Côte d'Ivoire, il faut sauver "le soldat Fesci"

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Description

A travers cet ouvrage, l'auteur révèle au public le fonctionnement de la FESCI (Fédération étudiante et scolaire de Côte d'Ivoire). Il étudie les causes de la violence qui caractérise ce syndicat ainsi que certaines pratiques qu'il juge nuisibles pour le mouvement : culte de la personne, étranglement des valeurs, infantilisation des membres de la direction... C'est un appel au secours que l'auteur lance à la FESCI, qu'il présente comme un soldat formé pour servir sa nation mais qui est tenu loin de ses objectifs par des supérieurs plutôt préoccupés par les butins de guerre.

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Date de parution 01 mai 2010
Nombre de visites sur la page 446
EAN13 9782336277103
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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CÔTE D’IVOIRE, IL FAUT SAUVER
“LE SOLDAT FESCI’’

DEDICACE

Je dédie ce livre àDIEU LE TOUT PUISSANTpour l’idée et la
force qu’il m’a données pour commencer et achever ce projet
littéraire ;

Ainsi qu’à

Tous ceux qui ont été marqués à vie et ceux qui sont morts pourLA
DEMOCRATIEet LALIBERTE D’EXPRESSIONenCÔTE
D’IVOIRE.

SENIO WARABA-DAH-DJI

CÔTE D’IVOIRE, IL FAUT SAUVER
“LE SOLDAT FESCI’’

Avant-Propos de Stéphane KIPRE

Préface de Dr AHIPEAUD Martial Joseph


L’Harmattan

Etudes Africaines
Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa

Dernières parutions

Pierre-Kashadile BUKASA-MUTEBA,Le tribalisme. Analyse des
faits et comportements en République démocratique du Congo,
2010.
Mahmoud BEN SAÏD,La Transition préméditée, 2010.
El Hadji Séga GUEYE,La Précarité du travail au Sénégal.
L’expérience des employés de la Sococim et des ICS, 2010.
Esther T. N. TALLAH,Guide pratique de lutte contre le
paludisme, 2010.
Ernest MENYOMO,Descartes et les Africains, 2010.
Noël DOSSOU-YOVO,Et pourquoi l’Afrique refuserait-elle le
développement !, 2010.
Mahamadou ISSOUFOU TIADO,: une société enLe Niger
démolition, 2010.
Gaston M’BEMBA-NDOUMBA,La folie dans la pensée Kongo,
2010.
Joséphine ZIBI,L’ingénierie sociale du développement.
À l’école de l’eau, 2010.
Danielle DIBLÉ,Amadou Hampâté Bâ. L’espace initiatique, 2010.
Adon GNANGUI,Droit des déchets en Afrique, le cas de la Côte
d’ivoire, 2010.
Toumany MENDY,Aménagement du territoire et intégration
sous-régionale ouest-africaine, 2010.
Fweley DIANGITUKWA,La Thèse du complot contre l’Afrique.
Pourquoi l’Afrique ne se développe pas, 2010.


© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-11871-3
EAN : 9782296118713

REMERCIEMENTS

Je remercie

Son Excellence MonsieurLaurentGBAGBO, Président de la
république deCôte d’ivoire

Et

MadameSimone EhivetGBAGBO, Première dame de la
république deCôte d’Ivoire

Pour leurcombathistorique enfaveurde l’instaurationdela
démocratie et laliberté d’expressionen Côte d’Ivoire.

JeremercieMonsieurCharlesKonanBANNY,

Ex-Premier Ministre deCôte d’Ivoire,

Ex-Gouverneurdela BCEAO,

Membre duBureauPolitique duPDCI-RDA;

MonsieurDagobertBANZIO,

Ministre delaJeunesse, duSportetdesLoisirs,

DéputéPDCIdudépartementdeBLOLEQUIN(Côte d’Ivoire) ;

Je remercie lePrésidentStéphaneKIPREet sonépouseMme
KIPREnéeMarieLaurenceGBAGBO DjayaGadopour leur
soutien politique,moralet matériel.

REMERCIEMENTS SPECIAUXAUXCAMARADES:

Martial JosephAHIPEAUD,EugèneDJUE,JeanBléGUIRAO,
SORO KigbaforiGuillaume,DAMANA AdiaMédardPickass,
KARAMOKOYayoro,CharlesBléGOUDE,DIBOPIEU Jean
Yves,GUEÏ Paul,KUYOserges (paixàsonâme),DJEKOU Fahio
Léonard, YAO KoffiSergesThéodore.

Pour avoir ouvertetéclairé, enCôte d’Ivoire,les sentiersdu
syndicalismescolaire etestudiantin…levrai!

Toutemareconnaissance àl’endroitde :

- Mon père ZOUE TouhoVictor et ma mèreGOHE Hélène, pour
m’avoir scolarisé et éduqué ;

-Mr etMmeFrançoisKOMOIN;

-Mr etMmeDEH Félix;

-MrBALLOU-BI TotoJerôme,SecrétaireGénéral del’Université
deCocody(Abidjan) ;

-MrMANE
(Abidjan) ;

Aliou,Présidentdel’Université del’Atlantique

- PrMELEDJE DjedjroF.,Doyendela faculté deDroit
(Abidjan) ;

-MrMéitéAdama, ex-DirecteurGénéralduCROU-A

- PrOURAGA ObouBoniface, ex-doyendela faculté deDroit
d’Abidjan,MrBOHOU JeanMarie etMrKOBI Assapour
m’avoirformé àlaSciencePolitique;

-MrEKRA Jacques,vice-doyendela faculté deDroit ;

-MrNIAMIEN Théodore,Conseillerencommunicationdu
Président StéphaneKIPREpourm’avoircoaché;

]

-MrASSIELOU Florent,SecrétaireGénéraldel’U.N.G ;

- MmeBAMBA
StéphaneKIPRE;

Makissia,ConseillèreSpéciale du président

-MlleOumouDIAGNEpour m’avoir introduitdans lapolitique;

-MrDAGNOGO Aboubacar,Présidentdelajeunesse del’U.N.G ;

- JoelleKABYE,Photographe du Président StéphaneKipré

-GUEI CharlesClaver,SERI LouisMarchal,LAGO Fabrice,
TANOH AngamanDésiré etZOUE TouhoFloraqui ont relu,
corrigé etcritiqué cemanuscrit ;

-MlleNAKOULMA MariameViviane dit “Virial l’Impériale’’,
MajordelaMaitrise desSciences Politiques promotion 2008-2009
(UFR-SJAP Cocody) ;

-MrZON Loty,pour la correction orthographique, grammaticale
et syntaxique de cemanuscrit ;

e
-MrSOUMAHILA Olahidé(monProfesseurdeFrançaisen5),
pourm’avoirfait prendre conscience demesaptitudesen
littérature;

-MmeALLANGBAnéeNamamaFADIGA,Directrice dela
CommunicationauM.J.S.Lpour m’avoirencadré etencouragé;

-MrGeoffroyBAILLET;

-MmeSAKANOKO Soungbè;

-Mme YAO Liliane,MrLEKPAHI Déh,MmeKOUASSI
Charlotte,Mlle YOMAN Roseline,MrKONAN Florent,Mr
COULIBALI Oualéléya etMrALLANGBA NdriJean Pierre età
tout lepersonnelduM.J.S.Lpour leur soutien ;

-MrsHervé etHonoré ZAGADOUpour leur soutien ;

-MrsZomyTiaFrancis,TakouoBoniface,BohounSerge etKpadé
Evariste;
^

- le BureauExécutifNationaldelaCoordinationNationale des
ElèvesetEtudiantsetceluidelaJeunesse del’U.N.G ;

- Mr AKA Laurent,PDGdugroupeABC Edition ;

-MmesAkablaBéatrice etYoudéVirginiepour les “Deuxriz-Une
sauce’’enfaveurdelaFESCI;

-MrsBANCE DingadaStéphane,KRA ChristopheKouamé et
DIARRASSOUBA Ibrahimapour leurappui logistique;

- tous les responsableset militantsactifs, espoirsdelarenaissance
delaFESCI;

- tous lesélèvesetétudiantsdeCôte d’Ivoire

-tous ceuxquejene citepasetàquiDIEUrendra, dans le
silence etaucentuple,tout le bien qu’ils m’ontfait.

UT

AVANT-PROPOS

Je voudrais soumettre àl’attentiondu lecteur, cepassage
éloquentdel’allégorie dela caverne dePlaton qui montrela
situationdeshommesdevant lavraielumière. ‘‘Supposonsdes
captifs enchaînés dansune demeure souterraine, le regard tourné
vers la paroi opposée à l’entrée, et dans l’impossibilité devoir
autre chose que cette paroi.Elle est éclairée par les reflets d’un
feuquibrûleau-dehors, surune hauteur à mi-pente de laquelle
passeune routebordée d’un petit mur.Derrière ce mur, défilent
des gens portant sur leurs épaules des objets hétéroclites, des
statuettesd’hommes, d’animaux…etc.De ces objets,lescaptifs ne
voient quel’ombreprojetée par le feusur le fond dela caverne;
demême,n’entendent-ils quel’écho des paroles qu’échangent les
porteurs.Habitués, depuis leur naissance, à contemplercesvaines
images, à écouterces sonsconfusdont ils ignorent l’origine,ils
viventdansun monde de fantômes qu’ils prennent pourdes
réalités.Quesi l’und’euxestdélivré deseschaîneset traînévers
lalumière,il sera d’abord éblouiet ne distinguerariende cequi
l’entoure.D’instinct,il reporterases regardsvers les ombres qui
ne blessèrent point ses yeuxet pendant quelques temps,lescroira
plus réelles queles objetsdumondenouveauoù il setrouve
transporté.Mais quandses yeuxseserontaccoutumésà
l’ambiancelumineuse,il pourrapercevoirces objets réfléchisdans
leseaux, ensuite enaffronter lavue directe.Lanuit,ilcontemplera
lalune et lesconstellations, etenfindeviendra capable desoutenir
l’éclatdusoleil.Alors,il serendra comptequesavie antérieure
n’était qu’un rêvesombre.Et il plaindrasesancienscompagnons
de captivité.Mais s’il redescend auprèsd’euxpour les instruire,
pour leur montrer l’inanité desfantômesdela caverne et leur
décrirelemonde delalumière,qui l’écouterasans rire,qui
surtoutdonnera créance àsa divinerévélation ?Les plus sages
eux-mêmes letraiterontde fouet iront jusqu’àlemenacerdemort
1
s’il persiste dans sa généreusetentative’’ .

1
Platon,in laRépublique,EditionsGF Flammarion p.39

Ce détour del’allégorie dela cavernepermetdesaisir la
quintessence deCôte d’Ivoire : Il faut sauver “le soldatFESCI’’.
Cet ouvrage estl’œuvre d’unauteur,quifait le deuilde cequ’il
avaitcruêtrelaFESCI,pouraffronter laréalité du mouvement
estudiantin qu’il livre,un peucomme dansl’allégorie dela
caverne, àsescompagnons,maisaussiàlapostérité.

Côte d’Ivoire,il faut sauver “le soldatFESCI’’est lerécit
du parcours initiatique d’ArsèneTouho,qui lepartage entreles
images,lesespoirsetambitions qu’ilavaitfondés sur laFESCIet
laréalité,lavéritémême de cesyndicatestudiantin.

Cetteinitiation prend corpsaveclaCôte d’Ivoire des
années 1990. Lepays peine à contenir son unité devant les
exigencesdesbailleursde fonds.Ceux-ciattendentd’elle, des
réformesdevantgarantir leremboursementdes prêts qui lui ontété
consentis.Danscetenvironnement nouveau,lerégime
d’Houphouët-Boignycommetousceuxdeses pairs,sesurprend à
jouer les prolongationsdevant laruequia désormais soif de
changement.
EnCôte d’Ivoire,‘‘LeVieux’’cèdesur toutelaligne.Il
ouvrelejeupolitique etfait mêmele deuildeson orgueilen
acceptantdesesoumettre àun pland’ajustement structurel.
Conduit par lePremier ministreAlassaneDramane
Ouattara, ceplana des relents sociauxdifficilement supportables
pour lemondeuniversitaire etestudiantin.Suppressiondescars
d’étudiants– fermeture des internats–salaire à doublevitesse
etc…Cetraindemesuresfait perdrepied aupartiaupouvoirdans
cemilieuquifournissaitdéjàl’essentieldupersonnel politique de
l’opposition.
L’Université devientdès lorsune bastille àprendre autour
delaquelle,pouvoiret opposition s’affrontent.
Cette configurationdupaysagepolitiqueplacelaFESCI
auxavant-postesdes revendicationscorporatisteset surtout
politiques.
Quepeutbienêtre cetteorganisation quia étéunvéritable
épouvantail pour le fondateurdelaCôte d’Ivoiremoderne?

UV

De laFESCI, beaucoupde choses ontété déjà dites,parfois
même avecuneraremalveillance et intentionaffichée denuire.
Mais letémoignage d’undesacteurs parmi les plus
introduitsdel’organisation (“anti-chambriste’’,1er secrétaire
er
adjointàl’informationSection-Droit,1 secrétaire adjointà
l’organisationSection-Vridi,secrétaire
àl’organisationSectionDroit,secrétaire généralSection-Droit)emportelamarque de
l’inédit parcequ’ilapparaîtcomme‘‘l’eauqui sortdela bouche du
poisson’’.C'estunevoixqui sortdu ventremême de cette
organisationestudiantine.C’esten quelquesorte,laFESCIvuepar
elle-même.
L’ouvragequevous tenezdansvos mainsestuneœuvre
bâtarde ausens leplus noble duterme, encelaqu’ellepartagesa
substance entreune connotationbiographique, etunesignification
politique.
DansCôte d’Ivoire, ilfaut sauver “Lesoldat FESCI’’,
ArsèneTouho se dépeint,retraceson parcours scolaire et
universitaire en mêmetemps qu’ilfait leprocèsd’un système dans
lequel il s’est investi sans pourautant pouvoir réellement s’en
accaparer.
Toutcommence àpartirdesannéescollège.Ala faveur
desagitations sociales qui secouent laCôte d’Ivoire desannées 90,
Arsène anime des mouvements populairesàAgboville, avec des
amisduLycée.Il s’invite, envérité, àune adolescence
presqu’insouciante,mais suffisammentdangereusequi sejouesur
le fild’une arrestation manquée.Cette adolescenceinsouciantelui
donnele goûtdesbandes quiévoluentdansunesorte d’union
sacrée.Al’Université,ildécouvrelaFESCI,sansyavoirété
réellement préparé.Un peupar suivisme,il rentre dans le
mouvement sansvéritableparrain.Sesfaitsd’armes, danscet
univers qu’il peine à circonscrire audépart, commencentdansune
actionauCollègeIGESde Yopougon.Il se fait remarqueretgravit
ensuitetous leséchelonsàlaFESCI,tous saufun seul,leplus
déterminant,leplus prestigieux,leposte deSecrétariatgénéral
national.

UW

Ila contribué à faire des roisàlaFESCI,sans pourautant
arriveràse faire couronner lui-même, dansce «royaume »qu’ila
cru vraimentconnaître.
Comme dansunesorte deparousie,lesyndicat serévèle à
lui sousunvisage glauque etavili.Cetterévélation produit sur
Arsène,lemême effet queles rayonsdesoleil onteusur le
prisonnierdel’allégorieplatonicienne dela caverne.
Comme ceprisonnierébloui par lesoleil,une fois sortide
la caverne,quia compris qu’il prenait lesvessies pourdes
lanternes,ilasaisi quelavérité delaFESCIn’était pascequ’il
avaitcru,mais qu’elle estcequ’ilauraitdûcroire.Il perçoitalors
que‘‘Toute théorie selon laquellela démocratieprendses racines
dans laréalitéobjective est rejetéecommeonécarteune
interprétationd’unenaïveté désarmante,une chimère dontcelui
2
quiétudiele domaine delapolitique doitchercheràselibérer’’
et que‘‘cen’est pas laraison quidéterminele destindeshommes,
3
mais laruse,latromperie et la force’’ .
Commetoutes les organisations qui seveulentforteset
incontournables,laFESCIn’échappepasauxcontradictions qui
ontfini par luidonner sesdeuxfacesdeJanus.Ombreset
Lumières.Ombres pour lescoulisses,lesanti-chambres qui la
maintiennentdans sonfonctionnement, et lumières pourceque
l’onveutdonnercommeimage àl’extérieur.

Mais si l’onyprend garde,les ombres prendront lepas sur
les lumières.Si on nesauvepas “lesoldatFESCI’’,l’affairisme,le
clientélisme,ouencoreles intronisations prendront lepas sur
l’idéaldelastructurequi reste,l’améliorationdesconditionsdevie
etd’étudesdesélèvesetétudiantsdeCôte d’Ivoire.
Arsène alemérite deprésenter laFESCI,non pasdans ses
rapportsaveclesautres structures syndicalesuniversitaires,mais
dans son procèsavec elle-même.Son ouvrage estunesorte
d’introspection, c’estunevoixquivientdu ventremême du
syndicatestudiantin, donc forcémentcrédible et qui nousfait
tomber lesécaillesdesyeux.

2
JohnH.Hallowell, dans ‘‘LesFondementsdelaDémocratie’’.Editions
NouveauxHorizons p.14
3
Idem
UX

Loin del’entité homogène qui s’estposée en véritable
casse-tête desgouvernantsdesannées 90, avantdes’érigeren
bouclierdu régime deLaurentGBAGBO,laFESCIesten réalité
unestructure hétéroclitequicouve descontradictions
insoupçonnées, et parfois violentes.
Arsène faitégalementl’exégèse des trahisons parfois
écœurantesdont ila étélavictime expiatoire.Il serepend dans son
ouvrage, d’avoirabusé de cescondisciplesétudiants, en s’appuyant
sur sapositionàlaFESCI.Ilexplique commentàl’image des
grandes mafiaseuropéennes ‘‘los padrinos’’,les parrains ou
4
commeil lesappelle,‘‘lesgrandsélecteurs’ ’delaFESCIontdes
avisdéterminantsdans lamarche et le fonctionnementdu
mouvement.Bref,ilexplique commentcequ’ilavaitentrevu
naïvementcommel’apprentissage et l’exercice dela démocratie,
estdevenu,l’expressiondelaparoleunique, dumonologue des
parrains, c’està direl’espace delapenséepar procuration qui
n’élèvenullementceuxqui s’yadonnent.
Et la conclusion qu’ilen tire, c’est qu’on nesort jamaisde
laFESCIcommeonyrentre.C’estune des leçons majeures qui se
dégage de cet ouvrage.N’yest il pas rentréARSENE TOUHO
pouren ressortirSENIO WARABA-DAH-DJI?

Cetteleçon sonne commeune alerte dansuneCôte
d’Ivoirequi se doitderelever lesdéfisdudéveloppement, avecune
jeunesse àlatête bienfaite etbien pleine.
Les regards scrutateurs setournentainsivers le
mouvementet interroge, àlaquelle desdeuxfacesdelaFESCI,les
ivoiriensauront-ilsaffaire, dansun pays quidoit serecoudre et
refairesonunité après la crisequ’ilatraversée?
Laquestion resteouverte et s’enrichira certainementdes
réflexions qui l’accompagnerontultérieurement.
C’est là àmon sens,l’intérêtfondamentalde cet ouvrage,
quidemandetout simplement quelaFESCIrevienne àses
engagements initiaux.
Stéphane KIPRE
Présidentdel’UniondesNouvellesGénérations (U.N.G)

4
LesanciensdelaFESCI,DamanaPickassetKacouBrouditKB
UZ

PREFACE

LaFESCI,syndicatdelutteouarmée au service dela
barbarie?Cettequestion lancinantenepeutêtre évitéepar quelque
personne,surtout sicelle-ciest ‘‘LeVieux-Père’’fondateurde
cetteorganisation.Aussi loin quemes souvenirsvont,jenevois
pasun momentdemoncombat quej’auraiàregretter,surtout que
les raisonsexistent pour nepas le faire.

Car lorsquela fougue delajeunessenous poussa dans la
ruepourexigeret obtenir lemultipartisme,jen’avaisjamais
imaginé autre chosequela foien notrejeunesse et notrepeuple en
général,par sa créativité,sonvolontarisme et sonéternel
optimisme.Ivoiriende fibremultiséculairepour se consacrerau
temps nouveaux,jen’ai jamaisadmis quela foule avait raison ou
quel’illuminéportaiten lui la destinée detouteunenation.Ceque
jesavais, c’est qu’unhomme doit se fieràsonLibreArbitre et
donc àsa conviction profonde.

Certes,ilestvrai quetoutaulong descourses poursuites
5
dans lesbas-fondsde «Dien-Bien-Phu»ouduCampus,oualors
dans les ruesd’AbidjanaveclesForcesdel’ordre,jepensais
toujours que c’était pour le futur quejesacrifiais mesannéesde
jeunesse.Ondisaitalors,LaLutte, c’est-à-dire,unengagement
désintéressé,passionnelet, àlalimite dela folie,pour
lemieuxêtre denotrepeuple, à commencer par lesétudiantset lesélèves
autoproclamés«Parents» commepourassumer notrerôle de fer
delance delarenaissance denotreNation par l’avènementd’un

5
Dien-Bien-Phu, dunomdela célèbre bataillequi opposalesforces
françaisesauxrévolutionnairesVietcong en 1954, estdevenule
pseudonyme delaroute creusequi sépareleCampusdeCocodyauCHU
en raisondesgrandesbatailles qui opposèrent lesétudiantsauxforcesde
l’ordre entre1990et 1993.PasserDBPdevenait lesymbole ducourage
puisquelesforcesdel’ordrenousyattendaient toujours pour nousbarrer
laroute delaville,souvent sans succès puisquenous les prenionsàrevers
en ouvrant plusieursde frontsdepercéetactique.

nouveau systèmepolitique fondésur laLiberté,laJustice et le
Travail.

« Quandjeregardelesvalléeset lescieux»,dit le
psalmiste del’œuvre deDieu,il peut s’exclamer que«Dieuest
Grand ».Qu’enest-ilalorsdenotreœuvreterrestre, certainement
imparfaite?LaFESCIdevrait-ellesurvivre?Qu’avons-nous servi
ànotrepays:un ramassisdevoyous ou unejeunesse bienformée
capable d’assumer ses responsabilitésen son temps ?

Ilfautavoir luletexte deSénio,unde cesacteurscoriaces
de cetteorganisation,peinte etdépeinte commelemonstre dont la
mort résoudrait tous les problèmesdelanation,sinondel’école
ivoirienne,pour se convaincrequenous n’avons pas travaillé en
vaincommel’apôtrePaul pouvait le dire.Car«Waraba-dah-dji»,
le crachatdutigre, estunauthentique fesciste,un lutteurde
premier ordre.Ilfutaudébutdelaluttepour l’avènementdu
multipartismetoutcomme en ses tempsde braise aveclapériode
dela guerre dite des patriotesduNord etduSud.Sansfioriture,il
livre aulecteur sonexpérience d’anti-chambriste, c’est-à-dire,
d’homme deterrain quiatravaillé avec abnégation pour son
organisationet son pays.

Certes,il nepeutdonnerdesdétails sur les ramifications
stratégiquesdel’organisationaveclepouvoirdelarefondation
puisqu’il n’est pas le chef.Mais, clairement,ildit quesoncombat
et sonengagement restent pourceluien qui ila cruetcertainement
pour qui il sera encoreprêtausacrifice desavie.Sesvérités,loin
den’êtrequesalive, deviennentalors lepointdevue d’un
authentiquetémoindeson temps.Son style d’écriture enajoute à
l’agréablesensationdepolar pourtant réel quel’ona en parcourant
letexte.

Une chose estd’appréciercetémoignagepoignantde
l’histoireprésente.

Maisune autre demeure desavoir que fairepour l’avenir,
c’est-à-dire,remettre cesyndicatde formation politique etde
mieux-êtresur les railsdudébatcontradictoiresans la horde des

U]

«gbonhi» ou groupes d’actiondont les objectifs sont notoirement
contrairesauxidéauxdel’organisation.

LaFESCI, dit-on, estunesprit!Alors queDieunous
donne deramenervers luicetteorganisation quiest née àlaSainte
Famille, cette église catholique delaRivieraGolf d’Abidjan, ce
jourde21Avril 1990.

Puisselalecture del’œuvre dujeune frèrevous interpeller,
Parents!Car laluttene fait que commencer.Comment nepasy
croire?

DrAHIPEAUD MartialJoseph

MembrefondateuretPremierSecrétaireGénéraldelaFESCI
(1990-1993),Présidentdel’Union pour leDéveloppementet les
Libertés (UDL).

U^

INTRODUCTION

« Des étudiantsdelaFESCIse découpentàlamachette »,
«FESCI: desélèves tabassentun professeur»,« crise àla
FESCI:les machettes réapparaissent sur le campus»,« descente
musclée delaFESCIautribunal: des magistrats séquestréset
dépouillés, dumatérielemporté »,«laFESCItabassent les
er
enseignants»(laUne du quotidien ‘’L’Expression’’dumardi 1
Décembre2009)etc.Voici làunaperçudes titres qui ontbarréla
Une des journauxcesdernièresannées quandil s’estagideparler
delaFédérationEstudiantine etScolaire deCôte d’Ivoire(FESCI).
Cesyndicatcréé àl’originepourdéfendrela cause desélèveset
étudiantsdeCote d’Ivoire atrès tôtbasculé dans laviolence.Ses
dirigeants, eux, générationsaprèsgénérations ontvolontairement
tournéle dosàlavocation première dumilitantismescolaire et
estudiantin pour s’inscrire dansunaffairismesansfrontière.

Désormais,pourvoir laFESCIenaction,ilfaut patienter
etattendrele choc desgrandsenjeuxpolitiques.Elle atellement
prisgoûtaurôle avant-gardistequ’elle ajoué, cesdernièresannées,
àl’occasiondescrises politico-sociales qu’elle a fini par se
retrouver,lesdeuxpieds joints, dans l’arènepolitique.Plusaucun
sujet politiquen’échappe àlaFESCIencelaque«tous les sujets
politiques touchent»,selon l’argumentclassique,« à des questions
d’intérêt national».Imposer leurs positions politiques très souvent
assortiesd’intérêtséconomiquesasouvent obligélesFescistesà
développerdes réflexesdeviolence.

Pourquoi laFESCIa-t-elleplongé dans laviolence aussi
tôt pour neplus jamaisen ressortir jusqu’aujourd’hui ?Pourquoiet
comment laquête effrénée del’argent s’est-elle emparée des
Fescistes ?LaFESCIoriginelletellequelaCôte d’Ivoirel’a
connue dans toutesarigueur idéologique et revendicativepeut-elle
renaitre?

Répondre àtoutesces questions imposeune approche
analytique delaFESCI,mais surtoutdesonhistoirequel’on ne

peutappréhender qu’àpartird’une démarche exploratoire de
l’histoiremême des idées politiquesen Cote d’Ivoire.

Auxlendemainsdeson indépendance,laCôte d’Ivoire
commence à être gagnéepar leséchosdusocialisme etdu
communisme.Les nouvelles idées révolutionnaires prospèrentà
l’Université.A l’UNEECI (UnionNationale desEtudiantset
ElèvesdeCôte d’Ivoire),syndicatestudiantin,ilfautdésormais
compteravec deuxcourants idéologiques:l’unfavorable au
pouvoiren place et l’autrepartisanduchangement.

En 1968,l’UNEECIorganisesoncongrès.Les partisansdu
7
partiunique aupouvoir, face aucandidatLaurentGBAGBO,sont
misen minoritépar lesétudiants.LeprésidentHouphouëtBoigny,
encolère, dissout l’UNEECIetcréeleMouvementdesElèveset
8
EtudiantsdeCôte d’Ivoire(MEECI),sous-sectionduPDCI-RDA.

Al’entame desannées 70, des intellectuels ivoiriens
“infectés’’ par le“virus’’duchangementcommencentà élever la
voixpour réclamer laréorganisationdusystèmepolitique et la
3
modificationdes mentalités.LejeuneKRAGBE Gnagbé estde
ceuxlà.Fraîchement revenudel’occident oùila étudié,ilchoisit
lestylemaquisard des révolutionsSud-Américaines pourengager,
luiet sescamaradesunepropagandesécessionnistesans précédent
dans larégiondeGagnoa.Lepartiunique dirigéparFélix
HouphouëtBoignyestimequelanation ivoirienne est tropjeune
pour qu’il soit permisà des trublionsdeperturber son
“allaitement’’.Ils sont réduitsausilence dès le30octobre1970par
6
l’arméeivoirienne conduiteparGastonOuassénanKONE.

Commelarévolutionestaussi insaisissablequ’unetrainée
depoudre,l’éliminationdeKRAGBE Gnagbén’arrêtepas l’éveil
desconsciences.Al’orée desannées80,“l’épidémie’’ mondiale
duVentdel’Estatteint laCôte d’Ivoire.Une autre génération
1
d’intellectuels “infectés’’ par levirusdelaPerestroïkalibérépar
2
MikhaïlGorbatchevs’investitdelamissionaussihistoriqueque
“suicidaire’’d’affronter leregard dupère delanation pour lui
demanderd’accepter la démocratie en instituant lemultipartisme.
9
Cesont, entre autres,GBAGBO Laurent, ZADIZaourou,
1011
BAMBA Moriferé ,SimoneEhivet,Aboudramane
VV

12 1314
SANGARE,BOGA Doudou ,MarcelETTE.Métamorphosés
par leursconvictions idéologiques, endurcis par les
emprisonnementsàrépétitionet lesexilsforcéset renduscélèbres
par les persécutions,ils nelaissent ni répit,niespacepaisible au
pouvoiren place.Epuisépar lepoidsdel’âge,mais surtoutà court
destratégiesefficacesd’intimidationetd’arguments politiques
dansunenvironnement mondial marquépar l’avancée fulgurante
dela démocratie,“LeVieux’’cède devant lapressiond’un peuple
qui “voitdésormaisclair’’et quiestdevenudemoinsen moins
respectueuxdelui.En 1990,il signele décret portant instauration
dumultipartisme.

Lemultipartismelégalisé,les revendications politiques
vont quitter les ténèbresdela clandestinitépour s’afficheraugrand
jour.Lajeuneopposition ivoirienne estaniméepar quatre
principalesformations politiques:l’UnionSocialeDémocratique
(USD)dirigéeparZADIZaourou,lePartiIvoiriendesTravailleurs
15
(PIT)dirigéparFrancisWodié ,leFrontPopulaireIvoirien (FPI)
deLaurentGbagboet lePartiSocialisteIvoirien (PSI)deBAMBA
Moriféré.La ciblesocialeprivilégiée detousest l’ensemble des
travailleurs parcequ’ils sontconsidérés, en raisondeleur place de
chef dela cellule familiale, comme des leviersdelasociété.Dans
cettemouvance générale,leFPIcomposé en majorité
d’enseignantschoisitune autreorientation.

Laissant lerecrutementdes travailleurs ivoiriensauxautres
formations,il orienteson “navire de conquête’’vers
l’enseignement.PourLaurentGbagboet sescamarades,les
enseignants,lesélèveset lesétudiants sont les multiplicateurs
sociauxparexcellence.Plus prochesdesdifficultésengendrées par
la crise économique,ils sontdesurcroitdotésde capacités
intellectuelles qui leur permettentderelayer lemessage du
changement scandépar l’opposition.Danscetélan,leFPIenarrive
trèsvite àla conclusion qu’ilfautdonnerune dimensiondeplusà
soncombat politique enalimentant lesyndicalismescolaire et
estudiantin par la créationdeses structures« àlui».Maitriser
l’opiniondumondescolaire etuniversitaire devientunepriorité
pour lesfrontistes.Dansuncontexte historique favorable,ils n’ont
aucun malà enrôler laFESCIen soutienausyndicatdes

VW

enseignants leSYNARES(SyndicatNationaldelaRecherche etde
l’EnseignementSupérieur).

Crééepar une assemblée généralele21Avril1990à
l’égliseSainteFamille delaRiviera,laFédérationEstudiantine et
Scolaire deCôte d’Ivoire, fœtus, étaitdéjà bien partiepour
contrôler l’espaceuniversitaire encelaqu’elle fédère environscinq
associations.C’estd’ailleurs pourcelaqueBAMBA Moriféré et
MarcelETTE, chefsd’orchestre del’AssembléeGénérale dela
SainteFamille et qui militaient plutôt pour la créationd’un
syndicat indépendantdel’oppositiondémocratique,nepourront
riencontrela dynamique de conquête enclenchée depuis leshauts
milieuxduFPI.

Dès lors laFESCIet leSYNARESvont s’approprier la
lutterevendicative deleurscorporations respectivesafin,
principalementd’améliorer lesconditionsdevie etdetravailde
leurs militantset subsidiairementde créer lesconditionsde
déstabilisationdémocratique dupartiaupouvoir.Danscette
dynamique,MarcelETTEsecrétaire généralduSYNARESfaisait
trèsbiendans lemilieudesenseignantscequ’AHIPEAUD
16
Martial premier secrétaire généraldelaFESCIfaisait parmi les
élèvesetétudiants.Il nesepassait plusungrandmeetingou une
manifestation importante duFPIsans quelesecrétaire généraldela
FESCInesoit invité àprendrelaparole.Parvoie de conséquence,
les mesures répressives prévuesàl’originepour les “opposants
encombrants’’ nevont pointépargner les leaders syndicaux
“récalcitrants’’.MartialAHIPEAUDestarrêté etemprisonné déjà
en 1991 pour« troublesàl’ordrepublic ».LaFESCIelle-même
estdissoutepar lePrésidentdelarépublique
etPrésidentduPDCI5
RDA FELIXHOUPHOUET BOIGNY.

Pouravoir oséorganiserunemarchele18Février 1992
pour protestercontrela barbarieperpétrée dans lanuitdu17au18
mai 1991àla citéuniversitaire de Yopougon par laFIRPAC
(Force d’InterventionRapideParaCommandos)dirigéepar le chef
17
d’état majorRobertGueï,une centaine depersonnesdontLaurent
Gbagbo,sonépouseSimoneEHIVETetdesétudiants sontarrêtés
et jetésen prison.

VX

18
Héritantd’uneFESCIdissouteSORO Guillaume et ses
1920
camaradesdontDAMANAN Pickass,KARAMOKOYayoro,
21
BLE GoudéCharlesn’entendent pointbaisser lesbras.Mais la
clandestinités’imposequandmême à eux.Ilscontinuent la
propagandepour présenter “levisage hideuxdurégime’’ non sans
développer les reflexesdeprotection nécessairesàlasurvie d’un
fugitif.Larapidité dans le geste etdans le camouflage del’homme
traquéseraprogressivement remplacéepar laviolence défensive du
fugitif.A DibonanKONE,Ministre delasécurité du
gouvernementBédié,quiconsidèreque« dorénavant tousceuxqui
seréclamerontdelaFESCIserontconsidéréscomme deshors-la
loi»,Soro nemanquepasderépondre :«sivousvoyezDibonan
dites lui quemoiaussi jele cherche ».Le17 septembre1995,ilest
arrêté dansun taxiauniveaude Yopougon-sable etconduitàla
DST(DirectiondelaSurveillance duTerritoire),puisàl’école de
police.En 1998,suite aumeurtre del’élèveEléléSomboMagesdu
LycéeModerne d’Anyama,sous l’impulsiondeSoro,laFESCI
paralysel’école etexige des sanctions.Lapression paye et le
sergentKouassiKouakouauteurducoupde feumeurtrierest mis
4
auxarrêts.LeProviseuret leCommissaire depolice d’Anyama
sont limogés.

Toutescesactions triomphalesvontvaloiràSoroune
popularitéindiscutable.En 1997,Ilestd’ailleursélul’Homme de
l’Année enCôteD’Ivoire.Sous pression,Bédié est obligé de
désavouerHouphouëtBoignypour réhabiliterdenouveaula
FESCI.

Cependant, ceretouràlanormaliténe donnepas
l’occasionauxFescistesd’abandonner laviolence.Ils semblent
avoir retenudeleur tristepassérécent quelaviolence estun moyen
trèsefficacepourfairepasser ses opinions.Tristeleçonenseignée
que celle-là !Désormais,plusaucuneopinioncontrairen’est
toléréesur le campus.Ainsi, desétudiants sont-ils matés pouravoir
consciemment ouinconsciemmentvioléun motd’ordre de grève.
Mêmelerespect sacré et révérencieuxdumaitren’échappepasàla
nouvellemode :professeurs séquestrés pouravoirététrouvésdans
unbureauoupouravoircôtoyéunamphien période de grève.

VZ

C’estdanscesconditions qu’arrivele10è anniversaire de
laFESCI.La cérémonie alieuauforumdel’Université deCocody
et leparrainn’estautrequele“pèrespirituel’’LaurentGBAGBO.
Une affaire de10 000 000(dixmillionsde francs) qu’ilaurait
offertsàlaFESCIcréelasuspiciongénérale.En plusd’être accusé
d’avoirdétourné cettesomme,leSecrétaireGénéralCharlesBlé
Goudé estencoresoupçonné d’avoir reçu«une enveloppe kaki
lourde »aucoursd’une audiencesecrètequ’ilauraiteue«un
dimanche »avecleDrAlassaneDramaneOuattaraPrésidentdu
RDR(RassemblementDesRépublicains).C’est la déchirure !
22
D’uncoté,lesdissidentsconduits parDoumbiaMajor (secrétaire
àl’organisationdubureauexécutifnational)favorablesau
débarquementdeBléGoudé etd’unautre coté,les partisansde ce
dernierdéterminésà défendre avec bec et ongleson pouvoir.C’est
parti pourcequ’ona appelé«la crise des machettes».Cette crise
va durer parceque derrièrel’argumentexhibé dela« haute
trahison»deleurSecrétaireGénéral,se cache,semble-t-il,la
volonté deDoumbiaMajoret lesdissidentsderécupérer le
23
mouvement pour le compte duRDR.

Lorsquele calmes’installait peuaprès queles loyalistesde
BléGoudé aient pris le dessus sur lesdissidentsbien queles
victimes soient partagées (mortsetblessés),ilétait maintenant
questiondel’élection présidentielle del’an2000.Sans surprise,
CharlesBléGoudé appellelajeunesseivoirienne àvoter pour
LaurentGbagboenvertudel’article2durèglement intérieurdela
FESCIqui stipule :«laFESCIestapolitique…maisellese
réservele droitdeseprononcer sur toutes les questionsd’intérêt
national».

Jusquelà,laFESCIreste dans son rôle demouvement
avant-gardiste desélèvesetétudiants mêmesi lasociété, dans son
ensemble, commence àseméfierd’elle à cause dumanteaude
violencequ’elleporte désormais.

EnOctobre2000,LaurentGbagboestéluprésidentdela
république.C’estàpartirde cette datequelaFESCIva connaitre
sa chutevertigineuse.Une équation sepose à elle : doit-elle garder
lamême cultureradicale dela gaucherévolutionnaire face àses

V[

parrainsarrivésa? Siu pouvoirelle choisitde“caresser’’ ses
parrains,par quels procédés va-t-elle arriveràposerefficacement
les problèmesdel’écoleivoirienne?Elle enétaitencore àse
ronger les ongles lorsquela guerre éclatale18Septembre2002.
Joli prétexteque cettesale guerre !

-« …c’est quandun paysexistequ’on peut parlerde droit
del’homme, de développement, d’école. Levons nous, camarades,
pourdéfendrenotresouveraineté,notrelibertécontre
l’impérialisme afinde garantir notre avenirainsi que celuidenos
petitsfrères… ».C’estce discours,ôcombiende foiscohérant,qui
servaitdésormaisde drapauxFescistes pour se couvrirdeleur
inertiesans issue.

Detoutes lesfaçons,l’argumentdupatriotisme brandi ne
valait pas pour les tenantsdelathèseselon laquelle : «l’ère dela
conquête est passé,nous sommesàl’ère dela cueillette ! »Ceux-ci
sont malheureusement les plus influentsàlaFESCI.Ils’agitde
ceuxqui ontconnu«l’ère dela conquête »et qui sontencorelà
(lesanciens)et nondes nouvellesgénérations qui, elles,veulent
s’exprimer maintenant.Ayantacquisune certainenotoriétépar
l’effetdescrisesàrépétition, cesanciens ontfini paravoirune
main misesur laFESCI.Aprèsavoirdécidé denepas “déranger’’
laquiétude des parrains “trop occupés’’à gérer lesaffairesde
l’Etat,ils ontdécidé d’inscrirelaFESCIau“PMU’’ (PariMutuel
Urbain).

Eneffet,lemouvementestdevenu“unchevalde course’’
quifaitgagner “l’argentenvitesse’’.Maisce chevalaune
particularité,il nesort quepour “courir’’ pour les initiés.Boycotter
les passationsde chargesdans lesdirectionset ministères,
empêcher le déroulementdeprocès,sesubstitueràlajusticepour
réglerdescontentieuxen se constituanten tribunalde fortune aux
dépensdes parties, empêcher le déroulementdeprocès,sécuriser
des manifestationsenéchange deprimesconstituentdésormais les
terrains sur lesquels lesFescistes opèrent.Leplus révoltantc’est
queles primesetcachets profitent souventaux“managers’’
occulteset presquejamaisauxacteursdirects.

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