Gnassingbé Eyadema (Volume III)

-

Livres
421 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Le volume III des discours et allocutions prononcés par le Président Gnassingbé Eyadema de 1981 à 1986 porte sur une période où la diplomatie togolaise fait feu de tout bois, se diversifiant vers l'Asie, surtout la Chine. Mais les grands fondamentaux n'ont pas bougé : c'est le cas du renforcement des relations traditionnelles avec l'Allemagne et surtout la France. A la veille de grands bouleversements consécutifs à la Perestroïka, le Togo n'échappe pas à ce vent d'Est qui bouscule la situation intérieure de nombreux pays africains.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2010
Nombre de lectures 277
EAN13 9782296688131
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème

;s$0W:x$ G/y55W0:/sWK$
gyW\bi666
2d&ud -d&uU B-1)33.1-*,,6)+,0)
$&+#)-*+ %,"'')#-,&)(+
52/40,...
"%('%$%('&#
$(0/(. -%..(+&*". (/
,-")%'".
#%AssiongborFOLIVIGrandesFigures d’Afrique
Collection dirigée parAndréJulienMbem
Les acteurs de la vie politique, intellectuelle, sociale ou culturelle africaine sont les axes
majeurs de cette collection. Le genre b iographique autour d e personnalités marquantes de
l’histoire contemporaine ducontinent africain reste à promou voir. Et pourtant, depuis
l’accession des pays africains à l’indépendance, en Afrique ou dans sa diaspora, des
personnages d’une importante densité occupent la scène du monde et la quittent parfois sans
que soit mis en récit,aubesoinavec leurs concours, leurs parcours. La collectionGrandes
Figures d’Afrique privilégiel’archive, le témoignage direct, en veillantautant que possible
à l’authenticité du matériau historique.
©L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanado.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-10442-6
EAN: 9782296104426Parus dans la mêmecollection
BernardDadié
Itinéraire d’un écrivainafricain dans la première moitié duXXème siècle
FrédéricLemaire
Combattre pour le présent et l’avenir
CharlesPascalTolno
Les hommes d’église et le pouvoir politique enAfrique noire
Jean-ClaudeDjereke
Afrique passion et résistanc e
JeanPierreNdiaye
JosephKi-Zerbo
Itinéraire d’un intellectuelafricainauXXe siècle
FlorianPajot
LePasteur et lePrésident (entretiensavecOmarBongoOndimba)
FrancisMichelMbadinga
EtL’Afriquebrillera de mille feux
JeanPing
GnassingbeEyadema
Discours etAllocutions
VolumeI (1967-1974)
Textes présentés paarAssiongborFolivi
GnassingbeEydema
Discours etAllocutions
VolumeII (1975-1980)
Textes présentés parAssiongborFolivi
5bxGRy0G
ALASOURCEDEL’HISTOIRETOGOLAISE
L’intérêt de la publication de l’intégralité des discours officiels du Général
GnassingbéEyadema,Président de laRépublique togolaise entre 1967 et 2005, ne
fait aucun doute. Un tel document constitue un matériau essentiel pour qui veut
revisiter la pensée et l’œuvre du président Eyadema que «la Commission de
Réhabilitation de l’Histoire» a décidé de faire entrer dans la mémoire collective
comme lePère de laNation togolaise.
Que l’on soit un thuriféraire ou uncontempteur, le répertoire de ses discours est un
précieux outil pour mieux comprendre des pans entiers de l’histoire du Togoet,
accessoirement,celle de l’évolution récente ducontinentafricain.Il offre pour tout
chercheur, l’opportunité d’étudier les dimensions insoupçonnées (politique,
sociologique, littéraire, linguistique etc.) que recèle toute communication publique,
a fortioricelle d’un dirigeantafricain d’envergure. Cecaractère didactique impose
le choix d’une édition des discours dans leur état brut, sans commentaires ni
annotations,afindelaisser librecoursà toute réflexion, évaluation etappropriation
dans la mesure où ces textes tombés dans le domaine public, sont accessibles à
tous.
Dans les six volumes de la présente édition, figurent quelques 435 discours qu’il a
fallu pendant plusieurs mois extirper desarchives, recenser et rassembler.
Ce panorama historique commence le 13 janvier 1967 lorsque, en sa qualité de
Chef d’Etat Major des Forces Armées togolaises (FAT), il s’adressa pour la
première fois au peuple togolais, par les ondes de Radio Lomé. Dans un style
dépouillé et bien trempé qui ne le quittera plus jamais, il donna les raisons de la
prise du pouvoir par l’armée, etcommuniqua les premières mesures politiques des
insurgés.
Ce premier discours est fondateur puisqu’il projette déjà devant la scène nationale,
la marque decelui qui, trois mois plus tard, le 14avril 1967, deviendra leChef de
7l’Etat de fait, après la dissolution du Comité de Réconciliation Nationale mis en
place en janvier.
Trente sept ans plus tard, le 29 décembre 2004, comme pour faire ses adieux au
monde, il délivra au corps diplomatique accrédité auprès de la République
togolaise, son dernier discours officiel dans lequel il lança un ultimeappelaux pays
duNord en vue d’une solidarité plusaccrue envers lespays pauvres.
Dernière parole publique d’un homme d’Etat quiaconsacré une grande partie de sa
vie pourconduire la destinée duTogo.La disparition du présidentEyadema, le 05
février 2005, mit un terme à un parcours somme toute exceptionnel d’un fils de
paysan devenu l’une des grandes figures de l’Afriquecontemporaine.
La publication des discours du président Eyadema est par ailleurs justifiée par le
fait que l’ex-Chef d’Etat n’a pas écrit ses mémoires. Sans doute projetait-il de le
faire avant que le sort en décidât autrement. Les historiens ou tout simplement le
citoyen lambda n’aurait-il pas voulu qu’il révèle les aspects occultés de certains
faits, ses sentiments personnels, ses motivations, ses déceptions, son rêve pour son
pays ? Et à l’instar des dirigeants qui ont eu la chance de laisser leurs mémoires,
eût-il rappelé ses souvenirs d’enfance, ses moments de joie et les peines qui ont
jalonné son exercice du pouvoir ?
Faute de mémoire ou de récit autobiographique, on peut dire aujourd’hui que ses
interventions parlent pour lui et peuvent faire office d’écrits mémoriaux. Ses
discours, qu’ils soient les fondements de sa philosophie politique ou de sa praxis,
les fruits de ses réflexions, l’explication d’unacte posé ou sa vision sur les grandes
questions universelles, ont par conséquent une importance indéniable pour le
décryptage de l’histoire du Togo. C’est une contribution, si modeste soit-elle, à la
lecture de l’histoire mouvementée du Togo loin des préjugés et des perceptions
politiciennes.
Soldat et autodidacte, le président EYADEMA était connu pour son verbe sobre,
épuré, direct,bref sa sémantique sans fioritures.Un franc parler qui luia fait frôler
un incident diplomatique majeur lorsque, le 22 novembre 1972, lors de la visite
officielle à Lomé du Président de la République française, M Georges
POMPIDOU, il esquissa publiquement une réflexion sur un réajustement de la
parité duCFA par rapportau franc français.Initiative hardie qu’aucun de ses pairs
n’osaà l’époque.
L’unité nationale, la recherche de la paix, la démocratie, l’intégration régionale et
africaine, les problèmes de développement, le nouvel ordre économique, la
coopération internationale, étaient ces thèmes de prédilection. On se rappelle que
pendant des décennies leTogoétait l’objet de toutes les sollicitations.
8En dehors de ses médiations dont on redécouvre dans les pages suivantes le fil
conducteur, d’autres interventions sont prononcées à l’occasion de la signature
dans la capitale togolaise des quatre Conventions ACP et CEE appelées
Conventions de Lomé, de la Conférence des Chefs d’Etat de France et d’Afrique,
de la création de la CEDEAO dont la décision a été prise à Lomé au cours d’une
réunion des ministres des affaires étrangères et du passage de l’Organisation de
l’UnionAfricaineà l’UnionAfricaine.
L’action du président Eyadema a un goût d’inachevé. Alité, il n’a pas prononcé,
pour la première fois, son incontournable message à la nation, le 13 janvier 2005.
Dans le climat difficile et complexe des années 2000, il n’a pas pu parachever la
politique de liberalisation des institutions en dépit de l’amorce du dialogue
intertogolais sous l’égide de Bruxelles et de la reprise partielle de la coopération avec
l’Union Européenne rompue en 1993 pour cause de déficit démocratique. Devant
l’homme d’Etat, ses discours, ses pensées et son œuvre, l’histoire sera le seul juge.
Aujourd’hui, faute d’avoir une vision commune de l’histoire, des hommes
politiques, des historiens ou des chercheurs togolais,chacun attaché à sa chapelle,
livrent leur version des annales de la vie nationale. Ce qui pose l’équation si
présente à nos esprits de l’objectivité de l’histoire par rapport à l’impartialitéde
l’historien. Et si, au moment où les nouvelles autorités togolaises engagent une
procédure pour le triomphe de l’indissociable triptyque: vérité, justice et
réconciliation, l’on tentait de s’entendre sur la même écriture des éléments
fondateurs de la nation togolaise réconciliéeavec elle-même et pour y parvenir, de
mettreà disposition une documentationadéquate !
Comportant unechronologie qui permet de suivre pasà pas l’évolution du pays et
les temps forts du règne duPrésidentEyadema de 1967à 2005,cette édition de ses
discours, s’inscrit danscette perspective.
A. FOLIVI
9RG/G;G5y5s%Gxy/sWKKy/sWKy5G
d2~yKEsGxd td
*****
Togolaises,
Togolais,
Comme tous lesans, etconformémentà la tradition, qui veut que de par le monde,
les hommes, les familles, les peuples s’offrent mutuellement des vœux debonheur
et de prospérité,c’est d’abord unagréable devoir pour nous de formulerà l’endroit
de tous nos compatriotes, vivant au Togo ou à l’étranger, nos vœux les plus
sincères de santé, de paix et debonheur pour l’Année 1981.
eCe 14 anniversaire de notre Libération Nationale, que nous nous apprêtons à
célébrer dans l’allégresse, m’offre également l’occasion de dresser le bilan des
résultats que nousavons enregistrésaucours de l’année 1980,afin qu’ensemble, et
sur labase de l’expérience vécue, nous déterminions les grandsaxes de nosactions
futures.
En effet, voilà 14 ans, qu’ensemble avec vous, et grâce à votre soutien
constamment renouvelé, nous avons décidé de concevoir et de forger notre destin,
tantau-dedans qu’au-dehors, que nousavonscherché et trouvé, toujoursavec vous,
lechemin dubonheurauquelaspirait lePeupleTogolais,cechemin fait d’union, de
Paix, deSolidarité et d’abnégation.
Durant ces 14 années de vie commune, nous avons appris à nous connaître et à
nouscomprendre.Ensemble, nousavons scellé notreUnitéNationale, dans laPaix
instaurée par notreArmée etconsolidée par leRassemblement duPeupleTogolais,
quiconstitue laclé de voûte de nos institutions.Mais leRassemblement duPeuple
Togolais serait un corps sans âme, s’il n’était animé par ses ailes. Aussi, il nous
plaît de rendre ici un vibrant hommageà l’UnionNationale desFemmes duTogo,
intuitive et conciliatrice, à la jeunesse du Rassemblement du Peuple Togolais,
dynamique et coopérative, et à la Confédération Nationale des Travailleurs
Togolais, pour sa participation responsable, sa discipline et son réalisme.
Ce n’estcertes pas ici le lieu de revenir sur le passé douloureux duPeuple togolais,
dans les premièresannées de sonaccessionà la souveraineté internationale, et dont
les plaies se sont progressivementcicatrisées.
11Mais, qu’il nous suffise de rappeler que l’armée, en intervenant une seconde fois en
1967 dans la vie de notre pays, n’avait d’autre ambition que d’éviter la guerre
civileà nos populations, lechaos et la désintégrationà notrepays.
La création de notre Grand Mouvement d’Union et de Réconciliation, le
Rassemblement du Peuple Togolais, a permis de combler un vide politique et de
réconcilier les forces vives de laNation.
Ainsi, leRassemblement duPeupleTogolais s’affirme, jouraprès jour,comme une
Ecole de Démocratie véritable, un forum qui permet au peuple de s’exprimer
librement. S’il est une preuve de la maturité au peuple togolais, nous l’avons
trouvée dans l’expression de nos suffrages, d’abord pour approuver laconstitution
ede la 3République, ensuite, pour élire notre humble Serviteur à la Magistrature
Suprême, et vosReprésentantsà l’AssembléeNationale.
Nous adressant aux députés, lors de l’installation solennelle de l’Assemblée
Nationale, il y a un an, nous exhortions les élus du Peuple, à éviter des
interventions démagogiques, des joutes oratoires et des débats stériles ; nous
invitions l’Assemblée à ne pas se transformer en forum privilégié des règlements
de comptes entre parlementaires, à éviter de trahir laconfiance du peuple, et à ne
rechercher dans l’examen des textes de loi qui lui seront soumis que l’intérêt
supérieur de laNation.
Déjà, l’ambiance constructive et militante dans laquelle se sont déroulés vos
travaux, et les résultats des sessions ordinaires et extraordinaires de cette jeune
institution, consacrées à l’adoption entre autres, de la loi des Finances pour
el’exercice 1981, et du 4Plan Quinquennal de Développement économique et
social, sont venus conforter notre opinion sur le rôleimportant que doivent jouer
, parce queassociant toutes lescouches de laNationàlesReprésentants duPeuple
toutes lesactions du gouvernement.
Il nous plaît ici ce rendre un hommage public au dynamisme et au réalisme du
Président de l’AssembléeNationale età tous les députés, pour les résultats positifs
enregistrés au cours de cette première année d’activités. Pour notre part, nous y
voyons un instrument efficace pour aider le Gouvernement dans la promotion du
TogoNouveau.
Ainsi avec le Rassemblement du Peuple Togolais, nous avons poursuivi durant
l’année qui vient de s’achever, nos actions dans tous les domaines, qui ont pour
finalité la promotion et le bien être du citoyen togolais, malgré une conjoncture
extrêmement difficile.
12S’agissant de notre politique de la Révolution Verte, les deux campagnes de
sensibilisation et les mesures prises en faveur de nos frères et sœurs descampagnes
pour accroître la production, devront mettre notre pays à l’abri de la pénurie des
denréesalimentaires de première nécessité.
De même l’interdiction de vendre les récoltes sur pied,associéeà unecampagne de
construction massive de greniers traditionnels, en attendant la réalisation
d’infrastructures modernes de stockageadaptéesà notre environnement devra, non
seulement protéger les masses paysannes contre lesspéculateurs et commerçants
indélicats, mais également éloigner duPeupleTogolais le spectre de la famine.
Enfin les foires agricoles organisées sur toute l’étendue du territoire, etqui
viennent de connaître leur apothéose à Lomé, permettront au monde rural de
développer en son sein beaucoup d’émulation et d’améliorer, par des initiatives
individuelles oucollectives, les méthodesculturales et les rendements.
Pour notre pays, nous restons profondément convaincu que l’ensemble de ces
actions devraassurer rapidement l’autosuffisancealimentaire que nous nous fixons
comme premier objectifàatteindre par tous lesTogolais, quels que soient leurâge
et leurcondition.
Conscient des efforts exigés de nos masses laborieuses et surtout de nos frères des
campagnes, et malgré uneconjoncture économique extrêmement tendue, je décide
encore une fois exonérer nos paysans du paiement de la taxe civique pour l’année
1981.
Ce sacrifice que consent la collectivité nationale à leur endroit, doit être pour eux
un stimulant à redoubler d’efforts, afin de mener à bien les programmes de
production que nous nous sommes fixés.
Dans le domaine de l’industrie, nous avons enregistré la mise à feu des fours de
CIMAO qui sera d’ailleurs inauguré après demain, de même que le démarrage
prochain duComplexeTextile deLama-Kara, sans oublier les travaux d’extension
de la Brasserie du Bénin et de la Cimenterie du Togo (CIM TOGO) qui se
poursuivent harmonieusement.
Enfin le secteur commercial et celui des services ont également contribué, comme
nous l’avions souhaité, au progrès de notre économie malgré la valse des prix et
une politique rigoureused’encadrement du crédit, imposé par la conjoncture
internationale.
13A tous les opérateurs économiques: paysans, ouvriers, fonctionnaires,
commerçants, industriels, entrepreneurs etc…nationaux ou étrangers, qui ont
répondu positivement à notre appel de participerà l’œuvre difficile mais exaltante
deconstruction de notre pays, nous voudrions exprimer notre satisfaction.Grâceà
leurbonne volonté,à leur disponibilité età leur esprit decollaboration, nousavons
réussià limiter les effets pervers duchoc d’une récession mondiale.
Togolaises,
Togolais,
eAvec l’année 1981 va démarrer notre 4Plan Quinquennal de Développement
eEconomique et Social.Les objectifs inscrits dans ce 4Plan, vont du renforcement
des infrastructures de communications d’accueil, aux unités industrielles de
transformation de nos ressources naturelles en passant par la consolidation des
équipements sociaux.
Evalué à la hauteur de 250 milliards pour la période quinquennal, ce nouvel
instrument de promotion comparé aux 3 premiers Plans estimés respectivement à
28 milliards, 75 milliards et 250 milliards, nousconvieà juste titreà la prudence,à
la modération et au réalisme, compte tenu des difficultés économiques
qu’enregistrent tous les pays, et des taux relativement faibles de progression des
pays industrialisés ou nantis.C’estau prix d’un effort soutenu par l’ensemble de la
eCommunauté que les objectifs dece 4Plan seront réalisés.
Aucun pays ne peut enregistrer de progrès dans le désordre et l’anarchie. Si notre
Patrie, le Togo a pu, pendant les 14 années écoulées, inscrire des réalisations
concrètes à son actif, lesquelles font aujourd’hui l’orgueil et la fierté de nos villes
et de nos villages,c’est grâceà laPaix età laStabilité, qui ont libéré les esprits et
les énergiesau profit du développement,c’est grâceà la farouche détermination du
Peuple Togolais de lutter contre la faim, la misère, la malnutrition, la maladie et
l’ignorance.
Nous ne répéterons jamais assez que l’Union Nationale et la Solidarité retrouvées
doivent être maintenues envers et contre tout. Plus que jamais,cette union et cette
solidarité entre les fils dece pays doiventconstituer le socle sur lequel nous devons
ensemblebâtir unePaix durable, garantie de notreStabilitéPolitique.
14Togolaises,
Togolais,
Votre Pays, votre Parti d’Union Nationale et votre Gouvernement demeurent
viscéralement attachés aux grands principes et idéaux qui protègent les valeurs
humaines. Que ce soit à l’occasion des rencontres nationales, que ce soit dans les
conférences internationales, leTogo l’a toujoursclamé du haut des tribunes.
Il reste fondamentalement fidèleau respect des règles debon voisinage entrePays.
Cela veut dire que leTogo, pétri des idéaux duRassemblement duPeupleTogolais,
évite de s’ingérer dans lesaffaires intérieures desautres pays. Cela veut dire aussi
et surtout que le Togo, pays de dialogue et de paix, entend qu’on lui « rende la
monnaie de sa pièce ».
Car notre pays quiaconnu les méfaits, les rigueurs de l’insécurité et lesaffres de la
division, goûteaujourd’huiaux fruits de la paix, et sait, pour l’avoir vécu, senti que
tout développement, tout progrès, passe inexorablement par cette paix. Le
Continent Africain a trop longtemps souffert des humiliations, de l’exploitation
systématique et éhontée de ses ressources naturelles, au seul profit des puissances
industrielles. Bien que l’Afrique regorge d’immenses potentialités, elle est
demeurée pauvre.
Des foyers de guerre et de tension allumés ça et là et savamment attisés, la
consument mettant encause sa stabilité, son développement économique et social,
ajoutantau lot de problèmes que lui impose uneconjoncture de morosité, sinon de
régression. Le moment est venu de lui donner la Paix afin qu’elle se relève, afin
qu’elle se développe pour se réhabiliter.
Cette Paix, cette Stabilité que le Togo a réussi à instaurer à l’intérieur de ses
frontières et qu’il est prêtà préserver par tous les moyens, notrePaysa le devoir de
les souhaiter, sinon de les vouloir pour le Continent Africain. Car aucun sacrifice
n’est trop grand lorsqu’il s’agit pour leTogo d’aider nos frèresafricainsà retrouver
la Paix et la Stabilité de leur pays par le dialogue. C’est dans cet esprit que notre
Paysaapporté sa modestecontributionau sein duComitéAd hoc de l’Organisation
de l’Unité Africaine, à mettre fin au conflit opposant les différentes factions du
Peuple Tchadien. Certes, les armes se sont tues au Tchad, mais la Paix restera
encore précaire dans ce pays frère tant qu’il n’y aura pas une véritable
réconciliation.
Nousaurions voulu pource pays quia trop souffert d’une longue guerre fratricide,
une Paix durable et définitive, c’est-à-dire une réconciliation de tous les frères
tchadiens sans distinction d’origine de race et de religion.
15Car l’histoire nous enseigne que toute guerre se termine toujours par des
négociations suivies de réconciliation.
Enfin, face aux conséquences désastreuses des hausses intempestives des prix du
pétrole brut qui oblige à une redistribution des cartes dans le monde, les Pays du
Tiers Monde non producteurs de l’or noir assistent impuissants à la dégradation
continue des cours des matières premières et partant à la détérioration du pouvoir
d’achat de leurs populations. Plus que jamais les notions d’interdépendanceet de
solidarité entre les économies doivent prendre une signification particulière pour
les pays nantis qui doivent comprendre à travers les profonds bouleversements
récemment intervenus que la prospérité de leurs affaires dépend pour une part non
négligeable de la survie des pays en voie de développement.
C’est danscet environnement international d’une rarecomplexitéau plan politique
économique et social que nous vousconvions,Togolaises,Togolais,à une prise de
conscience de plus en plus aiguë de vos responsabilités dans l’effort individuel et
collectif à fournir, pour l’édification de notre chère Patrie, le Togo ; afin que
l’Union, la Paix et la Solidarité soient les soubassements sûrs de nos efforts de
développement.
Vive laLibérationNationale !
Vive laRépubliqueTogolaise !
16Es$s/G WRRs0sG55Gy:Ks]Gx
dtRGExsGxd t d
*****
Monsieur lePrésident etCherFrère,
Messieurs lesMinistres,
ExcellencesMessieurs lesAmbassadeurs,
ChersSœurs etFrères duNiger,
Mesdames etMessieurs,
Qu’il me soit permis,avant toutechose, d’exprimer la joie que nous éprouvons, ma
délégation et moi-même, de nous retrouver sur cette terre hospitalière duNiger, et
de découvrir la diversité des trésors d’un pays qui force l’admiration des
observateursavisés, par ses transformations spectaculaires.
Je voudrais,Monsieur lePrésident, vous remercier très sincèrement, pour l’accueil
chaleureux, fraternel et authentiquement africain, que vous avez réservé à ma
délégation et à moi-même, depuis que nous avons foulé le sol de votre grand et
beau pays. Que ce soit à Niamey, qui ne cesse de surprendre le voyageur ou
l’homme d’affaires par ses immenses chantiers de construction d’immeubles et de
routes, que ce soit à Zinder, carrefour des voies reliant le Sahara au Nigéria, et le
efleuveNigerau lacTchad,centrecommercial réputé dont l’histoire remonteau 18
siècle, quece soitàDosso,célèbre par ses richesses touristiques, et surtout par ses
cavaliers, nous avons trouvé auprès des populations un accueil empreint de
prévenances et de spontanéité.
Je ne puis rester insensibleà ces manifestations d’amitié et de sympathie dont vos
populations, votre gouvernement et vous-même, vous nous entourez depuis notre
arrivéeauNiger, et qui témoignent du sensafricain de votre hospitalité.
Je vous remercie également pour les parole trèsaimables que vousavezbien voulu
prononcerà mon endroit, età l’endroit duPeupleTogolais.
Enfin, je voudrais vous prier de transmettre nos sentiments de gratitudeau vaillant
PeupleNigérien,ainsi qu’à son dynamique gouvernement.
Notre visite dans votre pays, en ce début d’année et au moment où l’Afrique
traverse des moments difficiles, constitue le témoignage éloquent et vivant de la
qualité des liens qui unissent les peuples nigérien et togolais.
Monsieur lePrésident,
17Votre visiteauTogo en janvier 1979, vousa permis d’apprécier, en parcourant nos
villes et nos campagnes, l’estime, l’admiration portées à votre peuple et à votre
personne, depuis que vous avez pris en main le destin du peuple nigérien, dans
cette nuit dePâques de l’année 1974.
C’est pour nous également l’occasion de vous féliciter pour les magnifiques
résultats obtenus dans tous les domaines par le vaillant peuple nigérien, sous votre
direction éclairée.
C’est bien grâce à la détermination, à la discipline, à l’union et au sens aigu du
devoir, que vous avez su insuffler au vaillant Peuple Nigérien, que ces succès qui
fontaujourd’hui la fierté duNiger, ont été enregistrés.
Le Togo est fier de vous compter parmi ses amis. En effet, la similitude de nos
options et de nos actions, l’interpénétration de nos populations, militent en faveur
du renforcement de notre coopération, que nous nous plaisons à citer en exemple
dans notre sous-région.
La détermination de tous le peuple nigérien pour sortir son pays de son état de
sous-développement, ajoute à votre sens des responsabilités, pour démontrer que
l’Afrique est suffisamment riche, en ressources et en imagination, pour promouvoir
son développement.
Il y a quelques décennies de cela, et même après nos indépendances, quelques
nostalgiques des temps révolus continuaient de présenter cette partie de l’Afrique
comme des étendues arides, sans aucun espoir de développement, en dehors de la
culture de l’arachide et ducoton.
D’un pays à dominance agricole, principalement axé sur l’élevage, et le plus
souvent victime d’une sécheresse endémique, vous avez, en utilisant
judicieusement le produit de ses ressources minières, réussià l’orienter dans la voie
de l’industrialisation.
Ainsi le Niger se développe et progresse harmonieusement, les villes comme les
campagnes. Toute votre action, Monsieur le Président, tend à satisfaire les
aspirations légitimes des populations nigériennes.
Au Togo, pour notre part, nous avons d’abord assaini la situation politique,
consolidé l’Union et la Réconciliation de nos populations, en nous regroupant au
sein du Rassemblement du Peuple Togolais, afin de nous atteler résolument à
l’urgent problème de développement économique.
18La concordance de nos points de vue, sur nos objectifs et nos idéaux, trouve sa
manifestation dans le raffermissement de l’Unité Nationale dans la Consolidation
de l’Indépendance, redonnantconfianceà nosPeuples, dans unavenir de progrès et
dans une meilleure redistribution des revenus à l’intérieur de nos pays. Cette
politique susciteà l’extérieurconfiance et respect.
Je saisi cette occasion pour souligner l’appui que le peuple togolais a toujours
trouvéauprès duPeuple nigérien, dans ses efforts pour promouvoir etconsolider la
paix dans notre sous région etau niveau ducontinentafricain elle-même, facteur de
promotion de notre développementcollectif.Dans les instances internationales, nos
délégations se sont régulièrementconcertées sur des problèmes épineux, et ont lutté
au coude à coude pour faire prévaloir les solutions en faveur des intérêts de
l’Afrique.
Dans la région, nos deux gouvernements ont toujours travaillé la main dans la main
pour le renforcement des infrastructures de transports entre nos Etats, pour le
développement économique harmonisé des Etats de la CEDEAO, pour une
concertation permanente entre lesEtats duConseil de l’Entente.
Monsieur lePrésident,
Le Peuple togolais, son gouvernement et moi-même nous félicitons que les pays
africains instruits par l’expérience, réalisent enfin quecertains problèmes africains
dépassent les possibilités d’un seul Etat et que les regroupements régionaux sont
indispensables pour trouver des solutions valables à ces problèmes. Dans ce
domaine, le Togo apprécie le rôle particulièrement important qu’a joué, et que
continue de jouer la République du Niger, pour la consolidation de notre
organisation régionale qu’est laCEDEAO.
Monsieur lePrésident etCherFrère,
Messieurs lesMinistres,
ExcellencesMessieurs lesAmbassadeurs,
Je sais combien vous tenezà la sécurité dans la région et à la paix en Afrique.Le
Peuple Togolais partage vos préoccupations et essaye d’apporter sa modeste
contributionà la recherche de la paix partout où unconflit risque decompromettre
le développement d’un peuple et l’équilibre dans la région. Ces préoccupations
expliquent la politique extérieure de mon gouvernement.
19A ce sujet, il me plaît de souligner la constance et le poids de votre contribution,
toujours positive, dans la recherche des solutions pacifiques et justes,aux multiples
et difficiles problèmes de luttes intestines souvent provoquées et entretenues par les
puissances extérieures.
S’agissant plus spécialement du drame tchadien, le Peuple togolais, soutient les
efforts que vous déployez, en vue d’un retour rapide à une paix durable et
définitive dansce pays frère, grâceà la négociation età la réconciliation entre tous
les frères tchadiens.C’estàce prix etàce prix seulement, que leTchad retrouvera
sa stabilité, pour consacrer son énergie au développement économique et au
progrès de son peuple.
Pour notre part, et toujours fidèleau principe de l’autodétermination des peuples, et
de la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats, qui seul peut
conduire les peuples sahraoui et namibien à choisir librement leur avenir, nous
demeurons convaincu que l’Accord de Lagos intervenu en Mars 1979, et la
Résolution du 14 janvier 1981, des chefs d’Etat de l’OUA réunis à Lomé,
constituent des bases réalistes pour un règlement définitif du problème tchadien.
Nous devonscontribuerà l’application stricte deces décisions, pour lebonheur du
peuple tchadien et l’honneur de toute l’Afrique. Notre conviction dans
l’opportunité et l’efficience de ces différentes décisions est d’autant plus forte que
nous restons persuadé que le drame tchadien ne profite et ne profitera ni aux
Tchadiens niauxAfricains.
Monsieur lePrésident etCherFrère,
Notre appartenance à des institutions communes régionales, et les rencontres
périodiques entre ceux qui ont la lourde charge de conduire leur peuples vers le
bonheur, nous offrent suffisamment d’occasions pour travailler inlassablementà la
consolidation de la paix et de la stabilité dans notre sous-région, et pour
promouvoir à travers des projets communs, une coopération plus accrue entre nos
Etats.
C’est dans cette optique, que pour notre part, nous voudrions placer la présente
visite, convaincu que les désordres économiques et politiques, les risques de
déstabilisation, qui secouent le continent africain, doivent être conjurés par le
dialogue, laconcertation et la persuasion.
20Puissent le Niger et le Togo, fraternellement unis, œuvrer inlassablement pour
promouvoir la réalisation des nobles objectifs de progrès, de prospérité et de paix,
dans notre sous-région et enAfrique.
Je vous invite à lever vos verres, à l’amitié et à la fraternité entre les peuples
nigérien et togolais, au renforcement de lacoopération entre leNiger et leTogo, à
laPaix età l’UnitéAfricaine.
21W:EGx/:xG;G5Zy$$G@%5GG;G$0WK$Gs5$ ;G$]W:EGxKG:x$
;G5y%y;G/;:Ry;y5W@G
dd@ysd t d
*****
Monsieur le Président des Conseils des Gouverneurs de la Banque Africaine de
Développement et duFondsAfricain deDéveloppement,
Messieurs lesMinistres,
Messieurs lesGouverneurs,
Messieurs lesAdministrateurs,
Messieurs lesAmbassadeurs,
HonorablesReprésentants desInstitutionsFinancièresNationales
etInternationales,
Mesdames,Messieurs,
Militantes etMilitants de laRévolutionTogolaise,
Je voudrais tout d’abord vous dire combien le Togo est heureux d’abriter les
Assemblées des Conseils des Gouverneurs de la Banque Africaine de
Développement et duFondsAfricain deDéveloppement.Aussi,au nom duPeuple
Togolais, de son Parti d’Union et de Solidarité, le Rassemblement du Peuple
Togolais, de son Gouvernement et en mon nom personnel, je voudrais vous
exprimer ma profonde gratitude d’avoir choisi Lomé pour abriter vos présentes
assises. En effet, on se rappelle que notre Capitale avait offert le même cadre
modeste en 1975 et en 1979, pour la signature desConventionsLoméI etLoméII.
Pour ma part, je vois dans ce choix, la continuité d’intérêts et de sentiments qui
lient lesPaysAfricains.
En effet, Lomé s’honore de devenir pendant quelques jours, la capitale des
prestigieuses Institutions Africaines, que sont la Banque Africaine de
Développement et leFondsAfricain deDéveloppement.
Aux Ministres des Finances, du Plan, du Commerce, de l’Industrie, aux dignes
Représentants des Pays Amis et des Institutions Financières Nationales et
Internationales, au Personnel de la Banque Africaine de Développement et du
FondsAfricain deDéveloppement,auxReprésentants desAgences de Presse, bref
à nos illustres hôtes que nous accueillons aujourd’hui à l’africaine en terre
togolaise, je voudrais souhaiter une cordiale bienvenue et un agréable séjour en
empruntant une formule anglaise, significative, qui s’adresse plus particulièrement
à nos amis qui foulent la terre togolaise pour la première fois «You must feel at
home »: «Vous devez vous sentirauTogocommechez vous ».
22La ferveur et la joie qui se lisent sur les visages des Militantes et Militants du
Rassemblement du Peuple Togolais et les slogans qu’ils scandent pour magnifier
les actions des Institutions dont vous avez la charge, et les idéaux de Paix, de
Solidarité nécessairesà laconstruction d’uneAfrique forte et prospère, ne sont rien
d’autre que la traduction des profondesaspirations duPeuple togolais.Jecrois que
votre programme de travail vous laissera quelques moments de détente pour
prendrecontactavec nos réalités.
Vous comprendrez qu’à quelques nuances près, les problèmes de développement,
de lutte contre la faim, la misère, l’ignorance et la maladie, auxquels sont
confrontées nos populations, sont les mêmes dans tous les pays en voiede
développement, en même temps que vous prendrez la mesure de la farouche
détermination de toutes les couches sociales d’arracher à la nature, quelques
maigres ressources.
Voilà plus de 20ans que la plupart desEtatsAfricains ontaccédéà laSouveraineté
Internationale.Malheureusement ce Continent aux potentialités immenses, est loin
d’être à l’abrides violences, des manœuvres de déstabilisation. Des foyers de
guerre sontallumésça et là, par des puissances souvent étrangèresà l’Afrique, qui
cherchentà élargir leur sphère d’influence, età faire mainbasse sur nos ressources
naturelles.
Leclimat dePaix et deStabilité qui seul peut libérer les esprits, inspirerconfiance
et servir de soubassement à une action concertée de développement et de réelle
promotion de nos populations, est sporadiquement misà l’épreuve.
C’est d’ailleurs pourquoi leTogo, instruit par l’expérience, ne ménageaucun effort
pour soutenir toutes les initiatives tendant à préserver la Paix entre les Pays
Africains. Seules la Paix et la Solidarité entre nos Peuplesconstituent lacondition
indispensable sans laquelle ne saurait se poursuivre avec succès le seul combat
digne de l’Afrique,c’est-à-dire, labataillecontre le sous-développement.
Acette préoccupation majeure de préserverà tout prix laPaix sur notreContinent,
sont venus s’ajouterces dernièresannées, les effets pervers d’unecrise économique
mondialecaractérisée essentiellement par:
- une détérioration descours des matières premières faceà uneaugmentation
accélérée des produits manufacturés ;
- une facture pétrolière de plus en plus lourde ;
- une forte hausse des taux d’intérêt ;
- un service de la dette de plus en plus écrasant ;
23- une récession prononcée qui frappe de plein fouet les pays industrialisés et
à plus forte raison, la plupart, sinon la totalité des paysAfricains.
Autant de problèmes que leTiers-mondea hélas !Sans grand succès, soulignés du
haut des tribunes internationales, dans lecadre de laConférence desNationsUnies
pour leCommerce et leDéveloppement et dans lecadre duDialogueNordSud.
C’est sur cette toile de fond et dans ce climat déprimant de morosité, pour ne pas
dire deconsternation, que s’ouvrent vos travaux.
Par delà la tradition qui veut que le Chef d’Etat du pays hôte adresse à cette
occasion, à vos Assemblées Annuelles, ses souhaits de bienvenue et de succès,
permettez-moi de vous soumettre quelques réflexions que m’inspire laconjoncture
économique internationale délicate que traversent les Pays du Tiers-monde et
singulièrement leContinentAfricain.
L’on ne soulignera pas assez le paradoxe du développement africain. A l’examen,
l’Afrique, pauvre et instable, malgré ses immenses richesses et peut-êtreàcause de
celles-ci, offre l’image d’un malade sous perfusion, dont l’état inspire d’autant plus
d’inquiétude qu’il est soigné par des médecinsantagonistes.
L’Afrique est restée gravement malade du sous-développement avec ses
symptômes classiques, que sont la faim et la maladie auxquelles sont venues
s’ajouter depuisces dernièresannées, la sécheresse et la désertification.
Mais l’Afrique demeure un grand etbeaucontinentaux ressources immenses,avec
des atouts qui, judicieusement exploités, doivent en faire le Continent de l’Avenir.
Pour cefaire, les pays nantis doivent comprendre qu’on ne peut pas indéfiniment
demander aux plus démunis de continuer à supporter des sacrifices, au risque
d’assisterà la disparition deces derniers.
Il est temps que les pays consommateurs de nos matières premières prennent
conscience que l’existence et la prospérité de leurs économies dépendent de la
survie des Pays Africains qui sont leurs partenaires. Pour tous les Etats Africains,
engagés résolument dans labataillecontre le sous-développement, l’enjeu essentiel
dans toutes les négociations pour promouvoir un Nouvel Ordre International au
niveau de laCNUCED ou duDialogueNord-Sud, s’articuleautour de la notion de
prix rémunérateur pour les produits debase.
Seule l’acceptation par toutes les parties débattre du problème des inégalités
grandissantes entre les Nations, peut aider l’Humanité à choisir la prospérité pour
tous et éviter d’opter pour l’insécurité généralisée.
24C’est à ce prix et à ce prix seulement que nos Pays seront en mesure de dégager
une épargne pour servir de support à toutes les interventions de laBanque
Africaine deDéveloppement et duFondsAfricain deDéveloppement.
Nous savons tous que les besoins de financement dans nos Etats dépassent
largement les possibilités d’intervention de nos Institutions Communes. Certes, le
Conseil desGouverneursavait décidé en mai 1978, d’ouvrir lecapital de laBanque
auxPays non régionaux, permettantainsià laBanqueAfricaine deDéveloppement
de mobiliser des ressources suffisantes pour aider nos Gouvernements dans la
réalisation de leur plan de développement.
Nousaimerions ici rendre un hommage publicaux Représentants desPays qui ont
accepté de participer à cette entreprise à nos côtés, confiants dans l’avenir de nos
Etats, et féliciter par la même occasion tousceux quiont travaillé inlassablementà
la réalisation decet objectif.
Tout en nous félicitant des progrès accomplis dans les négociations avec les pays
participants, pour la troisième reconstitution des ressources du Fonds Africain de
Développement, je voudrais au nom de l’Afrique, insister auprès de nos
Partenaires, afin qu’ils fassent l’effort nécessaire pour accepter le niveau de
reconstitution que nous proposons, et qui seul, peut aider le Fonds à réaliser les
objectifs qu’il s’estassignés pour lesannéesà venir.
Ce bref rappel des paramètres d’une conjoncture internationale particulièrement
délicate était nécessaire pour que lesPremierResponsables de nos Institutions que
vous êtes, mesurent l’ampleur et lacomplexité des tâches qui lesattendent.
Malgré les incertitudes qui affectent l’économie mondiale et les fluctuations qui
perturbent le système monétaire et les marchés financiers internationaux, je reste
profondément convaincu que les hautes responsabilités dont chacun de vous est
investi dans son pays confèrent à vos Assises de Lomé une part de responsabilité
dans la construction de l’avenir de l’Afrique, de ses institutions et de ses
populations.
Gouverneurs, Hauts Cadres de la Banque et du Fonds, vous aurez à cœur de
concevoir et de mettre en œuvre tous les mécanismes, toutes les réformes de
structures et de procédure qui sont susceptibles de sauvegarder l’identité et
l’honneur de l’Afrique.Car l’œuvre entreprise encommunau sein de laBanque et
du Fonds transcende avecbonheur toutes les querelles, parce que vous poursuivez
tous l’idéal humain de la progression de notreContinent.
25Que tous ceux qui au niveau de la Banque et du Fonds (Administrateurs,
Présidents,Vice-Présidents, Directeurs,Cadres,Agents d’exécution) s’emploientà
créer età entretenir la meilleure image que nous possédons de l’Union de l’Afrique
à travers ces deux Institutions prestigieuses de coopération, soient vivement
félicités et encouragés pour l’exemple de sérieux et d’efficacité dont il font preuve.
Que les mêmes sentiments continuent de les habiter non seulement durant les
Assises de Lomé auxquelles je me permets de soumettre le problème de
l’autosuffisance alimentaire abordé par le Sommet Economique de l’OUA l’année
dernièreàLagos, mais également dans la gestion desaffaires de nosInstitutions.
C’est de la rigueur, de la discipline dans la conduite de ces deux instruments
privilégiés de financement quedépendra le degré de confiance et dedisponibilité
de nos partenaires à apporter à l’Afrique des ressources dont elle a besoin pour se
développer.
Je reste pour ma part convaincu que la conscience que vous avez de vos
responsabilités vis-à-vis du Continent Africain inspirera vos débats pour vous
conduireà l’adoption de résolutionsconformesà l’intérêt de l’Afrique.
eJe déclare ouvertes la 17 Assemblée Annuelle de la Banque Africaine de
eDéveloppement, et la 8 Assemblée Annuelle du Fonds Africain de
Développement.
26T( .H $W@@G/;G5y0G;GyWyRxGG/WPK 2$sGxxy5GWKGB
2t@ysd t d
*****
L’accueil chaleureux que le peuple sierra-léonais, son gouvernement et
vousmême, Monsieur le Président, nous réservez aujourd’hui, porte une fois encore le
témoignage de l’attachement de votre pays à la cause africaine. L’une des
manifestations les plus tangibles de ce témoignage est, sans nul doute, le vent
d’Union et de Solidarité qui souffle dans notre sous-région, depuis qu’ensemble,
nousavons décidé de sceller notre destincommunà travers un instrument efficace
de développement intégré.
Nous voici aujourd’hui à Freetown, votre belle capitale où la verdure naturelle
rivaliseavec l’amabilité non moins naturelle de sa population, pour nousaccueillir
à l’africaine.
Aussi, vous me permettez, Messieurs les Présidents, en votre nom à tous,
d’exprimer à l’endroit de notre collègue et frère, le Président Siaka Stevens, nos
très sincères remerciements.
Lorsqu’il y a un an, nous nous séparions à Lomé, en nous donnant rendez-vous à
Freetown, nous venions, par l’importance des décisions prises, d’écrire une page
décisive de l’Histoire de notre entreprisecommunautaire.
En effet, après la phase de conception et de mise en place des structures
fonctionnelles des Institutions de la Communauté, notre dernier sommet devait
donner un contenu concret aux cadres de coopération défini par le Traité de la
CEDEAO.C’estainsi que nousavons décidé, entreautres,
- de l’entrée en vigueur des dispositions de nos accords relatives à la libre
circulation des personnes et desbiens ;
- de la mise en œuvre d’un premier programmecommunautaire portant sur le
secteur important des télécommunications ;
- de poursuivre les discussions entre nosEtats, en vue deconsolider laPaixà
l’intérieur de la Communauté et de prévenir les risques de déstabilisation, d’où
qu’ils viennent.
27S’agissant du programme de Libéralisation et de Promotion des Echanges à
l’intérieur de laCommunautéEconomique desEtats de l’Afrique de l’Ouest, il me
plaît de souligner ici l’importance qu’il y a à supprimer tous les obstacles qui
peuvent entraver la circulation des personnes, seul support valable des échanges
commerciaux entre nosEtats.
Aussi, la définition de la notion decitoyenneté de laCommunauté, la définition et
laconfection de la liste des produits de l’artisanat traditionnels,ainsi quecelles des
produits industriels prioritaires, l’application des règles d’origine requièrent de nos
administrations nationales, de l’Immigration, des Douanes, du Commerce, de
l’Industrie, une disponibilité constante pour la compréhension des problèmes
spécifiques avec comme toile de fond, la volonté politique que nous avons
clairement exprimée en acceptant de mettre ensemble nos ressources, notre
imagination pour un développementcollectif et intégré de notre sous-région.
La libéralisation des échanges ne pouvant être dissociée d’un programme de
coopération en matière de transports et de télécommunications, le secrétaire
exécutif de la CEDEAO a reçu mandat pour mettre au point un projet de
Convention de Transit routier Inter-Etats, et surtout pour rechercher des solutions
aux principaux problèmes,avant de passerà la phase de réalisation du programme
de télécommunications de laCEDEAO.
Ilme plaît de porter à votre connaissance qu’à cejour, l’ensemble des problèmes
en suspens ont été résolus et que les recherches entreprises pour réunir les fonds
nécessaires à la mise en œuvre de la phase prioritaire de ce programme viennent
d’aboutir.
Enfin, nous savons tous que notre entreprise commune d’intégration économique
ne saurait connaître un épanouissement certain que si le climat de Paix et de
Solidarité estconstamment entretenu.Si nousavons décidé de prévenir toutconflit
entre nosEtats en signant leTraité deNon-agression, nousavons très tôt mesuré le
risque que courrait notre Communauté, au moment où les entreprises de
déstabilisation, les fauteurs de troubles, lesadversaires de notreUnion essaient, par
tous les moyens, d’orienter une partie non négligeable de nos ressourcesà des fins
autres quecelles du développement.
C’est bien pourquoi nous avons décidé de compléter le Traité de Non-agression
liant nosEtats, par la signature d’unPacte deDéfense pour protéger l’ensemble de
la Communauté contre les velléités des puissances étrangères, plus soucieuses de
faire mainbasse sur nos ressources naturelles et d’élargir leur zone d’influence.
28L’expérience vécue par le Continent Africain ces dernières années et les menaces
qui planent surcertains de nosEtats sont suffisamment éloquentes pour nous inciter
à nous sentir plus que jamais solidaires dans l’organisationcollective de laDéfense
de laCommunauté.
Pour parvenir à ces résultats encourageants, il a fallu tenir plus d’une réunion au
niveau desCommissionsTechniques ou desComitésAd hoc.
Aussi, vous me permettez d’adresser en votre nom à tous, nos plus vifs
remerciements à nos ministres, experts, secrétaire exécutif, directeur général du
Fonds età leurscollaborateurs, pour la détermination et lecourage dont ils ont fait
preuve dans la recherche des solutionsaux problèmes souventcomplexesauxquels
nosEtats sontconfrontés.
Messieurs lesPrésidents,
Messieurs leschefs de gouvernement etchefs de délégation,
Messieurs lesMinistres,
Monsieur leSecrétaireGénéral de l’OUA,
Monsieur leSecrétaireExécutif de laCEDEAO,
Monsieur leDirecteurGénéral duFonds,
Messieurs lesAmbassadeurs,
Mesdames etMessieurs,
Nous apprécions avec satisfaction les progrès enregistrés par notre Communauté
durant les 12 mois écoulés.
Nous avons pris des décisions courageuses et nous nous préparons à prendre
d’autres à Freetown, qui sont non moins importantes. Il importe que ces décisions
sur la libéralisation et la promotion des échanges à l’intérieur de la Communauté
soientcorrectementappliquées par nosadministrations nationales sur le terrain.
D’une part, l’irréversibilité de notre option pour construire notre Communauté,
d’autre part, le cadre idéal de concertation et de coopération que constitue la
CEDEAO, enfin, le fait qu’aujourd’hui, le monde extérieur cite la CEDEAO
comme modèle d’instrument de développement intégré, nous confèrent de lourdes
responsabilités dans la réalisation des premières actions concrètes que nous
initions.C’est pourquoi nous devons de plus en plus prendreconscience du poids et
de la force que représentecet outil.
29La conjoncture économique internationale dans laquelle évoluent aujourd’hui nos
économies est un vaste sujet de préoccupations.En effet, depuis notre rencontre de
Lomé, force nous est deconstater que rien de substantiel n’a été fait pour remédier
aux crises qui secouent le monde.Ce qui retient davantage notreattention, c’est la
persistance de la hausse des prix des produits manufacturés, de l’inflation et du
chômage, faceà une dégradationcontinue des prix des produits debase, et partant,
à unamenuisement des ressources de nos pays.
Ainsi la loi du marché qui est imposée au commerce de nos matières premières
joue plus que jamais contre les efforts de nos populations, créant pour nos
gouvernements des situations decrises latentes.
Aux calamités naturelles et aux conditions climatiques peu favorables qui ont
entraîné pour un certain nombre de nos pays, une baissejamais connue de leurs
productions agricoles, il faut ajouter une baisse constante et inadmissible des prix
de nos produits d’exportation, qui annonce à nos économies des perspectives de
plus en plus sombres.
Aujourd’hui, pour la plupart de nos paysc’est la structure même des économies qui
est fondamentalement remise en cause par des balances commerciales et des
paiementsconstamment déficitaires, par desbudgetscontinuellement déséquilibrés
et par une situationalimentaire déplorable pour nos populations.
Devant un tel fléau, notre nécessaire solidarité doit s’affirmerafin de permettreaux
uns et aux autres de surmonter ces difficultés qui ne peuvent plus êtreconsidérées
commeconjoncturelles.
C’est pourquoi, nous pensons que la CEDEAO doit désormais s’exprimer d’une
seule voix lorsqu’il s’agit de défendre les prix de nos produits agricoles et de nos
matières premières.
Mieux, il nous faut procéder à la définition de programmes concertés de
production, deconservation et pourquoi pas, de transformation de nos produits,afin
de mettre nos économies à l’abri des fluctuations. De même, la politique
d’autosuffisancealimentaire doit nousconduireà entrevoir la promotion rapidede
programme de production et d’échange de biens alimentaires. C’est pourquoi il
nous semble urgent d’inviter les responsablesconcernés, pour uneconcertationafin
que chacun dans son secteur, traduise cette volonté dans les faits. A cet effet, et à
notre demande, le secrétaire exécutif a fait entreprendre des études relatives aux
programmesagricoles qu’ilconvient de faire examiner dans les meilleurs délais par
les ministres de l’Agriculture. S’agissant de la crise de l’énergie, nous pouvons
affirmer que les pays membres de la CEDEAO recèlent d’énormes potentialités
énergétiques qu’il faut inventorier rapidement.
30Enfin la mise en œuvre de cette première phase de libéralisation des échanges à
l’intérieur de notre Communauté appellera très tôt l’étude de la disparité des
systèmes monétaires qui risque de constituer un véritable frein à la promotion et à
l’intégration de nos échanges. En réalité, la b onne exécution du programme
prioritaire de laCommunautéainsi que l’évolution harmonieuse decelle-ci, exigent
unecoopération dynamique dans le domaine monétaire.
Sur ce point, je suis heureux de vous annoncer qu’une étude du Fonds Monétaire
International sur le problème de laconvertibilité des monnaies vient d’être soumise
à une réunion duComité desGouverneurs desBanquesCentrales.
Si les résultats des travaux de nos experts pouvaient rapidement déboucher sur une
solution pratique de convertibilité entre nos monnaies, cela permettrait à nos
opérateurs économiques d’évoluer sur un terrain moins mouvant, dans leurs
transactions.Il est réconfortant deconstater qu’àce jour, malgré les difficultés que
connaissent la plupart de nos Etats, sur un capital appelé du Fonds de 50 millions
de dollars, plus de 37 millions (soit 75 %) sont effectivement libérés alors que les
proportions sont encore meilleures pour la contribution au budget. Cependant, je
voudrais une fois de plus lancer unappel pressantà tousceux qui n’ont pas encore
ratifié lestextes de base de nos Institutions, et n’ont pas encore verséleurs
contributions au budget ou au titre du capital du Fonds pour qu’ils honorent leurs
engagements.
C’est au prix d’une volonté politique constamment renouvelée d’aborder dans un
esprit d’ouverture, deconcertation, de solidarité dans la mise en œuvre de toutes les
ressources matérielles et immatérielles de nos pays, que notre jeune Communauté
remportera d’autres victoires et contribuera à sa manière à l’édification d’une
Afrique forte et prospère.
Vive laCommunautéEconomique desEtats de l’Afrique de l’Ouest !
Vive laCoopérationRégionale pour que viveL’unitéAfricaine !
31W:EGx/:xG;:$G@sKysxGKy/sWKy5
$:x5y0W@@Gx0sy5s$y/WK;G$bxW;:s/$EsExsGx$
S^yW:/d t d
*****
Messieurs lesMinistres,
Monsieur lePrésident de l’AssembléeNationale,
Messieurs lesOfficiersSupérieurs etSubalternes,
Messieurs lesCommissairesRégionaux,
Messieurs lesChefsTraditionnels,
Mesdames lesPrésidentesRégionales de l’UnionNationale desFemmes duTogo,
Messieurs les Secrétaires Régionaux de la Confédération Nationale des
Travailleurs duTogo,
Messieurs les Délégués Régionaux de laJeunesse du Rassemblement du Peuple
Togolais,
Mesdames,Messieurs,
Militantes etMilitants de laRévolutionTogolaise,
Encore une fois, nous voici réunis danscetteMaison duRassemblement duPeuple
Togolais, pourcontinuer le dialogue fécond de laNouvelleMarche, que nousavons
entamé depuis bientôt quinze ans. Comme j’ai eu souvent l’occasion de vous le
dire, le sens de notre responsabilité nous fait obligation de ne pas jouer avec le
destin du peuple.
C’est pourquoi, lorsque lescirconstances l’exigent, nous nous faisons le devoir de
vous entretenir des problèmes brûlants, auxquels le pays est confronté et qui
intéressenttoute laNation.
Aujourd’hui, je voudrais ensemble avec vous, réfléchir sur une situation qui
menace dangereusement l’avenir de la nation, si des mesures urgentes ne sont pas
prises, pour y faire face immédiatement.Vous n’êtes pas sans savoir les problèmes
économiques qui assaillent le monde actuel en général, et les pays en voiede
développement en particulier.
En effet, depuis bientôt 10 ans, la crise économique la plus grave que connaît le
mondeaprès la dernière guerre mondiale, semble s’installer définitivement.
L’humanité tout entière est secouée par l’ampleur d’un désordre économique, qui
bouleverse toutes les prévisions, même des pays industrialisés, et perturbe
profondément la situation déjà précaire des nations et développement.
32Les experts les plus optimistes ne nous prédisent pas des lendemains meilleurs, et
quand même ils le feraient, ne nous indiquent pas l’année qui verra la fin de cette
crise.
Face à cette situation, nos jeunes pays qui sont les plus menacés, encaissent plus
durement les diverschocs etconvulsions en résultant.
Ces coups sont encore plus sévères pour ceux qui, comme notre pays, ne sont pas
producteurs de pétrole.
L’injustice qui règne dans les échanges commerciaux, entre les pays industrialisés
et ceux en développement, l’arbitraire qui préside à la fixation du cours des
matières premières en provenance des pays nouvellement indépendants, et le
déséquilibre, souvent en leur défaveur, des balances des paiements, appellent une
sensibilisation permanentede nos populations aux problèmes du contrôle de notre
production, et singulièrement la productionagricole, qui est l’un de nosatouts.
Cetteconjoncture internationale extrêmement difficile, obligechaque pays,chaque
nation à s’organiser, à mobiliser ses ressources, à canaliser ses énergies, et à
observer une disciplinecollective,afin de se protéger pour mieux juguler la hausse
sans cesse croissante du taux de l’inflation dont les conséquences frappent encore
plus durement les pays dont les économies reposent essentiellement sur la
productionagricole.
Il y a quatre ans, nous avons, ensemble et ici même, lancé la campagne pour la
Révolution Verte, dont l’objectif prioritaire était d’assurer à nos populations une
production agricole suffisante pour leur alimentation. Cette campagne pour
l’autosuffisance, n’a pas été un slogan vain. Elle a été un véritable pari, un
engagement solennel, une profession de foi, qui a soulevé votre enthousiasme et
suscité votreadhésioncollective et totale.
Vous vous souvenez,à l’époque, les prix descéréales qui sont labase essentielle de
notre alimentation, avaient atteint des niveaux jamais connus et nous avons
enregistré le prix du sac de maïs ou milà 19.000 francs.
Ayant écouté et entendu notreappel, vous vous êtescourageusement misau travail,
et les résultats ne se sont pas fait attendre, puisqu’un an après seulement, les prix
reprenaient leur niveau normal,c’est-à-dire environ 5.000 francs pour le même sac
de maïs ou mil.
Fort decette expérience, nousconvenions de persévérer dans l’effort,afin de nous
mettre définitivementà l’abri de l’imprévisible.
33A l’ouverture de ce séminaire du 7 mars 1977, je vous disais ceci: «Si nous
sommes impuissants face à l’inflation importée, nous devons tout faire pour lutter
contre la flambée de prix de notre production intérieure ».
Militantes etMilitants,
Cette politique de l’autosuffisancealimentaire ne serait qu’un leurre si lesTogolais
malgré les efforts constants et soutenus que nous déployons dans le domaine de
l’agriculture, ne devaient pas manger à leur faim et surtout, ne point disposer des
biensalimentaires produits par eux-mêmes et pour eux-mêmes.
Par la Révolution Verte, nous avons ensemble, décidé de produire plus pour
dépendre moins de l’extérieur. Cela suppose que nos productions doivent d’abord
répondreauxbesoins de laconsommation intérieure,avant que les surplus dégagés
ne soit exportés.
Pour répondre à cet objectif, le Parti et le Gouvernement ont mis en place de
nombreuses structures chargés d’encadrer les paysans et d’organiser la production
sur desbases nouvelles, plus modernes, et plus rentables.
Ainsi TOGOGRAIN, TOGOFRUIT, l’ONAF, l’ODEF, la CNCA, la SRCC et les
autres organismes ont été créés à cette fin. Pour encourager les paysans,
d’importantes mesures ont été prises en leur faveur. Les prix pour l’ensemble des
produits de rente, le coton, le café, le cacao ont été relevés. Chaque année, l’Etat
consent des subventions de plus d’un milliard de francs, pour l’achat des engrais et
pesticides, destinés aux agriculteurs. Depuis 1975, tous les paysans sont exemptés
du paiement de la taxecivique.
Nous avons organisé des concours, foires et expositions agricoles, en vue de
sensibiliser et de mobiliser les populations rurales et urbaines à améliorer leur
rendementagricole.
Ces efforts sont soutenus par des dotations financières consenties aux sociétés
agricoles en vue de leur permettre d’intensifier leurs activités et d’élargir leurs
domaines d’intervention.
La CaisseNationale de CréditAgricolea ouvert uneagence danschaque région et
même dans certaines préfectures pour accorder aux paysans et aux fonctionnaires
des moyens financiers nécessaires à la mise en valeur des exploitations familiales.
Traditionnellesainsi que des grandes surfaces.
34Avec le lot important de matériels de labour, de traction et de défrichement
modernes, que l’Etata acquis et mis à la dispositiondes paysans, tous les moyens
sont réunis pour donner à notre Révolution Verte toutes les chances de succès.
Aujourd’hui, nous pouvons dire que la politique de l’autosuffisance alimentaire a
donné des résultats fort encourageants, qui nous permettraient d’atteindre déjà les
objectifs que nous nous étions fixés, si des spéculateurs, véritables pêcheurs en eau
trouble, ne sabotaient notre politique par ce commerce illicite, qui n’est profitable
qu’à eux.
C’est pourquoi, dans l’immédiat, faceàce réseau de spéculateurs, qui s’organisent
pour asservir économiquement notre pays et priver nos populations laborieuses du
fruit de leur effort, il est impérieux que nous prenions des mesures rigoureuses pour
mieuxcontrôler lecommerce de nos denréesalimentaires.
Car vous le savez, ces spéculateurs dont les actes constituent de véritables
sabotages économiques, profitent de l’abondance des récoltes pour acheter les
produits vivriers aux cours les plus bas. S’ils ne transfèrent pas frauduleusement
leurs marchandises vers d’autres pays, où ils les écoulentauxcours les plus élevés,
réalisant parfois des bénéfices de l’ordre de 200 %, il les stockent pour provoquer
une fausse pénurie dont l’effet est d’entraîner une hausse exorbitante du prix des
produits sur le marché local.
Ce qui, dans un cas comme dans l’autre, leur permet de réaliser des profits
démesurésau détriment des populations laborieuses, et partant, de laNation.
Ces pratiques quiabusent du dénuement du paysan, vont jusqu’à l’achat sur pied,à
un prix dérisoire, du mil, du maïs, du sorgho ou de l’igname.
Tous ces procédés illicites, qui sapent les fondements essentiels de notre politique
d’autosuffisance alimentaire, exigent de chaque militant, quel que soit le niveau
auquel se situe sa responsabilité, un regain de vigilanceafin qu’un terme soit mis à
ce commerce malhonnête. Nous devons savoir que le Togo est apprécié de
l’étranger, en raison ducoût de la vie qui est des plusbas de la région.
Nous ne pouvons pas, au risque de nous lancer dans un processus inflationniste
dangereux, augmenter tous les ans, les salaires des travailleurs. Tous les citoyens
doivent pouvoir, avec leur salaire honnêtement gagné, acquérir les biens
alimentaires nécessairesà leur survie.
MesCherscompatriotes,
35Les effortsconsentis par lacollectivité nationale, pour lebonheur de tout unchacun
sont énormes.Nous devons tout faire pour en tirer le maximum de profit.
L’on dit souvent que gouverner c’est prévoir. Dans nos pays où le déficit
alimentaire est lié, non seulement à l’insuffisance des moyens techniques, mais
aussiaux aléas climatiques, nous devonsconstamment veillerà prévenir les temps
durs, surtout la sécheresse qui s’annonce déjà à nos frontières, et dont les
conséquences sont toujourscatastrophiques pour nos productionsagricoles.
Pour prévenir ces moments difficiles et garantir aux paysans un prix raisonnable
des produits alimentaires, le Parti et le Gouvernement ont créé TOGOGRAIN,
L’Office National chargé de l’achat, du stockage et de la commercialisation des
produits vivriers.
Lacapacité de stockage dont disposecet office est de 15.000 tonnes, mais,àcause
des spéculations et ducommerce illicite qui sévissent sur le marché decéréales, les
silos deTOGOGRAIN sont vides.
Si nous ne prenions garde, faceàcette situation, il fautcraindre que dans les mois à
venir, nous ne soyons obligés, malgré lesconditionsclimatiques très favorables que
nous avons connues cette année et qui présagent des récoltes abondantes, de
recourir à des devises pour importer du maïs, du mil, du sorgho, de l’igname, qui
sont labase de l’alimentation de nos populations. C’est pourquoi je lance ici un
appel pressant à tous, afin qu’ils fassent triompher l’intérêt collectif, face à
l’ambition mercantile de quelques individus, et que le fruit de l’effort des masses
paysannes soit préservé.
Il est temps qu’une prise de conscience réelle se réalise au niveau de tous, et que
chacun de nouscomprenne et prenne sa responsabilité devant l’Histoire.
Ainsi tous les responsables politiques et administratifs doivent conjuguer leurs
efforts, pour empêcher que notre production quitte le territoire national en fraude,
pendant que noscompatriotes ne trouvent pas le produit désiréà un prixcompatible
avec leur revenu.
Les paysans producteurs eux aussi, doivent constituer les stocks nécessaires à leur
alimentation et celle de leur famille, et éviter decéder facilement à la tentation du
gain hâtif, qui est l’appât que leur tendent les spéculateurs.
Messieurs lesMinistres,
Monsieur lePrésident de l’AssembléeNationale,
Messieurs lesDéputés,
36Messieurs lesOfficiersSupérieurs etSubalternes,
Messieurs lesCommissairesRégionaux,
Messieurs lesChefsTraditionnels,
Mesdames lesPrésidentesRégionales de l’UnionNationale desFemmes duTogo,
Messieurs les Secrétaires Régionaux de la Confédération Nationale des
Travailleurs duTogo,
Messieurs les Délégués Régionaux de laJeunesse du Rassemblement du Peuple
Togolais,
Mesdames,Messieurs,
Militantes etMilitants de laRévolutionTogolaise,
Voici l’essentiel de la réflexioncollective, qui doit nous retenir en ces deux jours
de travail.
Le sentiment de solidarité qui doit nous animer face à l’intérêt supérieur de la
Nation, commande que chacun de nous prenne sur lui de mener avec conscience
cettecompagne en faveur de tout le peuple.
Cet objectif, lui aussi, n’est pas ambitieux si un peu de sentiment nationaliste
animait tout un chacun de nous, afin que notre sens de solidarité et de fraternité
triomphe des égoïsmes decertains d’entre nous.L’avenir duTogo en dépend.
Vive laRévolutionVerte pour que vive leTogoNouveau !
37Es$s/GWRRs0sG55GGKxGb:%5sm:GbWb:5ysxG;G0hsKG
2;G~G:KGxWRRGx/byx@3rhyWrsgyK]bxG@sGx@sKs$/xG B
2S$Gb/G@%xGd t d
*****
Nous voici une fois encorechez vous, entouré du même accueil fraternel qu’il y a
7ans lorsque nousavions pour la première fois foulé le sol de votre grand et beau
pays, laChine.
Qu’il me soit donc permis, M. le Premier Ministre, d’exprimer à vous-même, au
grand peuple de Chine, à son prestigieux Parti et à son gouvernement, nos
sentiments de profonde gratitude, pour l’accueil particulièrement amical et
chaleureux qui nous a été réservé depuis notre arrivée ici. Je voudrais saisir cette
occasion pour transmettreau peuple de Chine le salutamical et militant du peuple
togolais, réconcilié et uni dans son parti d’avant-garde, le Rassemblement du
PeupleTogolais.
Notre présente visitenous donne l’occasion de faire, grâce aux multiples contacts
et entretiens que nous aurons avec vous-même et vos collaborateurs ainsi que
d’échanges de vue sur les questions d’intérêt commun, sans oublier celles qui
touchentaux relations économiques internationales età la paix.
Nous voulons d’abord féliciter le peuple et le gouvernement chinois des multiples
occasions qu’ils nous ont données de suivre les efforts déployés depuis quelques
années pour le développement de la grandeChine dans tous les domaines.
C’est pour nous également l’occasion de souligner lesconclusions très importantes
ede la 6session plénière du onzième Comité central tenue du 17 au 29 juin 1981
equi,accueillant le 60 anniversaire de la fondation duPartiCommunisteChinois, a
élu le secrétaire général, Hu Yaobang, au poste du président du Comité central du
Parti.
Nous le félicitons chaleureusement et lui souhaitons beaucoup de succès à la
direction duParti.
38La visite au Togo de son Excellence, M. le Vice Premier Ministre et chef du
Département des Liaisons Internationales du Comité central du Parti Communiste
Chinois, le séjour au Togo du 8 au 14 janvier 1980 d’une délégation chinoise
conduire par M. le chef adjoint du Département des Liaisons Internationales du
Comité central du Parti communiste Chinois ont permis de fructueux échanges de
points de vue sur les problèmes internationaux et le développement économique de
nos deux pays.
e
A travers les travaux du 11 congrès du Parti Communiste Chinois, et de la
epremière session de la 5Assemblée populaire nationale, nousavons pu mesurer le
chemin parcouru par la République Populaire de Chine, pendant ses trente années
d’existence.
Nous sommes persuadés que l’objectif défini par les instances duParti et du paysà
savoir: réaliser, avant la fin du siècle, la modernisation de l’agriculture, de
l’industrie, de la défense nationale et des sciences et techniques, seraatteint.
Ces quatre modernisations représentent non seulement pour la Chine, mais
également pour les pays du Tiers Monde, le plus grand impératif politiquede
l’heure.
eLes grandioses manifestations pour la célébration du 32 anniversaire de la
République Populaire de Chine montrent que les cadres et la masse populaire
soutiennent dans leur écrasante majorité la ligne politique et idéologique de votre
Parti.
Nous voulons saluer ici les grands efforts des dirigeants pour assurer au grand
peuplechinois unavenir serein et paisible.
Monsieur le Premier Ministre, l’esprit qui anime la coopération sino-togolaise est
exemplaire. Il nous a permis de conduire dans les principaux secteurs où cette
coopération s’est exercée, une action utile et efficace, hors de tout impérialisme.
C’est là, nous en sommes persuadés, qu’une matérialisation éloquente de cette
nécessaire solidarité qui doit marquer lesbonnes relations entre les peupleschinois
et togolais. Ilme suffit de citer l’important projet hydro-agricole de Kpota, grâce
auquel les eaux du Zio enfin maîtrisées serviront à irriguer des terres agricoles
jusque là sous-exploitées.
39Ce barrage récemment achevé constitue non seulement l’un des plus éclatants
fleurons de notre coopération, mais aussi un instrument particulièrement utile au
service de notre Révolution Verte qui devra, au terme des cinq années d’efforts,
permettre au peuple togolais de produire en quantité et en qualité des biens
agricoles nécessairesà sonalimentation.
Le peuple togolais, sonParti et son gouvernement mettent en effetau premier rang
de leurs objectifs de développement l’autosuffisance alimentaire, clé de toute
indépendance.C’est pourquoi nousapprécionsà sa juste valeur, lacontribution que
laChine nousapporte dans la réorganisation et le réaménagement de nos rivières et
de notreagriculture en général.
Cette coopération qui s’est illustrée avantageusement dans le secteur agricole, est
promue à de plus éclatants succès dans le domaine industriel où nous avons
actuellement en chantier un complexe sucrier qu’appuie une importante plantation
decanne.
Ainsi, la coopération entre la Chine et le Togo se développe dans des secteurs
essentiels de notre économie où elle insuffle le dynamisme nécessaire et engendre
des effets d’entraînement vis-à-vis d’autre secteurs.
Nous formons donc le vœu quecettecoopération se développe toujours davantage
et se renforce en même temps qu’elle devra être étendue à des domaines où elle
n’était pas encore suffisamment illustrée. Nous pensons par exemple au secteur
industriel où nos deux pays pourront coordonner davantage leurs efforts, au
domaine politique où la Maison du Parti en construction à Kara constitue un
témoignage supplémentaire du dynamisme de nos rapports.
Monsieur lePremierMinistre, par-delà les relations strictementbilatérales, leTogo
resteattentif à tout ce qui toucheà l’évolution de l’économie internationale età la
paix.
A travers sa prestigieuse victoire, la Chine a, d’une façon remarquable, fait la
démonstration de son attachement à la paix. Le peuple togolais nourrit pour
luimême et pour toutes les nations, une ardente volonté de paix et de progrès. Cette
paix doit être réelle et concourir à l’émancipation effective de nos différentes
nations. C’est pourquoi le Togo, face au désarroi qui saisit notre temps et menace
l’équilibre international,a toujours préconisé le recoursau dialogue fraternel età la
concertation permanente pour rechercher dans la paix des solutions justes aux
douloureuxconflits qui secouent notre monde en entraînent chaque jour des pertes
de vies humaines.
40S’agissant de la situationauTchad, nous n’avons pas ménagé nos effortsau seinde
l’Organisation de l’Unité Africaine, et à l’occasionde nombreuses missions de
conciliation, pour amener les protagonistes à s’asseoir autour d’une table de
négociationafin de rechercher des solutions durablesàcesconflits.
Nous poursuivrons ces efforts dans le cadre desaccords de Lagos afin que la paix
et la sécurité reviennent dans ce pays frère qui n’a que trop souffert d’une guerre
fratricide, laquelle a ruiné l’économie du pays et profité en définitive à
l’impérialisme età sescopieuxarmuriers.
Mais avant toute solution définitive, il faudrait que semanifeste avec fermeté la
solidarité agissante des pays du Tiers Monde et des nations respectueuses, des
droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, afin que cessent les ingérences
extérieures qui paralysentaujourd’hui les initiatives de paix et de réconciliationau
Tchad.
En ce qui concerne l’Afrique du Sud, le Togo ne saurait s’accommoder de la
situation d’injustice et d’oppression qui prévaut actuellement dans cette régionoù
un régime indigne de l’heure et de notre temps et contraire à toute morale, se
maintient au prix d’une violenceinouïe sur une population dont le tort serait la
couleur de sa peau.
Nous enappelonsà tous les peuples debonne volontéafin que des pressions soient
exercées sur le gouvernement raciste de Pretoria afin qu’il emprunte la voie de la
raison et de l’histoire pour apporter les réformes politiques et sociales décisives
ouvrant des perspectivesà une société multiraciale et fraternelle.
L’Afrique du Sud devra tirer leçons de l’expérience du Zimbabwe qui offre
aujourd’hui au monde un modèle des nations où coexistent dans la paix et
l’équilibre retrouvés les sociétés qui, malgré leurs différences d’origines et de peau,
ontcompris qu’elles sontcondamnéesà vivre ensemble età œuvrer pour un destin
commun.
En ce qui concerne le Sahara Occidental, la solution est à rechercher dans un
dialogue franc et sincère entre les protagonistes suivant lesrésolutions de l’OUA et
de l’ONU.Nous ne sous-estimons nullement la difficulté dece dialogue, mais nous
restons fermement convaincu qu’aucune solution durable ni acceptable ne saurait
être dictée par lesarmes.
S’agissant de la Namibie dont l’indépendance est inéluctable, le Togo comme le
reste des pays africains, demande que cette indépendance se fasse dans la paix
nécessaireà tout le peuple et dans le respect de l’intégrité de son territoire.
41Cette volontéde paix, nous souhaitons vivement qu’elle s’étendeà toutes les
contrées, où la guerre sous toutes ses formes sèmele désarroi, la misère et le
désespoir dans les rangs des populations innocentes.
Nous enappelonsà l’appréciation de toutes les entreprises d’ingérence orchestrées
de l’extérieur afin que soient rapidement réunies les conditions de paix durable
dans l’intérêt des peuples dece pays et de l’Afrique en général,car il n’est ni dans
l’intérêt des pays directementconcernés parcesconflits, ni de l’Afrique de voirces
guerres se prolonger indéfiniment, offrant aux uns et aux autres des prétextes de
multiples ingérences dans lesaffaires des paysafricains.
Monsieur lePremierMinistre,
ExcellencesMessieurs lesAmbassadeurs,
Mesdames etMessieurs,
Si nousavons tenuà être particulièrement net, sur les guerres larvées qui déchirent
le continent africain, qui constituent aujourd’hui les formes de déséquilibres
fondamentaux qui ne pourraient que conduire à la rupture de la paix, si des
solutions durables ne leur étaient trouvées.
Plus près de vous, des peuples frères de cette région connaissent eux aussi les
conséquences de l’ingérence étrangère dans la vie des jeunes nations. La plus
intolérable semble à notre avis, la situation qui prévaut en Afghanistan où semble
s’installer définitivement malgré la récrimination générale de l’opinion mondiale,
le principe selon lequel la force prime le droit.
Il est temps que la conscience humaine se révolte face à cette situation et que les
nations redéfinissent sur desbases de justice et de droit, les relations nouvelles qui
doivent les lier.
Les problèmes duMoyen-Orient sontaussi révoltants pour laconscience humaine.
Là aussi, la justice doit pouvoir triompher. L’Afrique, quant à elle, aspire
profondément à la paix. Elle ne peut jouer aucun plein rôle aux côtés des autres
continents qu’en assurant sa cohésion interne, son équilibre et son indépendance.
Elle doit, dès lors, être soustraiteà toutes les querelles etcompétitions idéologiques
engagées à l’échelle planétaire par les grandes puissances et dont elle ne peut que
faire les frais. Aucune solution durable aux problèmes humains n’a jamais été
dictée par lesarmes.
C’est au contraire par le dialogue et la concertation que les solutions sont
facilement trouvées aux problèmes qui annihilent tant d’efforts et de sacrifices.
Monsieur le Premier Ministre, dans un monde en désarroi, profondément saisi par
42