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De l'indignation à la révolution

De
226 pages
Cet essai aborde la question des conditions d'une révolution parmi les crises politiques, puis du rapport entre les luttes quotidiennes et la révolution. Comment aboutir à l'unité des organisations qui veulent "changer" la société ? Pourquoi la démocratie actuelle n'en est pas une ? Ce livre propose une étude fouillée de la transformation du prolétariat en France et dans la mondialisation. Ce livre n'est pas une recette mais une analyse des conditions actuelles de la révolution à l'échelle internationale.
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De l’indignation à la révolution

















































Georges Bublex




De l’indignation à la révolution



























































© L'Harmattan, 2012
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-99267-2
EAN : 9782296992672 >CIGD9J8I>DC
Ce livre fait suite à la conclusion d’un premier ouvrage intitulé Marx vérifié par
l’expérience : le capitalisme, même régulé, « ça ne peut pas marcher ».
En particulier, les crises économiques sont inéluctables sous le capitalisme. En
effet, vérification faite, elles résultent bien de la croissance du capital matérialisé
plus rapide que celle du capital humain, ce qui implique la baisse périodique
du taux de profit. Elles engendrent des crises financières ruineuses et l’explosion
du fameux « levier » de l’endettement. Malgré un accroissement constant de la
productivité du travail, les inégalités se creusent, des milliards d’humains vivent
dans la misère. Peut-on parvenir à imposer un autre « système économique », un
autre « mode de production ?
Or, la démocratie est constamment détournée par la domination idéologique
trompeuse et foisonnante du capital. De désillusion en désillusion, les élections,
ici puis là dans le monde, n’empêchent pas la réduction des uns à la survie dans la
souffrance, et la destruction des conquêtes sociales des autres.
Comment en sortir ?
1* Les expériences… - disons « pour faire simple » - sociales-démocrates ( ), ne sont
parvenues qu’à atténuer ces évolutions et, décevantes, elles ont fait le lit du retour
du libéralisme.
* Les sociétés issues de la révolution communiste russe de 1917 se sont écroulées,
dégénérées par les aberrations staliniennes. Elles ont laissé un vide politique qui
affecte profondément le rapport de forces de la lutte des classes.
* Les tentativ es qui se voulaient révolutionnaires (notamment en Amérique latine),
disparates, combattues par les armadas idéologiques, économiques et militaires
du grand capital, n’ont encore abouti qu’à des résultats éphémères et locaux.
Et cependant, face à tant de désarroi après tant d’échecs, instaurer un autre mode
de production et une formation sociale démocratique est de plus en plus urgent
et nécessaire.
Cela, par quelque moyen que ce soit, s’appelle une révolution. Mais que de
confusions et de divergences couvrent ce mot !
Aussi allons-nous commencer cet essai par la question des crises révolutionnaires
et de leur rapport à la démocratie. Puis tenter une analyse des conditions nouvelles
de leur réalisation, qui n’est a priori ni un grand soir romantique, ni un bain de
sang, ni une élection sans histoire.
1 - E n y intégrant le parti démocrate des USA et le parti travailliste anglais qui présentent des
analogies avec la social-démocratie.
7Une révolution, c’est un changement de pouvoir imposé par les masses en dehors
des dispositions légales, car celles-ci sont justement faites pour l’empêcher.
Dans ce sens, jusqu’en 1848, le mot n’était employé que pour les révolutions
populaires qui se sont élevées contre « l’ancien régime ». Puis d’autres révolutions
ont revendiqué le pouvoir du prolétariat contre celui de la bourgeoisie.
Parmi elles, la Commune n’a gardé le pouvoir que trois mois, avant son anéantis-
sement par un massacre sauvage. La révolution russe de 1917, après une guerre
civile épuisante, a été victime de la monstrueuse déviation stalinienne, qui a aussi
détourné les révolutions chinoise, cubaine et vietnamienne.
Depuis les soubresauts du retour de l’URSS au capitalisme, l’idéologie dominante
présente comme révolution n’importe quel processus de manifestation qui revendi-
que un changement de gouvernement, fût-il islamiste ou « contre révolutionnaire »
ème èmecomme on disait aux 19 et 20 siècles.
Ainsi la « révolution ukrainienne », « révolution orange », a combattu le président
stalinien de l’Ukraine, inféodé aux mafias capitalistes de l’après URSS, pour
soumettre le pays… aux intérêts du grand capital international.
Les révolutions du « printemps arabe » visaient la destitution des dictatures installées
avec l’aide des USA et des ex-colonisateurs. Leur but était la démocratie et les
libertés. Mais aucune ne mettait explicitement en cause le capitalisme, et l’armée
contenait toute évolution dans ce sens. Le triomphe électoral islamiste a fini par
submerger les rêves révolutionnaires. Que leur manquait-il ?
Dans cet ouvrage, le mot révolution désignera les mouvements de masse qui
tentent
* de transformer le rapport de forces entre les classes sociales,
* de déstabiliser le pouvoir capitaliste et de le renverser,
* de mettre progressivement en fonction un nouveau mode de production et
de nouveaux rapports de production non capitalistes, basés sur la propriété
démocratique des moyens de production,
* et, pendant une période pr obablement longue, de transformer profondément et
démocratiquement la société « sous tous ses rapports, économique, moral, intellectuel »,
ce qui implique des combats de classes (et non une action bureaucratique) contre
les stigmates de l’ancienne société.
èmeEn France, l’histoire du 20 siècle a été jalonnée par trois luttes phares que beau-
coup espéraient révolutionnaires : la grève de 1936, la Résistance et la Libération
(1944), mai juin 1968. Ces trois crises politiques et sociales restent mythiques ;
elles sont riches d’enseignements déterminants.
Elles se situent, entre les deux crises économiques structurelles de 1929 et 1970,
dans une période particulière que le livre Marx vérifié par l’expérience a tenté de
caractériser. 1936 a surgi pendant la « grande dépression » de 1929 qui a entraîné
8des interventions étatiques (le new deal) et la fin du libéralisme intégral. Cette
crise économique et financière à rebondissements n’a été résolue que dans la guerre
mondiale. C’est la Résistance qui a préparé l’espérance de 1944. A son échec, ont
succédé les années de croissance économique et de transformation sociale, dites les
30 glorieuses, qui ont cependant abouti, juste après la secousse de mai juin 1968, à
la crise économique des années 1970. Et c’est cette crise économique « structurelle »
qui a engendré le déferlement libéral de la globalisation mondiale du marché dans
laquelle nous nous débattons.
Je partirai de l’analyse de ces trois expériences que je qualifierai de « prérévolution-
2naires » ( ), en contrepoint des véritables révolutions qu’étaient la Commune et la
révolution russe de 1917.
èmeCe sont nos expériences de lutte exceptionnelles, au 20 siècle. Elles ont été géné-
rées par une recrudescence des luttes de classes à un moment où des circonstances
nouvelles apparaissaient. Ceux qui les ont menées espéraient des changements
fondamentaux.
Comprendre pourquoi elles n’ont pas réussi est indispensable. Tout simplement
parce qu’il ne s’agit pas de spéculations philosophiques, mais de la réalité de la
lutte de classes.
Il n’est pas nécessaire de lire ce livre d’une traite. Ce serait sans doute très pénible !
On doit pouvoir choisir un chapitre, en sauter un autre, ou une explication superflue,
sans perdre le fil.
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Le point de départ de ce livre est une analyse des «crises prérévolutionnaires» de 1936,
1944 et 1968, discordante de celle qu’on entend couramment (pages 13 à 30).
Il approfondit la question oubliée des conditions d’une révolution, c’est-à-dire des
conditions nécessaires pour qu’une crise politique mette effectivement en cause le mode
de production et l’organisation sociale (pages 36 à 60).
En passant, il tente d’en établir le lien avec les luttes de classes quotidiennes. Il pose
la question oubliée de leur efficacité, et celle de la cohérence entre les revendications
(pages 67 à 83).
La lutte réclame l’unité des syndicats et des partis qui s’y engagent. Comment l’obtenir ?
Quels en sont les rapports avec le développement de la lutte, la négociation, la réforme,
la révolution ? Faut-il la structurer ? Ces questions sont abordées face à l’expérience des
luttes (pages 87 à 99).
2 - C ette analyse s’inscrit en faux contre celle qu’ont réussi à accréditer les médias, notamment en
ce qui concerne 1968. Elle est corroborée par des documents, dont l’un est reproduit ici.
9La démocratie. L’idéologie dominante, les inégalités et les institutions, altèrent la démo-
cratie. Comment l’idéologie dominante est-elle soumise à l’argent ? Comment vaincre cette
domination et la subordination au travail intellectuel ? Quelles réformes des institutions ?
(pages 105 à 120).
Qu’est-ce que la bureaucratie ? La bureaucratisation capitaliste échappe à toute démocratie.
La bureaucratisation stalinienne a manifestement entraîné l’échec final de la révolution.
Pourquoi ? Comment ? Quelle démocratie ? (pages 120 à 126).
Karl Marx avait déjà posé ces questions à partir d’un constat : une société issue d’une
révolution porte les stigmates de l’ancienne société. C’est effectivement ainsi qu’elles se
posent encore : non pas construire une autre société prédéterminée, mais une nouvelle
phase de la lutte des classes (pages 114 à 116 ).
Le prolétariat. L’idéologie dominante sème la confusion sur la définition des classes. Le
livre tente une analyse de leur composition, de leurs relations internes, de leur évolution à
l’échelle nationale et internationale (pages 133 à 144), puis des différences entre ouvriers,
employés et cadres relativement à l’exploitation et ses conséquences (pages 145 à 152). Il
décrit la concurrence établie entre les salariés par la politique salariale (pages 152 à 158)
et l’évolution de leurs effectifs en France (pages 159 à 164).
Le prolétariat à l’échelle mondiale a été éclaté par les conditions de la prolétarisation, et
par la globalisation libérale du marché capitaliste. Parler de révolution implique l’exigence
d’une organisation internationale (pages 167 à 180 ).
Enfin le chapitre qui conclut. Le capitalisme, fondé sur le taux de profit et le déséquilibre
croissant entre le capital matérialisé et le capital consacré aux salaires directs et différés, est
impuissant à répondre aux besoins sociaux sans crise et misère (pages 183 à 196). Aujourd’hui,
une nouvelle phase de la lutte des classes contre la dictature du taux de profit... et après ?
Quel moteur de l’économie et de la société ? (pages 197 à 216 ).
N.B. La table des matières détaillée est à la fin du livre.8=6E>IG:&
AZhXg^hZhg daji^dccV^g Zh
?k Trois crises prérévolutionnaires en France :
1936, 1944, 1968
Une situation prérévolutionnaire s’est présentée en France lors de ces trois crises
politiques. Il y a quelques années, cette appréciation était rangée dans la case
« gauchiste ». Elle était donc dangereuse… ou simplement ridicule ! Elle ne signifie
pourtant pas, comme celle de Trotski en 1936, qu’une révolution était en marche
et qu’elle aurait pu réussir, mais que, chaque fois, la situation appelait une réponse
politique différente du programme établi précédemment dans une tout autre
situation.
Dans des conditions spécifiques à chacune de ces courtes périodes, se sont manifes-
tées simultanément une volonté populaire de changement radical, une conscience
rapidement croissante de la nocivité du capitalisme, une aspiration de plus en plus
large (mais éphémère) à l’instauration d’une autre société, et une mobilisation de
masse dans des luttes prolongées, déterminées, qui ont paralysé le fonctionnement
économique et social.
Et dans ces trois périodes, le pouvoir d’Etat capitaliste, affaibli, s’est trouvé au
moins momentanément en difficulté.
Voyons les faits.
N.B. Intentionnellement, cette analyse est centrée sur l’action et les erreurs du
Parti communiste parce qu’elles ont été déterminantes dans ces événements alors
qu’elles ont été le plus souvent dissimulées ou minimisées. Mais évidemment,
d’autres organisations, d’autres militants, trotskistes, anarchistes, chrétiens etc. y
ont joué un rôle actif indéniable.
1936, première situation prérévolutionnaire
C’était 6 ans après le krach de 1929 : la crise économique et financière était
toujours là.
Certes en France, elle n’avait pas été aussi grave qu’en Allemagne (ruinée par les
pénalités des dommages de guerre) et qu’aux USA (où la disproportion du capital
matérialisé et du capital humain était maximale). Mais ses conséquences, le chômage,
la misère, avaient aussi favorisé les manœuvres séditieuses de l’extrême droite
encouragée par les victoires fasciste et nazie. L’unité réalisée par les manifestations
des partis de gauche et des syndicats, en février 1934, l’a fait reculer.
Cependant, la division entre les communistes staliniens et les socialistes « social
fascistes » a perduré près de deux ans, tandis que la crise économique et financière
se développait de rebondissement en rebondissement.
13
&#&#&#En 1936, enfin, le Congrès de la Troisième internationale communiste, changeait
de position et décidait l’unité avec les socialistes, les Fronts populaires (rapport de
Dimitrov).
En mars, sous l’impulsion de Benoît Frachon, la volonté d’union emportait la
réunification de la CGT. Les adhésions y arrivaient par milliers.
Les socialistes, de social fascistes, devenaient alliés des communistes, partenaires des
Fronts populaires, en Espagne et en France.
Dans les 10 années précédentes, depuis la victoire politique de Staline, le Parti
communiste avait annoncé perpétuellement que la classe ouvrière prendrait le
pouvoir face à la révélation de la supériorité du socialisme soviétique… Or, en
1936, on n’en était pas là et il ne s’agissait pas précisément de révolution : le Front
populaire scellait une alliance électorale pour un programme réformiste relativement
3réduit, face à la montée du fascisme ( ).
Après le congrès de réunification syndicale, du 2 au 5 mars et la victoire des élections
législatives le 3 mai, trop longtemps contenues, les aspirations populaires se sont
traduites par une flambée de grèves. Le 11 mai, au Havre, 600 ouvriers et 260
employés des usines Bréguet ont décidé d’occuper l’usine pour la réintégration d’un
erouvrier licencié pour avoir fait grève le 1 mai. La police ne parvenant pas à les
déloger, la direction a cédé. Les usines Latécoère de Toulouse, Bloch de Courbevoie
étaient occupées à leur tour et le mouvement s’étendait rapidement. Le 24 mai,
une commémoration de la Commune réunissait 10 000 manifestants.
Selon les historiens et les politologues, comme une traînée de poudre enflammée,
d’entreprise en entreprise, une grève générale jamais vue s’est répandue d’elle-
même, jusqu’à paralyser toutes les industries et même la presse (les vendeurs de
journaux), le spectacle, les services, les ouvriers agricoles. 9 000 établissements
étaient occupés par des millions de grévistes, employés comme ouvriers, dans une
ambiance festive étonnante.
Présenter ainsi ce mouvement, c’est oublier un fait déterminant : la réunification
de la CGT, l’espoir qu’elle a suscité. Nombre d’historiens explorent les archives du
KGB pour en extraire tout ce qui peut étayer leurs convictions. Pourquoi ne vont-ils
pas chercher dans d’autres archives les traces de l’activité des militants syndicaux
français, les circulaires, les courriers, les comptes-rendus, les tracts etc. Les militants
jusqu’ici « activistes » de l’ex-CGTU étaient-ils devenus spectateurs ? Eux qui
avaient œuvré à de nombreuses grèves étaient-ils devenus inactifs ? Qui organisait
les réunions de travailleurs, qui les informait, d’usine en usine, d’établissement
en établissement ? Curieusement ceux qui écrivent les Wikipedia ignorent à quel
point la réunification et les adhésions galvanisaient les militants et permettaient
une organisation nouvelle de la lutte.
3 - Ce changement de politique communiste a été décidé brusquement. Vassard et Torez ont été
èmeconvoqués à Moscou. Le rapport de Dimitrov au 7 Congrès mondial précisait les directives :
unité avec les socialistes, entrer dans l’appareil d’Etat comme le cheval de Troie.
14Des comités de grève étaient élus. L’espoir de changements politiques plus fonda-
mentaux s’exprimait de toutes parts : « prendre possession des usines », « placer law
production sous le contrôle ouvrier ». Il rencontrait un écho jusque dans les rangs
du parti socialiste.
Le 4 juin, Léon Blum, qui en avait été empêché par un délai constitutionnel,
pouvait enfin présenter le gouvernement et engager la négociation, sur une base
dépassant nettement le programme du front populaire. Les accords de Matignon
étaient signés le 8. Et fidèle aux consignes impératives de l’Internationale, Maurice
Torez, secrétaire général du Parti communiste, répondait aux interpellations,
dans l’Humanité du 11 : « Non, tout n’est pas possible »... « Il faut savoir terminer
une grève »...
Son rapport au Comité central expliquait : « Notre but reste le pouvoir des soviets,
mais nous n’avons pas encore derrière nous, avec nous, décidée comme nous jusqu’au
bout, la population des campagnes ». Le mot d’ordre « il faut savoir terminer une
grève » a été répercuté avec tout le poids de l’appareil.
Les négociations ont débouché sur des conquêtes sociales sans précédent : la
semaine de 40 heures, 15 jours de congés payés, l’augmentation considérable des
salaires (certains ont même été doublés), les délégués du personnel, les conventions
collectives, les assurances sociales. Des réformes ont permis de mieux résister à
l’effondrement par la crise : contrôle du crédit, nationalisation des chemins de fer,
renforcement des services publics, grands travaux.
Mais les changements politiques fondamentaux espérés par les militants com-
munistes et « socialistes de gauche » n’ont pas été réalisés.
Le rapport de forces aurait-il pu renverser le capitalisme ? On peut en douter !
Mais on peut aussi se poser la question : était-il inévitable de n’en tirer aucun
bénéfice politique ?
Car la paix sociale revenue, plus rien n’obligeait les partis du Front populaire
à infléchir leurs conceptions. Leur refus d’intervenir au secours du Frente popular
4espagnol attaqué par les troupes franquistes insurgées ( ), a contraint le Parti
communiste à retirer son soutien conditionnel au gouvernement.
La division a permis le retour en force de la droite, centriste et classique. Isolé, le
Parti communiste a dû lutter pied à pied contre les concessions du gouvernement
Daladier aux nazis : l’Anschluss, Munich.
La joie des premiers congés payés allait bientôt être noyée dans l’angoisse, avec la
résurgence triomphante du nationalisme et de la réaction.
Le virage à 180 degrés du pacte germano-soviétique et l’invasion de la Pologne
par l’Armée rouge à la rencontre de l’armée allemande allaient plonger les militants
communistes dans le plus total désarroi.
4 - Le pronunciamiento de Franco date du 17 janvier 1936. 3 000 communistes se sont engagés
dans les Brigades internationales pour défendre le Frente popular.
15Trois ans après le Front populaire, c’était la guerre, puis Pétain, appelé au pouvoir
5par la Chambre des députés et le Sénat réunis ( ), dont avaient été exclus les
parlementaires communistes.
Leur parti, dérouté, n’a pas pu s’opposer à sa propre dissolution ni aux perquisitions
et aux arrestations : les communistes étaient « des traîtres à la patrie », alors même
qu’ils appelaient à « agir pour la défense nationale contre Hitler ».
Ainsi le bilan de cette crise prérévolutionnaire de 1936, qui a marqué durablement
les militants, a comporté simultanément :
* des transformations sociales durables, consignées dans la législation, dont les
conventions collectives, les congés payés, les assurances sociales, la retraite, les
délégués du personnel,
* l’échec politique du Parti communiste, pourtant moteur de la radicalisation
du mouvement : à la montée considérable de son influence en 1936 ont succédé
ses échecs et sa dissolution.
La guerre, la résistance, la libération,
1939-1944
Le Parti communiste était dissous, démantelé, réduit au silence. Ses militants
dispersés par la mobilisation générale, la débâcle et l’exode, se trouvaient dans une
situation d’autant plus difficile que le pacte germano-soviétique les discréditait.
L’Internationale communiste, dominée par Staline, en diffusait une justification
théorique a posteriori. Celle-ci caractérisait la guerre comme uniquement impérialiste
(chaque camp valait l’autre) et les partis communistes devaient lutter pour la paix,
en s’abstenant de toute allusion à la lutte contre les nazis.
Cependant, par contre, dès le 17 juin 1940, Charles Tillon avec, semble-t-il,
Benoît Frachon, avait diffusé un appel à lutter contre le fascisme hitlérien.
Par ailleurs, alors que s’installaient les privations, le Parti communiste menait la
lutte quotidienne pour les salaires et les revendications. Pendant deux ans, tiraillé
entre les directives du Komintern et sa pratique de lutte de classes clandestine,
il est passé progressivement de l’opposition au patronat et au gouvernement de
Vichy, à la lutte contre l’occupant nazi : distributions de tracts, prises de parole
5 - Noter cependant qu’il n’est pas exact de dire que la Chambre du Front populaire a voté les
pleins pouvoirs à Pétain :
* le s parlementaires communistes étaient déjà exclus voire arrêtés et beaucoup de socialistes
n’étaient pas présents à Bordeaux,
* l e Sénat, réactionnaire a voté avec l’Assemblée nationale. Or, il avait été intégralement élu avant
le Front populaire, par les membres des collectivités locales, eux-mêmes élus avec un mode de
scrutin uninominal non démocratique.
* l e vote a donné les pleins pouvoirs à Pétain, mais la Constitution ne lui donnait pas le pouvoir
de dissoudre, ce qu’il a cependant fait immédiatement.
16
&#'#éclairs à l’entrée des usines et devant les « queues », protégées dès l’automne 1940
par des groupes armés de l’Organisation spéciale (l’OS) et de la Main d’oeuvre
immigrée (MOI).
Le point culminant de cette lutte a été atteint lors de la longue et dure grève des mineurs,
en mai-juin 1941, avec ses piquets de grève épaulés par des militants armés.
L’invasion de la Russie par la Wehrmacht, un mois plus tard, le 22 juin 1941, a
enfin décanté la situation.
Ici, s’est ouverte dans la clarté, la page la plus héroïque et la
plus difficile de l’histoire du Parti communiste.
6Sous la direction du « triangle » ( ) Jacques Duclos, Charles Tillon, Benoît Frachon,
la Résistance communiste, avec son organisation des Francs Tireurs Partisans
(les FTP), a été, de loin, la plus forte, la plus organisée.
Diffusion clandestine de journaux, tracts et brochures, opérations armées, attentats
contre l’occupant, armes prises sur l’ennemi, attaques de convois, sabotages dans
les usines et les transports, grèves, organisation de l’évasion de militants arrêtés,
constitution de réseaux chargés de missions multiples dans les Administrations ou
parmi les intellectuels : quatre années de lutte sans merci, menée par un nombre
grandissant de militants communistes, ont fait de ce parti la force principale de
la Résistance.
A cette époque même la signature d’une pétition ou la diffusion d’un tract était
une action très dangereuse.
Aujourd’hui, les médias s’acharnent à occulter cette page d’histoire. Au néga-
tionnisme du génocide antisémite s’est ajouté un négationnisme de la résistance
communiste. Or, dans toute l’Europe, les communistes ont payé le tribut le plus
lourd au combat inégal et héroïque de la Résistance : des centaines de milliers de
fusillés, de déportés, de prisonniers torturés.
Le refus du STO (service du travail obligatoire en Allemagne) a mené de nombreux
salariés français à rejoindre les maquis des FTP. L’un d’eux, celui du Limousin,
commandé par Georges Guingoin, est même parvenu à faire capituler la garnison
allemande de Limoges. Il contrôlait un département entier.
La colonne Fabien, armée de véhicules de récupération, marqués de la faucille et
du marteau, est un autre témoignage de la force du Parti communiste de 1944.
7Le programme du Conseil national de la Résistance ( ) a été profondément mar-
qué par la participation du Parti communiste et de la CGT. Les réformes qu’il
6 - Pour réduire les risques de destruction des réseaux par d’éventuelles trahisons ou des révélations
sous la torture, le parti clandestin était organisé par groupes de trois militants, chacun ne
connaissant qu’un élément d’un autre triangle.
7 - Les communistes avaient participé activement à l’unification de la résistance dans le Conseil
national de la Résistance, le 27 mai 1943.
17comportait auraient pu alimenter un combat de double pouvoir qui mette en
cause le capitalisme.
Cet engagement massif et déterminé des communistes a été reconnu à l’époque
par le placement de l’un d’eux, Henri Rol Tanguy, à la tête du Comité militaire
national qui a dirigé le soulèvement de la Libération de Paris.
1944 : deuxième situation prérévolutionnaire
Dès le 18 juillet 1944, la direction clandestine du Parti communiste avait débattu
du mot d’ordre d’insurrection nationale, proposé par Charles Tillon.
Cependant ce mot d’ordre n’a pas été lancé par le parti mais, le 10 août, par le
Comité militaire national à l’initiative de Charles Tillon et Henri Rol Tanguy.
Staline, conformément aux accords de partage de l’Europe conclus à Téhéran,
avait ordonné au parti français de laisser les armées alliées libérer le pays. Dans
la stratégie stalinienne, les avancées du socialisme ne devaient pas résulter du
mouvement révolutionnaire mais de l’avancée des troupes soviétiques. Henri Rol
8Tanguy et Charles Tillon ont passé outre ( ).
L’appel à l’insurrection a soulevé un enthousiasme populaire extraordinaire :
grève des cheminots et de la police, barricades, combats dans les rues de Paris.
Les communistes étaient dès lors reconnus « par le peuple », face à la figure mythifiée
de De Gaulle et à la « Résistance nationale ».
En 1944, la situation était exceptionnelle :
le pouvoir d’Etat était démantelé
Une lutte pour le pouvoir politique était de fait engagée avec De Gaulle, soutenu,
outre l’Armée, par les fractions modérées et nationalistes de la Résistance. Celles-ci
ont été bientôt rejointes par les forces auparavant « collaborationnistes » ou atten-
tistes. Ainsi s’explique, sous couvert d’union nationale, le refus de « l’épuration »
dans l’Etat de tous les éléments qui avaient participé activement à la politique
antidémocratique et raciste de Vichy.
De Gaulle avait à son crédit sa popularité médiatisée. Il avait acquis, après le
débarquement, le soutien des USA et de l’Angleterre dont les armées poursuivaient
leur avance vers la frontière allemande. Il disposait de son service secret, l’ex-BCRA
devenu DGSS. Chef du Gouvernement provisoire, il nommait les Commissaires
de la République (préfets), reconstituait l’armature de l’Etat, dirigeait l’armée qui
lui était entièrement fidèle.
8 - Comme Tito, dont les maquis ont libéré seuls, et unifié la Serbie, la Croatie, la Bosnie Herzégovine
et le Kosovo unis en une seule Yougoslavie.
18
&#(#Mais les maquis contrôlaient plus de la moitié du pays de la Loire à Toulouse, de
Lyon à Marseille. Des Comités de libération prenaient la place des municipalités
installées par Vichy. Leur autorité était entérinée par la nomination de plusieurs
Commissaires de la République résistants proches des communistes. Des milices
patriotiques se constituaient à partir des FTP.
Une mutation morale se répandait dans les masses populaires, faite de fraternité, d’en-
traide face à l’adversité, en contradiction avec les scènes de revanche haineuse.
L’épopée de l’Armée rouge depuis la bataille emblématique de Stalingrad, changeait
l’image dominante du communisme.
Des foules énormes se mettaient en mouvement.
Des milliers de gens adhéraient au Parti communiste ou au Front uni de la jeunesse
patriotique (le FUJP devenu le plus grand mouvement de jeunesse que la France
ait connu).
La CGT réunifiée dans la Résistance, retrouvait le courant d’adhésions de 1936.
Les ouvriers et les autres salariés d’usines dont le patron était en fuite ou emprisonné,
remettaient les machines en état de marche, réorganisaient la production, consti-
tuaient des organes de direction, des Comités de gestion. Les usines Renault (30 000
ouvriers), Berliet (12 000) et Brandt en ont été des exemples spectaculaires.
C’était, embryonnaire, dans l’appareil d’Etat et dans les entreprises, une de ces
situations de double pouvoir que Lénine avait analysées comme indispensables
à la révolution.
Certes, la majorité de la population, moins engagée, se préoccupait plus de ravi-
taillement que de la révolution dont rêvaient maints communistes.
Mais leur parti, en développant cette situation, ne pouvait-il réussir à entraîner la
majorité dans le combat pour une autre société ? Il a hésité.
9Mais il ne l’a pas tenté ( )
Sa direction, qui recevait les directives de Maurice Torez encore à Moscou, s’est
d’abord consacrée à reconstituer l’appareil et son fonctionnement hiérarchisé
sur le modèle de ce qui avait été détruit en 1939. Elle engageait une grande cam-
pagne pour le retour de Maurice Torez encore sous le coup de sa condamnation
comme « déserteur ». Elle reconstituait ses directions locales au fur et à mesure de
la libération du territoire.
9 - D epuis 1923, les directives de la Troisième Internationale n’étaient plus dictées par l’orientation
révolutionnaire de 1917 (le Front unique, l’extension de la révolution dans le monde). Le mot
d’ordre stalinien était « construire le socialisme dans un seul pays », et cette construction n’était
pas l’œuvre du prolétariat, ni même du peuple, muselé et défini comme uni, à l’exclusion de
toute lutte des classes. C’était le point final de la révolution, l’institution d’un nouvel ordre
politique stable au lieu de la lutte transformatrice de la société vers le communisme.
19En octobre 1944 cependant, sa ligne politique était encore centrée sur la poursuite
du combat de classe qu’avait aussi été la Résistance. L’épuration, même entachée
d’abus, était nécessaire après la profonde contamination de l’Etat, des associations
et du patronat par l’idéologie et les pratiques vichystes.
Les mises en cause de Bousquet et Papon ont montré, depuis, comment de tels
hommes ont pu ensuite accéder jusqu’au pouvoir de la cinquième république, et
a fortiori à la direction des entreprises et des affaires. Les communistes voulaient
reconstituer un nouvel appareil d’Etat. De Gaulle, conscient du danger, s’est au
contraire attaché à limiter l’épuration, arguant de la réconciliation nationale.
Le maintien des gardes et milices patriotiques, placées sous l’autorité des Comités
de Libération, aurait-elle pu sauvegarder le rapport de forces issu des maquis ?
Le décret prescrivant leur dissolution était resté lettre morte. De Gaulle avait
dû entendre Charles Tillon les défendre au Conseil des Ministres même, et une
manifestation à l’appel du Conseil de la Résistance avait réuni un million de
personnes selon l’Humanité.
10Mais le retour de Maurice Torez ( ), le 27 novembre 1944, a été le point de
départ d’un tournant politique diamétral.
Dès le lendemain son discours au meeting du vel’d’hiv’, a surpris nombre de
militants et de responsables communistes.
Sous sa férule, le Comité central décidait (comme en Italie d’ailleurs) de désarmer
et dissoudre les milices patriotiques et d’abandonner les Comités de Libération.
Il allait négocier l’intégration des FTP dans l’armée régulière en acceptant la
rétrogradation de leurs officiers.
« Un seul Etat, une seule police, une seule armée », déclarait-il à Ivry, le 21 jan-
vier 1945, devant plus de 300 militants d’un Comité central « élargi »... dont
avaient été cependant écartés plusieurs responsables militaires de la Résistance,
tels Guingoin.
Le mot d’ordre devenait : s’unir et produire. Désormais la politique devait être
centrée sur la participation des communistes au gouvernement qui serait issu
de l’élection de l’Assemblée constituante.
Le 21 octobre 1945, 26,2 % des voix faisaient du Parti communiste le premier
parti de France.
Le gouvernement comprenait cinq ministres communistes sur 21 au lieu de deux
au gouvernement provisoire : François Billoux (économie nationale), Ambroise
Croizat (travail), Marcel Paul (production industrielle), Charles Tillon (armement),
Maurice Torez (fonction publique). Mais comme toujours, les Finances, l’Intérieur,
les Affaires étrangères et les Armées lui échappaient.
10 - Pour mémoire, Maurice Torez, secrétaire général du Parti communiste français, était parti
en URSS en 1939, lors de l’interdiction du parti à la veille de la guerre
20Comment un tel renversement des espérances
a-t-il été possible ?
Cette orientation a été imposée grâce à la reconstitution de l’appareil. Les militants
qui risquaient de défendre une position plus révolutionnaire ont été écartés,
notamment les responsables militaires de la clandestinité et même les militants
qui avaient manifesté des réticences à la suite du pacte germano-soviétique. Seuls
Charles Tillon et Benoît Frachon, qui avaient dirigé le parti clandestin avec Jacques
11Duclos, avaient provisoirement trouvé grâce ( ).
èmeAu 10 congrès, Charles Tillon, ex-commandant en chef des FTP, disparaissait
du secrétariat du parti.
Benoît Frachon également, en application des statuts de la CGT réunifiée. Il s’est
ensuite (prudemment ?) consacré exclusivement à la centrale syndicale.
Quelques années plus tard, Charles Tillon devait être exclu avec André Marty.
Guingoin était victime d’un procès sur de fausses accusations, et même emprisonné,
avant d’être mis hors de cause.
La grande question était la reconstruction du pays
Les destructions et la désorganisation rendaient les conditions de vie insupportables :
privations de nourriture, de charbon, de vêtements, crise du logement, insuffisance
d’énergie et de machines, transports démantelés…
L’application partielle du programme de la Résistance ouvrait des espoirs (l’ensemble
de la Sécurité sociale, les nationalisations), mais au sein des structures capitalistes
reconstituées.
La contradiction est apparue flagrante quand Maurice Torez a dû faire face
aux mineurs en grève, à Vaziers, dans un discours souvent cité : « Produire, c’est
aujourd’hui la forme la plus élevée de votre devoir de classe. Hier l’arme c’était le
sabotage, aujourd’hui, l’arme, c’est produire (...). Les paresseux ne seront jamais de bons
communistes, de bons révolutionnaires, jamais, jamais. (...) La France a les yeux fixés
sur vous. (...) L’hiver sera rude, les usines sont mises au ralenti, les foyers manqueront
de charbon, les femmes et les enfants auront froid (...) Nous gagnerons la bataille de la
production, comme nous avons gagné la bataille de la Libération ».
Ce discours responsable d’un communiste faisait cependant abstraction d’un
fait essentiel : les mines étaient nationalisées, mais la propriété de l’ensemble des
moyens de production restait privée. Le patronat se réorganisait dans le Conseil
national du patronat français (CNPF), la droite se reconstituait, d’abord autour
du MRP (Mouvement républicain populaire, démocrate-chrétien qui a progressé
jusqu’à 28 % des voix en 1946). Les grandes banques d’affaires se développaient
à côté des banques de dépôt nationalisées, l’inflation galopante et le marché noir
11 - Il est vrai qu’un réalisme élémentaire imposait de prendre en compte dans le rapport de forces
la présence des troupes américaines et françaises et l’éloignement du bloc socialiste.
21profitaient aux couches bourgeoises et petites bourgeoises tandis que les salariés,
ouvriers, employés, peinaient et subissaient les privations.
Le Parti communiste renforçait pourtant
ses atouts politiques
12- battu en octobre 1945 au référendum sur les orientations constitutionnelles ( )
il remportait plus de 25 % des voix de l’élection de l’Assemblée nationale,
- après la démission de De Gaulle en janvier 1946, il obtenait six ministres au
gouvernement dont Maurice Torez qui devenait vice-président du Conseil,
ème 13- battu encore au 2 référendum de mai 1946 ( ), il progressait à l’élection de
l’Assemblée : 26 % et il avait 7 ministres au gouvernement,
- le référendum d’octobre 1946 adoptait enfin, par 69 % des voix, une constitution
jugée acceptable par le parti, et les élections du 10 novembre lui donnaient son
score maximum : 28,7 %. Le gouvernement Ramadier comprenait 5 ministres
communistes sur 18.
Pourtant l’épreuve de forces devenait inévitable.
1947, l’épreuve de forces fatale
Il devenait de plus en plus impossible au PCF d’assumer la guerre d’Indochine
contre le Viet Minh communiste, le vote des crédits militaires, le massacre répressif
14de la révolte malgache après celui de Sétif ( ), le blocage des salaires malgré l’in-
flation. Les revendications sociales grandissantes, la grève inattendue des ouvriers
15des usines Renault engagée malgré lui ( ), un premier mai massif, revendicatif et
combatif, l’obligeaient à prendre la position ambiguë d’un « soutien critique » du
gouvernement.
Son vote contre la confiance, le 4 mai 1947, provoquait l’expulsion des ministres
communistes du gouvernement.
Certes les conquêtes de cette période, dues au programme du Conseil national
de la Résistance et au rapport de forces, ont été importantes et durables : le
droit de vote des femmes, la Sécurité sociale généralisée à tous les salariés (santé,
vieillesse, maternité, travail), les comités d’entreprise, les « classifications Croizat, »
12 - Mais avec 33,7 % des voix.
13 - 47 % pour le projet présenté par le PCF et le parti socialiste SFIO.
14 - Deux ans avant, en mai 1945, par solidarité gouvernementale, le Parti communiste avait
honteusement laissé déferler un immense massacre de la révolte populaire algérienne dans
le Constantinois.
15 - L a grève, déclenchée le 12 avril, a d’abord été présentée comme « l’arme des trusts » et ses
incitateurs comme des « provocateurs hitléro-fascistes à la solde de De Gaulle ». Mais le mouvement
n’a cessé de s’étendre, approchant 20 000 grévistes qui avaient repoussé à 80 % le résultat
des négociations.
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