L'Afrique des timocrates

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157 pages
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Description

En Afrique, ployant sous l'usure du pouvoir et des promesses au peuple souvent non tenues, la plupart des dirigeants post-indépendances se distinguent par leur mutisme. Parce que les « rois/princes » sont fainéants, des menins prennent en otage les institutions étatiques.
À l'instar du Cameroun, des régimes s'illustrent par des tentatives de réinvention destructrices : népotisme, délation, crétinisme, violences et homosexualité stratégique, entre autres, (ré)-apparaissent comme des attributs de pouvoir et de domination.
Dans le sillage africain, la démocratie de type occidental serait-elle un idéal lointain ? Faudrait-il définitivement appréhender cette partie du monde comme un objet d'étude spécifique ? Ce livre préconise une démarche contraire, car il apparaît que la spécificité africaine a essentiellement comme inconvénients le rejet de l'État de droit et du constitutionnalisme.
À défaut d'intégrer les principes démocratiques, les dirigeants du continent noir devraient au moins partager les valeurs républicaines et ce, en guise de reconnaissance pour des peuples qui, malgré tout, glorifient leurs « rois » et célèbrent leurs compagnons. Par-delà l'analyse d'un régime, le livre saisit le leurre de la démocratie en Afrique depuis 1990.

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Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de visites sur la page 7
EAN13 9782849242421
Langue Français

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L’Afrique des timocrates
La politique des privilèges
collection coordonnée par Annie VerdeletLamare
I mage de couverture : © Benjamin Haas  Fotolia.com © É ditions du Cygne, Paris, 2011
www.editionsducygne.com I SBN : 9782849242421
Léon Koungou
L’Afrique des timocrates
La politique des privilèges
É ditions du Cygne
Du même auteur :
L e régime de non prolifération nucléaireditions l’Harmattan, Paris,, É 2010
Défense et sécurité nationale en mouvement – Dynamiques des réformes, mutations institutionnelles en A frique subsaharienne, É ditions l’Harmattan, Paris, 2010
L ’échec des dieux, É ditions l’Harmattan, Paris, 2009
Introduction
Sommaire
I. La philosophie du pouvoir et des institutions A. La gestion spécifique des « hommes institutions » B. La création de mécanismes ad hoc liberticides
II. L e pouvoir dans les faits et les actes A. La flagornerie comme critère d’ascension sociale B. L’inertie au cœur du pouvoir
III. Dynamiques concurrentielles en société A. Les logiques attachées aux fonctions publiques B. Les pseudoopposants ou tartuffes de la cour
IV. L a réinvention des mythes autour du pouvoir A. La percée des « hommes de joie » B. L’emprise gérontocratique
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15 21 25
33 37 45
51 53 62
71 72 82
V. L a justice : un présent du roi à la société 91 A. L’absence du peuple : facteur de légitimation d’abus 92 B. Le président de la République : un procureur national 100
VI. L e passé et le futur au présent A. Le déni de la réalité du monde B. L’actualité du discours de Dakar de juillet 2007
Conclusion
N otes
Bibliographie
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139
143
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Introduction
Cet ouvrage est le résultat d’une remise en question – (r)évolution personnelle – d’une posture intellectuelle jadis défendue, à savoir, la nécessité d’étudier et d’appréhender l’Afrique dans sa spécificité. De ce fait, lors du colloque « L’É tat et le destin de l’Afrique », organisé dans le cadre du cinquantenaire des indépendances africaines par Les É ditions L’Harmattan, les 24 et 25 avril 2010 à Paris, j’intitulai mon intervention « Le syncrétisme stratégique comme modalité d’organisation de l’É tat postcolonial ». Ce faisant, je me prononçai pour la reconnaissance d’une organisation étatique qui allie modèle occidental et pratique locale. Si la démarche semble être d’un grand intérêt sur le plan épistémologique ; empiriquement, appréhender l’Afrique dans sa spécificité implique qu’elle constituerait un monde à part, au risque de trouver des excuses aux abus et autres distorsions à la gouvernance. Ainsi, mon enthousiasme d’hier se heurtetil, aujourd’hui, à des questionnements dont les réponses appa raissent dans ce que l’Afrique laisse réellement à voir au quotidien. E n outre, je ne manquerai de relever que ma volte face tient également à des échanges toujours enrichissants avec le professeur T hierry B alzacqBrapenning, chef de département de science politique à la FUNDPNamur et titulaire de la Chaire Tocqueville en politiques de sécurité, dont je suis membre actif. Au regard de son évolution en marge de la logique des 1 choses, maintes fois décrite par différents analystes , fautil 2 appréhender l’Afrique dans sa spécificité ? L’intérêt d’une telle démarche serait de sortir des analyses postcoloniales qui
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considèrent le modèle d’organisation de l’É tat africain post colonial comme une importation / imitation grotesque du modèle occidental. E n fait, force est d’observer que la plupart des analystes (africanistes) étudient les pays africains subsahariens en procédant à une analyse du haut vers le bas, 3 c’estàdire en situant les politiques publiques destinées à cette partie du monde dans le cadre plus général des grandes orientations des politiques publiques définies par les pays occidentaux à l’échelle globale. Ce n’est que par la suite que lesdits analystes saisissent l’influence des facteurs d’ordre interne sur l’élaboration des politiques publiques. Par contre, on peut également inscrire l’analyse portée sur le continent dans le sens contraire. Il s’agit de formuler une réflexion allant du bas vers le haut. Sous ce prisme, on peut dire que l’É tat africain postcolo nial est doté d’une culture propre qui définit son mode d’organisation politique, économique, culturel et militaire. E t ce n’est qu’ensuite qu’on admet que ces éléments constitutifs propres intègrent des éléments externes, notamment dans les différents cadres des partenariats bilatéraux et multilatéraux. L’É tat postcolonial emprunte à l’Occident et ce, sans toute fois rejeter son propre modèle forgé à travers un effort permanent. Il y a donc interaction entre modèles occidentaux et modèles africains. Le mimétisme observé s’accompagne 4 toutefois d’un processus de réappropriation et s’explique dans certains cas par la croyance en la supériorité des tech nologies institutionnelles provenant de l’Occident. O n dit alors que l’É tat postcolonial connaît une occidentalisation partielle/toilettée. D ans cette perspective, lorsqu’on étudie le fonctionnement de l’É tat postcolonial, il apparaît l’influence significative des partenariats externes, notamment la coopé ration bilatérale étroite avec l’excolonisateur en matière de gouvernance économique et militaire. Préoccupés par la réorientation des politiques publiques en vue de leur adapta
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