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Côte d'Ivoire Leçons du 11 avril 2012

De
186 pages
Cet ouvrage est à la fois un regard rétrospectif sur les dix dernières années de crise et une vision préventive sur l'avenir de la Côte d'Ivoire. A partir d'analyses d'une grande objectivité, et sans épargner celui dont il se réclame (Gbagbo), l'auteur propose à ses compatriotes rassemblés autour des deux principaux blocs politiques neuf leçons dont la meilleure compréhension devrait assurer le retour de la stabilité politique et sociale. Il pose surtout la question : Faut-il choisir la violence armée pour bâtir une démocratie ?
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Arsène TouhoCÔTE D’IVOIRE
Leçons du 11 avril 2011
Côte d’Ivoire, leçons du 11 avril 2011 est à la fois un regard rétrospectif
sur les dix dernières années de crise et une vision préventive sur l’avenir de CÔTE D’IVOIREla Côte d’Ivoire. Acteur d’arrière-plan du jeu politique ivoirien dans lequel
la mauvaise foi et la méchanceté sont monnaie courante, Arsène Touho,
Leçons du 11 avril 2011
à travers des analyses et démonstrations irrésistiblement persuasives dont
lui seul a le secret, fait preuve d’une rarissime objectivité qui n’épargne
même pas celui dont il se réclame : Laurent GBAGBO. Alors, il propose à
ses compatriotes rassemblés autour des deux principaux blocs politiques
issus de la dernière élection présidentielle (LMP et RHDP) 9 leçons dont la
« Faut-il choisir la violence armée meilleure compréhension devrait assurer le retour de la stabilité politique et
pour bâtir une démocratie ? »sociale tant recherchée mais encore problématique. Il invite surtout à une
introspection collective à partir de laquelle les Ivoiriens devront opérer un
choix clair pour l’avenir de la Côte d’Ivoire en répondant à la question
suivante : Faut-il choisir la violence armée pour bâtir une démocratie ?.
Pour entamer et terminer agréablement la lecture de Côte d’Ivoire, leçons
du 11 avril 2011, il faut être un esprit qui ne soit ni extrémiste pro Gbagbo
ni extrémiste pro Ouattara. Car ça ‘‘bombarde’’ dans tous les sens !…
Arsène Touho est né le 2 mars 1976 à Abobo (Abidjan-Côte
d’Ivoire). D’ethnie Guéré et originaire de Blolequin (Ouest de la
Côte d’Ivoire), il est juriste de formation et diplômé des Sciences
Politiques. Avant le 11 avril 2011, il travaillait en qualité de chargé
d’études au ministère de l’Equipement et de l’Assainissement aux
côtés du ministre Ahoua Don-Mello, porte-parole du Gouvernement
Laurent Gbagbo. Ses talents naturels de meneur qu’il a affutés
durant ses années de militantisme à la FESCI sont confi rmés par le programme annuel
de formation de jeunes leaders de la Fondation Allemande Friedrich Ebert qui le
couronne comme major de la promotion 2010. Il est en exil en France depuis le 10
décembre 2011. Après Côte d’Ivoire, il faut sauver le soldat FESCI, livre dans lequel
il prévenait les siens de l’imminence d’un certain danger qui pointait à l’horizon, il Préface du Pr Mamadou Koulibaly
revient cette fois-ci avec Côte d’Ivoire, leçons du 11 avril 2011 pour, dit-il, faire le
Postface du Dr Ahoua Don-Mellobilan de l’ensemble du jeu politique ivoirien afi n de jeter les bases d’une Côte d’Ivoire
défi nitivement débarrassée de la violence politique.
Photo de couverture :
les principaux acteurs du jeu politique ivoirien.
POINTS DE VUE
ISBN : 978-2-336-00407-5
18 €
CÔTE D’IVOIRE
Arsène Touho
Leçons du 11 avril 2011? sZ/>h? > W [/sK/Z Kd
KE^© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-336-00407-5
EAN : 9782336004075 Côte d’Ivoire
Leçons du 11 avril 2011 ? sZ/>h? > W [/sK/Z Kd
DEDICACE ET REMERCIEMENTS
Je dédie cet ouvrage à tous les ivoiriens qui sont morts et à
tous ceux qui continuent de souffrir de persécutions, de
blessures physiques et morales à cause de la politique.
Merci à toi Maman Marie Catherine Kouassy de m’avoir
aidé à sortir de la Côte d’Ivoire grâce aux 50.000f cfa que tu
m’as fait remettre le 19 avril 2011 alors que les banques
étaient fermées et que la circulation était perturbée.
Merci à toi Président Stéphane KIPRE pour ton soutien
intemporel et sans discontinuité.
Merci à Francis Olilo et à la Famille Degré (Léontine,
Nahomi, Osée) à Paris pour le soutien durant mon exil en
France.
Merci à toi Denis Pryen (Président Directeur Général et
Fondateur) des Editions l’Harmattan et à toi François
Manga-Akoa (Directeur Afrique) de l’Harmattan pour
l’encadrement dont j’ai bénéficié durant mon exile en France.
Merci à toi Abel Naki et à tous les membres du CPAD ainsi
qu’aux bénévoles de Action Concrètes Communication
(ACC) pour votre combat sans relâche en faveur de l’éclosion
de la vérité sur la crise ivoirienne.
Merci à Dieu le Tout Puissant qui a disposé des hommes et
des choses pour l’accomplissement de son plan pour moi.
^KEArsène Touho
Côte d’Ivoire
Leçons du 11 avril 2011
« Faut-il choisir la violence armée
pour bâtir une démocratie ? »
Préface du Pr Mamadou Koulibaly
Postface du Dr Ahoua Don-Mello
L’Harmattan ? sZ/>h? > W [/sK/Z Kd
DU MEME AUTEUR :
Côte d’Ivoire, il faut sauver le soldat FESCI, Editions
l’Harmattan, Paris 2010
Articles :
Fesci, qu’as-tu fait de tes 20 ans ?, Le Qotidien d’Abidjan,
avril 2010
Tagro-Koulibaly : la parade des seconds couteaux, le
paradoxe des valeurs défendues, Abidjan, Août 2010
Démocratie et Droits de l’Homme dans le monde ; Laurent
Gbagbo est-il le digne élève des maitres indignes ?, Abidjan,
janvier 2011
Ma lettre à Mian Augustin, Accra, avril 2011
Madame la Ministre, avez-vous eu peur de toucher le
douloureux furoncle ?, Kumasi, Août 2011
Ma lettre à mon ainé Blé Guirao, Accra, Novembre 2011
Ma lettre à Denis Kah Zion, Accra, Novembre 2011
Mes propositions pour la défense de Laurent Gbagbo, Accra,
Décembre 2011
Mes propositions pour la défense de Laurent Gbagbo 2,
Paris, Juin 2012
Ma lettre au Ministre Alain Lobognon, Paris, Août 2012
^KETABLE DES MATIERES
Dédicace et remerciements.............................................. 4
Préface, Pr Mamadou Koulibaly...................................... 9
Introduction..................................................................... 23
PREMIERE PARTIE
LMP : le nécessaire bilan d’un pouvoir perdu................. 33
Chapitre I : Laurent Gbagbo : le généreux chef de famille
à la tête d’un Etat ............................................................. 37
Séquence 1 : Dans la gestion du processus de paix......... 39
A°/ Les actions qui relevaient
de la responsabilité exclusive de Laurent Gbagbo .......... 44
B°/ Les actions relevant d’une responsabilité mixte ....... 50
C°/ Les actions relevant de la responsabilité
des forces impartiales ...................................................... 53
D°/ Les actions relevant de la responsabilité exclusive
des rebelles ...................................................................... 54
Séquence 2 : Au plan diplomatique................................. 63
Séquence 3 : Dans la gestion de certains dossiers d’Etat 71
A°/ Le cas FESCI ............................................................ 71
B°/ Sur les sujets de haute sensibilité sociale.................. 83
Chapitre II : Cadres et jeunesse LMP : des ambitieux
solistes au détriment de la vision de Laurent Gbagbo ..... 91 DEUXIEME PARTIE
RHDP et alliés : le culte du faux ..................................... 101
Chapitre I : Henri Konan Bédié :
l’incompréhensible héritier d’Houphouët Boigny........... 105
Chapitre II : Alassane Ouattara ou le totem
de l’ordre légal................................................................. 113
Chapitre III : Soro Guillaume :
le bel exemple à ne pas suivre ......................................... 129
Chapitre IV : La France et la communauté internationale :
la morale de la terreur...................................................... 135
Annexe 1 : la triste bible du bunker................................. 141
Annexe 2 : CPI-Procès : mes propositions
pour la défense de Laurent Gbagbo 155
Annexe 3 : Ma lettre au Ministre Alain Lobognon ......... 161
Conclusion....................................................................... 175
Postface, Dr Ahoua Don-Mello ....................................... 179
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PREFACE
« Ils disaient qu’il n’y avait rien en face d’eux. Et ils n’ont
pas vu que le 11 avril 2011 les y attendait ».
Les surprises de l’arrogance et de la myopie
Arsène Touho, à travers son livre Côte d’Ivoire : leçons du
11 avril, dresse un bilan et tente de rétablir des vérités liées à
son point d’observation. C’est avec émotion qu’il raconte sa
Côte d’Ivoire, qu’il crie son sentiment d’injustice face au
poids insoutenable d’une communauté internationale qui, lors
du dernier scrutin présidentiel en 2010, a, par son
implication, bousculé les certitudes du camp de l’auteur dans
une violence qui aurait pu être évitée si le dialogue avait été
favorisé. Certes ces forces externes ont une responsabilité
importante mais la racine du mal est bien dans notre sol
ivoirien, dans notre terreau politique puant et putréfié de
convoitises, de corruption et de lâchetés. Un pouvoir injuste
et tribaliste, un pouvoir fou, étouffant vingt millions
d’Ivoiriens au lieu de les servir, de les protéger et de les
aimer. Un pouvoir tellement lucratif que deux « présidents de
la République » se sont affrontés brutalement pour y accéder
avec tous deux de bonnes raisons de penser qu’ils étaient les
heureux élus sortis des urnes. Un pouvoir tellement aveuglant
que le dialogue entre hommes a fait place à la haine et à la
destruction.
L’histoire de la Côte d’Ivoire est ponctuée d’horreurs, de
massacres, de haines, de souffrances et d’humiliations.
Depuis les indépendances, nous pourrions remplir des livres
entiers d’événements cruels allant de la servitude involontaire
du paysan sans terre, aux coups d’Etat, aux rebellions
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célébrées, aux pillages, aux vols et aux rackets constants des
populations, au vol des victimes des déchets toxiques, en
passant par la spoliation légalisée à travers des monopoles
protégés par l’Etat de Côte d’Ivoire. A cela s’ajoutent les
sacrifices humains pratiqués pour devenir riche ou pour
réussir en politique, la jeunesse estudiantine immolée,
enserrée dans les années pudiquement dites blanches, bien
qu’elles soient des trous noirs dans la vie d’un étudiant et
parfois un gouffre insurmontable qui brise toute une vie,
toute une famille. La liste est longue et s’allonge
inlassablement chaque jour.
Les victimes que l’on a vite fait d’oublier
Une file interminable de victimes recouvre le territoire
ivoirien : les estropiés des guerres ; les corps meurtris et
déformés par les déchets toxiques ; les femmes et les enfants
violés ; les opposants frappés sur ordre du chef tout puissant
dit Président de la République ; les familles endeuillées par
ces violences, ces jeunes chômeurs qui perdent chaque jour
qui passe espoir et confiance, et tant d’autres.
Que dire face à cette misère ? Que dire à toutes ces victimes
dont le regard porte l’insoutenable ? Certains crient : ce n’est
pas juste ! Alors, pour étouffer tout éventuel sentiment de
révolte et pour mieux illusionner ces soi-disant citoyens, on
crée des associations de soutien, une commission vérité et
réconciliation ou encore des organisations humanitaires
lucratives sans but. Défendre, réconcilier, donner, sont certes
des missions importantes mais face à cette file interminable
de misères, nous avons l’impératif devoir d’identifier les
vrais problèmes si nous voulons trouver les bonnes solutions.
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Le problème qui ensanglante la Côte d’Ivoire est purement un
problème politique et cela ressort clairement à travers
l’analyse de l’auteur dans cet ouvrage. Il parle alors de leçons
à tirer de ce 11 avril 2011, date à laquelle le Président de la
République d’alors, Gbagbo Laurent, a été capturé dans sa
résidence sécurisée par un bouclier humain de jeunes dits
patriotes alors que lui et certains de ses partisans et proches
attendaient, dans la prière, la réalisation des prophéties du
pasteur Koné Mamadou Malachie. Le principal constat est
que les politiciens sont le poison du peuple ivoirien et qu’il
est urgent de limiter leur pouvoir et essentiellement celui sans
limite du Président de la République.
Des réformes pour espérer
Cela est possible et des moyens constitutionnels le
permettent. Nombreux sont ceux qui pensent qu’une
constitution n’est qu’un parchemin sans valeur. C’est
regrettable car, négliger l’importance de la constitution d’un
pays, c’est fuir une part de la solution au vrai problème que
pose la question des droits et des libertés fondamentales. En
effet, un régime parlementaire qui donne plus de poids aux
députés, élus représentants du peuple à l’Assemblée
nationale, permettrait de contrôler l’action du gouvernement
et du chef de l’Etat. Ce régime partout où il a été adopté en
Afrique a apporté plus de richesses aux habitants, plus de
paix, plus de bien-être. Il ne peut donc pas effrayer les
Ivoiriens d’autant que le pays a déjà eu un tel régime en 1959
et Houphouët Boigny en était le Premier ministre.
Pour être plus concret, si après les indépendances la Côte
d’Ivoire avait gardé son régime parlementaire l’histoire
politique de notre pays aurait surement été différente. La
crise de septembre 2002 n’aurait certainement pas eu lieu.
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^KE? sZ/>h? > W [/sK/Z Kd
Mais à supposer qu’elle se soit déclenchée les députés
auraient été libres de faire des commissions d’enquêtes sur
les zones rebelles pour mettre en avant les souffrances et
l’oppression des populations du Nord qui sont restées dans
l’oubli total ; révéler le vol institutionnalisé par la rébellion
qui avait créé son propre trésor public ( dit la Centrale) pour
nourrir grassement des chefs de guerre sur le dos des pauvres.
Commissions d’enquête également sur les casses de la
BCEAO ; sur les crimes économiques de grande ampleur ;
sur le financement de la rébellion et de nombreuses autres
affaires sombres.
Un régime parlementaire permet plus de vérité et de contrôle.
Il permet aussi au peuple d’être plus impliqué quasiment en
temps réel. Vingt millions d’Ivoiriens peuvent agir à travers
les députés de leurs régions respectives. Cela brise le terrible
tribalisme d’Etat qui vise à ne favoriser que la région du
Président de la République, son cercle d’amis et divers
laudateurs zélés. Les députés peuvent se prononcer sur la
dette publique et mettre en garde le gouvernement contre
l’excès d’emprunts pour éviter d’étouffer les générations
futures qui déjà sont asphyxiées sans université publique dans
un environnement de chômage colossal. Ainsi, dans les
recommandations à faire après ce 11 avril, il est important de
réfléchir à une nouvelle constitution qui permette aux députés
de veiller au nom des Ivoiriens sur le chef de l’Etat et qui ont
besoin d’un parlement qui puisse, par exemple, analyser des
accords dits de paix en période de crise. Cela aurait évité à la
Côte d’Ivoire d’être soumise au dictat de multiples accords
plus mauvais et insuffisants les uns que les autres et dont les
rares points intéressants n’ont jamais été appliqués. Dans un
régime parlementaire, il est peu probable que les députés
acceptent que leur pays s’engage dans un processus électoral
avant d’avoir géré le problème central du désarmement. Tous
pour un avec le fusil sur la tempe ! Sarcasme : les Etats
occidentaux dits démocratiques, applaudissent et on classe la
??
^KE? sZ/>h? > W [/sK/Z Kd
Côte d’Ivoire dans les pays démocratiques en faisant croire
aux gens que la démocratie se limite à une élection certifiée
par la communauté internationale. Et pourtant tous les
indicateurs montrent que nous sommes loin de la démocratie.
Mettre des limites au pouvoir de politiciens
Lorsque les députés ont du pouvoir, cela réduit celui du
Président de la République et rend l’Etat plus raisonnable,
moins passionné. Cela libère vingt millions de captifs. Le
paysan de l’Ouest peut, par exemple, aller voir son député et
lui dire qu’il veut avoir un titre de propriété sur sa terre pour
sortir de l’esclavage et devenir un véritable entrepreneur pour
être certain que son travail ne pourra pas lui être arraché et
que ses enfants pourront en bénéficier après lui. Ce député est
l’intermédiaire entre le terrain et le sommet de l’Etat et a
d’ailleurs des comptes à rendre aux populations. Il doit
connaitre et entendre leurs préoccupations pour faire avancer
leur cause au niveau national.
Le régime présidentiel en Côte d’Ivoire a fait trop de morts.
Arsène Touho rappelle dans son ouvrage le coût humain de la
dernière crise électorale. Les 20.000 morts ne doivent pas
tomber dans l’oubli. Ce n’est pas la seule accusation de
Laurent Gbagbo qui pourra effacer les souffrances. Il faut que
tous les responsables paient, y compris ceux du camp des
vainqueurs. Il faut traiter le mal en profondeur. On ne peut se
contenter de nettoyer la plaie en surface car l’infection ronge
le tissu ivoirien. Il faut agir à la racine et limiter le rôle des
dirigeants. C’est franchement ridicule de voir un Luis
Moreno Ocampo, Procureur de la Cour Pénale Internationale
(CPI), envoyer une lettre de félicitation à Mr Guillaume Soro,
chef rebelle pendant dix ans, propulsé Président de
l’Assemblée nationale, sur injonction à peine masquée du
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^KE? sZ/>h? > W [/sK/Z Kd
Président de la République, alors que la CPI nous fait croire
que les coupables de tous les camps seront poursuivis et que
la justice internationale garderait une certaine neutralité. Il
faut arrêter cette culture abjecte du pouvoir et de la force
brutale. Il faut revenir à la raison et à une culture de la
responsabilité que favorise un régime parlementaire.
Libérer le peuple du joug de notre Etat
Au-delà d’une nouvelle constitution qui s’impose, l’autre
recommandation à faire pour éviter que ne se renouvellent les
expériences du 11 avril 2011 est qu’il est urgent de donner
plus de liberté aux Ivoiriens pour les extraire des enclos de
pauvreté dans lesquels ils sont enfermés à double tour.
Souvent on a tendance à attendre toutes les solutions de
l’Etat, pourtant, depuis les indépendances, les gouvernements
se succèdent et la pauvreté progresse. Non seulement elle ne
se réduit pas en milieu rural mais elle s’accentue dans les
centres urbains. Il est donc urgent que les Ivoiriens
comprennent que ce qu’ils doivent demander à leur Etat, ce
n’est pas une redistribution de la richesse car on voit que ça
n’a jamais été fait, mais des libertés pour pouvoir créer eux-
mêmes leur richesse. Il faut s’émanciper de l’Etat patrimonial
pris en otage par la classe politique.
Malgré le multipartisme qui aurait dû créer un espace de
contre-pouvoir favorable aux populations, on voit que la
terre, moyen de production de la grande majorité de la
population, qui, avant la colonisation appartenait aux
habitants, a été confisquée par l’Etat sans que les populations
n’aient les moyens de s’insurger contre cette spoliation. Les
terres restent propriété de l’Etat Ivoirien et les titres fonciers
ruraux n’ont pas été produits et octroyés aux paysans qui ont
pourtant toujours eu le droit coutumier sur ces terres.
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^KE? sZ/>h? > W [/sK/Z Kd
L’intégration des économies africaines reste de ce fait fragile
voire inexistante, chaque Etat ayant préféré garder ses droits
de propriétaire des enclos et de leur contenu. La soi-disant
intégration des Etats empêche celle des peuples. Pire le bilan
du multipartisme est lourd en vie humaine si l’on compte le
nombre de morts consécutifs aux conflits internes
occasionnés par les bagarres politiques depuis 1990.
Ainsi, au constat de ce bilan désastreux, la décennie qui
s’engage devrait être celle de la libération du peuple de Côte
d’Ivoire et essentiellement celle de l’essor de la liberté
économique. Cette liberté pour l’économie revient
concrètement à briser les barreaux qui font le mur des enclos
en libérant le cadre des contrats, de la propriété privée, de
l’échange, des prix, de la concurrence dans tous les domaines
et tous les secteurs et en favorisant l’ouverture des marchés
nationaux au monde entier.
Les neuf leçons de Touho et autres conjectures
Les « leçons du 11 avril » : ce sont donc d’une part, les
conséquences du mauvais régime politique que nous avons
avec un présidentialisme fort, et d’autre part le maintien en
captivité des populations par notre Etat.
Arsène Touho a vécu ces événements douloureux et propose
dans son ouvrage les quelques leçons qu’il en aura tirées
selon son angle d’observation. Mais, à le lire, chacune de ses
leçons peut s’appuyer sur un lemme et chacune peut
s’accompagner de corollaires. Le lecteur fera l’exercice tout
au long de son cheminement. Nous découvrons avec Touho
au total neuf leçons.
? Leçon 1 de Touho : « Quand tu acceptes d’aller à des
élections avec des adversaires qui ont des armes, c’est
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^KE? sZ/>h? > W [/sK/Z Kd
que tu leur as donné la permission de voter avec ces
armes. »
Pour bien comprendre cette leçon il faut lui ajouter un lemme
et pour en mesurer la portée il faut en tirer un corollaire.
Lemme Leçon 1 : Quand tu acceptes d’aller aux élections
sans désarmement et que tu proclames que la guerre est
terminée alors que les accords de paix que tu as signés
stipulent que le désarmement doit se faire avant les élections,
c’est que tu es devenu complice des bandes armées.
Corollaire leçon 1 : Si tu as donné ta permission de voter
avec les armes tu ne peux donc pas, au soir du scrutin, refuser
les résultats sous prétexte que les armes ont menacé des
électeurs.
? Leçon 2 de Touho : « Elle est naïve et suicidaire
toute diplomatie qui croit que la souveraineté est un
droit qui sera reconnu aux Etats économiquement et
militairement faibles ».
Lemme Leçon 2 : Lorsqu’un président de la République élu
démocratiquement se prend pour un souverain de droit divin
il abuse de son pouvoir.
Corollaire Leçon 2 : Toute diplomatie fondée sur un
exercice abusif du pouvoir présidentiel conduit à un
affaiblissement et à une corruption de l’esprit et de la lettre de
la souveraineté du peuple.
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^KE? sZ/>h? > W [/sK/Z Kd
? Leçon 3 de Touho : « Le type de relation que le Fpi a
choisi avec la Fesci de 2000 à 2010 n’a ni rendu
service à Laurent Gbagbo, ni rendu service à l’école
ivoirienne ».
Lemme Leçon 3 : Toute volonté d’instrumentalisation des
jeunes à des fins politiciennes et électoralistes témoignent
d’une vision démoniaque des aspirations et des difficultés de
la jeunesse.
Corollaire Leçon 3 : De tous temps, lorsque les politiciens
ont proclamé que les jeunes étaient l’avenir de notre pays ils
mentaient car une jeunesse sans avenir ne peut être l’avenir
d’un peuple.
? Leçon 4 de Touho : « Ce n’est pas la corruption qui
devrait inquiéter les Ivoiriens, mais l’attitude des
citoyens et des dirigeants qui tend à la justifier, à la
masquer, voire à la légitimer comme une fatalité ».
Lemme Leçon 4 : « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu
corrompt absolument ». (Lord Acton)
Corollaire Leçon 4 : A partir du moment où les militants
considèrent que les responsables de leurs partis politiques
sont des dieux auxquels il faut tout pardonner, l’idéal social
??
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