France et Islam — Je t
149 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

France et Islam — Je t'aime, moi non plus

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
149 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description


Saviez-vous que la présence musulmane en France remonte au VIIIe siècle, que les savants musulmans ont apporté les fondements de l’algèbre, de l’astronomie et de la médecine, que Soliman le Magnifique appelait François Ier « mon frère », que l’islam est la seule religion qui sut trouver grâce aux yeux de l’acerbe Voltaire, que la statue du Zouave du pont de l’Alma ne fait pas référence à un hurluberlu mais aux soldats musulmans du corps des « zouaves », que 70 000 des combattants morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale étaient musulmans... ?




Autant de chroniques éclairant les rapports et les liens qui se sont tissés entre la France et l’islam jusqu’à aujourd’hui.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782366029628
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

France et Islam
Je t’aime, moi non plus
Éditions Chronique
Au cœur de l’histoire du monde
Si l’histoire ne se réduit pas au choc des civilisations, le choc des civilisations est au cœur de l’histoire… Cette vérité, le passé nous l’enseigne depuis la plus haute Antiquité, de la bataille de Marathon à celle de Lépante, en passant par les guerres puniques, la Reconquista espagnole ou la chute de Byzance. Et cet enseignement est précieux, car il nous permet de comprendre le présent et d’affronter lucidement l’avenir. Pour Oswald Spengler, l’auteur du célèbreDéclin de l’Occident, ce ne sont pas les nations qui constituent les unités culturelles de base, mais les civilisations. Le thème du choc des civilisations est très ancien, il ne date pas de sa réactualisation par Samuel Huntington, au début des années 1990. Il hante l’Europe depuis l’aube des temps. Lépante, cette formidable bataille qui vit la Sainte Ligue, le 7 octobre 1571, écraser l’armada turque à l’entrée du golfe de Corinthe, dans un combat à la fois monstrueux et bref, est l’un des grands épisodes de ce choc des civilisations. De Lépante, Fernand Braudel dit qu’elle est de « ces chocs sourds, violents, répétés, que se portent les bêtes puissantes que sont les civilisations ». La bataille de Lépante fut-elle une prise de conscience de la nécessité de s’unir pour défendre l’intérêt commun d’une civilisation, comme le pensent des historiens aussi éminents que René Grousset ou Fernand Braudel ? Ou n’était-elle pas plutôt le triomphe opportuniste du Saint Empire romain germanique sur le reste de l’Europe ? Il est notable que la lecture civilisationnelle de l’histoire est une lecture événementielle, une ponctuation de l’histoire par de grandes batailles : — Poitiers, en 732, c’est la chrétienté qui arrête l’Islam. Mais les Aquitains ne s’entendent-ils pas avec l’Islam contre les Francs ? Et, plus tard, les Carolingiens n’eurent-ils pas une politique d’amitié avec les Abbassides ? — Constantinople est prise en 1453. C’est une catastrophe pour la chrétienté. Les croisades retardèrent pourtant de 250 ans la chute de Byzance. Mais les Byzantins ne préférèrent-ils pas s’en remettre à l’Islam plutôt qu’aux Latins ? La chrétienté, divisée, mangée par ses haines tenaces, ne fut-elle pas la première responsable du tremblement de terre turc ? Le choc des civilisations traverse les siècles, et même, pour certaines civilisations, les millénaires ; il s’apaise, puis reprend, et donne à l’histoire des chocs sourds et puissants, comme si des plaques tectoniques venaient à en découdre, causant d’immenses secousses dans l’humanité. Faire la chronique du choc des civilisations, c’est montrer que la succession des événements s’inscrit le plus souvent dans des permanences historiques. Ce livre inscrit l’événement dans le temps long. Le combat pour la civilisation dépasse tous les combats Certes, l’histoire ne se réduit pas au choc des civilisations ! Point de caricature ici, ou de simplification historique. Il y a le choc des peuples et des États, le choc des grandes figures humaines, et aussi le choc des économies. Mais comment nier que le choc des civilisations fait partie intégrante de l’histoire, qu’il est même la toile de fond qui traverse les siècles et sur laquelle l’ombre des conflits de personnalités et d’États apparaît parfois si fugace ? Il y a bien un univers mental de la civilisation, touchant à la conscience populaire, et cet univers mental est l’un des moteurs essentiels de l’histoire. Mettons-nous un instant dans la tête des combattants serbes, croates ou bosniaques dans le chaos yougoslave : ces hommes ne furent-ils pas tentés d’élever la cause de leur combat au-dessus de celle de leur peuple et de se voir en guerriers de l’orthodoxie, de l’Occident
latin ou de l’Islam ? J’ai croisé, au Kosovo, des Serbes qui m’affirmèrent être les sentinelles de l’Europe face à l’Islam. J’ai eu le sentiment, en Somalie, de me trouver projeté au cœur d’un monde profondément hostile à l’Occident. Le combat pour la civilisation dépasse tous les combats, car il ne s’inscrit pas dans l’échelle de temps d’une vie ; c’est un combat pour la lignée, au nom des pères grecs, romains et germains qui ont légué à l’Européen la liberté, la raison et la volonté de puissance. Ce combat est essentiel ; pour que l’Europe ne devienne jamais la périphérie soumise d’une Asie hyperpuissance ou que les filles de France n’aient pas à craindre demain la rigueur d’une police « du vice et de la vertu ». La carte des États est traversée par des lignes de fracture entre civilisations, parfois en sommeil comme de vieux volcans, mais toujours susceptibles de se réveiller. Les civilisations ont la vie très longue, solidement accrochées à leur espace géographique. Elles peuvent céder à la puissance étrangère ; on peut les croire disparues à jamais, comme la civilisation inca en Amérique latine, puis elles resurgissent, sous la forme des mouvements identitaires. Elles finissent toujours par balayer le vernis étranger qui les recouvre, comme ces cinq siècles d’islam espagnol éradiqués par la Reconquista. En Méditerranée, partout où l’héritage romain n’a pas tenu face à l’Islam, la civilisation punique de Carthage avait marqué les terres et les populations durant de longs siècles et Rome n’avait rien pu y faire. Dans le nord de l’Europe, au-delà dulimes, partout où Rome n’avait pas laissé d’empreinte profonde, le catholicisme romain s’est effondré face à la Réforme. Les trois grands défis qu’affrontent les Européens La longueur de l’occupation n’y suffit pas si les civilisations qui précèdent sont anciennes et structurées : l’Orient gréco-romain, de la conquête d’Alexandre à la fin de Rome, c’est, comme le souligne René Grousset, près de dix siècles de présence – de 334 av. J.-C. à l’an 634 après J.-C. Du jour au lendemain pourtant, l’Islam balaie tout. Songeons aussi que l’arabisation ne l’emporte pas en Iran, qui s’islamise sans s’arabiser parce que l’Iran est à la fois un vieil empire et une vieille civilisation. Quant aux États croisés latins, ils durent deux siècles et s’évaporent en une bataille. Par analogie, certains se posent la question de la longévité de l’État d’Israël ; mais Israël sait se défendre, comme il l’a montré, il y a plus de deux mille ans, face à Rome. Le monde d’aujourd’hui est marqué par une redistribution de la puissance entre les civilisations. L’Occident se rapproche dangereusement du moment où la primauté qu’il détient sur les autres civilisations depuis cinq siècles (les grandes découvertes et la Reconquista) peut lui échapper. Face à lui, un nombre impressionnant de peuples fondent sur la mémoire de l’humiliation et du ressentiment leur volonté de revanche. Les Américains, héritiers des pionniers du Far-West et donc convaincus que la vie est un combat, ont compris que la roue de l’histoire est en train de tourner à leur désavantage. Les guerres qu’ils déclenchent visent à briser l’ascension de rivaux qu’ils voient naître à l’orient. À défaut d’imposer un ordre mondial américain, ils créeront le désordre sur le chemin de leurs ennemis. Mais les Européens, quant à eux, semblent endormis par les beaux principes de Kant et son rêve de « paix perpétuelle » – comme au-dehors d’un monde où l’identité et la volonté de puissance restent le principal moteur de l’Histoire. Où est passée la culture du « temps long » chère à Braudel ? L’intérêt de leur civilisation – l’Europe et non l’Occident américain – devrait pourtant pousser les Européens à réfléchir face aux trois grands défis qu’ils affrontent : le réveil violent de l’islam, l’utopie mondialiste américaine, la volonté de revanche de l’Asie. Dans cette grande compétition, la Russie et l’Amérique latine offrent des alliances naturelles. Le 11 septembre, nouveau mythe fondateur dans les civilisations Le 11 septembre 2001, le choc des civilisations connaît un nouveau
rebondissement. En un temps contracté d’environ deux heures et trente minutes, la destruction des deux tours jumelles de Manhattan (et d’une troisième tour), au cœur de la capitale financière du monde, l’effondrement d’une aile du Pentagone, au cœur de la capitale politique et militaire des États-Unis, ainsi que la disparition de quatre avions commerciaux américains, causent la mort d’environ 3 000 personnes et sidèrent le monde entier. Ce jour-là, le peuple américain comprend que son territoire n’est plus un sanctuaire protégé, à l’abri des conflits de la lointaine Eurasie. Nous sommes en 2001. L’URSS est tombée depuis dix ans (1989 : chute du mur de Berlin ; 1991 : dissolution de l’URSS) et avec elle la division du monde en deux systèmes de véritéopposés. L’idéologie américaine tente de profiter de sa victoire sur l’URSS pour s’imposer partout. La Chine est désignée dès 1991, par lesthink tanksde Washington, comme nouvel adversaire géopolitique. Le monde occidental dominant la scène de la guerre de l’information, il sait paralyser toute analyse en usant de la puissance émotionnelle des images et a déjà opposé avec succès les images qui émeuvent (faux charniers de Timisoara, « couveuses » de Koweït-City…) aux raisonnements qui démontrent. Mais le 11 septembre 2001 offre un potentiel de sidération émotionnelle des foules sans commune mesure avec ce qui a précédé depuis 1989. La violence des images d’un crime commis presque en direct sur toutes les télévisions du monde présente toutes les caractéristiques voulues pour enraciner dans les mentalités collectives les bases « religieuses » d’un nouveau monde. Les rares personnes qui parviennent, ce jour du 11 septembre 2001, à conserver une distance par rapport à l’événement, sentent bien que, par ce « petit » holocauste américain, les États-Unis d’Amérique viennent d’acquérir auprès des populations occidentales un crédit de représailles quasiment infini. Toutefois, 2001 n’est ni 1945 ni 1989. S’affirme en effet, et de manière contradictoire à la tendance unipolaire en matière d’idéologie, une tendance multipolaire en matière de puissance. Malgré la sidération provoquée par l’événement, nombreux sont ceux qui, hors de l’Occident, mais aussi en son sein, ne croient plus à la narration occidentale de l’histoire. Lesystème de véritéa tellement pris occidental l’eau, dans le siècle qui vient de s’achever, que la vérité « officielle » du 11 septembre ne parvient plus à s’imposer partout. L’objet de cette nouvelle édition n’est pas la recherche de ce qui s’est passé réellement le 11 septembre 2001, mais d’approfondir la compréhension des conséquences, pour le monde, de ce jour sinistre. Or, des deux interprétations possibles des faits connus découlent deux lectures différentes de la géopolitique mondiale et deux grandes interprétations opposées de l’événement : la conspiration de l’extérieur (théorie officielle du complot) et la conspiration de l’intérieur (théorie dissidente du complot). Selon la première interprétation, les attentats seraient le fait d’une conspiration émanant de terroristes islamistes appartenant au mouvement Al-Qaida. Cette équipe aurait réussi à frapper l’Amérique dans ses symboles les plus forts. La géopolitique qui en découle est simple : l’islamisme radical d’Al-Qaida a remplacé le communisme. La troisième guerre mondiale du « monde libre », après celle contre les nazis et les Soviétiques, est celle qui oppose l’Occident et ses alliés contre les islamistes. Comme l’affirmera George W. Bush, « soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ». Une nouvelle bipolarité est née, un nouveau résumé du monde en une lutte entre les forces du mal et les forces du bien. De cette lecture découle la guerre contre l’Afghanistan, puis celle contre l’Irak et, d’une certaine façon, toutes les suivantes, jusqu’à la Libye. Seul le refus de la France et de l’Allemagne (sanctionné dans les deux pays par un retour en force de l’atlantisme) de participer à la guerre contre l’Irak permettra d’admettre que l’Amérique ait pu mentir au moins une fois, à propos des
« armes de destruction massive » de Saddam Hussein. La seconde interprétation est de plus en plus répandue dans le monde. Elle est portée, pour l’essentiel, par le mouvement d’origine américaineReopen911, lequel rassemble des familles américaines des victimes des attentats et des centaines de personnalités des mondes militaire, politique, industriel, scientifique, dont la légitimité et la notabilité étaient parfaitement acquises avant leur engagement sur ce sujet. Selon ces dissidents, les attentats du 11 septembre seraient uninside job, littéralement un « travail fait depuis l’intérieur ». Il s’agirait d’attentats sous « faux drapeau » (terme du renseignement définissant un acte de terrorisme qui vise à « faire porter le chapeau » à une autre entité ou à un autre État que celle ou celui qui l’a perpétré), attentats trop complexes pour être le fait d’une seule équipe de pirates islamistes, et qui auraient été conçus et pilotés par l’« État profond »(« Deep State ») américain. Par « État profond », les dissidents entendent une structure de gouvernement à la fois invisible (par rapport à l’administration officielle) et continue (qui survit aux changements de président), rassemblant des éléments et des moyens du Pentagone, de la CIA et du FBI, des sociétés militaires privées et, plus globalement, du complexe militaro-financier américain. Dick Cheney et Donald Rumsfeld, qui ne se sont jamais quittés, depuis Richard Nixon jusqu’à Georges W. Bush, et ont occupé dans l’administration gouvernementale des fonctions stratégiques en rapport avec le complexe militaro-industriel américain, pourraient faire partie, selon cette hypothèse, de l’« État profond » américain. Mais en 2011, pas plus qu’il n’existe de version officielle figée (celle-ci n’a cessé de chercher à s’adapter aux critiques en modifiant son récit), il n’existe de version dissidente unique et achevée. Une seule chose, en revanche, est aujourd’hui certaine : les événements du 11 septembre ont accéléré et radicalisé la guerre entre les forces de l’unipolarité américaine, et celles de la multipolarité. Depuis le 11 septembre 2001, les États-Unis ont repris la main sur l’histoire et sont engagés dans une vaste opération d’endiguement des forces multipolaires (Chine, Russie, Iran, Venezuela, Brésil…). Cette guerre, de dimension planétaire, entre les forces de la multipolarité et celles de l’unipolarité, se déchaîne dans tous les compartiments de l’affrontement de puissance, du contrôle des ressources stratégiques jusqu’au contrôle de l’information, en passant par le redécoupage des frontières étatiques, la guerre des monnaies (statut du dollar), les fonds souverains… Qui l’emportera ? Puisse cet atlas géopolitique donner les clés de cette guerre et ouvrir des horizons de prévision.
L’islamisme, produit d’un islam humilié ?
Pour beaucoup de musulmans, l’islamisme n’est pas le produit de l’islam en tant que tel, mais...