Écologie et Climat : luttes écologiques et Catastrophes climatiques
398 pages
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Description


Lasse de nos excès, la nature reprendra-t-elle ses droits en déchaînant les éléments ?


Elle en est en tout cas capable, lorsqu'on passe en revue les différentes catastrophes climatiques de l'Histoire.


L’écologie ne se réduit pas à une idéologie jalousement gardée par des militants écolos barbus ou des citadins branchés qui votent pour les Verts. Elle dépasse le cadre de cette caricature : militants associatifs ou alternatifs, scientifiques, fonctionnaires, ingénieurs, syndicalistes, économistes, religieux voire simples consom’acteurs contribuent au jour le jour à l’édification de cette thématique.


Les revendications d’hier ne sont pourtant pas toujours celles d’aujourd’hui et les les autorités et l’opinion publique ont également eu un impact sur les formes de mobilisation, incitant par exemple le mouvement antinucléaire à changer de registre : de la manifestation de masse à l’expertise ou l’action médiatique.


Cet ouvrage de référence passe en revue les années voire les siècles d'actions militantes, de succès et d'échecs mais aussi de grandes catastrophes climatiques.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 11
EAN13 9782366029758
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les Catastrophes climatiques et luttes écologiques
Éditions Chronique
L’écologie ne se réduit pas à une idéologie jalousement gardée par des militants écolos barbus ou des citadins branchés qui votent pour les Verts. Elle dépasse le cadre de cette caricature : militants associatifs ou alternatifs, scientifiques, fonctionnaires, ingénieurs, syndicalistes, économistes, religieux voire simples consom’acteurs contribuent au jour le jour à l’édification de cette thématique. De même, il serait difficile de regrouper dans un tout cohérent les partisans du développement durable, de la décroissance, de l’environnementalisme, de l’écologie scientifique, de la sobriété conviviale, du naturalisme, de l’écosocialisme, ou de l’écologie du bien-être. À vrai dire, toutes ces appellations ne se recoupent pas et attestent de la diversité des angles d’approche et des solutions prônées sous le vocable « écologie ». L’écologie, il faut le comprendre, est un sport collectif puisqu’il est impossible de se mobiliser pour toutes les problématiques environnementales. C’est cela, le foisonnement de l’écologie. Quant à l’histoire : trop préoccupés par l’urgence d’agir – qui est plus que légitime vu l’étendue des changements à accomplir – nous en oublions de nous retourner pour observer le trajet accompli. Les revendications d’hier ne sont pourtant pas toujours celles d’aujourd’hui. Ceci s’explique, en premier lieu, par les compromis satisfaisants qui ont pu être obtenus : l’annulation du projet d’extension du camp militaire du Larzac ou la signature du protocole de Montréal qui interdit l’usage des CFC – ces gaz contenus dans les aérosols qui détruisent la couche d’ozone – sont des succès qui ont structuré le mouvement écologiste. Les découvertes scientifiques ont également pu reléguer au second plan certaines thématiques dans l’échelle de nos priorités : l’avènement du pic de pétrole s’est ainsi vu minimisé par la découverte de l’imminence du réchauffement climatique. Le contenu des mobilisations s’est de lui-même modifié, suite à d’autres découvertes, comme ce fut le cas pour les naturalistes qui sont passés de la protection de paysages monumentaux à la défense de la biodiversité. Enfin, les autorités et l’opinion publique ont également eu un impact sur les formes de mobilisation, incitant par exemple le mouvement antinucléaire à changer de registre : de la manifestation de masse à l’expertise ou l’action médiatique par exemple. C’est cela, l’histoire de l’écologie.
FAUNE, FLORE ET NATURALISME
1845
La Société protectrice des animaux (SPA) est créée
Elle joue un rôle essentiel dans la naissance de la loi Grammont. Avec 56 refuges et 145 000 donateurs, elle est une des principales sociétés de protection des animaux en France.
Illustration pour des cartes postales éditées par la Société protectrice des animaux (SPA) en 1904. Sur cette image, les actes de cruauté sont condamnés parce qu’ils sont publics.
1866
Les premières sociétés de protection de la nature : entre protection et conservation
L’écologie este créée n 1866 par Ernst Haeckel, est d’abord scientifique. Mais les controverses qu’elle suscite contribueront à la politisation de notre rapport à la nature. Ce retour sur les naturalistes montre le rôle des scientifiques engagés dans le contexte politique de leur époque. Conscient des menaces pesant sur le milieu naturel, ceux-ci sont ainsi à l’origine des premières sociétés de protection de la nature. Elles soutiennent la mise en place de mesures de protection de la nature. Néanmoins cette mise en pratique n’est pas sans générer des tensions. Ainsi, la Commons, Open Spaces & Footpaths Preservation Society (Société de préservation des espaces communaux ouverts et des sentiers) est créée en Grande-Bretagne en 1865, peu après la fondation de la Société impériale zoologique d’acclimatation, créée en 1854 en France. L’objectif de ces associations est alors d’intervenir pour protéger des espèces menacées par l’homme en établissant une gestion rationnelle des ressources dans leurs milieux de vie. Le Sierra Club, fondé aux États-Unis en 1892 par John Muir, disciple d’Emerson, suit un autre chemin. L’ONG, présente aujourd’hui encore, s’attache à protéger lawilderness sur le territoire américain, en militant en faveur de la création des parcs nationaux de Yellowstone et Yosemite qui sont définitivement classés en 1872 et 1890. Il s’agit alors de faire pression sur l’État pour qu’il délimite des territoires où l’intervention humaine serait interdite. Dans un cas comme dans l’autre, les associations s’appuient sur l’hypothèse, depuis rejetée, du climax qui sera plus tard formalisée par Howard T. Odum. Le Graal de toute protection de la nature est alors la stabilité d’un écosystème, ou autrement dit, le climax. Mais dans le cas des premières associations, cela nécessite une action de l’homme, tandis que ces espaces vierges défendus par John Muir, considérés comme stables depuis la nuit des temps, devaient être préservés de toute empreinte humaine.
1904
Illustrations pour des cartes postales
La lutte pour la protection des animaux est très antérieure à la prise de conscience écologique. Au début du XIXe siècle, les consciences éclairées par les Lumières s’interrogent sur le sort animal : des libéraux, comme Jeremy Bentham par exemple, défendront le droit de propriété sur les animaux, mais appelleront à limiter toute souffrance inutile. Au début du XIXe siècle, les animaux sont classés comme « bien mobilier » dans le Code Napoléon. Des voix s’élèvent, en Angleterre d’abord, pour dénoncer le traitement des animaux. Ces mobilisations, relayées par des figures du mouvement antiesclavagiste, aboutissent à la signature du Martin’s Act de 1822, considéré comme la première norme juridique reconnaissant des droits aux animaux de ferme. En France, il faut attendre 1850 et la loi Grammont qui condamne tout acte public de cruauté envers des animaux domestiques. C’est donc au nom de la sensibilité de certains que ces violences sont interdites. L’interdiction prônée par cette première vague internationale du mouvement zoophile vise à éduquer les masses, dénonçant certaines pratiques présentes dans les classes populaires : la maltraitance des chevaux et des animaux de ferme, mais également ces fêtes où le taureau occupe une place centrale : lesbullfightinganglais et la corrida, qui ne sera en France que partiellement interdite.
1912
La ligue de protection des oiseaux
En 1912, le lieutenant Hémery et l’ornithologue Louis Magaud d’Aubusson créent une filiale de la Société zoologique d’acclimatation, la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Le but est de protester contre l’extermination des macareux moines par les chasseurs de la côte nord de la Bretagne. La réserve naturelle des Sept îles devient, en 1923, la première réserve naturelle nationale. Elle est, encore aujourd’hui, gérée par la LPO et entièrement dédiée à la protection des espèces et des écosystèmes qui assurent leurs conditions de vie sur plus de 320 hectares. En 100 ans d’existence, la LPO a diversifié ses activités autour de cette thématique. Elle s’occupe notamment, avec le Muséum national d’histoire naturelle, de l’Observatoire des oiseaux des jardins au sein de la Vigie nature. Ce dispositif invite les citoyens à se transformer en naturalistes en observant la nature en ville.
1945
Une càmpàgne sàvàmment orchestrée
Dès 1945, de nombreuses voix à l’intérieur de la communauté scientifique s’étaient inquiétées des effets des pesticides, mais ces discussions n’avaient pas été ébruitées. Rachel Carson rassemble dans son ouvrage Printemps silencieux(1962) un ensemble de preuves visant à mobiliser l’opinion publique, en vue de briser le cercle de connivence entre État, industries et scientifiques. C’est bien la première fois qu’une campagne de sensibilisation d’une telle ampleur sur des dégradations environnementales a lieu. Citant Jean Rostand, elle déclare : « L’obligation de subir nous donne le droit de savoir. » La réception du livre avait été largement anticipée. Craignant des poursuites, l’équipe éditoriale de Carson s’était assurée de nombreuses relectures par des scientifiques de renom. Un juge de la Cour suprême avait même été consulté. La publicité réalisée par leNew Yorker, qui publiera quatre extraits et en fera le « livre du mois », finira par convertir l’ouvrage en phénomène de société. Les critiques de la part des industriels sont violentes ; ils l’accusent de vouloir défendre un équilibre naturel au détriment du progrès humain. Un an après pourtant, la bataille de l’opinion semble gagnée. La NBC diffuse un documentaire suivi par 15 millions de téléspectateurs. Carson est appelée par le gouvernement Kennedy à témoigner pour le Science Advisory Committee, qui prépare un rapport sur la réglementation des pesticides. Ce sera une de ses dernières apparitions publiques.