Daaf, le magicien ?

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Français
108 pages
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Description

Il ne faut pas se bercer d'illusions : les ambitions de développement durable et de réduction de la pauvreté en Afrique et notamment en Côte d'Ivoire sont aujourd'hui encore plus proches du rêve que de la réalité. La gestion des finances de l'Etat n'est toujours pas débarrassée de ses faiblesses : corruption, détournement, fraude, blanchiment… Bonne gouvernance ? Plutôt un marketing mensonger de politiques habiles, avides et calculateurs. Pour l'auteur ne pas dénoncer un tel complot constituerait une trahison contre la patrie, le peuple et soi-même.


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Publié par
Date de parution 15 septembre 2015
Nombre de lectures 14
EAN13 9782336391342
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Séraphin Sky KDAAF, LE MAGICIEN ? ou Pauvre daaf !
A quand la bonne gouvernance en Afrique et notamment
en Côte d’Ivoire ? Au-delà des beaux discours et des
professions de foi, se dresse l’âpre réalité : le respect de la
chose publique, la saine gestion des deniers publics ou encore
la gouvernance éthique ne sont que des vœux pieux. Les DAAF, LE MAGICIEN ?
objectifs traditionnels et toujours d’actualité des politiques
publiques demeureront une vue de l’esprit, tant que la ou
gestion des fnances de l’Etat et de ses démembrements ne
Pauvre daaf !sera pas débarrassée de ses tares et faiblesses congénitales
aux noms bien familiers : corruption, détournement, gestion
de fait, fraude fscale, blanchiment, trafc d’infuence,
concussion etc. Il ne faut pas se bercer, se berner d’illusions:
les ambitions de développement durable et de réduction de
la pauvreté sont aujourd’hui encore plus proches du rêve que
de la réalité. Vous avez dit bonne gouvernance ? Plutôt un
marketing mensonger de bonimenteurs politiques, véreux,
avides, cupides, égoïstes et froids calculateurs.
Pour l’auteur, ne pas dénoncer un tel complot constituerait
une trahison contre la patrie, le peuple et soi-même.
Enarque cycle supérieur (2004-2006), spécialiste en management
des établissements sanitaires, major de la cinquième promotion de
la Maîtrise carrière judiciaire (2002) de l’Université de Bouaké,
titulaire de plusieurs certifcats obtenus à l’étranger (Canada,
Japon) et en Côte d’Ivoire et actuellement inscrit en Master 2 de
Science Politique à l’Université Félix Houphouët-Boigny, Séraphin
Kouamé Y dit Sky est Administrateur principal des Services Financiers. En service dans
l’administration publique, il a assuré les plus hautes fonctions en tant que directeur des
hôpitaux, DAAF d’EPN et DAAF de ministères. Consultant-Formateur, conférencier,
chroniqueur, producteur et homme politique, Séraphin Sky Kouamé est, depuis le 21 avril
2013, à l’âge de 35 ans, le maire de la commune de Brobo. Il est marié et père de trois
garçons et d’une flle.
Préface de Mamadou K
Illustration de couverture : © Tinkstock / J. Allain
ISBN : 9782-343-06737-7
9 782343 067377
13 €
DAAF, LE MAGICIEN ? ou Pauvre daaf ! Séraphin Sky K














DAAF, LE MAGICIEN ?
ou
Pauvre daaf !















Séraphin Sky KOUAME











DAAF, LE MAGICIEN ?
ou
Pauvre daaf !



Préface de Mamadou KOULIBALY










L'HARMATTAN





































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06737-7
EAN : 9782343067377



À la mémoire de
Nanan Kodou Kouamé, mon vénérable
père,
honnête travailleur et excellent
éducateur





















PRÉFACE

Lorsque Séraphin Sky Kouamé, directeur des affaires
administratives et financières (daaf) de métier, m’a
annoncé qu’il avait écrit un petit texte et qu’il souhaitait
que j’en fasse la préface, je m’attendais soit à une
description et une présentation d’un manuel de procédures
du « bon daaf », soit à un texte sur les contes et légendes
du terroir dont il est originaire. À la lecture de l’opuscule,
je n’ai rien trouvé de tel. Déjà à la vue du titre qui se
réfère aux misères du daaf, qui se prend ou que l’on prend
pour un magicien, le ton est donné.
Agréable surprise donc de découvrir que Séraphin
Kouamé, de son angle d’observation de daaf, nous
présente un circuit, certaines méthodes et motivations qui
prédisposent, d’une part, le daaf à l’inefficacité et qui,
d’autre part, président au détournement des deniers
publics, aussi bien dans les ministères que dans les
structures et entreprises sous tutelle de l’État et qui
constituent le grand secteur public ivoirien. Un très beau
décor.
Il aurait pu choisir comme titre « Comment l’argent de
l’État est détourné par les hommes et les femmes qui le
servent » que le contenu n’aurait pas changé. L’argent du
contribuable, perçu par le canal des impôts et taxes et mis
à la disposition de l’État pour financer son budget,
disparait, comme par enchantement, des circuits normaux
pour être collecté, géré, dépensé dans le flou de l’art
kleptocratique que Séraphin Kouamé révèle et dénonce,
tout en expliquant en quoi le daaf ne pouvait être tenue
pour responsable ou bien pour seul responsable.
Mais au fait à quoi sert normalement un daaf ?
Dans le secteur privé, c’est-à-dire dans une entreprise
qui n’appartient pas à l’État et qui est gérée pour le
compte, le bonheur et l’intérêt des actionnaires, des
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propriétaires, des clients, des salariés et non celui des
contribuables, usagers et autorités politiques, la direction
administrative et financière, a pour mission d’élaborer, en
fonction du secteur d’activité et de la taille de l’entreprise,
les techniques financières et administratives nécessaires à
la survie et à la croissance de la firme avec les ressources
adaptées. Le daf - c’est comme cela qu’il s’appelle, avec
un seul « a » - est le directeur administratif et financier
ainsi chargé de coordonner les services généraux de
l’entreprise et de les maintenir en cohérence avec les
services de la comptabilité, des personnels, des finances et
de l’administration dont il a la gestion.
Ainsi, dans l’entreprise privée, le daf travaille pour
optimiser les dépenses de fonctionnement sous la
contrainte des choix d’investissement. Pour cela, ses
capacités managériales et analytiques doivent rendre la
firme proactive, dans un environnement de compétition
sur les marchés, pour avoir des personnels qualifiés,
compétents et performants, obtenir des capitaux aux
meilleurs coûts auprès des actionnaires, des investisseurs,
des milieux bancaires et financiers, et assurer une mise à
jour permanente des algorithmes juridiques et fiscaux de la
société. Donc, le daf donne la garantie qu’au sein de
l’entreprise, les obligations légales, administratives et
réglementaires seront respectées et honorées.
Dans l’ouvrage de Séraphin Kouamé, administrateur
principal des services financiers formé à l’ENA et
possédant aujourd’hui une longue expérience de daaf, l’on
apprend qu’il n’y a pas de règles stables en la matière,
bien qu’il y ait une législation de la fonction de daaf dans
les administrations publiques. Il nous montre que dans le
secteur public l’on ajoute un second « a » dans
l’appellation de cet agent de l’État. Le daaf, c’est le
directeur des affaires administratives et financières.
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« Les affaires » ? Le mot est lâché. Ce sont vraiment
des « affaires » ! Dans l’administration publique, le daaf
est entouré d’affairistes et d’affairés. Le daaf avec son
« a » supplémentaire, le daaf convoité ou submergé par les
corrupteurs, les surfactureurs, les détourneurs qui pillent
les ressources de l’État et qui restent impunis. D’où le cri
d’horreur de Séraphin Kouamé : « Le daaf n’est pas un
magicien ». Ne lui demandez donc pas des pratiques
extraordinaires en dehors de la loi.
Sans foi ni loi, le daaf pratique-t-il sa profession ou
exerce sa fonction ? On peut sans doute l’admettre, car
pour le même employeur qu’est l’État et selon les
ministères, la mission et les fonctions du daaf ne sont pas
forcément les mêmes. Ainsi, pour le même État, il n’y a
pas de règles homogènes. Qui a raison et qui a tort ? La
gestion financière de l’État serait-elle simplement
informelle et laissée à la l’appréciation et aux caprices de
Monsieur le Ministre ? S’il y a des dispositions
règlementaires, pourquoi ne les applique-t-on pas ? Et si
on ne les applique pas, quelle peut en être la sanction ?
La réponse que l’on peut retenir à la lecture de
Séraphin Kouamé est claire : l’arbitraire pour les uns et
l’impunité pour les autres. Il en est ainsi de tous les
ministères et des hautes administrations, où le daaf est
appelé à exécuter certains crédits déterminés par
Monsieur le Ministre, principal Administrateur des crédits
du Ministère ou encore doit financer les opérations du
ministère, donc du ministre. Quels sont donc ces crédits
déterminés par Monsieur le Ministre, principal
Administrateur des crédits du Ministère et que le daaf
devrait financer en dehors du budget ? Et quelles sont ces
opérations du ministère financées par le daaf en dehors de
la gestion officielle du budget déjà signalée comme
mission ?
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