L'Algérie des années 2000

-

Livres
150 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

L’Algérie n’est pas le pays monolithique que l’on imagine souvent. Il n’y a pas d’un côté une armée toute puissante et corrompue, de l’autre une population sans défense. Colonisé par la France pendant 130 ans, marqué par une longue et douloureuse guerre de libération, ce pays reste imprégné par l’ancienne puissance coloniale, y compris dans sa construction du présent.
Ce livre s’ouvre sur l’arrivée au pouvoir du président Bouteflika. L’Algérie sort de trente années de socialisme bureaucratique et d’une décennie de terrorisme. Sa remontée de l’enfer est lente et chaotique. L’Algérie des années 2000, c’est une vie politique qui cache des luttes de titans pour le maintien ou la fin du « système ». Batailles sourdes au sein du FLN, orchestrées par un président manipulateur et autocrate, campagne de réconciliation nationale difficile, tragédie des disparus de la guerre civile, droits des femmes, place et rôle de la presse, question non résolue du Sahara occidental...
L’Algérie d’aujourd’hui, c’est aussi la coexistence de deux sociétés : une poignée de riches et une masse de démunis, dont l’horizon reste bouché. Les caisses de l’État regorgent de pétrodollars, mais le peuple ploie sous les difficultés de la vie quotidienne. Ce n’est pas le seul paradoxe de ce pays « pauvre à milliards » où les jeunes réclament de vivre, et non plus de survivre.
Florence BEAUGÉ est journaliste au journal Le Monde depuis 2000. Elle est chargée de la couverture des pays du Maghreb au sein du service International. Auparavant, elle a travaillé pendant quinze ans sur le Proche-Orient et le conflit israélo-palestinien.
Elle est à l’origine du « retour de mémoire » sur la guerre d’Algérie, qui s’est produit en France au début des années 2000.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2008
Nombre de visites sur la page 48
EAN13 9782849240625
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,012 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème

L’Algérie des années 2000
vie politique, vie sociale et droits de l’hommeCollection « Reportages »
dirigée par Sébastien Boussois
Parce que le monde d’aujourd’hui est plus complexe que du
temps de la guerre froide, à l’échelle d’un pays, d’une région,
d’une société, la collection « Reportages » s’est fixé pour objectif
de rendre clair et précis un sujet géopolitique en faisant appel
aux plus grands spécialistes de la question.
À cette mission de vulgarisation sans simplification, il faut
ajouter un autre objectif : celui de rendre compte aussi sur
plusieurs années du travail de cet auteur, journaliste ou
chercheur, en sélectionnant avec lui les articles qui reflètent le mieux
l’évolution du sujet traité.
Au-delà, et face à l’évolution des supports de communication
du monde moderne et l’envie insatiable de « faire vite », c’est
l’envie enfin de mettre à l’honneur journalisme et recherche de
qualité, sans jamais céder aux sirènes de la mondialisation et de
l’uniformisation de l’information
Déjà paru :
Yougoslavie : de la décomposition aux enjeux européens de
Catherine Samary
Israël, une société bousculée de Dominique Vidal
Illustration de couverture : © kilam - Fotolia.com #2971673
© Éditions du Cygne, Paris, 2008
editionsducygne@club-internet.fr
www.editionsducygne.com
ISBN : 978-2-84924-062-5Florence Beaugé
L’Algérie des années 2000
vie politique, vie sociale et droits de l’homme
Éditions du CygneDu même auteur :
Algérie, une guerre sans gloire : histoire d’une enquête,
CalmannLévy, 2005.Avant-propos
Sébastien Boussois, directeur de collection
Ce nouvel opus de la collection « Reportages » franchit les
rives de la Méditerranée une seconde fois, pour s’intéresser
cette fois à l’un des pays du Maghreb les plus emblématiques
qui soient, de par son passé colonial, sa guerre de Libération,
et les traces qu’a laissées dans cet État, ainsi qu’en France son
pays colonisateur, plus d’un siècle de domination politique,
économique, culturelle et sociale.
Avec cet ouvrage intitulé L’Algérie des années 2000, nous
avons voulu faire appel à l’une des journalistes françaises qui
connaissent peut-être le mieux ce pays, puisqu’elle est en
charge de son traitement au journal Le Monde.
Florence Beaugé dirige en effet le bureau « Maghreb » du
quotidien et se déplace régulièrement pour couvrir des
événements locaux d’importance régionale. Ainsi, était-elle
encore en octobre à Alger et Constantine avec Nicolas
Sarkozy pour la première visite d’État du nouveau président.
Le mois d’avant, elle était avec lui au Maroc et, un peu plus
tôt, elle couvrait les élections législatives dans ce pays, à
l’issue desquelles la vieille classe politique allait être
reconduite à la tête du gouvernement marocain et non, comme on
pouvait l’imaginer, les islamistes du Parti de la Justice et du
Développement.
Sur fond de trente années de gestion autocratique des
affaires du pays, de l’arrivée de l’islam politique et de
l’invalidation de la victoire du Front Islamique du Salut en 1992 par
les autorités algériennes, de recrudescence du terrorisme qui
5durera près de dix ans et mènera à une quasi guerre civile, le
livre s’ouvre sur l’héritage laissé par Liamine Zeroual à la
présidence du pays, sur la désastreuse période 1995-1999.
Dans la première partie du livre, très générale, nous nous
intéresserons à la vie politique du pays dans toute sa diversité :
le FLN, le FIS, les élections, le combat de Bouteflika pour
garder le pouvoir, la campagne de réconciliation nationale, la
question du Sahara occidental et les tensions avec le Maroc.
La deuxième partie regroupe un certain nombre d’articles
de Florence Beaugé, qui questionnent la vie sociale du pays :
la jeunesse désappointée, les Algériens qui comptent,
l’économie au ralenti pour le malheur du plus grand nombre, la
crise sociale et identitaire profonde que traverse la société,etc.
Enfin, dans une troisième partie, nous nous intéresserons
à la question des droits humains : le sort des disparus de la
guerre civile, la situation des femmes, les blocages dans
l’évolution du code de la famille, la question des journalistes et des
caricaturistes pour qui critiquer le pouvoir n’est pas toujours
bon. Tout cela rappelle une époque que l’on croyait révolue.
Et c’est pour ces raisons, que dans un prochain ouvrage,
nous avons souhaité poursuivre le travail remarquable de
Florence Beaugé pour revenir sur la problèmatique de la
mémoire en Algérie, et sur le passé, le présent et l’avenir des
relations franco-algériennes, bien loin, trente ans après
l’indépendance, d’être normalisées.Préface
de Mohammed Harbi
historien, professeur d’histoire à l’Université Paris-7
On doit rendre hommage au travail des journalistes quand
celui-ci est de la qualité des textes que nous offre Florence
Beaugé. Ni imprécateur, qui ne voit dans les événements que
la confirmation de ses condamnations a priori, ni thuriféraire,
soucieux de préserver ses réseaux et l’amitié des puissants,
par sa complaisance, le journaliste – et Florence Beaugé en
est l’exemple – est celui qui rend compte de la vie
quotidienne, qui nous introduit dans le vécu des individus et des
groupes et qui regarde les événements dans leur facticité mais
aussi à travers la façon dont ils sont reçus par ceux qui les
vivent et les traduisent, y compris à travers les rumeurs. Autre
preuve de la qualité du travail du journaliste, c’est le temps.
Écrit pour faire écho au présent, l’article journalistique sait
résister au temps et sa qualité éclate de se voir témoignage
toujours important alors même que son actualité est passée.
Il est ce sur quoi les historiens futurs s’appuieront pour
comprendre cette toile de fond qu’est le quotidien des agents
sociaux tissant la toile de leur histoire.
Mais, s’il est celui d’une journaliste qui allie le souci de
rendre compte de la comédie des politiques devant leur
public, je veux dire les citoyens, et de leurs man œ uvres
derrière le rideau, le livre de Florence Beaugé est quelque
chose de plus que le bilan d’une journaliste, c’est un livre de
sociologue. Ouvrage à l’écriture d’une élégante simplicité, il
nous propose, dans un long parcours sur ces dernières
7années, de réfléchir sur le sens de ce qui a été vécu et dont les
conséquences se dessinent aujourd’hui. Historienne, elle
nous fait revivre les illusions lyriques et leur dépérissement.
Nous entrons dans la vie difficile de chacun, chaque jour.
Nous retrouvons la nuit de ce qui aura été une guerre civile.
Nous pénétrons aussi dans cette espèce de cour florentine où
s’agitent et s’affrontent individus et groupes pour la
conquête du pouvoir et sur les effets de l’absence de la
démocratie. Grâce à sa connaissance du monde politique algérien,
sachant analyser les stratégies des divers candidats à prendre
la place du khalife, sachant aussi entendre ce qui se dit et ce
qui ne se dit pas, sans jamais s’y laisser prendre, Florence
Beaugé nous donne un véritable travelling sur la dernière
décennie et nous explique les coulisses de l’ère Bouteflika.
Dans la deuxième partie de son ouvrage, Florence Beaugé
nous expose, à travers de remarquables interviews, la fracture
sociale qui divise l’Algérie. Il y a d’un côté, ce qui est le peuple
dans sa grande majorité et qui nous offre l’image d’une
société désabusée, erratique et sans idéal collectif. C’est
Mourad (25 ans) qui dit : « On a créé des héros et des mythes,
et qu’est-ce que ça a donné ? Une tromperie » et qui ajoute :
« La révolution, ça a constitué un excellent fond de
commerce. » Un fond de commerce de ce qui fut un idéal
brûlant d’espoirs. C’est Khadija (50 ans) qui dit sa désillusion,
évoquant « l’avenir radieux » qu’elle avait imaginé pour son
pays et comment la bureaucratie « a tué tous ses rêves »,
comment aujourd’hui, « chaque chose, dans la vie
quotidienne, est un combat héroïque », un combat contre un
téléphone coupé parfois des semaines entières sans explication,
contre une eau qui ne coule dans les robinets qu’un jour sur
trois ou quatre, contre le système des passe-droits, bref
contre tout ce qui empêche de vivre. Et, de l’autre côté, il y a
une jeunesse dorée, fille des maîtres du système et des
8richesses et qui ignore, dans sa bulle, le monde qui l’entoure.
C’est une autre planète, celle des espaces protégés de Hydra
et d’El Biar, celle du confort, de la qualité de vie, avec boîtes
de nuit, Porsche et BMW, un environnement de verdure où
chacun est sourd et aveugle, connaissant mieux, du monde,
l’internationale des nantis que son propre pays.
Mais Florence Beaugé a, aussi, rencontré dans cette
Algérie désenchantée, tout un ensemble d’individus et de
groupes qui résiste à la fois contre l’autocratie régnante et
contre son adversaire : l’islamisme, si semblable à elle quant
au déni de toute démocratie. Elle découvre une Algérie
souffrante qui compte ses disparus et ses morts des « années de
braise » (1993-1997) et qui mène combat. C’est peut-être une
aurore qui s’annonce.
Ce serait paraphraser maladroitement l’ouvrage de
Florence Beaugé que d’énumérer tout ce qui y est dit.
Contentons-nous de souligner que ce livre poursuit un travail
d’enquête avec le sérieux qui avait déjà été celui de son
ouvrage paru en 2005 chez Calmann-Lévy : Algérie, une guerre
sans gloire. Chaque fois, Florence Beaugé s’affirme comme
une enquêtrice, opiniâtre servante d’une vérité que d’aucuns
préfèrent ignorer, bref une véritable journaliste.
Mohammed Harbi© carte de Philippe Rekacewicz.Partie I : Vie politique1. Abdelaziz Bouteflika ne parvient pas à enrayer
le regain de violences (juin 2000)
Quatre mois et demi après la fin de la trêve accordée aux insurgés
islamistes, on dénombre plus de mille victimes d’attentats ou
d’affrontements à travers le pays. La population est exaspérée, et le président, dont
la politique de « concorde civile » est mise à mal, paraît « ligoté de tous
côtés ».
Les tueries sont infiniment moins nombreuses
aujourd’hui qu’il y a deux ou trois ans et la peur moins grande. Il
n’empêche... La litanie reste désespérante : même si la
sécurité se maintient dans les grandes villes, pas un jour ne passe
sans l’annonce de nouveaux attentats ou massacres. Cinq
membres d’une même famille égorgés le 28 mai, à Tibéhirine.
Sept militaires tués le 24 mai, à 60 kilomètres au sud d’Alger.
Quatorze islamistes présumés abattus entre le 22 et le 24 mai
dans les monts Asfour, à la frontière algéro-marocaine...
Le décompte macabre n’en finit pas. Si Médéa et ses
environs semblent particulièrement visés ces dernières semaines,
aucune région n’est totalement épargnée. Chlef et Aïn Defla,
à l’ouest de la capitale, la Kabylie à l’est, Batna dans les Aurès,
ou encore les zones frontières avec la Tunisie et le Maroc ont
été ensanglantées tout au long du mois de mai. Violences
attribuables aux derniers islamistes armés, ou actes de grand
banditisme et vengeances personnelles ? Difficile de faire la
part des choses. Qu’elle provienne ou non des irréductibles
du Groupe islamique de salut (GIA) d’Antar Zouabri, ou du
Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)
d’Hassan Hattab, qui ont rejeté la « loi sur la concorde civile »
12voulue par le président Abdelaziz Bouteflika, la violence n’a
pas cessé le 13 janvier 2000.
À cette date, les derniers groupes armés étaient supposés
avoir arrêté leur combat, en échange d’une amnistie. Or le
nombre de victimes répertoriées par la presse depuis cette
date atteint un niveau stupéfiant : au 31 mai, il avait franchi la
barre des mille morts. Malgré ce sombre bilan, les Algériens
veulent continuer d’espérer. Mais personne ne doute que la
marge de manoeuvre de M. Bouteflika soit limitée, même si
cette remarque a le don d’exaspérer l’intéressé. Quelles sont
ces limites ? « Le président lui-même ne le sait pas très bien.
Depuis un an, il essaye d’avoir une réponse, estime un
observateur attentif de la vie politique algérienne. Dernier
exemple : le ballon sonde envoyé récemment par un de ses
proches, le général à la retraite Attaïlia, suggérant une
amnistie générale pour tous les groupes armés.
Officiellement, Bouteflika n’a rien proposé de tel, mais il
teste ainsi l’armée, la société civile et les partis. » Dans
certains domaines – le système éducatif et la justice, deux
chantiers qui lui tiennent à coeur – M. Bouteflika a mis au
travail des commissions d’étude, avec la volonté affichée de
réformer en profondeur. Dans d’autres – comme la révision
du code de la famille, ou une éventuelle réforme de la
Constitution –, il se contente de lancer l’idée. Suivant le
contexte, il y revient ou l’abandonne. Entre-temps, la
suggestion aura sonné comme un espoir, ou une menace. L’homme
provoque souvent déception ou colère – « Il parle trop, trop
vite et finit par dire des âneries, c’est un dilettante »,
entendon souvent – mais il garde un capital de confiance. S’il n’était
aussi féroce à l’encontre de ses détracteurs – « Il ne supporte
pas la contradiction », dit-on encore –, M. Bouteflika
inspirerait peut-être une forme d’indulgence.
13Luttes des clans au sommet
Au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’état de grâce, les
critiques se font plus dures. Elles émanent surtout de la
presse écrite privée, qui semble davantage refléter des luttes
de clans au sommet du pouvoir que l’état d’esprit de la
société civile. « Les journalistes algériens s’attribuent un rôle
qui n’est pas le leur : ils font de la politique de facto, alors
qu’il n’y a ni vie politique ni vie institutionnelle sérieuse »,
soulignent deux rédacteurs de Libre Algérie. Cette opinion est
partagée par plusieurs de leurs confrères, notamment d’El
Watan et d’El Khabar. « Il y a ici pléthore de partis – des
appareils en réalité – mais pas de vie politique. C’est la finesse du
système algérien par rapport au tunisien. Notre rôle consiste
à nous faire l’écho de règlements de compte », souligne un
journaliste. Après huit mois de tractations, M. Bouteflika a
réussi à faire siéger dans le gouvernement Benbitour des
ennemis de toujours : le MSP (ex-Hamas, islamique) de
Mahfoud Nahnah y côtoie le très laïque Rassemblement pour
la culture et la démocratie (RCD) de Saïd Saadi, et le
Rassemblement national démocratique (RND) d’Ahmed
Ouyahia, ministre de la justice, un personnage qui passe pour
être l’un des plus fidèles relais de la hiérarchie militaire.
Ce faisant, le président a clairement affiché son objectif :
museler les uns et les autres et se mettre en position de durer
à la tête du pays, au moins le temps de ramener la paix. Reste
qu’un an après son accession au pouvoir, il est
ostensiblement entravé par des impératifs contraires et donne
l’impression de devoir se contenter de naviguer à vue. « Il ne peut pas
avancer, il est ligoté de tous les côtés. C’est un homme seul à
qui on a donné le droit de parler, mais rien de plus. Son seul
espoir de soutien, c’est le peuple », estime l’ancien ministre
Abdennour Ali Yahia, avocat et figure respectée, président de
14la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, l’un
des acteurs des tractations de Sant’Egidio (Italie), qui, en
1995, visaient à aboutir à un règlement politique de la crise
avec la participation du FIS, règlement auquel la hiérarchie
militaire s’est opposée. Pour lui, « tôt ou tard, Bouteflika fera
de nouveau appel à la population. Sous quelle forme et sous
quel prétexte ? Je n’en sais rien encore. » Avec un référendum
sur une réforme de la Constitution ? Ou sur la réforme du
système éducatif ? Les deux idées sont dans l’air.
Course de vitesse
C’est dans ce contexte incertain que M. Bouteflika
poursuit une course de vitesse engagée il y a un an. « Tout se
jouera d’ici décembre, affirme un proche. Il ne peut compter
que sur ses succès à l’étranger, et un certain soutien
populaire, qui va en s’effritant. Ses ennemis sortent du bois les uns
après les autres, personne ne lui fera de cadeau et il le sait. »
Via la presse privée, le chef de l’État reçoit de plus en plus
de coups – interprétés, à tort ou à raison, comme autant de
rappels à l’ordre de tel ou tel clan de l’armée. Ainsi
l’expremier ministre, Sid Ahmed Ghozali, l’accuse-t-il
d’immobilisme délibéré et le taxe-t-il d’incompétence. En toile de fond,
répétitifs et désespérants, il y a toujours les actes de terreur
qui font douter de plus en plus ouvertement du succès de la
« concorde civile ».
Ce semi-échec accentue la lassitude de l’armée, en
première ligne sur le terrain, qui aspire à jouer un rôle plus
honorable que celui de maintien de l’ordre. Lasse également
est la population qui, elle, n’a qu’une attente : mieux vivre.
Mais l’amélioration de la situation économique ne peut
qu’aller de pair avec la paix et la sécurité : tous le savent et
s’en inquiètent. Chaque nouvel attentat, même commis à
15