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Introduction aux relations internationales

De
80 pages
Mamadou Bamba propose ici d'expliquer la controverse doctrinale autour de la définition des relations internationales. Courant réaliste, de l'interdépendance, ou courant marxiste, sont autant d'approches différentes qui font émerger la complexité à appréhender les dynamiques sur la scène internationale, et surtout tenter d'y apporter les réponses adéquates. Face à un monde en permanente évolution, le choix des matériaux et des outils utilisés par les experts sont cruciaux pour l'analyse de ces relations.
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MAMADOU BAMBA INTRODUCTION AUX RELATIONS INTERNATIONALES
Du même auteur Les menaces émergentes à la paix et à la sécurité e n Afrique de l’Ouest et du Centre : de 1990 à nos jours,L’Harmattan, 2015. La légitimité et la légalité de la révision constit utionnelle pour la suppression de la limitation du mandat présidentiel!, WATHI, 2015. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.Com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanl@wanadoo.fr EAN Epub : 978-2-336-79605-5
AVANT-PROPOS
« L’ambassadeur et le soldat vivent et symbolisent les relations internationales qui, en tant qu’interétatiques, se ramènent à la diploma tie et à la guerre ». Raymond Aron,Paix et guerre entre les nations. Cet ouvrage se propose de faire une lecture actuali sée des relations internationales, à l’aune des faits nouveaux, des menaces émergentes à la paix et à la sécurité internationale, de la reconfiguration des grands pô les étatiques, mais aussi et surtout, avec l’adoption des Objectifs du Développement Dura ble (ODD) qui marquent le renouvellement de l’engagement international pour l a paix, la sécurité et le développement avec, au cœur de cet acte fort, les d roits humains. En premier lieu, destiné aux étudiants en sciences juridiques, cet ouvrage, qui aborde diverses thématiques internationales, préten d servir à tout projet de recherche sur les questions d’ordre international. Par conséq uent, il ne saurait laisser indifférents tous les chercheurs, les experts et autres professi onnels impliqués dans le domaine des relations internationales, des sciences politiq ues et de la paix et de la sécurité internationales.
SlGLES ET ABRÉVIATIONS
AIEA : Agence internationale de l’énergie atomique CADHP : Charte africaine des droits de l’homme et d es peuples CAE : Chambres africaines extraordinaires CDI : Commission de droit international CEE : Communauté économique européenne CPI : Cour pénale internationale CEDEAO : Communauté économique des États de l’Afriq ue de l’Ouest CEEAC : Communauté économique des États de l’Afriqu e du Centre CENTO : Central Treaty Organization CAEM : Conseil d’assistance économique mutuelle CER : Communautés économiques régionales DIP : Droit international public EPU : Examen périodique universel FIS : Front islamique du salut FMN : Firmes multinationales MSF : Médecins Sans Frontières ONG : Organisation non gouvernementale OTAN/NATO : Organisation du traité de l’Atlantique Nord/North Atlantic Treaty Organization OIG : Organisations intergouvernementales OEA : Organisation des États américains ONU : Organisation des Nations Unies OCED : Organisation de coopération et de développem ent économique OECE : Organisation européenne de coopération écono mique OIT : Organisation internationale du travail OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement OMC : Organisation mondiale du commerce ONG : Organisations non gouvernementales OUA : Organisation de l’unité africaine PNUD : Programme des Nations unies pour le Développ ement PIDCP : Pacte international relatif aux droits civils et politiques PIDESC : Pacte international relatif aux droits éco nomiques, sociaux et culturels RI : Relations internationales RSS : Réformes du secteur de la sécurité SDN : Société des Nations STN : Sociétés transnationales TPI : Tribunal pénal international USA : États-Unis d’Amérique UA : Union africaine UE : Union européenne URSS : Union des républiques socialistes et soviétiques
INTRODUCTION
Si pour certains, l’étude des relations internationales (RI) en tant que science est à situer à partir de l’année 1945, pour d’autres, en revanche, elle remonterait à la période de la fin de la 1 Seconde Guerre mondiale . Cela dit, les relations internationales connaîtront leur développement à partir des années 1945, avec les théories qui émergeront et contribueront à les doter d’outils d’analyse. Fondamentalement, les relations internationales s’intéressent aux rapports entre les États sur la scène internationale. Ainsi, les nombreux événements qui ont ébranlé l’histoire de l’humanité parmi lesquels les deux grandes guerres mondiales, les crises financières de Wall Street en 1929, la chute du mur de Berlin en 1989 et, plus récemment, les attaques terroristes contre les tours jumelles aux États-Unis d’Amérique, en septembre 2001, restent des faits saillants pour les spécialistes de cette discipline. Mais plus près de nous, sur la scène africaine, on pourrait aisément citer l’avènement du groupe islamique radical, Boko Haram qui, aujourd’hui, est apparu comme un élément d’analyse pour les relations internationales. Au fond, on dirait des relations internationales qu’elles ont pour objet l’analyse des événements qui meublent la scène internationale. À ce niveau, il serait utile de souligner que ces événements ne devraient pas être perçus comme des faits isolés, car, comme le soulignent certains spécialistes des relations internationales, ces faits renvoient à leurs 2 dimensions stratégiques, diplomatiques ou économiques . Néanmoins, il convient de rappeler aux lecteurs que les relations internationales ne sauraient être réduites aux seuls faits belliqueux ou conflictuels. En effet, les interventions des acteurs étatiques sur la scène internationale, autrement dit, au-delà de leurs frontières, les plongent dans le viseur des analyses des relations internationales. C’est dire alors que dès l’instant où les États-Unis d’Amérique et leurs alliés avaient décidé d’aller en guerre en Afghanistan ou encore en Irak, 3 contre ce qu’ils ont nommé l’« axe du mal » , leurs actions s’inscrivaient dans le cadre matériel des relations internationales ; de même, dès l’instant où les autorités politiques d’un État comme la Côte d’Ivoire décident de renforcer leurs relations avec un pays tiers, tout en y ouvrant une représentation diplomatique, celles-ci intègrent le champ analytique des relations internationales. Lorsque l’Égypte a décidé d’effectuer l’achat de 24 avions de chasse Rafale de marque française et fabriqués par une firme française, pareille décision a également intéressé les spécialistes des relations internationales. Enfin, la décision du gouvernement français d’apporter son assistance au gouvernement guinéen lors de la crise de la maladie à virus Ebola, à travers le financement d’organisations non gouvernementales (ONG) de nationalité française, comme Médecins Sans Frontières (MSF), apparaît directement comme un acte intéressant les relations internationales. Au regard de tous ces éléments de considération, qui devraient être vus comme entrant dans le champ d’analyse des relations internationales, nous dirons de cette discipline qu’elle a pour objet l’étude scientifique des structures et des fonctions de l’ensemble des acteurs (États, organisations internationales, entreprises multinationales, ONG...) du système 4 international . Autrement dit, les relations internationales s’intéressent de façon particulière à la société internationale sous ses diverses formes, notamment sous l’angle politique, stratégique et économique, y compris les aspects sociaux et culturels des rapports entre les 5 acteurs sur la scène internationale . Pour parvenir à ses fins, les relations internationales ont recours à des outils d’analyse propres utilisés par les spécialistes de la matière. Ces outils restent, à l’instar de bon nombre de sciences sociales, des courants d’idéologie développés par des théoriciens des relations
6 internationales et qui feront l’objet de développements ci-dessous. Par ailleurs, il est bon de souligner que les relations internationales se veulent transversales en ce sens qu’elles ont recours et entretiennent une certaine proximité avec diverses disciplines qui leur permettent d’affiner leurs outils d’analyse des faits sur la scène internationale. Ainsi, les RI font appel à des disciplines comme le droit international, l’histoire, l’économie ou encore la sociologie. Préalablement, il convient de nous engager dans une voie de définition du concept des relations internationales.
I- DÉFINITION DES RELATIONS INTERNATIONALES
La définition des relations internationales est relative et contingente. Elle varie selon les 7 approches doctrinales développées ou selon l’objectif visé par l’analyse qui, pour ce faire, 8 aura recours à un outil approprié .A priori, l’une des définitions les plus basiques qu’il conviendrait d’attribuer aux RI serait de les considérer comme l’étude de « tous les rapports et flux transfrontaliers, matériels ou immatériels, qui peuvent s’établir entre deux ou plusieurs 9 individus, groupes ou collectivités » . Aussi intéressante que cette définition puisse paraître, elle donne une vue globale de l’approche des RI en ce sens qu’elle les appréhende dans leurs objectifs globaux, à savoir accorder une attention particulière à tout ce qui se passe au-delà des cadres internes des entités étatiques. Ainsi, cette définition a l’avantage de camper les RI dans l’analyse de ce qui apparaît comme une décision interne en termes stratégiques ou 10 d’alliance ou en termes de mobilisation trans-nationale et qui pourrait très certainement avoir des impacts positifs ou non sur les relations que le pays ou la collectivité (groupe d’individus ayant une attache avec un pays) entend développer avec d’autres pays ou collectivités en dehors de ses frontières. Si, pour ces acteurs, ce qui importe demeure l’objectif à atteindre, pour les spécialistes des RI en revanche, ces derniers s’engagent dans une voie qui n’est rien d’autre que le cadre des relations internationales. Dans ces conditions, ces acteurs placent sous le viseur analytique des spécialistes des RI qui ont recours, selon qu’ils appartiennent à une doctrine ou à une autre, aux outils propres à leur courant d’idées. Il s’agit principalement du courant réaliste, du courant de l’interdépendance et du courant marxiste que nous essaierons de passer en revue dans les prochains développements.
A — Courant réaliste
Apparue pour la première fois aux États-Unis d’Amérique, notamment au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cette théorie met l’accent sur le rôle essentiel de l’État dans les RI, tout en insistant sur le fait que les relations internationales sont, par essence, conflictuelles. 11 Pour cela, elle remet en cause la théorie de l’idéalisme wilsonien . Le courant réaliste est en faveur d’un système international marqué par une anarchie au sein duquel l’État est appelé à 12 imposer sa suprématie à travers sa puissance à tous les niveaux . Dans ces conditions, la stabilité et la paix internationales dépendent d’un équilibre des forces en présence. On comprend alors que cette période de l’après Seconde Guerre mondiale ait été marquée par la présence sur la scène internationale de deux grandes puissances mondiales, à savoir les USA et l’Union des républiques socialistes et soviétiques (URSS). Pour ces raisons, les réalistes n’étaient pas du tout en faveur d’une idéologie qui voulait d’un monde fondé sur des valeurs idéalistes, mais plutôt pour un monde où les rapports se réguleraient en fonction des réalités du terrain. En d’autres termes, les réalistes avaient une conception du monde gouvernée par des lois objectives ou caractéristiques naturelles immuables. Le changement ou le progrès n’est possible que s’il est fondé sur la connaissance et la prise en compte de 13 ces contraintes . Durant la période de la guerre froide, on pouvait observer, de façon objective, un équilibre des forces entretenu et gouverné par deux grandes puissances auxquelles s’était accroché un