L'Afrique face à elle-même

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Description

Ce livre est un cri de révolte. Il est l'expression d'un ras-le-bol. Le mien, mais aussi celui des milliers d'Africains privés de la grâce de se réaliser et de s'accomplir sur la terre de leurs ancêtres, obligés de s'exiler en terres étrangères. Dans ce contexte, agiter le drapeau de l'esclavage et de la colonisation comme mobile majeur de la dépression africaine est un pas que l'on franchit souvent vite. Avons-nous le droit de nous complaire dans une quête permanente d'un bouc émissaire pour justifier nos malheurs d'aujourd'hui ?

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Date de parution 01 juin 2010
Nombre de visites sur la page 204
EAN13 9782336253053
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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L’AFRIQUE FACE À ELLE-MÊME
Le courage de la vérité

© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12321-2
EAN : 9782296123212

José Francisco Luemba

L’AFRIQUE FACE À ELLE-MÊME
Le courage de la vérité

Etudes Africaines
Collection dirigée par Denis Pryen etFrançois MangaAkoa

Dernières parutions

Étienne Modeste ASSIGA ATEBA,Croissance
économique et réduction de la pauvreté auCameroun,
2010.
Paul Gérard POUGOUE, Sylvain Sorel KUATE
TAMEGHE,Les grandes décisions de la cour commune
de justice et d'arbitrage de l'OHADA,2010.
O.I.F.2.D,Guide des valeurs de laDémocratie,2010.
Pascal Alain LEYINDA,Ethnomotricité et
développement. Jeux traditionnels chez les Ndzébi du
Congo-Brazzaville,2010.
Stanislas BALEKE,Éducation, démocratie et
développement. Une pédagogie pour aujourd'hui en
Afrique,2010.
Alexandre MOPONDI Bendeko Mbumbu,Approches
socioculturelles de l'enseignement enAfrique subsaharienne,
2010.
Léon NOAH MANGA,Pratique des relations du travail au
Cameroun,2010.
Fred-Paulin ABESSOLO MEWONO,L'automobile auGabon.
1930-1986,2010.
Bouopda Pierre KAME,Leshandicapscoloniauxde l'Afrique
noire,2010.
Mustapha NAÏMI,L'Ouest sconaharien :tinuetdiscontinu,
2010.
Jean-Marc ESSONO NGUEMA,L'impossible alternance au
pouvoir enAfrique centrale,2010.
Issiaka-Prosper L. Lalèyê,20questions sur la philosophie
africaine,2010.
Jean-EmeryETOUGHE-EFE,La restauration informelle en
Afriquesubsaharienne,2010.

A la mémoire de Mgr ErnestKombo etduP. José Faustino
Buillu, de Francisco Luemba etd’Isabelle M. Muanda

« Celui qui adore lesNègresestaussi « malade » que celui qui
lesexècre…
Inversement, le Noir quiveutblanchirsa race estaussi
malheureuxque celui qui prêche la haine duBlanc ».

FrantzFanon, Peaunoire, Masquesblancs

Remerciements

Le projet de cet ouvrage doitson émergence à des échanges
avecun ami etfrère :Serge Mboukoudontj’apprécie l’esprit
d’ouverture etla capacité d’analyse des problèmes africains. Je
lui en sais gré.
Ma profonde reconnaissance auprofesseur Jean-Paul
Resweber. Ses remarques m’ontpermis d’approfondir des
perspectives de cette recherche. Je dois la même reconnaissance
auprofesseur Pierre-André Dupuis qui, après avoir dirigé ma
thèse de doctorat, a continué à m’assurer de ses conseils éclairés
pour cetteœuvre.
Ma reconnaissance filiale etamicale à Mme Marie-Louise
Braud-Collin qui m’estsi proche dans mes jours de joie etde
détresse. Que MmeArlette Michel, MmeEvelyneEllo Hart,
Mme Jeannine Joshi, l’Abbé Paulin Pocoutatrouventici la
marque de ma sympathie etde ma gratitude.
Infinimentmerci auxamis etconnaissances dontles
encouragements, sans cesse renouvelés, m’ontaidé à aller
jusqu’auboutde cette réflexion. Je m’abstiens d’en donnerune
liste, aurisque d’en oublier certains.
Je n’oublie pas mes deuxfamilles deGrand-Bassam (Côte
d’Ivoire) etduCabinda (Angola) :un grand merci.

Avant-propos

«Vive les indépendances! »,clamait-on dans la liesse
lorsque le mouvement de la décolonisation a sonné le glas de la
gestion coloniale des territoires africains. L’heure était venue
pour l’Afrique de prendre en main son propre destin et celui de
ses populations. Une élite africaine émergente se sentait prête à
assumer cette lourde responsabilité face à l’histoire.

Mais si les indépendances ont revêtu une importance
indiscutable pour l’Afrique, elles se sont vite avéréesune
illusion dans les promesses de bien-être etde bonheur qu’elles
ontfaitmiroiter auxpopulations africaines.Celles-ci,
désenchantées, désabusées se sontlaissées aller, en signe de
désespoir, à des cris, ô combien révélateurs d’un malaise : «A
quand la fin des indépendances ? »Dans ce cri, on perçoit une
pointe de regret,un brin de nostalgie d’une époque à jamais
révolue, celle de la domination coloniale oùlavie semblait
moins précaire, où toutétaitmieuxorganisé, etc. Que l’on ne
tienne pas rigueur à nosvieillards qui regrettentainsi ce «temps
d’exil »vêtud’un semblantde rayonnement, comme les
hébreuxnostalgiques desviandes grasses dontils se gavaientà
volonté au temps de la captivité enEgypte.

Toutefois, ilya dusens dans le regretde nosvieillards. On
peut ydécrypter le sentimentde déception d’avoir ététrompés
par leurs propres enfants qui leur ontpromisunevie meilleure
lorsqu’ils prendraientles commandes de l’Afrique.Bref,
tergiverser là-dessus à l’infini ne sertà rien, reste que les
indépendances africaines sontbien là : ilyaune République de
Côte d’Ivoire,une République duSénégal,une République
Démocratique duCongo,une République duMali,une
République duGabon, etc.Etbeaucoup de ces républiques

11

s’apprêtentà célébrer leurs 50ans d’indépendance.C’est,
peuton dire, l’heure devérité oùchaque nation devratenter de
dresserun bilan.En ce qui me concerne etentantque fils
d’Afrique, j’yprends partàtravers cette modeste réflexion, en
pointantsans complaisance les paradoxes propres à l’Afrique et
en scrutantl’horizon d’un avenir possible. Je proposeun
dépassementdudiscours postcolonial etj’invite l’Afrique à la
maturité;c’est-à-dire à s’interroger sur la place qu’elle doit
occuper dans l’histoire humaine età se définirunevéritable
orientation dans la complexité dumonde actuel.

12

Introduction

« Notre peur la plusprofonde n’estpasque nousne
sommespasà la hauteur.
Notre peur la plusprofonde estque nous sommespuissants
au-delà detoute limite.
C’estnotre propre lumière etnon pasnotre obscurité qui
nouseffraie le plus.
Nousnousposonsla question « quisuis-je, moi ! pour être
brillant, radieux,talentueuxetmerveilleux?
En fait, qui êtes-vouspour ne pasl’être ? Vousrestreindre,
vivre petit, ne rend pas service aumonde.
L’illumination n’estpasdevousrétrécir pourvouséviter
d’insécuriser lesautres.
Elle nesetrouve pasnon pluschezquelquesélus.
Elle esten chacun de nous.
(…) En laissantbriller notre propre lumière, nousdonnons
inconsciemmentauxautresla permission de faire de même.
En nouslibérantde notre propre peur, notre présence
1
libère automatiquementlesautres». (Nelson Mandela)

Etait-il nécessaire de consacrerune énième réflexion à la
crise africaine, quand on saitl’abondance des publications dans
ce domaine? Je réponds par l’affirmative, car la question
demeure d’actualité;elle appelle des approches multiples et,
par devoir, il ne sera jamais assezd’yconsacrer des recherches.
Ma démarche s’inscritautantdans la continuité que dans la
rupture par rapportauxrespectables élaborations qui ont
précédé celle-ci. Au-delà de la quête rationnelle qui motive
cette recherche, je me sens affectivementsaisi par la question
de la crise africaine dufaitdulien culturel qui m’attache à ce
continent. Suzanne Mollo-Bouvier ne disait-elle pas que «toute

1
Nelson Mandela, ExtraitduDiscours d’investiture–Afrique duSud, 1994.

13

recherche a
1
auteur » ?

une

histoire

enracinée

dans

l’histoire

de

son

Peut-êtretrouvera-t-on mon propos acerbevis-à-vis de
l’Afrique. Mon amour pour ce continentestinconditionnel,
mais lavérité requiert un courage quitranscende les émotions.

Il semblaitrelever d’une démarche scientifique honorable
d’analyser la crise africaine selonune double causalité
endogène etexsogène :« Bienûr, la responsabilité des
malheurs ducontinentne peutêtre attribuée auxseuls facteurs
externes : l’Afrique estaussi « malade d’Il selle-même ».uffit
d’évoquer le pillage organisé par les classes dirigeantes…ou
bien les pratiques de redistribution par l’Etatdes ressources à
ses courtisans à partir des mécanismes de prédation qui ont
conduità la ruine de nombreuxpays africains…Mais on ne
peutmasquer le poids des réseauxmafieuxetdes lobbies divers
qui contrôlentles ressources stratégiques etsoutiennentles
dictatures corrompues. La plupartdes guerres etdes conflits qui
n’ontcessé d’appauvrir le continentnoir ne peuventse
comprendre en dehors des enjeuxgéopolitiques etéconomiques
que constituentle pétrole, l’uranium etle cuivre, le diamant, le
cobalt, l’or oul’aluminium que se disputentde puissants
2
groupes d’intérêts…» ou, comme l’a écritOdile Tobner,
« Bongo,Biya etconsortsvendent toujours les ressources de
l’Afrique pour être riches, dépouillantleurs frères. Mais sans
tentateur, pas detraître. Le responsable estbien celui qui se sert
des failles d’une communauté pour la détruire. Lestraîtres ne
3
sontque des complices » .Cette approche de la double causalité
de la crise africaine me paraîtaujourd’hui anachronique, et
partant, obsolète. Le paradigme de la responsabilité première de
l’Afrique doitdevenir le cadrethéorique à partir duquel il sera

1
Suzanne Mollo-Bouvier, «De la sociologie à la psychosociologie de
l’éducation oula délimitation d’un sujetde recherche », inRevue Française
de Pédagogie,n°78, janvier-février-mars 1987, p.65.
2
Jean-MarcEla, cité par Jean-ClaudeDjéréké,L’Afrique refuse-t-ellevraiment
le développement?,Paris, L’Harmattan,2007, p.21.
3
Odile Tobner, citée par Jean-ClaudeDjéréké,ibid.

14

envisagéune nouvelle lecture de la crise africaine. Les propos
duprésidentaméricain Barack Obama nousyconvient:

« Nous devons partir duprincipe qu’il revientauxAfricains
de déciderde l’avenir de l’Afrique. Et voici ce quevous
devez savle mondeoir :sera ce quevousen ferez. Vous
avezle pouvoir de responsabiliservosdirigeantsetde bâtir
desinstitutionsquiserventle peuple. Vouspouvez servir
voscommunautésetmettrevotre énergie et votresavoir à
contribution pour créer de nouvellesrichessesainsi que de
nouvellesconnexionsavec le monde. Vouspouvez vaincre
la maladie, mettre fin auxconflitsetréaliser le changement
à partir de la base. Vouspouvezfairetoutcela. Oui,vousle
pouvez.Car en ce moment, l’histoire est en marche.Mais
ceschosesne pourront se faire quesivous saisissezla
1
responsabilité devotre avenir. »

Ce paradigme de la responsabilité première de l’Afrique se
metrésolumentà contre courantdes facteurs d’esclavage etde
la colonisation qui, souvent, sontinvoqués pour rendre compte
des malheurs de l’Afrique.

Sortir de latutelle occidentale, c’estapprendre à réfléchir
par nous-mêmes, avec les catégories conceptuelles qui sontles
nôtres.C’estaussi prendre de la distance par rapportà notre
passé difficile, en faisantde celui-ciun pointde départpour
écrireune nouvelle page de notre histoire commune.De même,
jouer la partition de l’ingérence étrangère pour expliquer le
marasme des économies africaines est une attitude désormais
puérile. Les enjeuxgéopolitiques etéconomiques
internationauxseront toujours sans complaisancevis-à-vis de l’Afrique.
Le monde estorganisé detelle manière qu’une société
égalitaire, àtoutpointdevue, relève plutôtd’une perspective
eschatologique oud’un idéal difficile à atteindre. Les
intelligences africaines doiventse déployer à l’intérieur de ces
enjeuxpour inventerun nouvel avenir etaider leurs nations à
accéder àun mieuxêtre.Ducoup, le recours perpétuel à des

1
Barack Obama,Discoursd’Accra,juillet 2009.

15

raisons historiques pour tenter de rendre intelligible la crise
africaine devientun non-sens, à moins que l’on ne s’en empare
comme d’un alibi pour camoufler notre incapacité à prendre en
main notre destin.

Ce n’est pas assez de revendiquer notre identité culturelle
africaine, encore faut-il que nous enusions comme levier pour
latransformation des conditions d’existence de nos populations.
Car, les défis auxquels l’Afrique estconfrontée ne relèventpas
duseul champ culturel. L’appropriation des codestechniques et
technologiques s’impose aussi commeune nécessité, sinonune
urgence pour la dynamisation etl’enrichissementde la culture
africaine, conditionsine qua nonpour être partie prenante de la
marche dumonde actuel.En d’autrestermes, comme l’affirme
Jean-PierreBoutinet, «le paramètretechnique constitue
désormais le médiateur obligé dans les relations que les individus
entretiennent tantentre euxqu’avec la nature, ce qui conduità
de nouveauxmodes devie confrontés à des situations de plus en
plus complexes. La montée de la complexité […] apparaît
maintenantcommeun phénomène essentiel :l’organisation du
mondetoujours plus sophistiqué implique de développer des
1
formes d’adaptation appropriées. »

Nostraditions, aussi lumineuses soient-elles, n’ontde
valeur que si nous nous en servons comme outils pour façonner
notre présentetnotre avenir.Cela signifie qu’il ne s’agitpas de
jeter l’anathème sur cestraditions, mais que nous cessions d’en
être des esclaves dociles par peur d’innover. L’Afrique ne peut
plus faire l’autruche face auxenjeuxde la modernité.A
l’exemple duJapon etde laChine, elle peut, elle-aussi,
harmonisertraditions etmodernité etéviter ainsi l’ambiguïté dans
laquelle ellevitface auxdeuxmodèles. Il estnécessaire que ce
travail d’harmonisation soitle fruitd’une minutieuse réflexion.
Or, c’estprécisémentle reproche qui estfaità l’Afrique :
l’économie de la réflexion, le refus conscientouinconscientde
mettre à l’épreuve sa pensée. Le hasard, l’arbitraire, le
laisser

1
J.P.Boutinet,Psychologie des conduitesà projet, Paris, PUF, 1993, p. 16.

16

allerysontsouvent un mode de fonctionnement, même auplus
hautsommetdes états. L’entrée dans la modernité ne peutfaire
fi de la planification oude la notion de projet, nonobstantles
limites inhérentes à cetoutil. De par ses caractéristiques
méthodologiques de distanciation, son exigence de globalité, le projet
représente l’outil approprié pour appréhender la complexité du
monde actucel, «’est-à-dire pour gérer de façon prioritaire non
plusun seul maisune pluralité de paramètres à la fois. Son
avantage découle aussi de sa double fonction : « il matérialise la
pensée, ce qui donne l’occasion à l’auteur de mieuxsavoir ce
qu’ilveut ;il communique la pensée, ce qui permetà autrui de
ne pas rester indifférentface à l’intention qui lui
estprésen1
tée ».

Je relèveune autre opinion qui considère que l’enlisement
économique de l’Afrique est, pourune grande part, le faitde
l’inconscience etde l’irresponsabilité des hommes politiques
africains en exercice.C’estd’ailleurs dans cette perspective que
Serge Latouche parle de l’« échec de l’Afrique officielle » pour
tentpaer de déresponsabiliser les «uvres populatjions »,ugées
étrangères à la banqueroute ducontinent.Cettevision, à mon
sens, a des limites. Toutd’abord, l’expérience a montré que les
opposants politiques d’hier autantque desuniversitaires de
renommée internationale,une fois arrivés aupouvoir,
reproduisentles mêmes erreurs que leurs prédécesseurs.Ensuite, on peut
convenir de l’idée que ce ne sontpas « les pauvres
populations » quivolent« les deniers publics pour ouvrir des comptes
dans des banques européennes »,comme le souligne
Jean2
ClaudeDjéréké. Pourtant, c’estparmi ces « pauvres
populations » que l’ontrouve des soi-disantanciens oudes garants des
traditions ancestrales farouchementopposés auchangementetà
l’épanouissementdes nouvelles générations. Il suffitde
s’immerger dans bien de familles africaines pour se rendre
compte dudrame que représente la sorcellerie oud’autres
pratiques mystiques destinées à nuire à autrui. Or, cette

1
J.-P.Boutinet,op. cit.,p. 16.
2
Jean-ClaudeDjéréké,op. cit.,p.22.

17

« scienceoccuest llte »’apanage de sujets, pour la plupart,
analphabètes. Qu’on leveuille ounon, leur pouvoir est énorme
dans les sociétés africaines, et beaucoup d’intellectuels africains
ontrecours à leurs services pour chercher protection etsuccès.
De ce pointdevue, on peutdire que plusieurs choixpolitiques,
en Afrique, ne sontpas des émanations de nos intellectuels ou
de nostechnocrates, mais le faitdes lugubres inspirations
d’analphabètes qui ignorent toutdufonctionnementd’un Etat.
Lesvrais dirigeants de nos républiques ce ne sontdonc pas nos
intellectuels, mais nosvieuxanalphabètes desvillages, les
garants destraditions ancestrales, détenteurs de la science
occulte etqui agitentle spectre dudanger etde la peur.C’est
ainsi que rares sontlesAfricains qui se lancentdansune
carrière politique sans aller faire la courbette devantdes
prétendus « sagessorciers, marabouts »qui n’ontjamais été sur les
bancs de l’école etqui baignentdans l’irrationnel.

Peut-êtlre «’Afrique officielle» a-t-elle échoué, mais il
fautanalyser cetéchec à plusieurs niveaux. La responsabilité de
la crise africaine estle faitde chaqueAfricain etdetous les
Africains. Personne n’en estexempt.De même, la solution
viendra de chaqueAfricain etdetous lesAfricains, lettrés et
illettrés :« Nous devons partir duprincipe qu’il revientaux
Africains de décider de l’avenir de l’Afrique.Et voici ce que
vous devezsavoir : le monde sera ce quevous en ferez», pour
parler comme le présidentaméricainBarack Obama.

J’ai conscience de heurter la susceptibilité africaine par le
propos critique que je me donne la liberté detenir à l’endroit
1
d’une «Afrique malade d’Qelle-même ».uoi qu’il en soit, le

1
Titre dulivre de TidianeDiakité :L’Afrique malade d’elle-même,Paris,
Karthala, 1986. L’auteur meten lumière les écarts entre les potentialités
abondantes ducontinentetles comportements irresponsables desAfricains. Il
invite àune autocritique de l’Afrique face à ses problèmes de pauvreté : « Ily
a de l’indécence à mettre ses propres carences sur le comportementd’autrui.
Ainsi est-il grandement temps que lesAfricains fassentpreuve d’un peude
lucidité envers eux-mêmes etincluentdans leur culture moderne la salutaire
notion d’autocritique, indispensable auprogrès individuel etcollectif ». p. 52.

18