
e
le débutdu 21sièclea agicommeunrévélateuren photographie.

Elleapermisde prendre lamesure dudéficitde la communication
institutionnelle dupays, l’absence dunestratégie de
communicationcohérente etlogique.Ensuite, lerôle desmédias

9

dansla communication politique.A cesujet,voilà, entreautres,ce
quesoutientl’auteur:«Ils (les médias)sontde parleur
importance desacteursmajeursde la communication publique,car
ilslui donnentleurlangage, leuresthétique etleurschoixparla
diffusion desinformations sur toute l’étendue du territoire
national,c’est-à-dire dansl’espace public.»

Lalittératureconsacréeàla communication politique etle
développementde la Côte d’Ivoire n’estpasencoreabondante.
Quelquesétudesparcellairesexistent.Desmémoiresd’études
universitairesaussi.Mais toutcelarelève dudéfrichage.Letravail
deGilbertTOPPEn’estpasforcémentœuvre de pionnier, maisil
offre l’avantage d’approfondircertaines questions qui nesontpas
desmoindres.Il estdoncunecontribution dequalité etpourquoi
pasmajeureauxnombreux questionnements quesuscitentles
sciencesde la communication oula communicationtoutcourt.
Il n’estdoncpasinutile desouhaiteravecl’auteur,que le débat
ainsi enrichis’élargisse.L’auteurlui-même devrapouvoir
continueràjeterauxmillevents ses réflexions, et,comme le
laboureur,reprendre plus tard les sillonslàoùilalaissé ladaba.La
communication est unvaste domainequ’unseul livre nesuffitpas
à cerner.Encapitalisantlui-mêmecequ’il donneauxautres,ses
autresœuvres surla communication n’enseraque davantage
meilleur.

ZIO Moussa

Journaliste, présidentde l’Observatoire de laliberté de lapresse, de
l’éthique etde ladéontologie (OLPED).

1

0

PREFACE2

Ah !Quelle politique?Et quellecommunication pour le
développementéconomique et social de la Côte d’Ivoire?
Acceptezcesinterrogations,cherslecteurs.L’auteur s’interroge, du
moinsl’ons’interroge.

Ce présentouvrage n’estpascommetantd’autres.Ce n’estni
l’analyse d’unsociologue de l’économie etdudéveloppementou
d’un économistetoutcourt, ni letémoignage d’unacteurde
premierplan des reformesenCôte d’Ivoire.Maisils’agitd’un
fonctionnaire journaliste deson état,qui fait uneapproche du
discours social deson pays, depuislesoriginesde la
communication politiqueànosjours.Bienqu’ilsoitjeune,
l’expérience de l’auteur s’estdéveloppéeaucoursdesa carrière
dansl’administration, d’abord enqualité de journalisteàl’Agence
ivoirienne de presse (AIP), oùils’estbeaucoup frottéaveclavie
politique deson paysàtouslesniveaux, notammentavecla
couverture médiatique desactivitésduprésidentde la République,
puis quelquesannéesplus tard,avecson passageauduministère
de la Communication.

On nes’étonne doncpasdevoir que l’ouvrage n’anaturellement
pasignoré lesgrandes questionsmacroéconomiques que la Côte
d’Ivoireaeuesetaencoreàrésoudre.

Cetexte est une étudetrèsoriginalequiromptaveclespratiques
traditionnellesderecherche.Touten procédantàuneréflexion
sociologiquesurlesétapespolitiques qui ontconduitaujourd’huià
lapaupérisation despopulationsivoiriennes, l’auteurfait unusage
remarquable de laméthode directe desinterviewsgrâceàlaquelle,
il estparvenuàprendre le poulsde lapopulation.Cette méthode
desinterviewsluiapermisderendrecompte dans unstyle
journalistique, de lamanière dontlesIvoiriensperçoiventles
problèmes sociaux, économiquesetpolitiquesde la Côte d’Ivoire.

L’auteuratraité le paradoxe de lasituationsociale ivoirienne dans
une perspective politique ethistorique etafait uneanalyseavecun
grandsouci pédagogique desimplicité.Cependant,si l’expression

1

1

restetoujoursmodérée, lapensée n’en estpasmoins refondatrice.
Audemeurant, la communication politiquetelleque décrite dans
l’ouvrage,témoigne de lanécessité deconduire desprogrammesde
développement, mieux, desprojetsdesociété dans uncadre
macropolitiquestableà conditionque lesmutations voulues soient
adaptéesàlaspécificitésociologique de la Côte d’Ivoire, enun
mot,aux racineshistoriquesetculturelles,àlagéographie etaux
contraintespolitiquesde la Côte d’Ivoire.

Lesouhaitde l’auteurestici d’apporter une modestecontribution
audébat surdes questionsaussivitalespourlasurvie des
populationsivoiriennes.Il espèreainsire-poseravecunregard
nouveau, laproblématique dudéveloppementdeson paysdontla
solutionréside dans unecommunication politiquevraie, mieux,
danslaquête permanente de lavérité, dans un monde politique où
ilya beaucoup de mensonges.

Abou BéchirDJANDE LORNG

Administrateurcivil, expertfinancier,sociologue de l’économie et
dudéveloppement.

1

2

AVANT-PROPOS

L’initiative d’écrirece livrevientduconstatde l’enlisementdu
processusde développementde la Côte d’Ivoire depuisaumoins
deuxdécennies,alors que la communication politique dupays,
jadisfavorableà ce processus,s’esthisséesurleterrain de la
violence, de la corruption, de ladivision,touteschoses qui
affectentleshypothèsesde développementdupays, pourtant
considérécomme potentiellement riche.Danscecontexte,
commentfaire ensorteque la communication politique puissese
débarrasserdesesdémembrements quisontde natureànuireau
développementdupays, en prônant un dialogue politique fécond et
favorableà cette notion de développement.D’autre part,quel
visage présente lesmédiasenactivité enCôte d’Ivoire et quelle
place occupet-ilsdanslechamp de la communication politique et
dansle processusde développementdupays ?

Aujourd’hui, il fautbienadmettreque la communication politique
estdevenue enCôte d’Ivoire laforme decommunication laplus
importante, étantdonnéquetouteslescouches
socioprofessionnellesl’utilisentdanslequotidien de leur vie.Elle
estdevenuecesdernièresannéesplusimportante etplus
perceptible enCôte d’Ivoire enraison de lasituation decrise
(politique, économique, militaire et sociale)queconnaîtle pays.
L’objectif poursuivi dansce livre, estde présenterlapratique de la
communication politique enCôte d’Ivoire etd’attirerl’attention
deslecteurs,surle fait qu’elle peutetdoitêtre exclusivement un
instrumentde développementau service de la Côte d’Ivoire.

1

3

INTRODUCTION

Cette partie du territoireafricainqui estdevenue parlasuite la
Côte d’Ivoire,a acquis son indépendance de la France en 1960,
aprèsplusd’un demi-siècle decolonisation.Lesinstitutionsde la
République deCôte d’Ivoire (RCI)sesontaussitôtmisesen place,
en prenantappuisur unecommunication politiquequi prendsa
source danscette longue périodecoloniale française, elle-même
héritée de la conférence deBerlin.Un desprincipauxacteursou
artisansdecettecommunication politique de la Côte d’Ivoire, estle
présidentFélixHouphouët-Boigny(FHB)quirégnasurle pays
pendantplusdetroisdécennies(1960-1993).Celui-ciaréussi
grâceàunecommunication politiquesingulière,carplusmaîtrisée
etpluscontrôlée,àhisserle paysau rang de leaderde
lasousrégion ouest-africaine dans ‘‘lapaixetdanslastabilité’’.Maisau
fil desannées, notammentaprèsle décèsduprésident, les
problèmespolitiques quisontnésàlasuite desasuccession, ont
entraîné la communication politique dupays surdes terrainsautres
queceuxdudéveloppementetde l’unité nationale,àtelle enseigne
que l’image dupays s’est trouvéeternie, obscurcie, dégradée.Et
commecettesituation dévalorisante de la Côte d’Ivoire ne peut
indéfiniment restéetelle, la communication politiqueaétéà
nouveaumiseàrudecontribution pour remettre le pays surle
chemin du travail etdudéveloppement.

Cetexerciceàlafoisintellectuel etpolitique, doitchaque fois que
nécessaire passerpardesélections transparentesetnoncontestées,
parl’union detouslesIvoiriensautourdes valeurs républicainesdu
pays,comme lerespectdeslois, desautres, de la chose publique...
Leretourde la Côte d’Ivoiresurlechemin deson développement
devradésormais seconfirmernon plus seulementpar un
programme de gouvernementbien élaboré desacteurspolitiquesau
pouvoir, maisaussi et surtout, par unebonnestratégie de
communicationqueceux-ci devrontmettre en place, ens’appuyant
bien évidemment surlesenjeuxde médias qui doiventêtre pluriels,
professionnelsetindépendantspourlebien detous.Ceretour
devraégalementêtrecertifié parlapromotion permanente des
principesde la cohésionsociale,avecl’appui non estimable de la
communication politiquequi doitdemeureràjamaisauxcôtésde

1

5

cetairdechangementpositif
d’Ivoire.

pour unevie paisible enCôte

I/APPROCHE COGNITIVE DE LA NOTION

La communication est unesciencequi estaucœurde l’évolution
de lasociété humaine encesens qu’elle estancrée dans toutesles
activitésde l’homme.De nosjours, euégardàl’évolution
technologique, ilseraitdifficile devouloirluiattribuer une
définition.Toutefois, étantdonnéqu’elle faitl’objetde notre étude,
il estnécessaire de lui donner unsenset une orientation, envue de
permettreauxlecteursd’appréhenderlaportée de notretravail,axé
surla communication,sesdémembrementspolitiqueset surtout
leurseffets surle développementde la Côte d’Ivoire.Ces
tentativesde définition de la communication politiquesontdonc
despointsdevueafin de permettreauxlecteursde mieux
comprendre lesensdecetteréflexionsurla communication
politique et son impact surle développementde la Côte d’Ivoire.

I-1-Qu’est-ceque la communication?

Dans sonsensétymologique, la communication estl’ensemble des
phénomènesconcernantlapossibilité pour unsujetdetransmettre
ouderecevoir une information provenantd’unautresujet, parle
langagearticulé oupard’autrescodes.Dans unesociété moderne
comme la Côte d’Ivoire, elle estassociéeàl’évolution de la
démocratie,carelle faitcirculerdesinformations, desidéesetdes
attitudesentretouslescitoyensde lasociété,qu’ils soientlibresou
captifs,qu’ils soient richesoupauvres,qu’ils soienthommesou
femmes,qu’ils soientchrétiensoumusulmans,qu’ils soientdu
Nord ouduSud,qu’ils soientacteurspolitiquesouacteursde la
sociétécivile...Cettecirculation etcetéchange d’informationsont
deuxdimensions:l’une interpersonnelle etl’autre médiatique.

Ladimension interpersonnelleconcerne la communicationqui
existe entre lesindividusàun niveaulocal et son influence peut
avoir un impactmoindre.Ladimension médiatique pour sapart,

1

6

metenscène dans un espace publicrelativementlarge, hétérogène
etanonyme, lesacteurs quis’exprimentaunom desinstitutionset
deslogiquescollectives,susceptiblesd’engagerlasociététout
entière.Elleutilisecommesupports, l’ensemble desmédiasde
masse,qui desmédiasécrits(collecte,traitementetdiffusion du
texte etde l’image)auxmédiasaudiovisuels(collecte,traitementet
diffusion du son etde l’image), ontconsidérablementcontribuéà
l’évolution decettesciencequi de plusen plus, estincontournable
dansles relationshumaines,àtouslesniveauxde lasociété etdans
tousles secteursd’activités.Cette importancecapitale etgraduelle
quereprésente la communication d’une façon générale danslavie
de l’homme,s’orienteversplusieursfaits remarquables.Ils’agit
surtoutdes valeurs,symboleset représentations qui organisentle
fonctionnementde l’espace public àpartird’uncertain nombre
d’actionscomme lesdiscours, les rencontresdetoutgenre, les
grèves, lesmanifestations...Bref, lesproblèmesde la cité ouen
d’autres termes, lesproblèmespolitiques.Cette orientationque
prend la communication danslasociété,conduitàlarapprocherde
lapolitique etainsi,àparlerde la communication politique.

I-2-Qu’est-ceque la communication politique?

La communication politique estàl’instarde la communication
elle-même,un échange d’informations quiréside entre gouvernants
etgouvernés, entre gouvernantsetélectorat, entre majorité et
opposition maisaussi, entre lescitoyenseux-mêmes, puisqu’on
parleaussi decommunication interpersonnelle.Elle désigneà cet
effet,toutecommunicationquiapourobjetlapolitiquetant qu’elle
développe ladiscussiontactique dansl’espace publicetprivé et
légitime lesargumentsdesacteurspolitiques qui interviennentdans
lesdébatsd’une façon oud’uneautre.Elles’intéresse également
aux rôlesdesmédiasde masse (journaux,radio,télévision,
Internet,cinéma...).Cesmédiasfontpartie intégrante de lavie de
touslescitoyensetpersonne nesemble pouvoirleuréchapper tant
leurprésence estomniprésente danslaformation de l’opinion

1

7

1
publique , puis àleurinfluencesurlavie politique.Dece fait, la
communication politique estorganisée par troisprincipauxacteurs,
quisontlespolitiques, lesprofessionnelsde la communication et
lescitoyens qui parlebiaisde l’opinion publique, jugent,
condamnent,acceptentou réfutentlesacteurspublicsouleurs
pratiquesdansla cité.

Cetrianglequise formeàpartirdespersonnagesessentielsde la
communication politique, estle moteur véritable de ladémocratie,
puisquec’estàpartirde la contribution detoutescespersonnes qui
ontlaparole politique danslasociété,quecelle-ci (ladémocratie)
avance ou recule dans un pays.Dansce processusde
communicationcomme dans touteslesformesdecommunication,
ilyaun émetteur,constitué parlesgouvernantset unrécepteur,
parlesgouvernés.C’estdoncdanscetteambiance d’échanges
d’informationsetde dynamisme derapportsentre gouvernantset
gouvernés que l’on parle decommunication politique.

La communication politiques’apprécieàpartirde moyensformels,
comme l’allocution duprésidentde la République, les séminaires...
oude moyensinformels, notammentles sit-in, lesintimidations, les
tractsà caractère politique, lesgroupes religieux, de femmes...Sur
le plan de laforme, la communication politique n’estpas
seulementlinguistiquecarelle peutêtre gestuelle (positionassise
oudéboutetl’ensemble desgestes que peutdévelopper une
personnequi émet un discours) etmême musicale.Quellequesoit
laformeutilisée parla communication politique,cesontles
conséquencesouleseffetsdirects, médiatsouimmédiats qu’elle
peutavoir surlesystème politique en placequi méritentd’être
retenusetappréciés.Laréaction d’unrégime politique peut
intervenirlorsqu’uncitoyen ou un groupe decitoyensest
mécontentdesdécisionsprisesparle gouvernementen place,va
tenterd’agir surlesystème politique pouren obtenirla
modification, lasuspension oul’annulation pure et simple.Si la

1
EnCôte d’Ivoire, lesmédiasjouent unrôle importantdanslaformation de
l’opinion publique,carlorsqu’une information estdistillée danslesmédias, elle
fait souventfigure devéritéabsolue dansl’opinion publique etil estdifficile de
faireadmettre l’idéecontraire.

1

8

revendication estlégitime et qu’en plusdecelailyaune pression
surle gouvernement, la communication doitpermettre leurprise en
compte parlesgouvernants.Inversement,cesderniersdisposentde
la communication politique pourfaireadopterlesdécisionsprises,
2
soitpardes séancesd’explication,soitparl’usage de laforce .La
communication politiqueassure doncune fonction d’adéquation
entre lescitoyensetceux qui lesgouvernentetdece fait, favorise
unrapprochementou un dialogue entreceux-ci, par un échange de
messages, des rencontres...En d’autres termes, dansle processus
decommunication politique, lesgouvernantsaccèdentaux
souhaits, demandesetexigencesdesgouvernés.Cesderniers
doiventaccepteràleur tour, lesdécisionsplusoumoins
contraignantesprisesparlesgouvernantspourla bonne marche de
lanation.

L’existence de la communication politique danscecasd’espèce,a
touteson importance, parcequesison fonctionnementn’estpas
correctementassuré, elle peutdéboucher surdespratiquescomme
lapropagandequi est totalementdifférente de la communication
politique,àlafoisdans saforme etdans son fonctionnement.Cela
se justifie encesens que lesfinsde lapropagandevisentà amener
lescitoyensà adhéreràsa cause.De plus, elle est un instrumentde
pédagogie politique, puisqu’elle est utilisée pourdémoraliser
l’adversaire politique envue de mobiliser sespropres soutiens.Ce
faisant, elleasouvent recoursaumensonge,au truquage,à
l’affabulation,àla calomnie,àlarumeuretàladésinformation.
Lorsque lalégitimité d’unrégime estcontestée,celui-ci peutavoir
recoursàlapropagande, nonseulementpourdemeureraupouvoir
maisaussi et surtout, pour répondreàsesdétracteurs.Elle
représente enquelquesorteune dimension dévaluée, dévalorisée
de la communication politique.Elle demeurecependant unaspect
importantde l’exercice dupouvoir,vu qu’elleadesméthodes qui
conduisentàl’hypothèseselon laquelle, la communication
politique etlapropagande légitimentle pouvoird’Etat.

La communication politiquea aussiun lienaveclalaïcité de l’Etat,
laïcité entenduecommerégime de laséparation.En effet, laïciser,

2
Réquisition de lapolice, de lagendarmerie…parlesgouvernants.

1

9

c’estcouperen deux,c’est séparer.Séparerlecivil dumilitaire, le
politique de l’administratif, lareligion de l’Etat, lasociétécivile de
lasociété politique, le publicduprivé, detellesorteque l’onarrive
àfaire ladistinction entre lesfaits quirelèventde la
communication politique etceux quirelèventd’autres typesde
communication,singulièrementla communication économique, la
communicationsociale oula communicationreligieuse.Cette
distinctionquis’appréciesurtoutauniveauoùla communication
politiqueseveutd’abord etavant toutcommeunecommunication
que l’onutilise pourconquérirle pouvoird’Etatet/oupour
l’exercerouencore pourleconserver.Voilapourquoi elle est
essentiellementaxéesurles rapportsentre gouvernantset
gouvernés,alors que
lesautresformesdecommunicationsusindiquées, nevisentpas toutcela.

Toutescesorientations que donne devoirla communication
politique,seretrouventdanslamanière dontcettescience est
pratiquée enCôte d’Ivoire, depuisl’installation de l’administration
coloniale jusqu’ànosjours.

I-3-Qu’est-ceque la communication politique
enCôte d’Ivoire?

Lapratique de la communication politique enCôte d’Ivoire futle
faitde l’administrationcoloniale etdespopulationsindigènes
jusqu’àl’indépendance en 1960, etelles’estpoursuivie
jusqu’aujourd’hui.Cela a consistéàorganiserlaviesociale et
politique entre lescolonsetlesindigènes.Aprèscette période, elle
estpasséeauxmainsde l’EtatdeCôte d’Ivoire, desacteurs
politiquesetde l’ensemble descitoyensivoiriens.En effet, depuis
son existence, l’EtatdeCôte d’Ivoireassure la communication
politique parlaformation etl’éducation descitoyensdèsleurbas
âge,àtraversdesprogrammesde formationscolairequis’appuient
surl’instructioncivique etmorale.Cesprogrammespermettentà
toutcitoyen deconnaître etderespecterlesarmoiriesde la
Républiquequisontcomposéesde l'Eléphant, de deuxPalmierset
d'unSoleil levant.L'Eléphantestle plusgrosetle plusfortdes
animauxde lafaune decetterégion dontl'ivoireainspiré le nom

2

0

du pays.L'emblème de la Côte d'Ivoire estle drapeau tricolore,
Orange,Blanc,Vert, enbandes verticalesde même largeur.Les
armoiriesfigurent sur touslesdocumentsofficielsde la
République.Lesalutauxcouleurs quiarégulièrementlieudansles
écolesprimaires, lescollèges, leslycéesetlorsdescérémonies
officielles,constitueune occasion deralliementdesIvoiriens,au
nom de leurNationquesymbolise le drapeau.C'estdoncdans une
attitude derespectpourleurpaysetdecommunionavectousles
autrescompatriotes que lesIvoiriensdoivent toujoursparticiper
avecune fierté incalculableà cescérémonies quiconsacrent une
communication politique entre euxetleurpatrie, la Côte d’Ivoire.

L’Etatassureaussi la communication politique parla
représentation desonadministration,tantauniveaunationalqu’au
plan international.Surl’échiquierinternational, la Côte d’Ivoire
communique politiquementparlebiaisdesesparticipationsaux
rencontresinternationales, par ses représentationsdiplomatiqueset
consulairesdanslesautrespaysdumonde etdanslesorganisations
internationales.Maisellecommunique égalementet surtoutparles
représentationsdiplomatiquesétrangèresenCôte d’Ivoire.Auplan
national, la communication politique de la Côte d’Ivoire paraîtplus
accrue parcequ’elle engage de plusprèslecitoyen ivoirien et tous
ceux qui fontl’amitié devivreaveclesIvoiriens surleur sol.Ilya
lareprésentation nationale de l’Etatpar sonadministration etpar
sesdémembrements(lesmairies, lesconseilsgénéraux, les
préfectures, les sous-préfectures...)qui fondentles rapportsentre
l’Etatet touslescitoyens vivantenCôte d’Ivoire.Ilya aussi les
rapportsentre l’Etatetlespartisetgroupementspolitiquesetcela
depuisleretourdumultipartisme enCôte d’Ivoireaudébutdes
3
années90.

Quand on étudie parexemple lecontenude la communication
politiquequi découle des rapportsentre l’Etatetlespartiset

3
Le multipartismeaété institué enCôte d’Ivoire le30avril 1990parle président
FélixHouphouët-Boigny, présidentde la République etprésidentduPDCI-RDA,
parti-Etat.Ilyavait14 partispolitiquesdontleFPI.Depuislors, les rapportsentre
ce parti, les tenantsdupouvoiretlesautrespartispolitiques, ontétérégulièrement
émaillésdeviolence jusqu’en2000, date de l’élection deLaurentGbagbo,chef de
ce partiàlaprésidence de la République.

2

1

formationspolitiquesdepuiscesannéesjusqu’ànosjours, l’onse
rendcomptequeces rapports sont souventdominésparlaforce, la
défiance etlaviolence.C’estparexemple lecasdesévènementsde
4
février1992, oùdesmilitantsde la Fédération estudiantine et
scolaire deCôte d’Ivoire (FESCI) etduFrontpopulaire ivoirien
(FPI), principal parti d’opposition, dirigéalorsparlePr.Laurent
Gbagbo,avaientétéarrêtés.Toutescesarrestationsonteulieuàla
suite de deuxmanifestations quiavaientété organiséespour
protestercontre lerefusdupremierprésidentde la République,
FélixHouphouët-Boignydetenircompte desconclusionsd'une
enquêteconcernantlesbrutalitésdont seserait renduecoupable,
l'armée ivoirienne, en mai 1991, lorsd'une intervention dansla cité
universitaire deYopougonà Abidjan.Selon lerapportde la
commission d'enquête,bienqu'aucun décèsn'aitété déploré, les
soldatsdesForcesarméesnationalesdeCôte d’Ivoire (FANCI)
avaientfrappé desétudiantset violésdesétudiantes.Lesmembres
de la commission d’enquête ont recommandéauxautorités
ivoiriennesdesanctionnerRobertGueï,chef d'état-majordes
FANCI, promugénéral peuaprèscetteactioncontroversée, pour
avoirdonné l'ordreàses troupesd'intervenircontre lesétudiants.
Aprèsavoir rendupublicen janvier1992lesconclusionsde la
commission d’enquête, le présidentFélixHouphouët-Boigny s'est
refuséàprendre des sanctionscontreRobertGueï,arguant que
celui-ci étaitle meilleurchef militaire dupayset quetoute mesure
priseàson encontre,risquaitde diviserl'armée.Ilavait
publiquement réaffirmésa confianceàsonchef d'état-major,
garantissantainsià ce dernieretàuncertain nombre d'autres
militaires,unetotale impunité pourles violationsdesdroitsde
l'hommecommisesen mai 1991 (pourtantpassiblesdesanctions
aux termesde laloi ivoirienne).

MartialAhipeaud,Secrétaire général de la FESCIetplusieurs
autresmembresdecette organisation ontétéarrêtésaprèsla
première manifestationquis'estdéroulée le 13février1992.Un
second mouvementde protestation organisé parleFPI aeulieule

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Lesévènementsde février1992ontoccasionnéaumoins 77prisonniers, dontle
ProfesseurLaurentGbagbo,alorsSecrétaire général duFPIetplusde250
interpellés.

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18 du même mois,au coursduquel, lesmanifestantsdemandaient
en outre, lalibération desétudiantsemprisonnés.Lesdeux
manifestationsontdébuté danslecalme, maisellesont toutesdeux
dégénéré en émeuteset sesont soldéespardesdégâtsmatériels.
Certainespersonnesontaffirméque les violencesavaientété le fait
d'agentsprovocateurs.Il estapparuclairement que les
organisateursdesmanifestationsn'avaientétéà aucun moment
impliquésdansles violenceset qu'ilsn'enavaientpasnon plusété
lesinstigateurs.Lesautoritésontnéanmoins tenucesorganisateurs
pour responsablesdesdébordements.Lespersonnescondamnées
parlajustice ontétéreconnuescoupablesd'être lesco-auteursdes
violencesetdesdéprédationscommises,aux termesde l'article26
duCode pénal,quisanctionne lesdélitsdecomplicité oude
communauté d’intension.Toutefois,aucune preuve n'aétéapportée
de laparticipation directe despersonnescondamnéesàdesactesde
violence oudevandalisme.Certainsdesprévenusontindiqué
n'avoirjamaisété présents surle lieude lamanifestationquia
entraînécesémeutesetcesdébordementsdéplorables.

Au regard decettesituation et surtoutpourprévenirdes
manifestations similaires, le gouvernementdirigé parlePremier
ministreAlassaneDramaneOuattara afait voter une loiappelée
‘‘loianti-casseurs’’,qui devaitdésormaispunir toute personnequi
organiserait une manifestationqui entraîneraitdescasses.En
application decette loi,quelquesannéesplus tard, laquasi-totalité
de ladirection duRassemblementdes républicains(RDR) dont
HenrietteDagriDiabaté,Secrétaire générale etcertainsautres
militants, ontété emprisonnésen octobre 1999souslerégime du
présidentHenriKonanBédié, pouravoirorganiséune marche pour
dénoncerles violencesdontest victimece parti.En effet,cette
marcheaentraîné de nombreusescasses, précisémentdansla
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commune d’Abobo .Unbilan officiel de 85 mortsetde plusieurs
autresportésdisparusaété dressé parlesautorités.

Toujoursaucompte de la communication politique entre l’Etatet
lesformationsetgroupementspolitiques quisont régulièrement
émaillésdeviolence, en 1995, lorsdesélectionsgénéralesenCôte

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Districtd’Abidjan.

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